| Création d'une bourse
des compétences profession- nelles |
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| Roger-Shimba Kankwende |
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Diaspora congolaise : à ton tour de jouer
La guerre est inhumaine. Celle que les ennemis de notre pays imposent à notre peuple, qui
commençait à se remettre du traumatisme mobutiste, est en plus injuste et injustifiée.
Injuste parce qu'historiquement, le Rwanda doit plus au Congo que le Congo ne doit au
Rwanda. Que Kagame, du haut de son arrogance, revendique des royalties pour avoir aidé
kabila à précipiter le départ de Mobutu, est tout simplement scandaleux. C'est faire
preuve d'une étroitesse d'esprit qui frise la malhonnêteté. C'est vite oublier que le
gros du bataillon des élites ruandaises a été accueilli, nourri, blanchi et formé par
le Congo et aux frais du contribuable congolais. Les cadres sur lequel s'appuie le
suffisant Kagame doivent beaucoup à la Nation congolaise. Que l'arrogant Kagame feigne
l'ignorer, c'est son droit, mais qu'il ne compte pas sur le peuple congolais pour oublier
sa barbarie. La présence des réfugiés ruandais sur le sol congolais n'est le fait d'une
invitation collective, mais la conséquence de l'incapacité des ruandais à créer un
cadre institutionnel susceptible d'assurer la paix ethnique. Le peuple Congo ne peut être
tenu responsable de l'incapacité des hommes politiques ruandais à trouve
Cette guerre est aussi injustifiée, parce qu'après quelques mois de gestion de l'Etat
congolais, rien ne justifie le recours aux armes pour renverser un régime pour la simple
et unique raison que le chef de l'Etat engage son pays dans la voie de l'indépendance
véritable. Le président Kabila est condamné à mort parce qu'il a démontré par les
actes, en matière d'indépendance nationale, qu'il se veut être le digne héritier
politique de Patrice Emery Lumumba. Il lui a suffi de s'obstiner d'une part, à tenir à
l'écart ceux qui partagent avec Mobutu la responsabilité du sous-développement
intégral dans lequel se trouve notre pays et, d'autre part, à préserver notre
souveraineté nationale des appétits des régimes expansionnistes de la région des
grands lacs pour qu'une coalition contre nature entre les mobucrates et les tutsi
expansionnistes agresse le Congo.
L'agression dont est victime notre pays ne vise pas monsieur Laurent-Désiré Kabila, le
chef de l'Etat congolais, mais le nationaliste congolais qui a déjouer les plans
machiavéliques des ennemis de notre peuple. A travers le président Kabila, la coalition
mobuto-tutsi se dresse contre la stabilisation de la situation politique dans notre pays.
Le but poursuivi par cette coalition ne vise pas à promouvoir la justice, la paix et la
prospérité ni l'épanouissement socio-culturel du congolais, mais l'asservissement pur
et simple de notre peuple.
En trente-deux ans de pouvoir, les mobutocrates nous ont largement eu le temps de nous
démontrer ce dont ils étaient capables. L'etat dans lequel se trouver notre pays est
l'uvre visible de leur action au pouvoir. Comment peuvent-ils encore avoir le toupet
d'intenter un procès d'intention contre un régime qui n'a que le malheur de s'atteler à
recoller les morceaux de leur gestion chaotique ? Comment peuvent-ils croire que notre
peuple puisse encore faire confiance à une équipe qui s'est honteusement cramponnée aux
privilèges, quand bien même que la fin de leur leader était devenue inéluctable ?
Comment peuvent-ils parler de compétence et d'expérience quand on sait dans quel abîme
ils ont conduit le pays ? Si le gouvernement du salut public a du mal à gouverner, c'est
justement parce que les mobutocrates ont tout détruit.
