GauHome.jpg (15896 octets) Droitebandeau.jpg (20729 octets)
Mandela tente de réhabiliter Kabila, mais la République Démocratique du Congo, elle-même, ne se remettra pas du tout de si tôt de ses dernières guerres de rébellion.
wpe141.jpg (679 octets)
Albert Buyamba Musualuendu (UDPS/Ontario)
wpe141.jpg (679 octets)

L'enjeu est extrêmement important. Le Congo Démocratique est en guerre ouverte. Monsieur Mandela, le président sud africain, semble peut être l'avoir compris. Mais alors, avec beaucoup plus de retard, pendant que monsieur Kabila, qu'il tente de sauver a déjà accumulé à son actif quantité des dégâts politiques et économiques inimaginables, pendant plus d'un an de règne, depuis qu'il s'est emparé donc de force l'état au Congo.

En effet, après avoir intoxiqué monsieur Kabila à se comporter en un cruel président dictateur devant le peuple congolais. Monsieur Mandela, a réuni dernièrement en Afrique du sud, un sommet politique, mettant donc en présence, les chefs d'états d'Afrique centrale, orientale et australe, concernés directement par la guerre au Congo. Pourquoi ? Eh ! Bien, aux fins, donc, de devoir trouver de solutions politiques à la guerre de rébellion qui semble prendre de dimension inattendue sinon insondées jusqu'à aujourd'hui, en RD Congo.

Au rendez-vous, curieusement, alors qu'il accuse haut et fort le Ruanda et l'Ouganda, de soutenir des rebelles qui cherchent à le chasser du pouvoir comme Mobutu. Monsieur Kabila a brillé, hélas ! Par son absence à cette rencontre autour du président Mandela qui tient absolument, on l'observe, à sauver Kabila, de son incompétence notoire à gérer l'état au Congo.

Tout de suite, il faut également, signaler deux autres grandes absences à ce sommet sud africain, alors qu'ils sont intéressés au premier chef dans le conflit au Congo. Il S'agissait du président angolais, Dos Santos, et aussi du président Zimbabwéen, Robert Mugabe : tous deux sont de nouveaux amis et alliés de combat, de Kabila, depuis que la guerre a débuté, voici bientôt un mois.

Toujours ami : à deux.

Notons en passant une observation qui amuse plus d'un, monsieur Kabila, a toujours, lui, une chance(sic) de trouver simultanément deux chefs d'état amis qui lui viennent si rapidement en aide toutefois qu'il en manifeste un désir ! Qu'on s'en le rappelle ? À l'époque de sa fameuse guerre de libération du Congo face à Mobutu, monsieur Kabila avait obtenu pour amis Kagame et Museveni ! Mais aujourd'hui, qu'est ce qui se passe-t-il entre tous les trois amis ? Rien de plus ne marche depuis. Museveni et Kagame, sont devenus des grands ennemis à Kabila. Ils le haïssent à mort aujourd'hui. A son tour, Kabila haït à mort ses deux anciens amis de combat face à Mobutu.

Entraînant donc ainsi avec eux, en guerre, leurs paisibles populations respectives, qui, en vérité, n'ont rien avoir avec la folie de grandeur, la mégalomanie, de chacun de ces trois présidents. Ces populations ont déjà ainsi beaucoup d'autres problèmes d'ordre social, économique, difficiles à résoudre que de les engager dans la guerre, dont elles n'ont pas du tout les moyens, si ce ne sont pas encore des nouvelles dettes. Que leurs chefs d'États respectifs contractent en leur nom en achetant des armes pour tuer quitte à ces mêmes populations, un cercle vicieux, de payer des factures salées aux fournisseurs qui surveillent dès lors toutes les poches des conflits dans le monde pour vite aller vendre les armes, sinon les industries d'armement vont fermer et il y aura donc dans les rues de gens, de chômeurs : ça et là. Le marché d'armes depuis l'implosion de l'ex URSS ressemble au marché de petits pains dans le monde.

