| Piteusement battus dans le Bas-Congo ainsi
quaux portes de Kinshasa,surpris par le soutien apporté au gouvernement de la
République Démocratique du Congo par la population congolaise ainsi que par les pays
frères d Afrique Australe, et fragilisés par leur propre impopularité
auprès des populations congolaises et par leurs contradictions internes, les rebelles
sont aux abois et réclament des négociations depuis des semaines. Ils réalisent soudain
toutes les dimensions de cette aventure folle et de leur impossibilité à vaincre. De lautre côté, le Zimbabwe, l Angola et la
Namibie ne semblent plus tellement disposés à poursuivre les envahisseurs jusquaux
confins de la frontière Est. Naturellement sans ses alliés, le gouvernement de la
République Démocratique du Congo est dans lincapacité de poursuivre les
assaillants jusque chez eux.
Et lheure de la négociation a sonné.
Et pourtant, grâce aux victoires militaires remportées
dans le Bas-Congo et aux quartiers périphériques de Kinshasa, combinées à son soutien
populaire et aux victoires diplomatiques remportées la semaine dernière auprès des
Non-Alignés, de lOUA et auprès de lAfrique du Sud, le gouvernement de la
République Démocratique du Congo peut se présenter en position de force à ces
négociations.
Au moment où souvrent les négociations de Victoria
Falls au Zimbabwe sur lagression dont est victime notre pays, la République
Démocratique du Congo, il convient de relever trois éléments dimportance
capitale :
1. Lintégrité territoriale et la
souveraineté nationale dun Etat ne se négoçient pas
Ce sont des principes sacro-saints qui ne doivent en aucun
cas être violés. Dès lors, la République Démocratique du Congo a le droit
dexiger fermement le retrait total, immédiat et définitif de son territoire
national de toutes les troupes Ruandaises, Ougandaises, Burundaises ou autres qui
lont envahi et y soutiennent une rébellion quils ont créée pour atteindre
leurs ambitions expansionnistes et hégémoniques, à la grande désolation du peuple
congolais.
Selon des accords bilatéraux ou multilatéraux signés
entre des Etats souverains, tout Etat agressé a le droit de faire appel à dautres
Etats en vue de laider à faire face aux envahisseurs et de les bouter dehors.
Cest exactement ce qua fait le gouvernement de la République Démocratique du
Congo en faisant appel au Zimbabwe, à lAngola et à la Namibie.
Cependant il est curieux et très révoltant de constater
que ce soutien dont bénéficie la République Démocratique du Congo de la part de ces
pays frères et amis ait provoqué des vives protestations de la part des envahisseurs
Ruandais, Ougandais, et leurs tuteurs occidentaux, qui ont vite fait de crier à
linternationalisation du " conflit interne congolais ".
Sans vouloir me livrer à des comparaisons extrêmes ou
simplistes, je ne peux mempêcher de penser que ce serait un peu comme si
lAllemagne nazie, après avoir envahi la France, protestait ensuite contre le fait
que le Gouvernement de la France Libre installé à Londres et dirigé par le Général De
Gaulle, ait fait appel à des alliés, notamment les Etats-Unis dAmérique, en vue
de laider à chasser les troupes nazies de France
Dans la même logique, demander le retrait du territoire
de la République Démocratique du Congo des troupes alliées venues du Zimbabwe,
dAngola et de Namibie, au même titre que les envahisseurs Ruandais, Ougandais, et
Burundais serait une absurdité qui dépasse tout entendement. Ce serait un peu comme si
lAllemagne nazie, en pleine occupation du territoire Français, exigeait le départ
des troupes alliées, américaines plus précisément, du territoire Français au plus
fort de la Deuxième Guerre Mondiale
2.Le Sommet de Victoria Falls ne doit pas se
transformer en une Conférence de Yalta pour la République Démocratique du Congo
a. Zone dinfluence Nord-Est.
Il est de notoriété publique que le Ruanda et
lOuganda ont toujours rêvé de créer des zones-tampons à leurs frontières en
plein territoire de la République Démocratique du Congo, et quils veulent avoir un
droit de contôle et dinfluence sur ces morçeaux de notre territoire national pour
leurs propres raisons de sécurité, dexpansionnisme, et despace vital pour
leurs populations et leurs économies.
Ayant échoué à installer " leur "
gouvernement fantôme à Kinshasa, ces deux agresseurs qui ont perdu jusque le sens de la
mesure seraient bien tentés de se replier à cette solution de réchange.
