GauHome.jpg (15896 octets) Droitebandeau.jpg (20729 octets)
Grand admirateur de Mobutu, Kabila perpétue au strict la mémoire de l'ex dictateur déchu.
wpe141.jpg (679 octets)
Albert Buyamba Musualuendu
wpe141.jpg (679 octets)

Le Congo (ex Zaïre) situé au cœur géographique d'Afrique dans toute sa globalité continue d'être malade. Et, le bout du tunnel, ne semble pas en tout cas être pour un avenir proche. Il s'éloigne de plus en plus et ce, chaque jour davantage bien sûr au plan, essentiellement politique, et tout ce que celle-ci entraîne de plus troublant du moins du monde.

Lorsque monsieur Laurent Désiré Kabila s'autoproclama président de la République Démocratique du Congo, un certain matin du 17 mai 1997, l'OUA (organisation de l'unité africaine) en tête, suivi de près par l'ONU (organisation des Nations Unies) et aussi toutes les autres puissances occidentales chrétiennes et démocratiques, sans réserve ou retenu diplomatique légendaire qui les caractérise souvent, avaient électriquement, salué et applaudi de deux mains monsieur Kabila, comme étant le nouvel homme fort du Congo, en remplacement de Mobutu, devenu moins important et plus encombrant, devant ses protecteurs.

Les sociétés multinationales qui s'intéressent aux énormes potentialités du Congo sont à citer dans la même lignée.

Mais en vérité, rien de moins, tous ont salué la prise de pouvoir par monsieur Kabila par la méthode de violence politique. Ils ont encouragé par le fait même la culture de la violence politique comme étant un des meilleurs modes aux fins d'accéder tout de suite au pouvoir.

Un autre exemple, et non de moindre, par le même mode de violence politique, les mois qui ont suivi, monsieur Dénis Sassou Ngouesso, alla en guerre contre, le président Lissouba élu démocratiquement et il accéda lui aussi au pouvoir au Congo Brazzaville, presque de la même manière. À nouveau, la communauté internationale, comme un seul homme réapplaudissa de deux mains l'exploit de monsieur Ngouesso. Les trusts internationaux n'étaient pas du reste. Très rapidement, les ambassadeurs ont été nommés dans toutes les capitales politiques du monde et affectés dans les deux Congo.

Qu'est ce qu'il faut en dire ? Sinon que de l'hypocrisie généralisée et systématisée sur toute la ligne de la part de ceux là même qui prêche la démocratie. Revenons au Cas du Congo Kinshasa. Dans l'exemple de la République Démocratique du Congo, il y a encore des situations très grave à relever. Tenez ! Pendant que toute l'Afrique tourmentée compter avec monsieur Mandela, président sud Africain, que celui-ci pouvait aider le président congolais monsieur Kabila, à se comporter différemment de Mobutu. Tout au contraire, monsieur Mandela, conseilla Kabila d'être encore plus dictateur que Mobutu, que l'on venait pourtant, de chasser à peine du pouvoir.

Le discours de monsieur Mandela à l'endroit de monsieur Kabila a été l plus néfaste que ce sage africain ait prononcé durant toute sa carrière politique ou du moins durant tout son existence. En voici : " demander à monsieur Kabila, d'être démocrate au Congo actuellement serait un suicide politique". Qu'est ce à dire à proprement parler ?

En effet, monsieur Mandela ignorait totalement de toutes les réalités politiques au Congo profond. C'est ainsi qu'il conseilla clairement à monsieur Kabila que les Congolais n'ont pas droit d'avoir un président respectueux d'eux, respectueux de droits humains et de la dignité. Autrement dit-il faut au Congolais un président qui les frappe, qui les chicote, qui les torture, qui les tue et que savons-nous encore. Voilà haut dit la signification des conseils de Mandela à Kabila.

Kabila et la pratique du pouvoir au quotidien.

Depuis cette attitude dorlotante de M. Mandela et celle de la communauté internationale entière, devant M. Kabila, qu'a-t-on observé, en RDC au plan politique, depuis que ce dernier trône comme président.

En effet, une bonne partie de la réponse à cette question est à lire dans notre précédent article, "L'état de situation politique en République Démocratique du Congo aujourd'hui et les ambitions inavouées de monsieur Kabila" Paru successivement sur ce site internet. Ce même article a paru également dans le journal Renaissance(la), numéro 17, du 31 juillet 1998, p.1-4.

Ici toutefois nous voulons très rapidement relever à nouveau quelque unes des bévues politiques commises par monsieur Kabila en regard certes de la situation politique très préoccupante que traverse le Congo actuellement. Situation, dont monsieur Kabila est le seul responsable devant la communauté internationale et devant le Congo et pour laquelle il devra payer.

