Le Congo
(ex Zaïre) situé au cur géographique d'Afrique dans toute sa globalité continue
d'être malade. Et, le bout du tunnel, ne semble pas en tout cas être pour un avenir
proche. Il s'éloigne de plus en plus et ce, chaque jour davantage bien sûr au plan,
essentiellement politique, et tout ce que celle-ci entraîne de plus troublant du moins du
monde.
Lorsque monsieur Laurent Désiré Kabila
s'autoproclama président de la République Démocratique du Congo, un certain matin du 17
mai 1997, l'OUA (organisation de l'unité africaine) en tête, suivi de près par l'ONU
(organisation des Nations Unies) et aussi toutes les autres puissances occidentales
chrétiennes et démocratiques, sans réserve ou retenu diplomatique légendaire qui les
caractérise souvent, avaient électriquement, salué et applaudi de deux mains monsieur
Kabila, comme étant le nouvel homme fort du Congo, en remplacement de Mobutu, devenu
moins important et plus encombrant, devant ses protecteurs.
Les sociétés multinationales qui
s'intéressent aux énormes potentialités du Congo sont à citer dans la même lignée.
Mais en vérité, rien de moins, tous ont
salué la prise de pouvoir par monsieur Kabila par la méthode de violence politique. Ils
ont encouragé par le fait même la culture de la violence politique comme étant un des
meilleurs modes aux fins d'accéder tout de suite au pouvoir.
Un autre exemple, et non de moindre, par
le même mode de violence politique, les mois qui ont suivi, monsieur Dénis Sassou
Ngouesso, alla en guerre contre, le président Lissouba élu démocratiquement et il
accéda lui aussi au pouvoir au Congo Brazzaville, presque de la même manière. À
nouveau, la communauté internationale, comme un seul homme réapplaudissa de deux mains
l'exploit de monsieur Ngouesso. Les trusts internationaux n'étaient pas du reste. Très
rapidement, les ambassadeurs ont été nommés dans toutes les capitales politiques du
monde et affectés dans les deux Congo.
Qu'est ce qu'il faut en dire ? Sinon que
de l'hypocrisie généralisée et systématisée sur toute la ligne de la part de ceux là
même qui prêche la démocratie. Revenons au Cas du Congo Kinshasa. Dans l'exemple de la
République Démocratique du Congo, il y a encore des situations très grave à relever.
Tenez ! Pendant que toute l'Afrique tourmentée compter avec monsieur Mandela, président
sud Africain, que celui-ci pouvait aider le président congolais monsieur Kabila, à se
comporter différemment de Mobutu. Tout au contraire, monsieur Mandela, conseilla Kabila
d'être encore plus dictateur que Mobutu, que l'on venait pourtant, de chasser à peine du
pouvoir.
Le discours de monsieur Mandela à
l'endroit de monsieur Kabila a été l plus néfaste que ce sage africain ait prononcé
durant toute sa carrière politique ou du moins durant tout son existence. En voici :
" demander à monsieur Kabila, d'être démocrate au Congo actuellement serait un
suicide politique". Qu'est ce à dire à proprement parler ?
En effet, monsieur Mandela ignorait
totalement de toutes les réalités politiques au Congo profond. C'est ainsi qu'il
conseilla clairement à monsieur Kabila que les Congolais n'ont pas droit d'avoir un
président respectueux d'eux, respectueux de droits humains et de la dignité. Autrement
dit-il faut au Congolais un président qui les frappe, qui les chicote, qui les torture,
qui les tue et que savons-nous encore. Voilà haut dit la signification des conseils de
Mandela à Kabila.
Kabila et la pratique du pouvoir au
quotidien.
Depuis cette attitude dorlotante de M.
Mandela et celle de la communauté internationale entière, devant M. Kabila, qu'a-t-on
observé, en RDC au plan politique, depuis que ce dernier trône comme président.
En effet, une bonne partie de la réponse
à cette question est à lire dans notre précédent article, "L'état de
situation politique en République Démocratique du Congo aujourd'hui et les ambitions
inavouées de monsieur Kabila" Paru successivement sur ce site internet. Ce
même article a paru également dans le journal Renaissance(la), numéro 17, du 31 juillet
1998, p.1-4.
Ici toutefois nous voulons très
rapidement relever à nouveau quelque unes des bévues politiques commises par monsieur
Kabila en regard certes de la situation politique très préoccupante que traverse le
Congo actuellement. Situation, dont monsieur Kabila est le seul responsable devant la
communauté internationale et devant le Congo et pour laquelle il devra payer.
Kabila, le double de Mobutu
Avant que Kabila ne s'autoproclame
président du Congo, juste après la tombée du Kasaï Oriental entre les mains des
troupes de l'AFDL, qu'est ce que monsieur Kabila a fait de diamants d'environ un trimestre
d'exploitation à la société minière de Bakwanga (MIBA) ? Et aussi qu'est ce qu'il a
fait de liquidité, somme de milliers de dizaines de dollars US, que cette société
disposait en compte à Bruxelles, à Londres et aussi en Afrique du sud ? La réponse à
cette question est simple et aisée. Kabila en a tout pris et il en apporté au Rwanda et
en Ouganda. Bizima Karaha, son ex ministre des affaires étrangères, aujourd'hui en fuite
et qui a déclenché le mouvement rebelle, en était à l'époque le grand coordonateur.