Des exigences de cette nature sont totalement
inacceptables. Si une telle option était acceptée, le Nord-Est de la République
Démocratique du Congo échapperait totalement au contrôle du gouvernement central et à
la souveraineté nationale, et basculerait totalement sous la souveraineté
ruando-ougandaise. Ces deux pays ainsi que leurs patrons occidentaux pourraient alors
sy livrer à lexploitation de nos richesses nationales. Cela serait une
partition de facto de la République Démocratique du Congo, à quoi sacharnent les
puissances occidentales depuis quelles ont de la peine à manipuler le gouvernement
nationaliste actuellement établi à Kinshasa.
b.Zone dinfluence Sud-Est / Sud-Ouest
Nos frères d Afrique Australe qui ont volé à
notre secours ne lont pas fait nécéssairement pour le simple plaisir de maintenir
en place lactuel régime de Kinshasa. Non, sils lont fait cest
parce quils ont eu la sagesse de comprendre le danger que ferait planer sur toute
l Afrique Centrale et Australe, non seulement léclatement de la
République Démocratique du Congo, mais aussi linstauration à Kinshasa dun
régime militariste Tutsi pro-ruandais dont lobsession expansionniste et
hégémonique téléguidée par leurs protecteurs occidentaux toujours hantés par le
partage du Gâteau Afrique, ne fait plus lombre daucun doute. Nos frères du
Sud ont aussi compris quun Congo stable et prospère serait à leur bénéfice.
Cependant les pays dAfrique Australe seraient en
train de subir une très forte pression de la part des pays occidentaux, en tête les
Etats-Unis, la France et La Belgique, qui seraient
tentés de céer une autre zone dinfluence au
Sud-Est/Sud-Ouest de la République Démocratique du Congo, quils contrôleraient.
Cette stratégie viserait à marginaliser le gouvernement central de Kinshasa.
Cest un fait que les pays occidentaux ont fait
pression sur les pays dAfrique Australe pour quils ninterviennent pas en
faveur de la République Démocratique du Congo ; ont fait pression sur le Zimbabwe,
lAngola et la Namibie pour quils retirent leurs troupes du territoire de la
République Démocratique du Congo, et ne poursuivent pas les envahisseurs Ruandais et
Ougandais jusque dans l Est du Congo ; et sont même allés jusquà
négocier un sauf-conduit pour les troupes Ruandaises et Ougandaises encerclées par les
forces alliées dans le Bas-Congo.
Nous osons espérer et faisons confiance en nos frères
d Afrique Australe quils sauront continuer à tenir tête aux puissances
occidentales et de faire échec à leurs visées dexploitation de lAfrique sur
le dos des populations africaines.
Noublions surtout pas que tous ces pays occidentaux
avaient, pendant de longues années, soutenu le Portugal contre les peuples dAfrique
dans les guerres de libération en Angola, au Mozambique, et ailleurs ; avaient
soutenu le gouvernement rebelle et néocolonialiste dIan Smith en Rhodésie (
actuellement Zimbabwe) ; avaient soutenu le régime dApartheid en Afrique du
Sud ; avaient soutenu le gouvernement dAfrique du Sud contre les populations
africaines du Sud-Ouest Africain ( actuellement Namibie).
En tous les cas, la République Démocratique du Congo ne
doit jamais accepter la partition de son territoire national sous quelle que forme que ce
soit.
3. Pas de troupes de lONU en République
Démocratique du Congo
Si les négociations aboutissent à un cessez-le feu, pour
autant que toutes les troupes Ruandaises, Ougandaises et Burundaises aient quitté notre
territoire national, et que la transition vers la démocratie soit engagée, il restera de
savoir qui va assurer la sécurité de la République Démocratique du Congo jusquà
ce que le pays se dote de véritables institutions démocratiques, et dune armée
puissante, nationaliste, patriotique, disciplinée, bien entraînée et bien équipee,
capable de défendre lintégrité territoriale, la souveraineté nationale, la
sécurité des personnes et des biens.
La République Démocratique du Congo a connu par le
passé de mauvaises expériences avec les troupes de lONU. En effet celles-çi, se
départissant de leur mission première du maintien de la sécurité et de lordre
dans la neutralité, avaient pris fait et cause pour la sécession Katangaise de 1960
orchestrée par les puissances occidentales au détriment du gouvernement central.
Compte-tenu de ce passé sombre de l ONU dans
notre pays, il ne serait pas du tout souhaitable de faire de nouveau appel a ses troupes.
Il serait souhaitable que les pays dAfrique Australe
alliés de la République Démocratique du Congo nous fournissent les troupes pour assurer
notre sécurité jusquà ce que nous soyons en mesure de le faire nous même.
Conclusion :
Lissue que connaîtra la crise que traverse
actuellemnet la République Démocratique du Congo déterminera le destin de toute
l Afrique pour le 21ème siècle, et même au-delà.
Noublions pas ce que disait Franz Fanon :
LAfrique a la forme dun revolver dont la gâchette est plaçée au
Congo.
Adelar Lukeso Pitta |