| Silence, on tue
(Appel aux compatriotes). |
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| Chris Sassa |
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Quand feu James Kabere (que le diable ait
son âme) et sa soldatesque ougando-rwandaise avaient investi Kitona avant d'amorcer leur
"marche" vers Kinshasa, un jeune homme de ma connaissance m'avait confié que
leur entreprise était vouée à l'échec. Mi-sérieux. , mi-plaisantin, il m'a assuré
que le Bas-Congo (dont je suis originaire comme lui) était béni et sacré, qu'il n'y a
jamais eu de guerre et que ceux qui l'y transporteraient verraient leur aventure tourner
court.
De fait, à part quelques escarmouches avec les Belges peu avant l'indépendance et
aussitôt après, le Bas-Congo n'a pas connu la guerre.
Béni ou sacré ? Je ne sais pas. Chanceux ? Assurément. Mais, l'aventure
ougando-rwandaise ont brutalement appris aux "Bas-Comgolais" (et aux Kinois, eux
aussi relativement préservés jusqu'alors) la réalité de la guerre par le concret.
C'est la chose dont l'humanité devrait se passer car la guerre est terrible et même au
cinéma, elle fait frémir.
L'Ouest libéré, la guerre s'est positionnée dans l'Est, là où elle avait commencé,
principalement dans le Kivu (qu'on dit "libéré" ou "occupé", c'est
selon le bord où on se place). J'ai 'observé que quand le Bas-Congo avait été envahi
et la capitale, menacée (avec la privation du courant électrique), nous étions tous
préoccupés, mobilisés. J'observe que depuis que la guerre s'est éloignée de Kinshasa
et du Bas-Congo, nous sommes relativement démobilisés (comparez les actuelles pages de
nos forums et celles des semaines où Kinshasa était menacé). Un peu comme si le Kivu ne
se trouvait pas trop loin de chez nous, mais pas chez nous
Je suis du Bas-Congo, je connais le Kivu pour avoir fait ma pré-u à Bukavu, je connais
le Shaba bien que je n'ai jamais été à Kalemie ou à Moba (occupés par les
agresseurs), mon épouse et de la province orientale. Mon pays, c'est de Sakania à Zongo,
de Goma à Banana, de Aru à Luiza, de Lemba à Matete, de Bagira à Kadutu, etc. Je n'ai
pas encore eu le bonheur de visiter tous les coins et recoins de mon immense pays, mais
tout ce pays
est mon pays.
Je comprends donc mal la relative démobilisation qui semble nous gagner. Nos compatriotes
du Kivu vivent les affres de l'agression et de l'occupation. Ils nous interpellent,
appelent à l'aide. J'ai eu à poster sur Congo'2000 et Congonline trois messages émanant
de nos compatriotes au Kivu (S.O.S. Bukavu/ Sud-Kivu (R.D.C.) le 25 septembre, SOS POUR LA
POPULATION DU KIVU le 15 septembre et Voici comment Wamba, Thambwe, Zahidi, Lunda,
Onekande et cie "libèrent" le Kivu, également le 15 septembre). Il me semble
que les gens ont lu et ont haussé les épaules! Ce qu'on vit au Kivu se repète depuis je
ne sais pas quand, ce qu'ils vivent là-bas est dur, plus dur que ce qu'on a vécu pendant
quelques jours dans le Bas-Congo et à Kinshasa.
En plus, c'est vraiment en ce moment que se joue l'intégrité de notre territoire. Si les
agresseurs avaient investi Kinshasa, la cause aurait été entendue (dans le mauvais sens,
c'est vrai, mais c'est tout le pays qui aurait été pris avant une possible cession de
certains territoires). A présent, c'est une partition du territoire qu'il faut craindre
et en ce moment, la partirion est de fait parce qu'il n'y a pas une seule et unique
autorité qui contrôle le pays. Tant que le Kivu et les autres régions orientales,
frontalières de l'Ouganda, du Rwanda et du Burundi ne seront pas sécurisées, que la
guerre ne s'en sera pas éloignée, la menace sur
l'intégrité du territoire persistera.
Alors, ne nous démobilisons pas. Que faire ? Commençons par avoir en permanence à
l'esprit que la guerre n'est pas finie. Commençons par entendre les appels de nos
compatriotes au Kivu et les amplifier par des dénonciations comme nous l'avons fait lors
de la menace sur Kinshasa.
Commençons par faire sentir à nos compatriotes au Kivu que nous sommes solidaires d'eux
et aux agresseurs et leurs commanditaires que nous sommes unis contre eux. Ne nous
laissons pas distraire par Kamanda et tous les autres (tous ces gens ont des voix qui
portent plus que les nôtres mais les avez-vous entendu dénoncer l'agression ? On en voit
plutôt qui en appelent aux agresseurs pour soutenir leur
plan!). Nous aurons
encore l'occasion de débattre avec eux, de parler de leur félonie
En attendant, ce sont des enfants, des femmes, des hommes, des jeunes, des moins jeunes,
des vieux et des vieillards, des compatriotes à Bukavu, Goma, Uvira, Moba, Kalemie,
Kisangani, Lubutu, etc. et dans les campagnes qui nous interpellent. Ils ont aussi le
droit de vivre en paix dans le pays de leurs ancêtrres.
Chris Sassa
csassa@hotmail.com |
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