| *Tshisekedi invité le 28 octobre à
Strasbourg *Le Parlement européen très intéressé
par son Plan de Paix
La guerre qui sévit aujourd'hui dans notre pays a ceci de
particulier que tous nos compatriotes sont d'accord pour préserver l'intégrité
territoriale, l'indépendance et la souveraineté de la République Démocratique du
Congo.
La question qui se pose alors à chacun des Congolais à
ce jour est de savoir quels moyens mettre en uvre pour trouver une issue à la crise
qui secoue le pays.
Dans la colonne des pertes et profits, force est de
constater que sont soulignés en rouge sang la partition de fait du pays, l'intrusion sur
notre territoire de plusieurs armées difficilement contrôlables, le blocage du Plan
triennal de reconstruction, les attaques répétitives sur le Franc Congolais dont les
cours s'effondrent au fur et à mesure que les cambistes quittent la rue pour s'investir
dans la clandestinité. Pire encore, personne n'a pu à ce jour lever le moindre coin du
voile sur ce que coûte au pays l'entretien de nos alliés et ce que sera, en définitive,
la facture d'une alliance écrite en lettres de sang.
L'une des conséquences des affres de la guerre est cette
rentrée scolaire qui tire en longueur avec son cortège d'interrogations douloureuses. Il
n'y a pas eu, selon les statistiques de la presse kinoise, que des bancs aux 3/4 vides. Il
y a aussi tous ces enfants presque nus, ces parents incapables d'affronter la facture de
plus en plus démentielle des frais scolaires, le gouvernement dépassé, les promoteurs
des écoles et les enseignants toujours aussi avides. Certains compatriotes à
l'imagination fertile n'ont pas hésité de pronostiquer un véritable génocide scolaire.
Face à la tragédie, deux attitudes sont de mise. Il y a
d'un côté les partisans du tout militaire, lesquels donnent généralement leur langue
au chat lorsqu'il s'agit de dire dans combien de temps et avec quels moyens devrait se
gagner la guerre afin de minimiser la facture économique et sociale. De l'autre côté se
positionnent ceux qui se prononcent en faveur d'une solution négociée. C'est le cas
notamment de l'Église catholique par la voix de son Éminence le Cardinal Etsou, de la
société civile, de l'OUA, de l'ONU, de l'Union Européenne, de la Sadc, du sommet de
Libreville, de la conférence des Non-Alignés, etc.
Parmi nos compatriotes qui se sont prononcés pour une
solution qui évite des souffrances additionnelles à nos populations, il y a E.
Tshisekedi, le Chef de file de l'Opposition Démocratique et président national de
l'UDPS.
Annoncé pour la première fois le 23 août dernier, son
Plan a largement été commenté, avec des tonalités et sensibilités diverses, par la
presse tant nationale qu'internationale. Mais mieux vaut tard que jamais, dit-on. Voici
qu'on nous apprend que le Plan Tshisekedi a vivement intéressé l'Union Européenne.
C'est à ce titre, indique-t-on de même source, que le Parlement européen siégeant à
Strasbourg, en France, a lancé une invitation au Président national de l'UDPS afin qu'il
commente, à son intention, son Plan. La date retenue pour ce rendez-vous est le mercredi
28 octobre prochain.
Des sources généralement bien informées, nous apprenons
que Strasbourg ne devrait pas être la seule étape. Etienne Tshisekedi pourrait
également se rendre aux États-Unis d'Amérique, à l'invitation de plusieurs
organisations intéressées par ce Plan et qui en ont déjà touché un mot au Président
national de l'UDPS.
Ce n'est pas tout. On nous apprend par ailleurs qu'Etienne
Tshisekedi devrait également effectuer une tournée dans les pays de la Sadc. On rappelle
à ce sujet que le Président national de l'UDPS avait reçu, le mois dernier, une
invitation à se rendre au Zimbabwe. A l'époque, cette invitation n'avait pu être
honorée à cause de son arrivée tardive et au regard de la lourdeur des démarches
administratives qui devaient l'accompagner.
Difficile de dire aujourd'hui sur quoi toute cette
activité va déboucher. Limitons-nous pour le moment à constater que cette pluie
d'invitations à l'extérieur survient alors qu'à l'intérieur, plusieurs voix
s'élèvent pour proposer une solution négociée. On ne peut alors que se féliciter du
fait que, loin de se vouloir une sorte de panacée, le Plan Tshisekedi, conçu par un fils
du pays et non imposé de l'extérieur, intéresse non seulement nos compatriotes mais
aussi nos partenaires.
Kenge Mukengeshayi
Lu pour vous par Ferdinand Muteba KASHAMA
(Toronto/Canada) |