Ces pays africains, qu'on se le dise, sont souvent qualifiés sociologiquement et géographiquement des pays de la faim. Il n'y a rien à manger. Une question cependant mérite ici d'être soulevée. D'où trouvent-ils ces pays ou leurs populations ne mangent pas à leur faim de l'argent pour acheter constamment des armes et ainsi se faire la guerre ?

Allez y comprendre quelque chose. Au Congo Kinshasa, monsieur Kabila en appelle aux congolais de prendre les armes pour "écraser l'ennemi " pendant, que lui-même fuit de temps à temps Kinshasa à l'annonce que les rebelles sont à 100 ou 80 kilomètres de la porte de Kinshasa. Qui est bien donc l'ennemi ? En effet, ici la machine de la haine est ainsi ravisée de plus bel. Elle ne s'arrêtera jamais de si tôt, bien que Kabila, en ait tiré un certain capital politique à court terme. La population oublie momentanément ses monumentales erreurs et dégâts politiques et lui accorde un temps de répit.

Et la situation demeurera encore grave plus longtemps dans la sous région des grands lacs africains, principalement, au Congo. L'ethnie, l'ethniciste, l'ethnicisme, comme mots, comme vocabulaire, seront ainsi analysés et chantés très fortement au Congo avec tout les stéréotypes que les mots recouvrent et énoncent : beaucoup de personnes, ce qui est à craindre, vont ainsi payer de leur vie. Et, les règlements de comptes ?

Les sociétés d'exploitation minière vont tourner à plein rendement dans le cadre de "l'effort de guerre", sans nom. Et dans l'entre temps, l'autorité politique, Kabila en tête de liste, va profiter, de s'enrichir encore plus et sans appel. Car le Congo étant un Eldorado ou tous les aventuriers, depuis Mobutu sont appelés à y aller pour s'enrichir, dans un état de désordre moral, juridique, et politique très entretenu, et indescriptible.

Pourquoi l'Angola et le Zimbabwe sont en guerre au Congo aux côtés de Kabila ?

Il est d'abord et avant tout ici question d'intérêts politiques, stratégiques, et économiques à court, à moyen et à long terme, pour chaque pays.

En effet, l'Angola tente ainsi de barrer la route à une éventuelle amitié Congo-UNITA (mouvement rebelle de Jonas SAVIMBI) qui fut soutenue et aidé très fortement par Mobutu, l'Afrique du Sud, et bien d'autres, pour renverser le régime marxiste établit en Angola depuis l'indépendance de ce pays. La guerre de rébellion sévit en Angola depuis 1975. L'Angola en soufre cruellement. Les accords de paix signés depuis novembre 1994 entre Dos Santos et Savimbi sont demeurés lettres mortes. Tous les deux sont loin de constituer un gouvernement d'union nationale. L'ONU y a perdu des millions d'argent et des vies humaines. Voilà pourqoui Dos Santos aide Kabila qui était sur le point d'obtenir les services de Jonas Savimbi, à moins d'une seconde près !

Quant au Zimbabwe, ici il s'agit des ambitions personnelles, de la mégalomanie. Robert Mugabe est un ami personnel à Kabila depuis des années. De plus, Mugabe a des yeux ouverts sur les richesses du Congo et aussi y vendre des armes de guerre. Sans omettre, ses ambitions de concurrencer Mandela pour le leadership en Afrique australe et pourqoui pas pour toute l'Afrique ?

Enfin, l'appel de Kabila stigmatisant l'opinion sur les ambitions expansionnistes de Museveni et de Kagame de vouloir reconstruire l'empire Hima tutsi en Afrique centrale semble avoir été entendu.

Revenons au fameux sommet d'Afrique du sud.

Est-ce qu'y a-t-il de nouveautés à l'issue de ce fameux sommet sud africain ? Et où est la place et le rôle de l'organisation de l'unité africaine (l'OUA) ?

