Monsieur Smekens,
Je partage entièrement les remarques que
vient de vous faire mon ami Chris Sassa en réaction à vos propos sur la nationalisation
partielle de Telecel.
Cette décision du gouvernement congolais
ne se situe nullement dans le dualisme privatisation-nationalisation, tel quil est
posé généralement. Cest une réponse adaptée au contexte de guerre et à la
fuite ou départ dun de ses principaux actionnaires. Lattribution de ses parts
à des tiers aurait certainement - cela ne fait aucun doute - fait poser un problème de
transparence, de contestation du choix du gouvernement à tel ou tel autre groupe ou
personne ; on laurait taxé de favoritisme ou de népotisme, accusé de toute la
litanie de maux... : une bonne aubaine en fait pour les détracteurs habituels. Nous
navons pas besoin de cela en ce moment. Sil sagissait dune
volonté idéologique (on aimerait bien trouver quelque argument pour conforter le
soupçon marxiste de Kabila), la nationalisation totale, et non partielle, de cette
société serait intervenue plus tôt, si on reprend les raisons évoquées par Sassa.
Mais cest là un de ses nombreux pièges dans lesquels ne peuvent facilement tomber
ceux qui soccupent de ces dossiers, le ministre Kinkela et son principal
collaborateur maître Yoka Lye, dont on doit reconnaître ici et la compétence, la
clairvoyance et lhonnêteté.
Dautre part, je suis toujours
surpris que vos interventions ne tiennent pas ou peu compte de la situation exceptionnelle
dans laquelle se trouve le Congo où, après Mobutu, tout est à reconstruire. Votre
intervention dans ce dossier est donc tout à fait normale. Cest une distraction de
plus à côté de létat de guerre dans lequel se trouve le Congo. On aurait aimé
vous entendre condamner explicitement lagression dont il fait lobjet.
Jaimerais connaître votre réaction et vos réflexions sur cette grave accusation
de limplication des troupes burundaises dans lagression de notre pays ainsi
que vient de le dénoncer le ministre des affaires étrangères Belge, monsieur Derycke.
Pour les autres problèmes, nous y reviendrons en temps utiles. Avec plaisir.
Merci de votre attention.
Jacques Mangalaboyi
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