Les Etats-Unis sont en
croisade depuis quelque temps contre le terrorisme international. Les terroristes qui
visent les intérêts américains sont traqués nimporte où ils peuvent se cacher
sur cette planète. Les américains nhésitent même pas à bombarder un pays comme
le Soudan sur la foi de simples soupçons - sans preuves tangibles - sur lappui
porté aux terroristes ayant commis les attentats de Naïrobi et de Dar-es-Salam.
Nous voyons aussi lacharnement dont
ont fait preuve les américains, jusquà faire imposer un embargo à la Libye pour
lamener à livrer deux de ses ressortissants soupçonnés davoir commis
lattentat contre un avion dune compagnie américaine aux larges de
lÉcosse en 1988.
Le cas qui concerne mon propos est celui
du Congo-Kinshasa. Ce pays qui est le mien a connu ce que lon peut qualifier
certainement dactes de terrorisme international pendant le mois daoût à
septembre. Des troupes venus de lOuganda et du Rwanda commandité par les chefs
terroristes que sont Museveni et Kagamé. Je ne parlerai que des faits.
Le 4 août, des terroristes ougandais et
rwandais que la presse appelle les rebelles congolais, ont détourné à Goma 3 avions
civils des lignes appartenant à des compagnies privées congolaises dont Congo Airlines,
Blue Airlines et Air Atlantic. Ces avions ont décollé de Goma pour aller faire le plein
à Kigali et charger du matériel militaire. Ce seul geste devrait placer ce pays dans la
liste des pays soutenant le terrorisme international. La destination finale de ces avions
furent comme tous le sait, Kitona.
À partir de là, ces terroristes ont
investi les cités côtières de Moanda et Banana en pillant et emportant tout ce qui
pouvait revêtir de la valeur tel que les automobiles, et le tout fut transporté par les
mêmes avions détournés vers Kigali.
Ensuite, les terroristes sen sont
pris aux installations hydroélectriques dInga. Où ils ont coupé
lalimentation en électricité de la grande ville de Kinshasa qui compte près de 6
millions dhabitants. Et sans électricité, les stations de pompage pour
lalimentation en eau potable sont aussi hors dusage. Les habitants de Kinshasa
ont enduré cette situation de crise pendant une vingtaine de jours. Viendront
sajouter pour les habitants des quartiers de lest de la ville une vraie
situation de guerre avec des pluies dobus, de maisons détruites, de mort de civils,
dexode despopulations vers des quartiers plus calmes.
Il est facile dimaginer les dégâts
quont pu causer linterruption de lélectricité et lalimentation
deau potable. En effet sur le plan sanitaire, ce fut une catastrophe dont on ne
pourra mesurer les conséquences que dans un proche avenir. Car on peut déjà imaginer la
prolifération des maladies et dautres épidémies. Les malades en réanimation dans
les hôpitaux, les bébés prématurés dans les couveuses sont tous décédés. Sur le
plan économique, ce fut aussi une catastrophe inimaginable. Lactivité économique
est restée paralysée, aucune entreprise ne fonctionnait, des milliers de travailleurs
sont restés en chômage technique. Et quand on ne travaille, souvent on est pas payé.
Quand on sait que les rares personnes qui ont un travail sont obligées de nourrir des
dizaines de personnes dans leur famille élargie. Le manque à gagner pour les entreprises
est aussi considérable.
Cette aventure à laquelle sest
associée il est vrai certains congolais mécontents, mais nayant pas le plein
contrôle - car les terroristes rwando-ougandais étaient les vrais mâitres qui ont
réussi habilement à la maquiller en une rébellion congolaise - na pas reçu la
condamnation quelle mérite au sein dans la communauté internationale et
particulièrement de lopinion africaine.
Jen appelle à la conscience de
lopinion africaine à condamner énergiquement de tels actes. LAfrique
centrale est déstabilisée depuis bientôt une décennie par deux va-t-en guerre, deux
terroristes Museveni et Kagamé, que la communauté internationale devrait montrer du
doigt.
Ces deux dictateurs sont encouragés,
aidés et encadrés par les américains qui veulent instaurer un nouvel ordre en Afrique.
Mais ce nouvel ordre se traduit pour les populations africaines que par des guerres, des
actes de terrorisme détat, des massacres et de génocides.
Les américains ont fourni gratuitement
des armes aux Ougandais et aux érythréens pour des dizaines de millions de dollars pour
quils attaquent le Soudan, pointé du doigt comme état terroriste. Mais
lErythrée a tourné ces armes contre ses frères éthiopiens pour un bout de terre
aride plein de caillou, et lOuganda utilise ces armes pour terroriser les
populations civiles au Congo et occuper une partie de la province Orientale pour piller
les mines dor congolaises. LAfrique qui est à la traîne dans tous les
domaines na pourtant pas besoin de toutes ces guerres inutiles qui ne profitera
même pas ses commanditaires locaux (Museveni et Kagamé). Car tôt ou tard ces sinistres
individus seront balayés par leur propre population qui se lasseront de leur campagne
militaire. Car il est évident que leur population aspire aussi au bonheur, à la
prospérité et surtout à la paix qui est la condition pour atteindre ces aspirations.
