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Mais, sur quelle planète vit donc M. Tshisekedi ? (Re: Protestation de la SOCICOE contre le Mémorandum de l’UDPS au Secrétaire Général de l’ONU et à la Communauté Internationale de Mubabinge Bilolo)
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Chris Sassa
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La guerre fait parfois des victimes ou perdants et des gagnants inattendus.
Il ne s'agit pas de vainqueur et de vaincu, mais c'est un peu comme de ces marchands de bougies qui doivent avoir fait des affaires d'or pendant la longue coupure de l'électricité à Kinshasa alors que leurs collègues vendeurs d'ampoules électriques se mordaient les doigts et devaient acheter des ... bougies (le comble!) pour s'éclairer!.

Le grand perdant de la guerre pourrait être M. Etienne Tshisekedi, alors que M. Kabila en serait le grand profiteur. Le comble (un autre) est que M. Tshisekedi semble avoir tout fait et continue à tout faire pour être perdant alors que M. Kabila -au départ tout au moins- n'aurait rien fait pour y gagner! Les deux semblent avoir joué en bourse: le premier a acheté des actions traditionnelles et établies de longue date, mais que la conjoncture a mis en chute libre, alors que le second a parié sur des actions nouvelles et qui, heureusement pour lui, montent.

Le fond de commerce de M. Tshisekedi et qui lui a valu une indéniable popularité est le radicalisme. Mulumba wa Aradjikal serait, proclament, ses inconditionnels l'opposant sans concession. Mais, il arrive que son radicalisme soit à géometrie variable. On a difficilement compris. par exemple, que le radical pur, dur et sans concession accepte de se faire nommer premier ministre d'un régime auquel on ne donnait plus que quelques jours. C'est vrai qu'il s'en est expliqué et s'est trouvé de bonnes raisons, mais l'histoire qui, malheureusement, ne retient pas toujours les détails retiendra qu'il a été l'avant dernier ... premier ministre de Mobutu! C'est le même radical qui s'est rendu en France au chevet de Mobutu pour annoncer, un peu trop vite, qu'ils se sont réconciliés et qu'il allait être le premier ministre. Pourtant, il s'était fait virer de la primature à cause de son radicalisme qui lui a fait fermer la porte de son gouvernement aux ... mobutistes! Et qui dit réconciliation dit bien lâcher du lest, se rendre, en partie, aux évidences de l'autre, ce qui n'est pas l'attitude d'un radical pur et dur.

Son radicalisme a refait surface avec M. Kabila. "Je ne reconnais pas ce gouvernement", a-t-il clamé sur un ton univoque devant la presse internationale. Rappelé de sa rélégarion -que j'ai personnellement déplorée- il annonce qu'il est prêt à collaborer avec Kabila. Mais, la lecture de son discours est plutôt confuse. Avec les politiciens, il faut parfois lire entre les lignes, trouver le sens de l'agencement des phrases et la signification pas toujours évidente des mots. Quand il dit, en même temps, qu'on ne va pas s'imaginer qu'il va travailler dans un cadre décidé par M. Kabila, on ne sait plus que penser. Ce sont des choses qu'il devait dire (ou faire dire) à M. Kabila directement car elles conditionnaient son accord de collaboration. Si M. Kabila lui avait repondu (ou fait repondre) qu'il maintenait son cadre, il va s'en dire que M. Tshisekedi se serait épargné cette déclaration. Il aurait eu tout le loisir de dire: "j'étais prêt à collaborer, mais...". Mais, quand on pose ce genre de conditions, à travers la presse, à la personne qu'on venait de rencontrer et qu'on attendait de rencontrer encore (c'est lui qui l'a dit), on peut bien se poser des questions sur le sens de la collaboration annoncée!

Quand vient la guerre et dans la suite de celle-ci, M. Tshisekedi manque incroyablement l'occasion de concrétiser cette collaboration (dans l'intérêt supérieur de la nation) tout en demeurant opposé à M. Kabila.
Prendre la tête de ceux (nombreux) qui n'approuvent pas Kabila, mais qui placent l'intégrité du territoire au dessus de tout aurait assurément accru son prestige et son audience. Or, il se trouve qu'après avoir parlé d'une révolution de palais, il est le seul à ne pas voir dans la guerre une agression. Il y a assurément d'autres causes et personne ne le nie, mais ignorer ce que tout le monde sait, dit et même avoue (s'agissant du Rwanda et de l'Ouganda) relève tout simplement de l'irresponsabilité criminelle.

