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Quels sont les véritables enjeux en RD Congo? Que faire contre l’agression néonazie en RD Congo?

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Shungu M. Tundanonga- Dikunda
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Lettre ouverte:

aux Congolaises et Congolais,

aux Africaines et Africains,

aux Noires et Noirs de la diaspora

à toute personne éprise de liberté et respectueuse de la dignité humaine,

Patrice Lumumba (Congo - Kisangani, Juillet 1960): "Il n’y a plus d’ethnies au Congo: Il n’y a plus de Bakongo ou de Bangala. Il n’y a plus de Wagenia. Nous n’avons qu’un peuple libre. Nous sommes tous de citoyens et nous devons sauvegarder l’unité nationale."

La nationalité congolaise n’est ni sujette au marchandage ni accessible par les armes.

La question de la nationalité congolaise a déjà été résolue par le législateur:

"Est Congolais aux termes de l’article 11 de la Constitution, à la date du 30 juin 1960, toute personne dont un des ascendants est ou a été membre d’une des tribus établies sur le territoire de la République démocratique du Congo dans ses limites du 1er août 1885, telles que modifiées par les conventions subséquentes (Loi No 81-002 du 29.06.1981: Art. 4)." Donc s’il y a un contentieux sur la nationalité, il ne peut être que d’ordre judiciaire.

Les conclusions de la sous-commission de la nationalité congolaise (zaïroise) de la Commission politique de la Conférence nationale souveraine portant le titre „Note technique sur le rapport d’harmonisation des options fondamentales concernant la nationalité congolaise (Kinshasa, septembre 1992) ne laissent aucun nuage de doute sur cette pseudo-question de nationalité contestée ou revendiquée. Car,

- „la preuve de la nationalité incombe au demandeur conformément aux règles en vigueur en droit civil (art. 33, al. 1 du décret-loi du 18 septembre 1965."

- „ le certificat de nationalité congolaise n’a donc qu’une force probante relative puisqu’il peut toujours être contesté."

La législation sur la nationalité congolaise depuis la première légifération sur ce sujet (décret du 17.12.1892: art. 1-6), jusqu’à la loi No 81-002 du 29.06.1981 (Exposé des motifs, art. 4-8) abrogeant la loi No 72-002 du 5.01.1972 (Chiffre 5, art.15) détermine qui est congolais et qui ne l’est pas.

„Dans sa lettre n° JUST. 20/54/BCE/0159/184/81 du 18 novembre 1981, le Ministre de la justice renseigne que l’article 15 de l’ordonnance n° 73-079 du 14 février 1973 portant mesures d’exécution de la loi n° 72-002 du 5 janvier 1972 a déclaré aussi nuls et non avenus tous les certificats de nationalité congolaise (zaïroise) délivrés aux personnes concernées en vertu de l’ordonnance-loi susmentionnée."

Le peuple congolais est suffisamment mûr et conscient:

- pour savoir que la RD Congo possède ses criminels, ses traîtres, ses félons, ses lâches, ses clowns, pitres et aventuriers en politique comme beaucoup de pays en possèdent et que ces individus sont toujours, depuis le 30 juin 1960, les interlocuteurs privilégiés des ennemis et adversaires de son émancipation politique et socio-économique,

- que la pseudo-légende ethnogénétique fait parti, à côté de la guerre armée, de la guerre psychologique et, des harcèlements sournois de tout genre orchestrés inlassablement par les mêmes milieux contre la RD Congo et le peuple congolais, depuis le 30 juin 1960,

- pour ne pas croire à une quelconque légende ethnogénétique dans la province du Kivu ou ailleurs sur le territoire national.

- que la RD Congo est historiquement et géographiquement tournée vers la côte Atlantique et vers le Sud et,

- que le danger nazi vient de Museweni et de Kagame, son poulain, les deux parrainés par la coalition anti-congolaise qui avait vu le jour dès les premières heures de l’indépendance du Congo, coalition constituée entre autres la France, l’Afrique du Sud, les Etats Unis, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la Belgique. Les prises de position de leurs leaders politiques, diplomates et médias en sont la preuve.

L’Afrique et le néonazisme.

Le nazisme (synonyme: hitlérisme) est une idéologie qui proclamait l’hégémonie de la race aryenne sur toutes les autres, qui avait conduit à la deuxième guerre mondiale et dont l’apothéose a été l’holocauste. Plus de cinquante ans après la défaite du nazisme en Europe, ce mal est en train, à travers la personne de l’actuel président ougandais Yoweri Kaguta Museweni, de connaître une renaissance en Afrique.

