Note de présentationDr. Mubabinge Bilolo est philosophe, égyptologue et politologue.
Il est depuis 1991, professeur-chargé de recherche à lInstitut Africain
dÉtudes Prospectives à Kinshasa. En sa qualité de lunique égyptologue
congolais, il a été principalement chargé du Centre d'Etudes Egyptologiques Cheikh Anta
Diop.
Cet Interview, mené sous forme des questions et réponses
écrites dans les Chat-Rooms de la " Diaspora-Congolaise " et de "
Maat-Friends " dans Delphi, constitue la deuxième partie. La première est publiée
dans Congo2000.
....( Quant aux abbréviations Q = Question et R. =
Réponse).
1q) Vous dites que beaucoup de Congolaises et de Congolais
hésitent de prendre position pour ou contre Kabila. Comment expliquer cette hésitation ?
Quelles en sont les causes ?
R.
La plupart de nos compatriotes sont les portes-paroles des
intérêts de lOccident. Ils ne pensent pas. Ils suivent aveuglément la dictée de
lOccident et utilisent le langage des journalistes occidentaux. Il ny a pas
dAGRESSION, si lOccident nutilise pas le nom. Il ny a pas de
TERRORISME, si lOccident parle de " crise intérieure ". On ne peut pas
condamner les bandits qui veulent neutraliser un Président de la République, si les
Occidentaux ne le font pas. Rappelez-vous laventure de Lissouba. A-t-on déjà
entendu un Congolais nommé Sassou Nguesso, Président " auto-proclamé " ? Non.
Imaginez-vous que le Gouvernement allemand prend la
décision du rapatriement de tous les " Gastarbeiter " ou " travailleurs
émigrés " de la Turquie ou de la Pologne. Imaginez-vous que ceux-ci prennent les
armes pour occuper quelques villages allemands. Imaginez-vous que ces insurgés se mettent
à tuer les policiers et les soldats allemands.
Quelle sera la réaction de lUnion-Européenne ?
Cest lOTAN qui sera mobilisée pour anéantir les insurgés. Mais lorsque cela
se passe en Afrique, personne ne condamne une telle insurrection. Nous navons pas le
droit de soutenir un Président que lOccident naime pas. Qui sommes-nous ?
Nous sommes des esclaves au service des puissances étrangères. Le Congo ne nous
appartient pas. Voilà comment lOccident se moque de nous.
LOccident veut influencer les intellectuels de la
Diaspora pour qu'ils pensent que le Régime actuel est en perdition. Le but est de les
amener à changer des camps pour aller servir de décor congolais, de pendeloque
congolaise à une agression extérieure, aux "AMOKLÄUFER", donc aux fous
furieux, aux terroristes Ruandais et Burundais en folie meurtrière.
C'est dommage que les actions terroristes contre les
Africains soient toujours banalisées par les Journalistes étrangers. Nous avons, au sens
propre du terme, à faire aux terroristes en crise meurtrière.
La deuxième raison est que beaucoup de gens croient
quil sagit dun conflit personnel entre Kabila et les Occidentaux
dune part et entre Kabila et les Alliés de lEst dautre part. Ils ne
comprennent pas que cest lavenir du Congo, lavenir de leurs propres
enfants qui est en jeu.
En troisième lieu vient du fait quen acceptant de
reconduire les mobutistes au pouvoir, le Président sest isolé de son Peuple et a
sous-estimé la puissance du virus cancéreux mobutiste. Ce sont des diables et chacun le
sait. Chacun le savait. Rappelez-vous de nos mises en garde avant larrestation de
Tshisekedi.
2q) Croyez-vous que Kagame lemportera contre Kabila
?
R.
Sur le plan militaire, les Troupes Loyales Congolaises
gagneront indubitablement cette guerre, mais le grand danger vient de lintérieur,
du côté de certains mobutistes et opportunistes aussi bien civils que militaires, qui ne
cessent de nous trahir. Ce danger-là, nous ne le minimisons pas. Nous nous attendons à
dautres insurrections et
trahisons.
3q) Vous dites que sur le plan militaire, les Troupes
Loyales Congolaises gagneront cette guerre. Mais quen est-il des autres plans?
R.
Sur le plan politique, nous risquons de perdre devant les
Etrangers et les Mobutistes. Ils ont mis le Président Kabila dans un double-piège. En
disant " double-piège ", nous simplifions notre analyse.
Au fond, nous nous trouvons devant un NOEUD DE PIÈGES :
piège des Occidentaux, piège du trio Ruanda Burundi-Ouganda, piège de Mobutistes,
piège de lOpposition anti-mobutiste et anti-kabiliste, piège des Alliés congolais
déçus, piège des soldats humiliés, piège des fonctionnaires impayés ou mal payés,
etc. Les piégeurs eux-mêmes sont dans les pièges du Président Kabila. Le plus
important est que le double-piège dans lequel ils ont mis Kabila a des lourdes
conséquences sur le devenir du Congo.
4q) Pourquoi? Comment? Pouvez-vous expliciter votre
pensée?
R.
