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Communiqué de presse
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Katchelewa Shimbi-Kamba
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L'Exécutif National de l'UNION NATIONALE, parti d'opposition au Congo-Zaïre, condamne vigoureusement les attaques dirigées à partir du Rwanda sur le territoire du Congo-Zaïre. Ces attaques menées par des forces étrangères constituent une agression qui, encore une fois compromet les nombreux efforts de réconciliation qui étaient en cours dans la région des Grands Lacs. Elles ont déjà causé et continuent à causer de nombreuses pertes en vies humaines; elles favorisent le maintien d'un état de guerre et des atteintes interminables aux droits humains. Elles sont propres à susciter des haines, vivifier les plaies non encore cicatrisées qui ont affecté la région pendant la première guerre de 1996, guerre qui, comme celle d'aujourd'hui, a été initiée par les mêmes autorités rwandaises et ougandaises.
Pendant que de tous côtés des assoiffés de pouvoir antidémocratique se battent, les masses sans armes continuent à se faire massacrer. Par un message de la part d'un rescapé des massacres d'Uvira ( réfugié en Tanzanie), nous venons d'apprendre que des milliers des civils (hommes, femmes, enfants et vieillards) ont été rasés par des chars de combat venus de Bujumbura en République du Burundi via la frontière de KATUMBA/KAVIMVIRA.
Les assaillants qui défendent tantôt une "République Indépendante du Kivu" tantôt le droit d'accès à la nationalité congolaise ne défendent nullement les aspirations des populations du pays. Ce sont ceux-là mêmes qui ont amené Kabila au pouvoir, par une guerre dont l'objectif ne fut nul autre que d'arrêter le processus démocratique au pays, qui, utilisant quelques noms des Congolais, accusent aujourd'hui le pouvoir de fait de Kinshasa, auquel ils ont pourtant participé pendant plus de 14 mois, de népotisme, de corruption, de manque de vision (ce qui explique sans doute le manque d'appui réel du gouvernement à l'intérieur du pays), d'avoir signé avec le Rwanda des engagements qu'il n'a pu honorer (= la cession du Nord et du Sud-Kivu congolais au Rwanda).
Et jusqu'à ce jour, on doit s'interroger sur la volonté du pouvoir de fait de Kinshasa de réunir toutes les forces vives du pays qui doivent ensemble mettre à profit toutes les ressources humaines disponibles et défendre d'abord le patrimoine national.
L'UNION NATIONALE condamne ces attaques qui créent un climat propice au démembrement du pays mais aussi l'insensibilité du pouvoir de Kinshasa face aux nombreuses revendications du peuple, insensibilité qui, à bien des égards, est la source de toutes les instabilités qui rendent possibles les manipulations des populations par des inconnus.

L'UNION NATIONALE demande

-au Conseil de Sécurité des Nations Unies, à l'Organisation de l'Unité Africaine et à tous les chefs d'Etats et de gouvernements amis du Congo-Zaïre, d'exiger l'arrêt de l'escalade militaire rwandaise et burundaise dans ce pays; d'exiger le respect de l'intégrité territoriale du Congo-Zaïre, ce qui serait la mise en application de la Résolution n° 1097/1997 du Conseil de sécurité de Nations-Unies du 18 février 1997 qui exige le retrait de toutes les troupes étrangères du territoire congolais-zaïrois.

- au président Kabila de répondre favorablement aux multiples appels qui lui sont faits par toutes les forces vives du pays l'enjoignant à une réconciliation nationale qui permettrait à la nation toute unie de se dresser contre l'agression étrangère. Après la guerre, le président devra organiser rapidement un conclave des partis politiques et des organisations de la société civile afin de doter le pays d'un cadre juridique et d'une équipe de transition qui prendra la charge d'organiser le recensement de la population, un referendum constitutionnel et les élections afin de doter la IIIème République des institutions démocratiques et stables.

- à tous les fils et filles du pays, à tous les partis politiques et organisations de la société civile de ne pas perdre de vue que la compétition politique ne se fait pas en temps de guerre. Nous devons éviter les dérapages de 1996-1997, mettre de côté nos clivages politiques pour être capables de nous parler et défendre la patrie.

Fait à Montréal, le 05 août 1998

Katchelewa Shimbi Kamba

Président de l'Exécutif National

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