Il en a tous les secrets.
Les anciens dignitaires mobutistes qui ont
refusé de fuir le Congo, ont dû payer cher leur droit de demeurer au pays, ils ont payé
des millions de dollars à monsieur Kabila. Où est versé toute cette richesse du pays en
millions de dollars US ? Kabila et Bizima doivent dire la destination de cet argent, ils
en savent.
Aujourd'hui, les Congolais semblent en
oublier. Ce n'est pas tout. Aussitôt après la tombée de la ville d Kinshasa entre les
mains des troupes de l'AFDL, et après que M. Kabila se soit autoproclamé président du
Congo, qu'a-t-on observé à nouveau des différentes automobiles (voitures etc.)
abandonnés par Mobutu dans sa fuite vers l'étranger et aussi celles des autres barons
qui l'entouraient durant les trente deux ans de pouvoir ?
La réponse ici est encore plus aisée et
simple. Le tout avait pris le chemin du Rwanda et de l'Ouganda. Ce n'est pas tout. Les
véhicules de paisibles citoyens achetaient au prix de la sueur de leur front ont été
également raflés et mis en avion pour la même destination, sous la haute bénédiction
de monsieur Kabila.
Dans cet ordre d'idée, des exemples
troublantes fusent de part en part. Tenez ! À Kinshasa, précisement à Limeté, alors
qu'il revenait de son service, le secrétaire général de l'église presbytérienne, le
révérend Tshimungu, vu son chauffeur des balles logées dans les deux jambes. Sorti
brutalement, de sa Jeep par les soldats de Kabila, dans les minutes qui suivaient, il dû
assister impuissant devant la mise de sa Jeep dans l'avion en partance du Rwanda.
Ces cas se comptent par milliers. Et cette
attitude rappelle hautement le mobutisme des années passées où le Congo fut témoin de
la spoliation de son patrimoine, drainé vers l'étranger notamment le Tchad et la
République Centrafricaine, et pour lequel, le Congo n'a plus de traces aujourd'hui. L'on
a qu'à lire E.DUNGIA dans son célèbre ouvrage " Mobutu et l'argent du
Zaïre", pour s'en rendre compte, du volume de la richesse du Congo qui a été
volée et distribuée à des inconnus dont le peuple congolais est loin de recenser. En
effet, monsieur Kabila en l'espace d'un an de pouvoir, a fait autant des dégâts
politiques qu'économiques que Mobutu, qu'il avait prétendu chasser du pouvoir pour faire
du Congo un pays de délice, un paradis terrestre, au centre de l'Afrique.
L'armée Katangaise ou l'armée
nationale,
L'armée au Congo est constituée
essentiellement des éléments monoethnique Katangais, les amis d'enfance, si ce ne sont
pas des connaissances du propre village à monsieur Kabila. Pour sa propre sécurité il a
nommé à la tête de cette armée son propre beau-frère, Célestin Kifwa. Il vient de
limoger ce dernier pour nommer son propre fils Joseph Kabila à ce poste stratégique et
de haute responsabilité.
La situation est très loin de faire
oublier la triste période mobutiste. Monsieur Kabila, dispose aujourd'hui de 80.000
hommes formés et armés et tous sont issus de son village, à l'instar de la vielle DSP
(division spéciale présidentielle) de MOBUTU. Les soldats composant cette division
touche comme à l'époque de Mobutu le solde mensuel de 150 $us, par contre les non
Katangais, eux, touchent à peine 100 $us chacun.
La même observation vaut pour les
services de sécurité qu'il a multipliée sans commune mesure, à l'instar de l'ancienne
machine de répression mobutiste. Les non Katangais sont purement et simplement écartés.
Tel est le cas de Paul KABONGO, alors, un des cerveaux de la guerre de 1996-1997 qui avait
porté monsieur Kabila au pouvoir. Paul Kabongo Directeur général de la sûreté
nationale, s'est vu emprisonné et écarté du service. Le pouvoir lui reprochant d'être
muluba du Kasaï et frère à Tshisekedi.
Bref, le premier journaliste congolais qui
a eu le courage de dénoncer cette politique rétrograde Kabiliste, fut arrêté et
malmené. Il doit son salut à l'intervention et au soutien massif lui apporté par ses
confrères de métier qui dénoncèrent son arrestation avec une rare force. Son péché a
été le fait de dénoncer et d'établir un parallélisme politique entre KABILISME et
MOBUTISME au plan de l'armée. En effet, il s'agit ici de l'éditeur du journal le Phare
monsieur Polydor Muboyayi Mubanga.
