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A propos de la réforme de l'armée congolaise

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Francois Kalonga Kazadi

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L'analyse de notre compatriote Silubwe cerne avec brio la problematique militaire de notre pays et offre une voie de reformation salutaire pour une armee qui a cesse depuis belle lurette de jouer son role de defenseur de notre souverainete et integrite territoriale.

La deroute de cette armee face a une coalition rebelle pseudo-congolaise met en evidence, s'il restait encore un doute en la matiere, l'incapacite de notre nation a se defendre et a se proteger face a l'aggression etrangere.
L'armee nationale, laquelle devait servir de deterent a toutes les hegemonies, est devenue un fardeau donc le cout financier ne saurait se justifier dans les circonstances actuelles.

Lors de l'avancee de l'AFDL en 1997, le consensus etait que l'armee refusait de defendre un pouvoir decadent et prive de tout support populaire. La nouvelle rebellion est ouvertement et definitivement rejetee par le peuple dans son ensemble, alors comment expliquer le refus de cette armee d'opposer une resistance efficace a une rebellion commanditee de l'exterieur? et surtout comment expliquer l'absence de loyaute d'une grande partie de l'armee a son autorite hierarchique et aussi a la nation?

Nous pouvons etre tenter de conclure comme en 1997 que l'armee refuse de defendre un pouvoir dictatorial, ce qui peut paraitre correct a premiere vue mais ne resite pas a l'analyse.
Le congo n'a pas le monopole de la dictature, les regimes politiques a Kigali, Kampala, Luanda ne sont pas plus democratiques ou representatifs que celui de Kinshasa. Le seul argument de rejet d'un pouvoir dictatorial ne peut donc tenir. Nous devons chercher la justification ailleurs et reposer le probleme d'une faillite morale affectant non seulement l'armee mais la societe congolaise dans son ensemble.

La reforme de l'armee ne peut donc se faire d'une maniere isolee mais doit s'accompagner d'une remise en question societale. Une reaffirmation et une adhesion collective a l'ideal nationaliste. Nous ne pouvons esperer de l'armee une loyaute inconditionnelle lorsque les politiciens, les intellectuels, les fonctionnaires,etc.. bradent les interets nationaux dans la poursuite des interets individuels. La depolisation de l'armee, sa professionalisation  ne seront possible que dans un contexte ou la poursuite des interets individuels est subordonnee aux interets vitaux de toute la nation.

Le probleme de l'armee ne se pose pas seulement en terme d'organisation, de logistique et de la strategie, mais aussi et surtout en terme de morale, d'ethique, et aussi de la conscience. Nous devons aborder la question de la structure sans oublier celle de la superstructure, laquelle est foncierement dependante de l'evolution de la mentalite dans toute la societe. L'immoralite politique en vigueur dans notre pays est un handicap a l'emergence d'une armee efficace et acquise a la defense de l'integrite et de la securite nationale.

Le grand Congo merite mieux que le spectacle que nous offre notre armee en ce moment. Ses richesses et son importance exigent une protection que seule une armee vraiment nationale et efficace saurait offrir.
Nous devons consentir tous les sacrifices imaginables pour doter ce pays d'une force de frappe capable de decourager les aventures et les ambitions hegemoniques des voisins predateurs. Les amis ne peuvent nous aider continuellement sans que cela n'entame et n'hypotheque l'essence meme de l'etre congolais dans son integrite et sa souverainete.

Patriotiquement

Francois Kalonga Kazadi

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