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Quelle (s) issue (s) pour le Congo-Zaïre "aujourd'hui".
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Dr Kabamba Nkamany
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" METTRE LES PENDULES A L’HEURE "

Le 26 février 1885 : La signature de l’Acte de Berlin, véritable Charte de la colonisation de l’Afrique, clôture la Conférence de Berlin ouverte le 15 novembre 1884. Cet Acte a établi la liberté de navigation et de commerce sur le bassin conventionnel du Congo-Zaïre, la neutralité des territoires de ce bassin en cas de guerre et la répression de la traite des esclaves dans les mêmes territoires. Il a également fixé les règles pour l’occupation d’un territoire nouveau, sur les côtes de l’Afrique. 1891 est l’année de l’instauration du "système léopoldien " système de monopole d’Etat qui restera en vigueur jusqu’en 1906 avec l’exploitation directe au profit de l’Etat, des richesses naturelles et la perception de l’impôt en nature.

Ce système qui réduit tous les habitants de l’E.I.C. (l’Etat Indépendant du Congo) à un état de quasi-esclavage, a conduit aux abus et atrocités connus sous le nom de red rubber ; red rubber signifie caoutchouc rouge et symbolise les abus du régime léopoldien avec le sang sous la chicotte (le fouet) et les exactions de tout genre de la part des agents de l’E.I.C. et des sociétés à charte. Cette Charte Coloniale a établi le 18 octobre 1908 la base de l’organisation politique du Congo belge et la nature des relations entre ce dernier et la Belgique, en vue de la production toujours accrue du caoutchouc et de l’ivoire, alors seules richesses de la Colonie. Ceci est dénoncé par la campagne internationale anti-système léopoldien à l’issue de laquelle le Roi Souverain de l’E.I.C. fut contraint de céder "sa propriété " à la Belgique en 1908. Durant toute la période coloniale (1885-1960), l’occupant belge a réussi à ériger un pays sans nation. Tous les groupes ethniques du Congo Belge évoluaient parallèlement sans qu’un mécanisme quelconque ni la ville " melting pot " ne les aident à s’intégrer ; leur unique point commun était l’assujettissement au même pouvoir.

Sous la Première République, (sous Feu le Président KASA-VUBU), pour le Congolais qui découvre à la fois la politique et l’économie ainsi que les autres groupes ethniques du pays, c’est beaucoup à la fois. La finalité de ces domaines et leur enchevêtrement échappent à la plupart.

Le pays s’embrasa avant d’éclater pratiquement en plusieurs Etats éphémères (21 provinces avec plusieurs territoires soumis au référendum (cf. Kabamba Nkamany in Bantu Ethnic and Traditional Realities pp. 64 à paraître).

La Deuxième République (sous Feu le Président Mobutu) se fixe à un moment donné pour mission de forger la Nation congo-zaïroise, tant par des mesures administratives que part des décisions politiques, allant toutes dans le sens de susciter parmi les populations le sentiment d’appartenir à une même nation, d’être tous citoyens d’un même pays. Aussi sous la Deuxième République, l’échec de la politique économique combiné avec un centralisme politique excessif et une administration inhibante, disqualifient l’unitarisme aux yeux de l’opinion nationale.

La tendance conformiste de 1960 allait vers le séparatisme, alors qu’en 1998 le fédéralisme apparaît, pour beaucoup, comme la meilleure formule pour consolider l’Unité Nationale. Cette option fédéraliste a connu un triomphe à la Conférence Nationale "Souveraine " clôturée en Décembre 1992.

Il semble qu’il existe quelques pistes vers lesquelles s’engager maintenant.

- La première consiste à l’aménagement des structures internes du Congo-Zaïre, en définissant au préalable les critères et les règles du jeu. En effet à l’époque de la Première République, le pays est divisé en six provinces. Ces provinces disposent de gouvernements locaux dirigés par des présidents provinciaux, originaires des provinces, élus par les parlements provinciaux. Et tout semble fonctionner à la satisfaction des administrés et ce, jusqu’à l’introduction abusive d’un pouvoir trop centralisé à Kinshasa sous la Deuxième République, aujourd’hui en déconfiture.

Faut-il comprendre qu’avec l’organisation des gouvernements provinciaux presque autonomes, la Première République avait tenté là l’expérience de planter les premiers jalons du fédéralisme auquel des Congolais avaient aspiré ? Semble-t-il pour ne plus revenir sur le débat. Le problème qui se pose aujourd’hui serait de définir le type et le contenu du fédéralisme que nous aimerions pratiquer au Congo-Zaïre sous la Troisième République et après.

