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Kisantu après les rebelles
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Jean-Baptiste Malenge
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Quelle a été la situation exacte au diocèse de Kisantu, sud-ouest du pays, lors du passage de soldats rebelles aux mois d¹août et de septembre ? L¹évêque du lieu, monseigneur Fidèle Nsielele zi Mputu, vient de fournir des détails, précisant tout d¹abord que c¹est seulement le 7 septembre que Kisantu a pu se considérer en sécurité relative.

Le passage des rebelles aura causé beaucoup de dégats matériels, rien que matériels, signale l¹évêque. A Kisantu, les procures des abbés et des soeurs de sainte Marie ont été saccagées. Le noviciat des pères jésuites à Kinkeso a été partiellement pillé. Plus aucun véhicule n¹est resté en bon état à Kisantu. Les rebelles ont quand même préservé l¹hôpital et les communautés environnantes : c¹est dans cet hôpital qu¹ils recevaient des soins. Les blessés étaient tellement nombreux qu¹il n¹y avait plus de médicaments, d'ailleurs.
Les autres paroisses et communautés ecclésiastiques touchées dans le diocèse sont Lemfu, Ngidinga, Luila, Kasangulu et le grand séminaire de Mayidi, avec le plus de dégâts enregistrés à Lemfu et à Mayidi, communautés dépouilléss jusqu¹au bétail. Dispensaires et écoles n¹ont pas été épargnés.

D¹autres détails recueillis par ailleurs indiquent par exemple que la ville voisine de Mbanza-Ngungu a été pillée à fond elle aussi, que des femmes ont été violées et qu¹un inspecteur de l¹enseignement s¹est fait tuer en voulant protéger ses filles. A Mbanza-Ngungu, le garage des pères rédemptoristes a été saccagé. A Kinzundu, le dispensaire des soeurs de Mère Laura l¹a été aussi.

A Kisantu, la voiture des soeurs de mère Teresa de Calcuta a été emportée comme celle du noviciat des jésuites, mais les jésuites ont racheté la leur quelques jours après contre 200 dollars américains.

En général, les communautés pillées sont celles qui avaient été abandonnées par leurs occupants habituels. Mi-septembre, Kisantu était calme. Des soldats Zimbabwéens disciplinés gardaient la place, ils prenaient soin d¹avertir la population avant tout essai de tirs de nouveaux armements effectués au Jardin Botanique.

Jean-Baptiste Malenge

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