Quant aux expansionnistes tutsi, ils ont mieux à faire dans la recherche des solutions
viables pour instaurer la paix civile dans leur pays au lieu de chercher des noises à un
voisin certes malade mais néanmoins grand. Comme l'a justement dit le président Kabila :
le petit Rwanda ne va pas avaler le grand Congo. Quelle que soit l'issue de la présente
guerre, à terme, le Congo finira par écraser le Rwanda. Que le dictateur Kagame se le
mette bien dans la tête ! Ceux qui ont pactisé pour déstabiliser notre pays rendront
des comptes à notre peuple. L'époque ou le peuple congolais se contentait de recevoir
des claques est révolue.
Congolais de la diaspora, s'il est vrai que nous n'avons pas tous la même opinion sur les
intentions du président Kabila, nous avons au moins en commun l'amour que nous portons
tous à notre cher pays. Beaucoup de nos compatriotes, ceux de la diaspora, en
particulier, attendaient un signe fort en matière d'indépendance nationale avant de se
mettre en mouvement aux côtés du président Kabila. C'est pour rallier cette franche de
la population qui exigeait une clarification de la souveraineté nationale par rapport aux
pays de la région des grands lacs et la renégociation des contrats que le chef de guerre
Kabila avait signés avec des groupes étrangers que le président Kabila est aujourd'hui
condamné à mort. Qu'avons-nous à lui reproché aujourd'hui ? Il a fallu qu'il
satisfasse à l'une des revendications majeures des élites congolaises dispersées à
travers le monde, pour qu'il perde la confiance de tous les étrangers. En affirmant
l'indépendance du Congo vis-à-vis des gouvernements expansionnistes de la région des
Quand un homme d'Etat est attaqué parce qu'il a eu le courage de chercher à défendre
les intérêts du plus grand nombre au péril de sa vie, il est un devoir pour tout
nationaliste de se ranger à ses côtés. Les prises de position ambiguë de certains
soi-disant "Poids lourds " du paysage politique congolais, alors que le pays est
l'objet d'une agression manifeste, est symptomatique du comportement mobutocrate
(opportuniste). En plaçant les autorités en place à Kinshasa sur un même pied
d'égalité que les rebelles, les opportunistes mobutocrates jouent le jeu des
gouvernements expansionnistes de la région des grands lacs au détriment des intérêts
du peuple congolais.
Le spectre d'un grand Congo capable de catalyser l'émergence d'un pôle économique
africain a toujours inquiété les puissances néocoloniales. Hier, pour se débarrasser
de tout nationaliste vindicatif, elles se chargeaient elles-mêmes de la sale besogne.
Aujourd'hui, par égard à leur propre opinion intérieure, elles se servent de leurs
nouveaux valets. Ceux de nos compatriotes qui ont pactisé avec le diable, pour aider les
ennemis de notre peuple a maintenir notre pays dans le sous-développement, se trompent de
camps.
Peuple congolais, la situation qui prévaut actuellement dans notre pays nous appelle à
plus de responsabilité et de cohérence. Nous ne devons plus nous contenter de paroles
mais d'actes concrets et réfléchis. Nous devons chercher de formes de participations
susceptibles de donner l'occasion, aux meilleurs d'entre-nous, d'offrir à notre pays les
compétences dont il a besoin pour amorcer son décollage économique. Tant que notre pays
ne se sortira pas de sa situation de pauvreté, l'intégrité territorial ne pourra être
garantie. Les victoires sur les agresseurs potentiels passent par celles que nous devons
emporter contre le sous-développement.
Notre pays est certes riche, mais potentiellement seulement. Pour devenir un pays riche
tout court, il faut que les filles et fils du Congo prennent conscience de cette réalité
afin d'engager les efforts nécessaires visant à transformer le potentiel en concret. Car
actuellement, force est de reconnaître que notre Congo bien aimé est un pays pauvre. Il
est à tel point pauvre qu'un pays comme le Ruanda peut aujourd'hui nous défier et mettre
en déroute notre armée.
