| Appel d'urgence à la
concertation des Congolais |
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| Théophile M. Zamba |
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Ce collectif de Solidarité pour la
Démocratie en R.D du Congo, milite pour la participation de tous à la gestion de la
transition pour l'instauration d'un État de Droit, Libre et Démocratique.
Appel d'urgence à la concertation pour une transition démocratique
La situation actuelle en république démocratique du Congo est le résultat du pouvoir
personnel, mené par l'Afdl et son président depuis leur arrivée à la direction de
l'état en mai 1997.
Pendant des décennies, les Congolais et leurs organisations, ont lutté pour mettre fin
à la dictature qui sévissait dans leur pays.
Ils ont appuyé la "lutte de libération" menée par l'Afdl dans le seul souci
d'en finir rapidement avec la dictature mobutiste pour l'instauration d'un État de droit,
libre et démocratique.
De village en ville, les troupes de l'Afdl ne combattaient plus ; elles se promenaient
sous des applaudissements, et de générosités de toute sorte : eau potable, nourriture,
et diverses gâteries. Même les soldats de l'armée nationale (Faz) refusaient de se
battre pour faire passer les troupes de l'Afdl, parce qu'ils croyaient eux aussi dans le
changement
annoncé.
Parvenus au centre du pouvoir, l'Afdl s'est érigé en parti unique. Les promesses faites
aux soldats des forces armées zaïroises (Faz) d'être traités avec dignité, ont été
vite oubliées.
Le peuple et ses organisations ont été écarté du pouvoir. Le président autoproclamé
de la république prétendait avoir gagné "la guerre" tout seul.
Les partis politiques traditionnels, incarnant la dynamique du changement démocratique,
et les organisations de la société civile ont été supprimés.
Les personnalités politiques humiliées, déportées, emprisonnés (Tshisekedi,
Olengankoy
); les droits et libertés fondamentales (droit d'association, à la
vie
) ont été piétinés.
Les partenaires de guerre ont été écrasées ou emprisonnés, le cas de Mulanda qui a
gagné la bataille de Kenge, et qui aujourd'hui vit en résidence surveillé. Aussi le
plus flagrant, celui de André Kisase assassiné pendant "la guerre", et son
organisation pourtant membre
fondateur de l'Afdl, anéantie.
Le président de la RDC et son Afdl ont constitué jusqu'à ce jour, une barrière au
développement du processus démocratique entamé par le peuple congolais et ses
organisations; refusant tout dialogue (débats) ou critique constructif, sur la gestion de
la res publica.
Les résultats des telles pratiques on les connaît maintenant:
Ø Explosion de violence à travers tout le pays
Ø Une deuxième guerre "de libération" aux coûts humains et
socio-économiques considérables.
Une telle situation était prévisible, c'est pourquoi depuis le 1997, le collectif de
solidarité pour la démocratie au Congo (CSD-CK) a lancé un appel en faveur d'une
concertation impliquant toutes les filles et tous les fils de notre cher Congo où qu'ils
se trouvent, sans égard de leur opinion politique, en vue d'un accord politique cadrant
une transition constructive et démocratique; devant à son issue asseoir un État des
droits, libre et démocratique.
Cette initiative a été soutenue par le Centre international des droits humains et du
développement démocratique du Canada, qui s'est donné la peine d'organiser une
délégation à majorité congolaise (membre du CSD-CK), pour convaincre les partenaires
congolais à appuyer cet appel à la concertation.
La délégation canadienne a présenté l'initiative au cours de la conférence de la
société civile tenue à Kinshasa du 16 au 20 juin 1997.
Les résolutions de cette conférence ont été acheminées au gouvernement de la RDC. De
nombreuses personnalités politiques de l'opposition, du gouvernement et de l'armée de
"libération" ont été visité par la délégation canadienne.
Le refus systématique opposé à la proposition canadienne, le pouvoir personnel et
tribal de Kabila et son gouvernement dans un environnement dictatorial, produisent
aujourd'hui les résultats que nous sommes en droit de déplorer.
On parle des rwandais, considérés ce jour comme des envahisseurs, aux côtés des Faz
qui ont endeuillé le pays pendant plus de 30 ans
l'avenir du Congo s'enfonce plus
que jamais dans le brouillard si on ne se concerte pas en urgence entre congolais.
Nous croyons quant à nous, qu'à ce stade des événements, il est encore possible de
corriger le tir, pour épargner les souffrances dues aux guerres des seigneurs.
C'est dans ce sens que le collectif réitère sa proposition:
En appelant au bon sens du Président Kabila pour qu'il convoque immédiatement, dans
l'intérêt supérieur de la nation congolaise, une conférence de concertation devant
réunir tous les leaders politiques, civils et militaires du pays, en vue d'un accord
politique devant cadrer la transition vers un État réellement démocratique et surtout
pour contrer tout impérialisme.
Cette conférence pourrait avoir lieu n'importe où en Afrique ou être régis dans le
cadre des nations unies et devrait se lire dans la lignée de la table ronde de 1960.
Nous lançons ainsi un appel d'urgence à tous les chefs d'état africains, aux
intellectuels et aux militants des droits de la personne pour qu'ils appuient et
encouragent cette proposition en vue d'une stabilité durable en Afrique centrale et
australe.
Pour le CSD-CK
Théophile M. Zamba
Président |
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