Yoweri K. Museweni - Address to the East African Law Society conference, April 4, 1997. (The Shariat, April 15-21, 1997): "My mission is to see that Eritrea, Ethiopia, Sudan, Uganda, Kenya, Tanzania, Rwanda, Burundi, and Zaire (DR Congo) become federal states under one nation. It is not a choice now, but a must that East Africa becomes one nation. Either we become one nation or we perish. If we don’t come together, so shall we perish. If we don’t come together, so shall we perish as the Red Indians perished. As Hitler did to bring together Germany, we should also do it here. Hitler was a smart guy, but I think he went a bit too far by wanting to conquer the whole world."

Traduction française:

Yoweri K. Museweni - Extrait du discours prononcé le 4 avril 1997, à l’occasion de la Conférence de la Société de Droit de l’Afrique de l’est (The Shariat, 15-21 avril 1997): "Ma mission est de voir l’Erythré, l’Ethiopie, le Soudan, le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi et le Zaïre (RD Congo) devenir des états fédéraux sous la bannière d’une nation. Il n’y a pas de choix à faire, mais c’est une obligation pour l’Afrique de l’Est de devenir une nation. Soit nous devenons une nation soit nous périssons. Si nous ne nous mettons pas ensemble, nous périrons comme les peaux rouges. Comme Hitler avait fait pour mettre l’Allemagne ensemble, nous devons le faire ici. Hitler était un gars sympa, mais je pense qu’il avait un tout petit peu exagéré en voulant conquérir le monde entier."

La RD Congo et ses alliés combattent le néonazisme en Afrique.

Depuis le 27.8.1998, le peuple congolais et la RD Congo sont confrontés à deux guerres: l’une armée venue de l’est du pays et l’autre psychologique, menée par une certaine média internationale, surtout d’expression française. Nous estimons que certaines vérités qui expriment de réalités doivent être dites. Mais dans la situation présente, il n’y a qu’une seule vérité: la RD Congo et ses alliés africains (Zimbabwe, Angola et Namibie) disent non au néonazisme en Afrique.

La RD Congo, ses alliés se battent pour la dignité de la race noire.

La RD Congo et ses alliés se battent pour la réhabilitation de la dignité de tous les noirs de l’Afrique et de la diaspora. La dignité de la race noire est bafouée par l’actuel président ougandais Yoweri Kaguta Museweni. L’esclavage et la traite des noirs ont toujours étaient dénoncés par tous les hommes et toutes les femmes, indépendamment de leur conviction idéologique, religieuse et, de leur race.

Yoweri K. Museweni (Atlantic Monthly, September 1994): "I have never blamed the whites for colonizing Africa. I have never blamed these whites for taking slaves. If you are stupid, you should be taken a slave."

Traduction française:

Yoweri K. Museweni (Atlantic Monthly, Septembre 1994): "Je n’ai jamais reproché aux blancs d’avoir colonisé l’Afrique. Je n’ai jamais blâmé ces mêmes blancs d’avoir organisé la traite des esclaves. Car, si tu es stupide, tu mérites d’être fait esclave."

Comment réagir face à ces prises de position?

Envers les ennemis du peuple congolais et de l’Afrique, il faut être intransigeant et collaborer avec toutes les forces vives antinazies et antifascistes, qui expriment la volonté de respecter la dignité de l’Afrique, la souveraineté, l’unité, l’intégrité territoriale et l’indépendance de la RD Congo.

P. E. Lumumba - Extrait du discours prononcé le 25 août 1960, lors de la Conférence Panafricaine de Léopoldville (Kinshasa): "Entre la liberté et l’esclavage, il n’y a pas de compromis".

Le citoyen du monde que je suis,

l’africain que je suis,

le panafricaniste dans la tradition de DuBois, Padmore, N’krumah et Lumumba que je suis,

le noir que je suis,

le congolais que je suis,

(1)

dénonce de la façon la plus énergique le néonazisme sur le continent africain: au nom de Lumumba, Félix Moumié, Barthélemy Boganda, Albert Lutuli, Marien Ngouabi, Thomas Sankara, Mortallah Mohammed, Samora Machel, Augustino Neto, Kwame N’krumah, Abdel Gamel Nasser, Habib Bourguiba, Modibo Keita et autres combattants et martyrs de la liberté en Afrique, au nom de la diaspora noire, au nom de tout le peuple congolais (exception faite de quelques égarés), des peuples angolais, zimbabwéen, namibien et au nom de tous ceux et toutes celles de part le monde pour qui la dignité humaine garde encore une certaine valeur, et, avec la même vigueur la légitimation de toute forme d’esclavage et de la traite des noirs qui ont eu ou qui auraient encore lieu en Afrique et dans le monde,

(2)

salue et honore le pacte de sang qui lie désormais les peuples zimbabwéen, angolais et namibien au peuple et aux patriotes congolais. Car comme l’avait prophétisé P. E. Lumumba: " voilà encore la preuve vivante de l’unité africaine. Voilà la preuve concrète de cette unité sans laquelle nous ne pourrions vivre face aux appétits monstrueux de l’impérialisme. Nous sommes ici pour défendre l’Afrique, notre patrimoine ensemble".