Les américains sappuient sur ces dictateurs pour relancer les économies en
Afrique, parce quil paraît quils ne sont pas corrompus ! Comment est-ce
quune véritable relance économique pourra se pointer à lhorizon si la
région est continuellement en guerre et que les aides économiques sont englouties dans
des budgets militaires supérieurs à 20% dans les budgets de ces pays, et quil
ny a de surcroît aucune ouverture démocratique. Les américains sont en train de
jouer aux apprentis sorciers en confiant le sort des millions dafricains à des soi
disant "spécialistes dAfrique " définir leur politique en Afrique,
des personnes calfeutrés dans leur tour à bureau à Washington qui nont jamais
foutu les pieds en Afrique, ou au mieux le temps dune escale dans un Hilton
dune capitale africaine .
Les populations africaines avaient
pourtant réussi au début de cette décennie par leur mouvement de lutte et de
revendications à pousser leurs dirigeants autocrates à souvrir au multipartisme et
à démocratiser leur régime. Lopposition intérieure congolaise menée par son
chef de file Tshisekedi navait pas reçue une quelconque aide de la part des
maîtres du monde, il leur aurait suffit à lépoque de mettre un peu de pression
sur le vieux Maréchal décadent pour quil sefface et pour quenfin
sinstalle pacifiquement une vraie démocratie qui aurait permis de mener le pays et
la sous-région vers une stabilité et une certaine prospérité.
Mais au lieu daider le peuple
congolais dans le sens de leurs aspirations, les américains se sont retrouvés dans le
camp des terroristes car les indices le démontrent, les navires américains qui
croisaient dans lAtlantique au mois daoût au large des côtes congolaises ont
servi à guider et monitorer les opérations aéroportés des troupes terroristes vers
Kitona. Donc le gouvernement américain est complice de ceux qui ont affamés, assoiffés
et pris en otage les 6 millions de Kinois. Un bon indice de la complicité des américains
est la fermeture de leur ambassade en catastrophe et leur communiqué intimant
lordre à leurs ressortissants de quitter le Congo de crainte dêtre pris en
otage. Cela quelques jours avant les opérations de Kitona. Ils devaient donc savoir la
portée de leurs actes. Dailleurs la fermeture de leur ambassade est une première,
car malgré les nombreux soubresauts quà connu la RDC durant les 38 ans
dexistence de ce pays, jamais lambassade américaine navait fermé ses
portes.
Les américains ne sont pas à leur
premier coup fourré dans la RDC, la mort du premier 1er ministre congolais Patrice
Lumumba est le fait dun complot monté par la CIA.
Triste ironie, ceux qui étaient supposés
réprimer le terrorisme international, ont créer deux dangereux terroristes au centre de
lAfrique qui commettent leurs actes en toute impunité.
Jen appelle à la conscience de
lopinion américaine et occidentale de porter un jugement sévère contre
ladministration américaine pour leur soutien à des actes terroristes.
Jen appelle aussi à la conscience
de nos frères de race, les afro-américains, les lobbies noirs au Congrès, le Black
Caucus a exiger de leur administration une politique plus humaniste pour lAfrique,
dans le sens du développement et de la démocratie, surtout dans le sens des aspirations
des populations africaines.
Jen appelle à la société civile
congolaise, à tous les congolais épris de liberté, de justice et de patriotisme, de ne
pas rester silencieux devant de tels actes de terrorisme contre notre pays, mais de les
dénoncer, de parler haut et fort dans toutes les tribunes. Les congolais et leurs
associations, devraient signer des pétitions et les envoyer au Congrès américain, à la
Commission européenne, à la Cour européenne des droits de lhomme pour dénoncer
ces atteintes à leur droit. Jen appelle aussi aux ONG congolaises, aux associations
de défense des droits de lhomme telle que lASADHO de M. Ngefa, de profiter de
leur audience et des tribunes qui se présentent à eux afin de dénoncer ces cas de
violation des droits humains des congolais.
Et enfin jappelle les éminents
juristes congolais à monter des dossiers quil faudra aller défendre en temps
opportun à la Cour internationale de la Haye, surtout pour exiger des dommages pour tous
les dégâts causés au pays, car il y a certainement des responsables qui devront un jour
rendre des comptes à la justice internationale ou à la justice congolaise.
T. V. Simba |