Kabila, le double de Mobutu

Avant que Kabila ne s'autoproclame président du Congo, juste après la tombée du Kasaï Oriental entre les mains des troupes de l'AFDL, qu'est ce que monsieur Kabila a fait de diamants d'environ un trimestre d'exploitation à la société minière de Bakwanga (MIBA) ? Et aussi qu'est ce qu'il a fait de liquidité, somme de milliers de dizaines de dollars US, que cette société disposait en compte à Bruxelles, à Londres et aussi en Afrique du sud ? La réponse à cette question est simple et aisée. Kabila en a tout pris et il en apporté au Rwanda et en Ouganda. Bizima Karaha, son ex ministre des affaires étrangères, aujourd'hui en fuite et qui a déclenché le mouvement rebelle, en était à l'époque le grand coordonateur. Il en a tous les secrets.

Les anciens dignitaires mobutistes qui ont refusé de fuir le Congo, ont dû payer cher leur droit de demeurer au pays, ils ont payé des millions de dollars à monsieur Kabila. Où est versé toute cette richesse du pays en millions de dollars US ? Kabila et Bizima doivent dire la destination de cet argent, ils en savent.

Aujourd'hui, les Congolais semblent en oublier. Ce n'est pas tout. Aussitôt après la tombée de la ville d Kinshasa entre les mains des troupes de l'AFDL, et après que M. Kabila se soit autoproclamé président du Congo, qu'a-t-on observé à nouveau des différentes automobiles (voitures etc.) abandonnés par Mobutu dans sa fuite vers l'étranger et aussi celles des autres barons qui l'entouraient durant les trente deux ans de pouvoir ?

La réponse ici est encore plus aisée et simple. Le tout avait pris le chemin du Rwanda et de l'Ouganda. Ce n'est pas tout. Les véhicules de paisibles citoyens achetaient au prix de la sueur de leur front ont été également raflés et mis en avion pour la même destination, sous la haute bénédiction de monsieur Kabila.

Dans cet ordre d'idée, des exemples troublantes fusent de part en part. Tenez ! À Kinshasa, précisement à Limeté, alors qu'il revenait de son service, le secrétaire général de l'église presbytérienne, le révérend Tshimungu, vu son chauffeur des balles logées dans les deux jambes. Sorti brutalement, de sa Jeep par les soldats de Kabila, dans les minutes qui suivaient, il dû assister impuissant devant la mise de sa Jeep dans l'avion en partance du Rwanda.

Ces cas se comptent par milliers. Et cette attitude rappelle hautement le mobutisme des années passées où le Congo fut témoin de la spoliation de son patrimoine, drainé vers l'étranger notamment le Tchad et la République Centrafricaine, et pour lequel, le Congo n'a plus de traces aujourd'hui. L'on a qu'à lire E.DUNGIA dans son célèbre ouvrage " Mobutu et l'argent du Zaïre", pour s'en rendre compte, du volume de la richesse du Congo qui a été volée et distribuée à des inconnus dont le peuple congolais est loin de recenser. En effet, monsieur Kabila en l'espace d'un an de pouvoir, a fait autant des dégâts politiques qu'économiques que Mobutu, qu'il avait prétendu chasser du pouvoir pour faire du Congo un pays de délice, un paradis terrestre, au centre de l'Afrique.

L'armée Katangaise ou l'armée nationale,

L'armée au Congo est constituée essentiellement des éléments monoethnique Katangais, les amis d'enfance, si ce ne sont pas des connaissances du propre village à monsieur Kabila. Pour sa propre sécurité il a nommé à la tête de cette armée son propre beau-frère, Célestin Kifwa. Il vient de limoger ce dernier pour nommer son propre fils Joseph Kabila à ce poste stratégique et de haute responsabilité.

La situation est très loin de faire oublier la triste période mobutiste. Monsieur Kabila, dispose aujourd'hui de 80.000 hommes formés et armés et tous sont issus de son village, à l'instar de la vielle DSP (division spéciale présidentielle) de MOBUTU. Les soldats composant cette division touche comme à l'époque de Mobutu le solde mensuel de 150 $us, par contre les non Katangais, eux, touchent à peine 100 $us chacun.

La même observation vaut pour les services de sécurité qu'il a multipliée sans commune mesure, à l'instar de l'ancienne machine de répression mobutiste. Les non Katangais sont purement et simplement écartés. Tel est le cas de Paul KABONGO, alors, un des cerveaux de la guerre de 1996-1997 qui avait porté monsieur Kabila au pouvoir. Paul Kabongo Directeur général de la sûreté nationale, s'est vu emprisonné et écarté du service. Le pouvoir lui reprochant d'être muluba du Kasaï et frère à Tshisekedi.

Bref, le premier journaliste congolais qui a eu le courage de dénoncer cette politique rétrograde Kabiliste, fut arrêté et malmené. Il doit son salut à l'intervention et au soutien massif lui apporté par ses confrères de métier qui dénoncèrent son arrestation avec une rare force. Son péché a été le fait de dénoncer et d'établir un parallélisme politique entre KABILISME et MOBUTISME au plan de l'armée. En effet, il s'agit ici de l'éditeur du journal le Phare monsieur Polydor Muboyayi Mubanga.

