| Agression ougando-
rwandaise: les autres questions fondamentales. |
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| Chris Sassa |
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Pour justifier leur agression contre le
Congo, le Rwanda et l'Ouganda invoquent l'incapacité de Kinshasa de sécuriser les
frontières. Ces deux pays nient évidemment le soutien aux "rebelles
congolais", mais ils admettent poursuivre leurs rebelles à eux retranchés en
territoire congolais. Faire penétrer ses troupes dans un autre pays, sans l'accord de
celui-ci pour y faire la guerre (même contre ses rebelles, encore que dans le cas
d'espèces, les troupes rwandaises et ougandaises ont bataillé contre des soldats
congolais), c'est une agression. OUI, NE SERAIT QUE CELA EST UNE AGRESSION CARACTERISEE et
le droit de poursuite qu'on invoque ne change rien à cette réalité.
De manière simple et même simpliste, on pourrait dire que sans ces rebelles, le Rwanda
et l'Ouganda n'auraient aucune raison d'agresser le Congo. Puisque ces rebelles ne sont
pas des Congolais, une première évidence s'impose: LE RWANDA ET L'OUGANDA EXPORTENT AU
CONGO LEURS PROBLEMES ET CONFLITS INTERNES. Qu'avons-nous, nous Congolais à avoir
là-dedans ?
Deuxième évidence: la sécurité aux frontières ne pourra être effective qu'avec
l'extinction des rebellions ougandaise et rwandaise. Mais, qui doit éteindre ces
rebellions ? Pas le Congo, en tous cas, mais bien les gouvernements de Kampala et de
Kigali. Voilà donc qui est hors de notre portée.
Troisième évidence: pour qu'une rebellion soit puissante au point d'inquiéter le
pouvoir en place, pour qu'elle dure si longtemps, il faut bien qu'elle bénéficie d'un
fort soutien de la population et qu'elle soit sous-tendue par des aspirations légitimes.
En ce qui concerne spécialement le Rwanda, le problème se pose en termes simples: une
minorité détient le pouvoir et les moyens de celui-ci par la force, même si elle a
cédé quelques attributs de parade à la majorité (dont la "présidence" -ô
combien vide- de la république). Il est manifeste que tant que les régimes de Kigali et
de Kampala ne rencontreront pas les aspirations légitimes de leurs peuples et
singulièrement de la majorité, les rebellions ne s'éteindront pas quelque soient les
moyens (militaires) qu'on mettra ne oeuvre et malgré la collaboration des pays voisins.
La reconciliation nationale dont on parle tant devait commencer au Rwanda. Notez le
langage de Kagame et Museveni: il faut qu'il y ait en place à Kinshasa, un gouvernement
fort qui puisse sécuriser les frontières, entendez: pourchasser leurs rebelles (M.
Kagame se permet même de nous choisir la forme de l'État: il ne veut pas d'un
fédéralisme poussé au
Congo; lisez AFP). Mais, c'est quoi un gouvernement fort ? Dans leur entendement, un
gouvernement fort serait donc celui qui déploie des moyens militaires importants et
écraserait tout sur son passage ? Un gouvernement fort est celui qui est issu des urnes
et qui continue à bénéficier du soutien de la population. M. Kagame envisage-t-il des
élections libres et démocratiques au Rwanda ? La question n'est même pas à l'ordre du
jour. La guerre ou une situation de guerre est le fond de commerce de Kagame. Quant à
Museveni, on sait quel type de démocratie il a mis en place en Ouganda.
Il est donc fort à craindre que les rebellions ne s'éteindront pas de si tôt dans ces
pays. Les rebelles trouveront toujours des recoins où se retrancher au Congo. Ce sont, en
effet, les mêmes populations de part et d'autres des frontières et celles de ce
côté-ci ne pourront pas ne pas offrir asile et assistance à leurs frères! Dans leurs
incursions en territoire congolais, les forces ougandaises et rwandaises doivent donc
aussi tuer des Congolais: ce qu'ils font d'ailleurs. Si le Congo veut pourchasser ces
rebelles, il devra s'opposer aussi à une partie de sa population: c'est ce qui se passe
aussi. Et la guerre continuera tant qu'une vraie vie démocratique (le pouvoir à la
majorité, respect et protection de la minorité) ne s'instaurera pas dans ces pays. Et on
continuera à accuser le Congo et à l'attaquer. Quelques esprits éclairés proposent des
zones-tampons: le Rwanda est trop petit pour se permettre de céder une partie de son
territoire et le Congo ne pourra pas aliéner une partie de son territoire parce que le
voisin ne peut pas résoudre ses contradictions.
Au demeurant, voilà qui serait nouveau: habituellement, une zone tampon sépare deux
États en conflit ou empêche les infiltrations des voisins terroristes.
LE PROBLEME SE TROUVE A KIGALI ET A KAMPALA. LES SOLUTIONS AUSSI. Il est bien malheureux
que même nos dirigeants ne relèvent pas cet aspect de la question. Nous avons besoin de
nos moyens: devrons-nous consacrer on ne sait quel pourcentage de notre budget et
mobiliser nos compatriotes sous le drapeau à pourchasser les rebelles rwandais et
ougandais alors que Kigali et Kampala refusent de mettre en place les conditions qui
présideraient à la fin de ces rebellions ? NOUS CONGOLAIS AIMONS NOUS AUTO-FLAGELLER
PARFOIS, NOUS ADORONS NOUS CULPABILISER PLUS QU'IL NE FAUT. Mais, que pouvons-nous faire
tant que Kampala et Kigali n'auraont que le langage des armes pour mettre fin à leurs
rebellions ?
Tout cela ne donne pas à l'Ouganda et au Rwanda le droit d'attaquer notre pays. Pendant
longtemps (c'était un secret de Polichinelle), le Congo a abrité des bases de l'UNITA.
Cela n'a jamais donné au gouvernement de Luanda le droit d'attaquer notre pays. Kabila et
ses gens avaient des bases arrières en Tanzanie: nous n'avons jamais fait la guerre à ce
pays. En 1966-67, les mercenaires de Jean Schramme et Bob Denard en déroute se sont
enfouis vers les Ruanda: le Congo ne les a pas poursuivis au délà de nos frontières.
Queks droits se donnent donc Kampala et Kigali ?
AUTRE QUESTION FONDAMENTALE: la surpopulation du Rwanda et du Burundi. Déjà du temps de
Habyarimana, on faisait valoir le manque d'espace pour s'opposer au retour des exilés et
ils sont nombreux (on dit que le nombre de Rwandais à l'extérieur serait au moins la
moitié de la population au pays). Et les berceaux continuent à se remplir... ce n'est
pas au Congo à résoudre ce problème, mais le problème est là et il faudrait lui
trouver une solution.
Voilà deux questions fondamentales: la première (rebellion) est invoquée pour justifier
les promenades regulières des troupes rwandaises et ougandaises en territoire congolais
et la mise en place à Kinshasa par Kigali et Kampala des gouvernements censés faire le
sale boulot. La deuxième justifie la nenace (imaginaire ou réelle) d'un tutsiland
quelque part au Congo. Au fait, il avait été suggéré, avant la niassance d'Israel, la
création d'un foyer juif en Ouganda. Qu'en aurait dit Museveni ?
Chris Sassa (csassa@hotmail.com ) |
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