Aux soldats Rwandais et Ougandais qui ont
aidé monsieur Kabila à monter au pouvoir, Kabila leur versait le solde mensuel de 700
$us contre 50 $us pour les Congolais. Cette situation caractérise les premiers mois du
pouvoir Kabila. Aujourd'hui, monsieur Kabila dut à ceux qui veulent l'entendre, qu'il est
nationaliste, héritier des politiques de Patrice Emery Lumumba(sic).
Attaque et guerre Tutsi contre le Congo
sur fond des Banyamulenge
Le Congo est aujourd'hui le théâtre
d'une guerre déclenchée par des soit disant rebelles Banyamulenge dans l'Est du pays.
Ces derniers seraient appuyés, comme en octobre 1996 par le Rwanda et l'Ouganda. La
guerre dure bientôt plus de deux semaines. Les informations venant de part en part sont
contradictoires en ce qui concerne de l'avancé des rebelles, et de l'action réelle des
troupes loyalistes.
Les rebelles réclament le départ de
monsieur Kabila à la tête du Congo. Ils lui ont accordé un mois de préavis.
À ce sujet très précis, monsieur Kabila
dans une conférence de presse tenue à Kinshasa, le 05 août 1998 appelle les Congolais
à une mobilisation générale sur un ton de commisération tout en se montrant
nationaliste.
Surprenant, est ce que les Congolais ont
oublié qu'ils avaient accueilli Kabila sans combat et sans résistance lors de la fameuse
guerre de libération, entre octobre 1996 et mai 1997, et qu'après cette guerre, une fois
au pouvoir, comment Kabila s'est-il comporté à leur égard.
Le régime Kabila a tué, a torturé, a
frappé les Congolais sans oublier ceux qui croupissent en prison pour avoir exprimé
leurs opinions politiques (Joseph Olengangoy, Kabanda, professeur Kalele ka Bilele,
Nyabirungu, etc.) Le régime Kabila a pillé le Congo en un an de pouvoir que Mobutu en
trente deux ans de pouvoir sans partage.
La guerre dont le Congo est aujourd'hui
victime est le résultat du comportement rétrograde de monsieur Kabila tant à
l'intérieur du Congo qu'à l'extérieur de celui-ci. Il n'a jamais respecté sa parole
donnée.
Pacte Kabila, Kagame, Museveni
Monsieur Kabila est monté au pouvoir
aidé militairement par le Rwanda et l'Ouganda. À l'époque de la guerre (1996-1997), ces
deux pays avaient nié devant les accusations du Congo(alors Zaïre) devant l'OUA et
l'ONU, de n'être pas du tout au coté de Kabila. Pendant que ce dernier était bel et
bien soutenu par ces pays, en fournissant des moyens aux rebelles qui devaient renverser
Mobutu plus tard. Mais peu après le départ de Mobutu, et devant la montée de Kabila au
pouvoir au Congo, qu'a-t-on entendu comme déclaration de la part de monsieur Kagame, au
Rwanda? Kagame, qui avait d'abord nié d'aider Kabila et la rébellion face à Mobutu,
reconnut que c'est bien lui qui avait planifié et combattu les troupes de Mobutu. Et, que
Kabila seul ne pouvait nullement arriver à bout de Mobutu.
Aujourd'hui, Kabila accuse le Rwanda et
l'Ouganda d'avoir ourdi le complot contre le Congo, les deux pays nient, et la situation
ressemble donc à celle à l'époque de Mobutu, entre 1996-1997. L'opinion devra se
rappeler, qu'il eut des rencontres politiques tentant de résoudre la crise entre Kabila
et Mobutu, arbitrées par M. Mandela le président sud africain. En effet, aucune solution
politique ,ne sorti de ces rencontres. Parce que Kabila étant exigeant força donc à
Mobutu de quitter le pouvoir. Aujourd'hui, les rebelles forcent l'ancien chef rebelles
Kabila de partir lui aussi du pouvoir.
L'histoire se répète
Monsieur Kabila a usé de la violence
politique pour accéder au pouvoir, aujourd'hui les rebelles usent des même moyens pour
chasser Kabila du pouvoir.
Ils sont tous loin des règles
démocratiques. Le temps est venu pour que les Congolais comprennent de l'importance des
règles démocratiques, la voie suivi par l'UDPS (l'union pour la Démocratie et le
Progrès Social) bientôt plus de seize ans pour bâtir au Congo, un État de droit.
Une question doit préoccuper maintenant
tous les Congolais. Quel est le Congolais qui connaît la nature de pacte qui a été
signé entre Kabila d'une part, et d'autres part, Kagame, Museveni, et les rebelles de
1996-1997, lequel pacte avait fini par porter monsieur Kabila au pouvoir.
L'UDPS se doit de demeurer attentive,
Kabila doit s'expliquer. L'envolée nationaliste qu'on peut lire à travers ses derniers
discours n'est autre qu'une trompe il. Comme Mobutu, Kabila a vendu le Congo durant
la période de sa fameuse guerre de libération.
Albert Mbuyamba Musualuendu