GauHome.jpg (15896 octets) Droitebandeau.jpg (20729 octets)

Il ne faut pas se tromper d’ennemi !

wpe141.jpg (679 octets)

Jacques Mangalaboyi

wpe141.jpg (679 octets)

Dans la lettre que j’avais écrite à madame Libambu (Chère madame Libambu, Congonline, juillet 98), j’avais fait cité monsieur Zahidi Ngoma dont l’interview dans la Libre Belgique m’avait fait dire qu’il était un opposant qui changeait des autres. Il disait notamment : " Il est urgent, pour les patriotes, de comprendre qu'il faut sortir des conflits de repositionnement pour commencer à appréhender le défi majeur qui se pose au pays : demain, c'est la Nation qui peut disparaître. (...) Je ne suis pas de ceux qui parlent du Kivu comme d'une entité à part. C'est un problème du pays, qui se pose à l'est du territoire. Y tenir un référendum d'autodétermination, comme le suggèrent certains, est une insulte à la population congolaise toute entière. La question ne peut être résolue qu'avec un Congo fort, c'est-à-dire stable. Le mal doit être attaqué à sa racine – au Rwanda même, où l'on devra résoudre la question de la gestion politique du pays entre une majorité et une minorité ". Il y a manifestement une contradiction entre ce qu’il dit et ce qu’il est entrain de faire.

L’actualité m’a rattrapé et m’a donné tort. Que ceux que je peux avoir choqués (rétroactivement ?) m’excusent ou me pardonnent : Errare humanum est, sed perseverare diabolicum...

La gravité de la situation est telle que notre groupe a décidé de ne pas présenter en ce moment l’éditorial de juillet-août de la Nouvelle Présence Congolaise. On peut être d’accord les uns et les autres. Ce n’est pas le moment de faire paraître les différences, même les nuances. La seule recommandation que je peux me permettre de faire le sera aux plus jeunes d’entre nous : faire attention, la guerre actuelle se passe aussi et surtout au niveau des médias. Et beaucoup d’agence et de journaux ne sont pas du côté de notre pays. Personnellement, je choisis Reuters, mais l’article de Colette Braeckman dans Le Soir d’hier (" Kabila était personnellement visé ") est très instructif et résume toute la situation. Dans le cas présent, il ne faut pas se tromper d’ennemi : il est exactement le même qu’en 1960, il a utilisé exactement les mêmes méthodes pour abattre Lumumba. Les bras armés sont toujours des compatriotes, sous des prétextes fallacieux. Faisons en sorte que l’histoire ne se répète pas, cela dépend de nous, de notre mobilisation et détermination...

Je suis en grande partie d’accord avec Beya, Bilolo, Lokito, Mavungow, pour ne citer que ceux-là. Dans notre groupe, nous ne ménageons pas les critiques contre Kabila lorsqu’ils s’imposent. Ceux qui me connaissent savent que j’ai un ami qui est encore en prison depuis le 29 mai pour... tentative de déstabilisation du régime. Notre ami Beya a écrit hier : "Le mutisme actuel qu’observe actuellement la population, même les intervenants sur le net, en dit long sur le malaise que ressentent les gens ! ". Mais la question suivante me hante l’esprit : Est-ce que la population et les intervenants n’ont-ils pas aussi et parfois joué aux pyromanes ?

Jacques Mangalaboyi

(j-mangalaboyi@chru-lille.fr)

CERDEC

68, rue du Marché

59000 Lille, France

Copyright Afriqu'Info asbl.