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Kabila est-il un "imposteur"?
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Osongo-Lukadi Antoine-Dover
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"La prévention des coups d'Etat et conflits inter ou intra-frontaliers dans le Tiers-Monde africain. Cas de la RD-CONGO"

Autorité comme reconnaissance

La prévention des coups d'etat perpétuels et conflits inter ou intra-frontaliers exige nécessairement la "démocratisation" du régime ou du pouvoir politique dans le Tiers-Monde africain en général et dans notre pays en particulier. Car, tout régime politique a besoin d'une reconnaissance pour sa stabilité politique même économique. Cette reconnaissance constitue un des principes nobles de l'exercice du pouvoir politique dans un Etat. La reconnaissance signifie acceptation par le peuple ou par le souverain primaire d'un régime politique.
Concernant notre pays, le Congo, pouvons-nous dire que le régime Kabila est reconnu par la population ? La question mérite bien d'être posée surtout au moment où notre pays fait face à une "opposition" armée que d'aucuns qualifient de pacotille. En vérité, elle a fait une très bonne publicité du régime Kabila qui, à l'heure d'aujourd'hui, en devient un des plus populaires sinon le plus populaire d'Afrique. La "popularité" dont ce régime est aujourd'hui bénéficiaire constitue ni plus ni moins un signe de cette "reconnaissance" par la population congolaise toute entière, de l'intérieur ou de la diaspora.

Kabila est-il un "imposteur" ?

A mon humble avis, le Camarade Kabila est l'homme que toute la population "ex-zaïroise" attendait; c'est l'homme qui devait la libérer du Maréchal Mobutu et de son système. Il ne s'agit donc pas d'un imposteur comme l'affirme non sans témérité Monsieur Kin Kiey (cf. Le Soft International, édition Afrique Centrale, n° 743 du 24 août 1998). Il existe dans ce monde mille et une manières d'accéder au pouvoir. Ainsi, que Kabila ait accédé au pouvoir avec l'aide ou l'appui de Museveni, de Kagame ou de je ne sais qui encore, aujourd'hui la réalité est celle qui veut que c'est bien lui qui est le chef de l'Etat. Qu'il ait eu ou non un programme politique au départ de son action, le rôle de la classe politique devrait consister à lui en donner un de mieux étoffé, même si, en revanche, il fallait pour cela des garanties au niveau des libertés d'associations, de partis politiques ou simplement de la liberté d'expression ou d'opinion, c'est-à-dire un minimum d'esprit démocratique de la part du chef de l'Etat.

Ainsi, affirmer par exemple que "lorsqu'il (Kabila) s'empare du pouvoir et s'auto-proclame chef de l'Etat, il ne sait pas ce qu'il va faire de ce pouvoir qui n'est pas le sien, ni par où il va commencer et comment il va l'exercer" (même Soft International) relève plus du mépris personnel que l'on a à l'égard d'une personne plutôt que d'une volonté manifeste de contribuer de manière positive à l'image de celle-ci. On ne va quand même pas dire aujourd'hui qu'à l'accession de Monsieur Mobutu au pouvoir, ce dernier avait déjà la maîtrise des dossiers politiques ou économiques, que du contraire. Le Camarade Kabila est plutôt un stratège. En politique, ce ne sont pas toujours les plus "intelligents" qui réussissent; on peut compter aussi avec les plus "malins", autrement dit les plus "astuciés". D'ailleurs, la politique est un amas d'astuces.

La rébellion est-elle crédible ?

Tout celui qui s'y est engagé précipitamment a commis une erreur politique difficile à réparer. Et il est étonnant, sinon surprenant, de voir que ceux qui ont rallié la rébellion avaient été pour la plupart soit des "opposants" acharnés à l'Afdl soit ses victimes économiques et politiques d'hier. On peut dire, en revanche, que ce sont ceux-là qui, pour la plupart, n'existent pas sur le terrain politique congolais, c'est-à-dire ne pèsent pas politiquement. Ces hommes et ces femmes "rebelles" n'ont aucune assise populaire au Congo. Ils n'ont comme seul programme politique que celui de savoir comment faire pour acquérir un poste ministériel qu'on a perdu à l'arrivée du Camarade Kabila, mieux, comment réaliser des fantasmes que l'on n'a pas pu accomplir à la même période. La plupart de ces hommes et femmes ne se sont pas engagés pour aller à la conquête du bien-être de la population congolaise. Ils s'y sont, au contraire, engagés pour des raisons personnelles. Ils sont nombreux, dit-on, ceux qui ont fait le voya

En fait, ce qu'on a présenté comme une nouvelle guerre de libération de la nation congolaise n'était, en réalité, qu'une implosion de l'Afdl. A cela s'ajoutent la mégalomanie, la jalousie cultivée par ses anciens parrains ougandais, rwandais de l'Est-Congo, et la rancoeur des puissances néoncolonialistes américaine, française, même belge et britannique... Sans doute, par manque de lucidité révolutionnaire, d'analyse politique conséquente et surtout de perspective, ces "rebelles" n'ont pas compris qu'ils faisaient la guerre des autres. Et rares sont ceux ou celles qui ont compris la décision américaine de fermer carrément son ambassade de Kinshasa. En trente-huit ans d'indépendance nationale -même au plus fort des guerres mobutistes-, c'est la première fois que l'administration américaine prenait la lourde décision de mettre les clés de son ambassade à Kinshasa sous le paillasson. Il est évident qu'elle s'est rendu compte de son erreur légendaire : sa mauvaise approche de la réaction du peuple congolais, mi

Et le Camarade Kabila retiendra-t-il la leçon du nationalisme congolais qu'il a lui-même régénéré dans la population kinoise ?

De l'assimilation de cette leçon du nationalisme kinois, c'est-à-dire congolais dépendra demain l'avenir politique du président Kabila. Il va falloir qu'il comprenne que se réfugier dans un ghetto katangais comme il l'a fait jusqu'à peu avant la "guerre" n'est (et ne sera) ni une solution politique durable pour lui-même et le pays ni un moyen de se faire une notoriété politique. Il faut que demain, il apprenne à partager le pouvoir politique avec toutes les couches de la population "zaïro-congolaise" de l'intérieur ou de l'extérieur. Il devra, cependant -dans l'attente de la stabilisation politique ou économique-, continuer sans désemparer à ignorer les capitales occidentales génératrices des conflits inter ou intra-frontaliers en Afrique en général et au Congo en particulier. La nationalité congolaise sera accordée à ceux et à celles qui la méritent et la demandent poliment et gentiment. A dire vrai, la force n'arrange jamais rien dans ce monde. La démocratisation du régime devrait, il me semble, être la gr (Congonline: la suite du texte ne nous est pas parvenue. Pourriez-vous nous renvoyer votre message. Merci)

Osongo-Lukadi Antoine-Dover
Représentant du Front Patriotique pour le Bénélux
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