Aucun substantif, aucune expression n’est assez fort pour qualifier le néonazisme et les néonazis de quel bord qu’il soit et surtout en Afrique. L’intervention du Zimbabwe, de l’Angola et de la Namibie à côté du peuple congolais n’est pas une question de géopolitique ni de revendications de la nationalité congolaise ni une question de la situation politique intérieure comme certains spécialistes de la guerre psychologique et de la propagande, tout comme un certain lobby anti-congolais et anti-africain qui contrôlent les médias internationales le laissent croire. Le vrai problème est le néonazisme, cheval de bataille d’un chef d’Etat africain, en l’occurrence Yoweri Kaguta Museweni de l’Ouganda. L’enjeu est la création d’un Etat néonazi au coeur de l’Afrique avec l’appui tacite et ouvert des institutions internationales (FMI, Banque mondiale), de la presse internationale et de certaines puissances non africaines.

Et même si la volonté du peuple congolais ne vaut pas un pis de merle, qu’on respecte au moins la mémoire de ses héros connus, anonymes ou oubliés. Et même si ce pays, la RD Congo qui avait fait le don suprême, en sacrifiant le meilleur de ses fils P. E. Lumumba sur l’autel de la dignité humaine et de la liberté pour l’Afrique, pour tous les noirs de la diaspora et pour tous les opprimés du monde agonise, ses filles et ses fils, les vrais africains et tout le monde épris de liberté veilleront que sa mémoire ne périssent pas et que sa patrie résiste à ses ennemis tant intérieurs qu’extérieurs. Car, „si le Congo meurt, toute l’Afrique bascule dans la nuit de la défaite et de la servitude (P. E. Lumumba)", donc c’est plus qu’un acte de civisme pour nous congolaises et congolais de rester éveiller et de veiller que l’ennemi ne triomphe. Nous ne devons pas nous permettre d’oublier que Lumumba, Mpolo et Okito sont morts pour le Congo. Nous ne devons pas oublier que la mort de Tshombe est intimement liée à son recueillement devant le monument de Lumumba à Kisangani.

Que les deux pays voisins situés à l’Est de la RD Congo exigent l’instauration de la démocratie dans notre pays pour garantir la sécurité de leurs frontières respectives est une insolence qui cherche son pareil sur le plan international. La démocratisation du système politique en RD Congo est une affaire qui ne concerne exclusivement que le peuple congolais. Aucun pays au monde ne pourra imposer à la RD Congo un calendrier de démocratisation, a fortiori ni l’Ouganda ni le Ruanda, qui démontrent au jour le jour à la fameuse communauté internationale leur incapacité à promouvoir un dialogue national dans leurs pays respectifs, leur incapacité à démocratiser leur régime politique respectif. Ni une „démocratie dictatoriale" ni une „dictature démocratique" ne verront le jour en RD Congo, mais une démocratie congolaise.

La RD Congo est la synthèse: du sens de la discipline du Congo (Brazzaville), de la fascination du développement de la Côte d’Ivoire, de l’ouverture et de la convivialité des habitants du Sénégal, de la simplicité du Burkina, de la dignité du Mali, de l’austérité du Niger, du sérieux et de la propreté des habitants du Togo, de la modernisation du Gabon, de la complexité et du dynamisme des hommes d’affaires du Cameroun, de la capacité d’endurance de la Guinée, de la fierté du Maure de la Mauritanie (I. Baba Kake), de la fermeté du Zimbabwe, de la sagesse de l’Angola et de la sincérité de la Namibie. Restons fiers et humbles, parce que nous savons que: Nzonku abosanaka moto azokisi ye te, et que liso ya likelele ekotaka zelo te.

Congo uni, pays fort!

Berlin, septembre 1998.

Shungu . M. Tundanonga-Dikunda

PF 62 02 45

  1. 10792 Berlin (Allemagne)

e- mail: Tunda@zedat.fu-berlin.de

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