Aux soldats Rwandais et Ougandais qui ont aidé monsieur Kabila à monter au pouvoir, Kabila leur versait le solde mensuel de 700 $us contre 50 $us pour les Congolais. Cette situation caractérise les premiers mois du pouvoir Kabila. Aujourd'hui, monsieur Kabila dut à ceux qui veulent l'entendre, qu'il est nationaliste, héritier des politiques de Patrice Emery Lumumba(sic).

Attaque et guerre Tutsi contre le Congo sur fond des Banyamulenge

Le Congo est aujourd'hui le théâtre d'une guerre déclenchée par des soit disant rebelles Banyamulenge dans l'Est du pays. Ces derniers seraient appuyés, comme en octobre 1996 par le Rwanda et l'Ouganda. La guerre dure bientôt plus de deux semaines. Les informations venant de part en part sont contradictoires en ce qui concerne de l'avancé des rebelles, et de l'action réelle des troupes loyalistes.

Les rebelles réclament le départ de monsieur Kabila à la tête du Congo. Ils lui ont accordé un mois de préavis.

À ce sujet très précis, monsieur Kabila dans une conférence de presse tenue à Kinshasa, le 05 août 1998 appelle les Congolais à une mobilisation générale sur un ton de commisération tout en se montrant nationaliste.

Surprenant, est ce que les Congolais ont oublié qu'ils avaient accueilli Kabila sans combat et sans résistance lors de la fameuse guerre de libération, entre octobre 1996 et mai 1997, et qu'après cette guerre, une fois au pouvoir, comment Kabila s'est-il comporté à leur égard.

Le régime Kabila a tué, a torturé, a frappé les Congolais sans oublier ceux qui croupissent en prison pour avoir exprimé leurs opinions politiques (Joseph Olengangoy, Kabanda, professeur Kalele ka Bilele, Nyabirungu, etc.) Le régime Kabila a pillé le Congo en un an de pouvoir que Mobutu en trente deux ans de pouvoir sans partage.

La guerre dont le Congo est aujourd'hui victime est le résultat du comportement rétrograde de monsieur Kabila tant à l'intérieur du Congo qu'à l'extérieur de celui-ci. Il n'a jamais respecté sa parole donnée.

Pacte Kabila, Kagame, Museveni

Monsieur Kabila est monté au pouvoir aidé militairement par le Rwanda et l'Ouganda. À l'époque de la guerre (1996-1997), ces deux pays avaient nié devant les accusations du Congo(alors Zaïre) devant l'OUA et l'ONU, de n'être pas du tout au coté de Kabila. Pendant que ce dernier était bel et bien soutenu par ces pays, en fournissant des moyens aux rebelles qui devaient renverser Mobutu plus tard. Mais peu après le départ de Mobutu, et devant la montée de Kabila au pouvoir au Congo, qu'a-t-on entendu comme déclaration de la part de monsieur Kagame, au Rwanda? Kagame, qui avait d'abord nié d'aider Kabila et la rébellion face à Mobutu, reconnut que c'est bien lui qui avait planifié et combattu les troupes de Mobutu. Et, que Kabila seul ne pouvait nullement arriver à bout de Mobutu.

Aujourd'hui, Kabila accuse le Rwanda et l'Ouganda d'avoir ourdi le complot contre le Congo, les deux pays nient, et la situation ressemble donc à celle à l'époque de Mobutu, entre 1996-1997. L'opinion devra se rappeler, qu'il eut des rencontres politiques tentant de résoudre la crise entre Kabila et Mobutu, arbitrées par M. Mandela le président sud africain. En effet, aucune solution politique ,ne sorti de ces rencontres. Parce que Kabila étant exigeant força donc à Mobutu de quitter le pouvoir. Aujourd'hui, les rebelles forcent l'ancien chef rebelles Kabila de partir lui aussi du pouvoir.

L'histoire se répète

Monsieur Kabila a usé de la violence politique pour accéder au pouvoir, aujourd'hui les rebelles usent des même moyens pour chasser Kabila du pouvoir.

Ils sont tous loin des règles démocratiques. Le temps est venu pour que les Congolais comprennent de l'importance des règles démocratiques, la voie suivi par l'UDPS (l'union pour la Démocratie et le Progrès Social) bientôt plus de seize ans pour bâtir au Congo, un État de droit.

Une question doit préoccuper maintenant tous les Congolais. Quel est le Congolais qui connaît la nature de pacte qui a été signé entre Kabila d'une part, et d'autres part, Kagame, Museveni, et les rebelles de 1996-1997, lequel pacte avait fini par porter monsieur Kabila au pouvoir.

L'UDPS se doit de demeurer attentive, Kabila doit s'expliquer. L'envolée nationaliste qu'on peut lire à travers ses derniers discours n'est autre qu'une trompe œil. Comme Mobutu, Kabila a vendu le Congo durant la période de sa fameuse guerre de libération.

Albert Mbuyamba Musualuendu

Copyright Afriqu'Info asbl.