Car, même au sein de l'UDPS, la réalité de l'agression n'est pas niée. La preuve ? Relisez plutôt le rapport fait par Willy Cilengi MM, Président du Bureau de l'Assemblée Fédérale de l'UDPS Afrique du sud (que j'ai reçu par E-mail, mais aussi publié sur Congonline) au sujet de l'action de l'UDPS lors du Sommet des non-alignés. On y lit, entre autres, ceci: "Avant de rentrer à la maison, Mr Mutombo (précision: Mutombo Kabundji est Président
Fédéral de l'UDPS-RSA) entreprend les démarches pour une démonstration le lendemain afin de protester contre la politique d'exclusion de Kabila et LA PRESENCE DES ENVAHISSEURS SUR LE TERRITOIRE VIOLE DU CONGO" (c'est moi qui souligne).

Je n'approuve pas la manière dont l'UDPS-RSA s'y est prise à Durban et de cela, nous aurons l'occasion de parler. En attendant, notons que l'UDPS-RSA n'a pas été désapprouvée par M. Tshisekedi. Mieux: il est difficile de croire qu'une action menée lors d'une aussi importante occasion que le Sommet des non-alignés n'ait pas reçu le feu vert de la haute direction du parti et même qu'elle n'ait pas été commandée par elle (j'envoie ce rapport à Congo2000 qui ne l'a pas reçu et à ses responsables de juger de l'opportunité de le publier).

Alors ? Il y a des envahisseurs sur notre territoire et que fait-on des envahisseurs ? Il y a agression et M. Tshisekedi l'ignore. Mieux: M. Tshisekedi demande à ceux qui veulent nous aider à chasser les envahisseurs de ne pas intervenir. Encore mieux: piteusement, il s'adresse à ces mêmes envahisseurs (càd à l'ennemi) pour soutenir son "plan" de paix (alors que le parlement ougandais, par exemple, vient d'approuver le maintien des troupes au Congo et même leur renforcement).Toujours mieux: ceux qui tuent au Kivu et que dénoncent des sources neutres ne sont pas des Congolais et M. Tshisekedi affirme que cela ne mérite pas qu'on envoie des gens se battre. En voulez-vous encore de mieux: James Kabere est mort des suites des blessures reçues lors de la reconquête du Bas-Congo par les FAC et leurs alliés, les agresseurs capturés à cette occasion sont incapables de situer leur territoire sur la carte du Congo et on sait que l'Ouganda et le
Rwanda ont négocié ferme pour obtenir leur rapatriement. Mais, c'est une perte de temps parce que des personnes ordinaires comme moi le savent, vous, vous ne pouvez l'ignorer. Et c'est le plus grave, parce que si vous ne le saviez pas, si vous viviez sur une autre planète, on vous aurait pardonné et on vous aurait dit ce qui se passe vraiment.

Vous êtes juriste, M. Tshisekedi et si vous étiez avocat d'un gouvernement, procureur ou juge, vous n'aurez pas beaucoup de mal pour qualifier les infractions qu'aurait commises une personne agissant comme vous le faites et qui plus est se veut un leader. Seulement, voilà, vous vous êtes fait un intouchable et il suffit qu'on vous défère en justice pour que vous criez à je ne sais quoi. Mais, il y a le peuple, oui le peuple qui lui vous jugera.
Lors des élections, vos adversaires devront capitaliser sur vos actions pendant la guerre. Esperons que vous aurez le courage et d'aller dans le Kivu lors de votre campagne et de nier l'agression en plein Kadutu.

La démocratie que vous reclamez commence par les partis. Croyez que là où elle est bien implantée, vous auriez démissionné pour ne pas faire face à un vote de confiance qui vous aurait éjecté. Parce que dans les vrais partis, quand le chef se trouve est disconnecté de la réalité, on lui désigne la porte de sortie. Etes-vous sûr que la teneur de votre mémorandum, les lettres à Bizimungu et Museveni traduissent vraiment l'opinion de ce peuple dont vous révendiquez le leadership ? Mais, c'est vrai que qu'il n'y a jamais eu de course à la direction de nos partis. On devrait voir de tous les côtés avant de crier à l'auto-proclamation...

M. Tshisekedi, on ne vous demande pas d'être d'accord avec la politique de M. Kabila. La démocratie souffrirait si tout le monde est d'accord. Mais, la défense de l'intégrité du territoire, combattre une agression n'est une politique de personne. C'est une cause sacrée.

Chris Sassa
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