L'humiliation que nous sommes en train de subir nous oblige à remettre en question notre
conception de l'engagement patriotique. Tous les Congolais doivent méditer sur les vraies
origines de nos faiblesses. Ce n'est pas en nous agglomérant en petits clans inefficaces
que nous mobiliserons le potentiel humain dont a besoin notre pays pour engager à son
développement. Ce n'est pas en exaspérant nos prétendues différences de sensibilité
que nous offrirons au peuple congolais les raisons de revendiquer l'appartenance à une
communauté nationale. Peuple uni, pays fort. Congolais unis, Congo fort. Nous devons
amorcer notre combat contre le sous-développement par la victoire sur nos infécondes
rivalités. Chacun de nous doit participer à une réflexion sur les voies et moyens à
travers lesquelles nous devons emmener le plus grand nombre d'entre-nous à participer au
mouvement de reconstruction nationale. Seule une réussite économique collective peut
nous donner les moyens d'une politique sociale d'envergure et d'une dé
Chers compatriotes, je vous invite à participer à une grande réflexion sur la mise en
commun des ressources humaines au service du développement de notre pays. Il ne s'agit
pas de nous enrôler dans un parti politique ou nous mettre au service d'un quelconque
leader politique, mais tout simplement de mettre sur pied un espace de rencontre des
spécialistes congolais, professionnellement qualifiés et expérimentés, susceptible de
favoriser l'émergence d'un courant de pensée privilégiant l'excellence. Pour prétendre
influer sur les cours des choses, l'intelligentsia congolaise se doit d'exister, en tant
que partenaire. Pour ce faire, nul n'est besoin de faire de la politique. Pour être une
puissance de proposition et travail, il faut tout simplement exister. C'est à quoi je
vous invite à souscrire. Mettons-nous ensemble, sous la forme qu'il conviendra de
définir, pour mettre à la disposition de notre gouvernement des idées, projets,
expertises, etc. mais aussi des professionnels qualifiés et expérimentés (chefs
Les Congolais professionnellement qualifiés et professant dans les pays développés ont
le devoir de trouver des formes de collaboration adaptée pour jouer un rôle à la mesure
de leurs compétences. Il est anormal que le gouvernement recourt aux experts étrangers
alors que les filles et fils du Congo, détenteurs des mêmes qualifications, s'en vont
servir d'experts ailleurs. Avec la guerre de la libération, le président Kabila a
affranchi notre peuple de Mobutu et de ses amis. Il est de notre devoir de créer les
conditions pour remplacer le règne de la médiocrité par l'ère de l'excellence.
Il est urgent de se mettre en ordre de marche pour déjouer la stratégie des hauts
fonctionnaires étatiques qui favorisent le maintien des comportements mobutistes pour
saboter l'action du gouvernement du salut public. Il est vrai que l'inertie administrative
héritée du mobutisme a anéanti beaucoup d'initiatives individuelles et découragé
plusieurs entrepreneurs. Le refus d'engager des vraies reformes structurelles et la
propension à s'entourer des collaborateurs sur des bases irrationnelles ont fini par
maintenir notre pays dans un état d'évolution stationnaire.
La mise en uvre de cette sorte de bourse aux compétences me semble être une forme
appropriée pour mettre les responsables politiques de notre pays en face de leur
responsabilité. Notre pays ne comblera le retard accumulé que dans la mesure ou il
s'engage dans un schéma de développement privilégiant la production des richesses selon
les règles de compétitivité universelles. C'est en fédérant les compétences dans
cette bourse que nous pourrions constituer une certaine force de proposition positive,
sans aucune ambition de pouvoir, à même d'aiguiller les choix des autorités politiques
de notre pays et de participer aux études et à la réalisation les programmes mis en
uvre.
J'attends vos avis sur cette proposition et compte sur chacun pour l'enrichir. Cordiales
salutations.
Roger-Shimba Kankwende
Ingénieur civil EPFL-SIA / Ingénieur de gestion dipl.
54B, chemin de Bois-de-Ban
CH-1066 Epalinges
E-mail : roger.kankwende@lausanne.ch
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