Dans la lettre que
javais écrite à madame Libambu (Chère madame Libambu, Congonline, juillet
98), javais fait cité monsieur Zahidi Ngoma dont linterview dans la Libre
Belgique mavait fait dire quil était un opposant qui changeait des
autres. Il disait notamment : " Il est urgent, pour les patriotes, de
comprendre qu'il faut sortir des conflits de repositionnement pour commencer à
appréhender le défi majeur qui se pose au pays : demain, c'est la Nation qui peut
disparaître. (...) Je ne suis pas de ceux qui parlent du Kivu comme d'une entité à
part. C'est un problème du pays, qui se pose à l'est du territoire. Y tenir un
référendum d'autodétermination, comme le suggèrent certains, est une insulte à la
population congolaise toute entière. La question ne peut être résolue qu'avec un Congo
fort, c'est-à-dire stable. Le mal doit être attaqué à sa racine au Rwanda
même, où l'on devra résoudre la question de la gestion politique du pays entre une
majorité et une minorité ". Il y a manifestement une contradiction entre
ce quil dit et ce quil est entrain de faire.
Lactualité ma rattrapé et
ma donné tort. Que ceux que je peux avoir choqués (rétroactivement ?)
mexcusent ou me pardonnent : Errare humanum est, sed perseverare diabolicum...
La gravité de la situation est telle
que notre groupe a décidé de ne pas présenter en ce moment léditorial de
juillet-août de la Nouvelle Présence Congolaise. On peut être daccord les
uns et les autres. Ce nest pas le moment de faire paraître les différences, même
les nuances. La seule recommandation que je peux me permettre de faire le sera aux plus
jeunes dentre nous : faire attention, la guerre actuelle se passe aussi et surtout
au niveau des médias. Et beaucoup dagence et de journaux ne sont pas du côté de
notre pays. Personnellement, je choisis Reuters, mais larticle de Colette Braeckman
dans Le Soir dhier (" Kabila était personnellement visé ")
est très instructif et résume toute la situation. Dans le cas présent, il ne faut pas
se tromper dennemi : il est exactement le même quen 1960, il a utilisé
exactement les mêmes méthodes pour abattre Lumumba. Les bras armés sont toujours des
compatriotes, sous des prétextes fallacieux. Faisons en sorte que lhistoire ne se
répète pas, cela dépend de nous, de notre mobilisation et détermination...
Je suis en grande partie daccord
avec Beya, Bilolo, Lokito, Mavungow, pour ne citer que ceux-là. Dans notre groupe, nous
ne ménageons pas les critiques contre Kabila lorsquils simposent. Ceux qui me
connaissent savent que jai un ami qui est encore en prison depuis le 29 mai pour...
tentative de déstabilisation du régime. Notre ami Beya a écrit hier : "Le
mutisme actuel quobserve actuellement la population, même les intervenants sur le
net, en dit long sur le malaise que ressentent les gens ! ". Mais la
question suivante me hante lesprit : Est-ce que la population et les intervenants
nont-ils pas aussi et parfois joué aux pyromanes ?
Jacques Mangalaboyi
(j-mangalaboyi@chru-lille.fr)
CERDEC
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