- La seconde piste est une formule inédite, car non encore envisagée avec pertinence, si ce n’est au niveau de la rhétorique. Elle consiste à regarder au-delà des frontières héritées de la Conférence de Berlin de 1885 :

  1. Pourtant si la décolonisation, sans prétendre à des regroupements plus importants avant la colonisation, n’avait fait que respecter les ensembles préexistants (cf. détails in Dr K. Nkamany :

a) Zaïre – Busongye Minorité Pharaonique ? Ed. Nkamanyland, Kinshasa 1996 pp.10 et 11

    b) BANTU ETHNIC and traditional réalities pp. 14, à paraître), quelle économie de problèmes aurait-on –fait ?

b) Dans le cas qui nous concerne ici, il n’y aurait pas eu autant de violences au Rwanda-Urundi, puisque l’espace Congolais/Zaïrois aurait absorbé plus substantiellement la surpopulation à l’Est du pays et les tensions dans le Kivu, auraient été diluées dans un plus grand brassage des populations. Le Congo-Kinshasa, n’aurait pas été confronté à des équations dans la détermination de sa loi sur la nationalité. Il n’y aurait eu aucune raison pour que la région du Kivu détienne le record de réfugiés, déplacés et infiltrés.

c) Concrètement, nous suggérons ici : Une fédération du Congo-Kinshasa avec ses voisins. Plusieurs facteurs incitent aujourd’hui à expérimenter la construction d’une fédération regroupant les pays des Grands Lacs [( cf. Ndaywel è Nziem, I. in Conflits ethniques au Rwanda-Burundi : Défi régional pour une véritable alternative. Communication faite au colloque organisé par le CODESRIA à Arusha, Tanzanie, du 4 au 7 septembre 1995 sur "la crise et les libertés académiques ")].

d) La concrétisation d’un tel projet est une entreprise de longue haleine, mais elle est dans l’ordre du possible, d’une part, puisqu’elle permet à la région des Grands Lacs de trouver une issue à une situation qui n’a fait que s’empirer jusqu’ici, et que d’autre part, nous pouvons en tirer profit pour corriger une erreur de trajectoire dans la marche continentale vers la mondialisation.

La majorité des pays africains, a adopté au début de la décennie en cours, de nouvelles formes d’organisations et de représentations politiques.

Le système démocratique pluraliste mis en place l’a été dans un esprit d’uniformité conventionnelle universaliste.

Mais la pratique politique dénote que ce cadre ne peut pas être appliqué ad litteram, preuve les initiatives non constitutionnalisées prises après diverses élections générales.

Ces initiatives montrent que le processus démocratique en cours peut être adapté aux particularités aussi bien politiques que culturelles du Congo-Zaïre et peut se fonder sur la substance convergente des populations de l’Afrique centrale, orientale et australe.

En effet, cette zone présente aujourd’hui un peuplement soudé qui remonte-il y a près de 3000 ans.

Rappelons que ces populations parlent des langues qui sont regroupées dans une même famille linguistique/scientifique.

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Mais les liens de parenté de ces populations ne sont évidemment pas seulement linguistiques ; ils sont aussi anthropologiques, car palpables dans beaucoup d’aspects des civilisations : pratiques sociales, valeurs, pensées, rites, organisation politique antique, éducation et sagesse, conduites morales, croyances, pratiques religieuses, etc.

C’est dans ce potentiel convergent qu’il faudra rechercher les voies vers la démocratie de la société plurale fédérale et intégrale en fonction des hommes et des femmes dans les lignages régulateurs (patriacal-matriacal), et ceux des Universalistes où le Roi est "primus inter pares ",

  1. GOUVERNEMENT DE TRANSITION
  2. AMNISTIE GENERALE
  3. CULTURE DE LA PAIX
  4. SOLUTIONS NEGOCIEES ET RECONCILIATION NATIONALE (exemple le Mozambique)

De tout ce qui précède et en notre qualité d’optimiste modéré, nous pensons que certains variables favorables au développement de la paix et la réconciliation nationale existent déjà :

  • Stabilité relative du Congo-Zaïre monnaie par rapport aux années précédentes
  • Aspiration constante de la population à la paix
  • Démarrage du processus de réforme aux niveaux de certains secteurs avec des appuis nationaux / internationaux (santé, agriculture…)
  • Richesse humaine et l’engagement militaire à défendre les institutions démocratiques, l’intégrité du territoire et la protection des citoyens.
  • Potentiel en ressources humaines…

 

Au lieu de persister dans une stratégie de fuite en avant comme durant la deuxième République, le bon sens commande que le fiasco de la Conférence Nationale "Souveraine " soient lucidement analysé ; ensuite que les voies et moyens de sortir du chemin sans issues soient proposé au référendum au moment opportun.

Dr A.V. (K.NK.)

- Acteur historique du Congo-Zaïre

- Spécialiste de résolution des conflits

- Messager du métissage et de la culture de la paix par solution négociée.

Dr Kabamba Nkamany

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