Pas du tout. Le fameux sommet a accouché simplement d'une série des dix résolutions, mais celles-ci se résument en deux points essentiels :

Premièrement, le sommet demanda aux deux parties engagées dans la guerre, l'arrêt immédiat des combats. Et de plus que les troupes angolaises et zimbabwéennes déjà sur le terrain au Congo aux cotés de Kabila, devront y rester, sans préciser ni le temps, ni la durée de mission de celles-ci.

Deuxièmement, voilà ce qui fait sourire tout observateur intéressé à l'évolution politique au Congo. Le sommet demanda ou reconnaît monsieur Kabila comme le président du Congo et lui demande de constituer le plus rapidement un gouvernement consensuel devant gérer la transition et aller vite aux élections, etc. Nous y reviendrons.

Quant à l'OUA eh bien ! Celle-ci s'est presque effacée du décor. Elle joue son rôle en retrait, bien plutôt elle est à la traîne de la diplomatie sud africaine. Elle n'a pas du tout de poids dans la crise congolaise.

Réactions de Kabila et des rebelles

Tous les deux ont tout de suite salué les fameuses résolutions. Mais la réalité est ailleurs. Kabila exige d'abord le retrait des troupes étrangères qui ont envahi le Congo, comme un préalable avant de cesser les combats et puis s'asseoir à la table de négociations au Congo. Les rebelles quant à eux, ce qui est curieux, abandonnant leur première revendication, celle de voir Kabila partir du pouvoir. Ils acceptent sans aucun préalable pour aller en négociations politiques de partage de pouvoir !

En tout cas, l'impression qui s'y dégage est que chacun des deux parties cherche une victoire militaire sur le terrain des combats. Mais alors à quel prix ?

Faiblesses de ces résolutions

Fondamentalement, le sommet sud africain n'a rien décidé d'original, qu'il soit aux fins de clore la crise politique et la guerre qui sévissent au Congo Kinshasa. Les résolutions viennent en retard alors que les mêmes chefs d'États qui viennent de se réunir assistaient à la dégradation de la situation politique au Congo, sans mot dire à Kabila pourtant leur ami.

Depuis que monsieur Kabila est à la tête de l'état, le plus des pays qu'il a visité où il a fortement voyagé sont les pays d'Afrique australe. Pourquoi les présidents de ces pays n'avaient jamais parlé à Kabila de libéraliser le pouvoir, acquit que les Congolais (jadis zaïrois) avaient déjà arraché du vivant du dictateur Mobutu ?

Ces résolutions viennent en retard pendant que le mal est déjà commis et son auteur principal connu : monsieur Kabila. Il a eu tout le temps de se ressaisir mais hélas ! Il s'est montré très intraitable, imperméable, devant toutes les propositions politiques que lui présentait l'opposition politique congolaise, spécialement l'union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) parti politique qu'anime monsieur Étienne Tshisekedi, bientôt plus de 16 ans, jour pour jour, au Congo.

En quoi la proposition de Mandela ou plutôt du sommet d'Afrique du sud est-elle différente de tout ce que monsieur Tshisekedi a déjà dit à Kabila et que ce dernier refusait depuis tout ce temps qu'il s'est accaparé l'état au Congo ? Par exemple, au sujet du danger que courrait le Congo, lequel est bel et bien arrivé. N'est ce pas que monsieur Tshisekedi, à travers son mémorandum, adressé à madame Madeleine Allbright secrétaire d'état américain, en septembre 1997, lui prévenait du danger réel que courrait le Congo en laissant Kabila imiter aveuglement Mobutu ?

Quelle a été la réaction américaine à cette sonnette d'alarme de Monsieur Tshisekedi ? …

Mandela et l'OUA n'ont pas du tout de la force de persuasion. Il faudra en créer une. L'organisation des nations unies (ONU) en avait crée une en 1960, la toute première, dans l'histoire de l'existence de cet organisme. L'OUA se doit de s'assumer ou d'en copier.

Albert Buyamba Musualuendu

UDPS/ Ontario/ Canada

Copyright Afriqu'Info asbl.