Les mobutistes ont adopté une double-stratégie et placé
le Président Kabila devant un dilemme qui n'en est pas un. D'une part, ils soutiennent
par le biais de leurs collègues comme Ntambwe Mwamba, Baramoto, Pay Pay, etc. les
terroristes, prennent des contacts avec des Chefs d'Etat des pays qui veulent nous dicter
leur volonté et qui s'autorisent à violer notre Souveraineté Nationale et l'Intégrité
de notre territoire et font, d'autre part, semblant d'être prêts à soutenir le
Président Kabila, à condition qu'il accepte de "se réconcilier" avec eux,
c'est-à-dire de les reconduire massivement au pouvoir comme Ministres, PDG, Généraux et
autres.
Si le Président de la République tombait dans ce piège,
il rendrait un très mauvais service à notre République. Ca serait la victoire des
Mobutistes et des terroristes Ruandais. Car les terroristes ruandais savent très qu'il
n'y a pas d'avenir pour le Congo avec les Mobutistes au Gouvernail. A moins qu'on soit
parti la piller, mais si on vous montrait l'intérieur de la Villa de Ntambwe Mwamba à
Kinshasa, vous aurez la nausée. Sa cupidité dépasse de loin celle de Mobutu et de
l'ensemble des généraux de l'ex-FAZ.
Réveillons-nous avant qu'il ne soit tard. En moral, nous
dirions que "Kabila est le moindre mal". Derrière Museveni, Kagame et les
Mobutistes, il y a des Occidentaux.
5q) Que proposez-vous dans une telle situation?
R.
Disons la vérité à notre Peuple. Expliquons les enjeux
de cette guerre. Les gens se plaignent du fait quils sont sous informés par le
Gouvernement. Sans une communication ouverte, nous commettrons une erreur stratégique
grave. Nous encourageons la mobilisation et la conscientisation de tous les Soldats
populaires de l'ex-FAZ, car ils étaient aussi malheureux que nous tous. Ils avaient
soutenu la révolution de 1996-97 en refusant de se battre. Les Forces Armées Congolaises
ont toujours protesté contre la dictature de Mobutu. Elles ont sacrifié depuis 1970
plusieurs officiers, sous-officiers et soldats. Le général Tetela qui était en 1975
commandant des divisions de Lubumbashi est mort en prison. Comme nous l'avons toujours
soutenu, nous avons une dette envers notre Armée.
Lors de la guerre de l'AFDL, non pas contre Mobutu dont
nous attendions la mort d'un moment à l'autre, mais contre les mobutistes et leur
système mobutiste, le Peuple Congolais a demandé aux Troupes de l'Armée Populaire (par
opposition aux Divisions Présidentielles, anti-civiles) de ne pas se battre. Quant aux
divisions spéciales présidentielles, nous acceptons le PARDON présenté au Peuple
Congolais par les 700 soldats de l'ex FAZ à Gbadolite au cours de la semaine passée.
Nous espérons que beaucoup d'autres suivront leur exemple.
Malheureusement, les soldats ougandais, ruandais et
burundais qui étaient nos alliés en avaient profité pour les ridiculiser; les Agences
Internationales d'Information se sont moquées de nos Troupes et le monde a cru que
l'Armée Congolaise, une des meilleures Armées de l'Afrique, serait mal formée. Tous nos
commandos de Kotakoli, para-commandos, parachutistes, pilotes de mirage et des
hélicoptères, comptés parmi les meilleurs, étaient devenus l'objet de risée de tout
le monde. Nos soldats ont donc un motif, par delà la protection de notre Souveraineté et
de l'Intégrité de notre Territoire, de réhabiliter leur honneur (lokumu). C'est
pourquoi je vous dis qu'ils gagneront cette guerre.
Mais ils peuvent gagner cette guerre dans un sens tout
comme dans un autre. Ils peuvent aussi piéger et les rebelles et les fidèles de Kabila.
Sur le plan militaire, le danger demeure. Selon les informations reçues de Matadi, la
Ville était sans protection depuis plus 48 heures.
5q) Ce que je cherche à déceler, c'est votre solution
politique, votre attitude au sujet de la proposition d'une alliance entre toutes les
tendances politiques confondues.
R.
Seule une Alliance criminelle et anti-maâticratique peut
comprendre TOUTES les tendances politiques CONFONDUES. Une Alliance sans discernement,
sans critères éthiques ne pourra quêtre une Alliance hostile au bien-être et au
développement de notre pays ; une alliance des dinausaures impunis. C'est pour éviter ce
danger que nous avions soutenu la mise entre parenthèses de tous les partis politiques et
la mise en quarantaine des mobutistes.
C'est une recommandation scientifique, politologique que
nous soutenons jusqu'aujourd'hui comme condition sine qua non de la maâticratie. Le
problème est que le Président a mis trop de temps entre la suspension des activités de
partis et leur reprise. Au lieu de signer le décret-loi de mise en quarantaine des
mobutistes, il les a reconduits au pouvoir.
Et pourtant le Président de la Commission
Constitutionnelle avait, par sa liste, posé des bases dun nouveau point de départ.
Ces civils mobutistes, ces dinausaures impunis, ne nous sont d'aucune utilité. Ils
n'iront pas au front et le Peuple Congolais ne veut plus les voir à la tête de nos
institutions.
Chaque mobutiste que le Régime actuelle récupère fait
perdre à ce Régime un million des sympathisants et décourage presque la totalité de
nouveaux cadres politiques et administratifs. Ils peuvent faire leur devoir des Patriotes
ou des Citoyens Congolais, mais bénévolement. Que les Mobutistes mettent
inconditionnellement leur argent au service des Troupes Loyales et ils pourront jouir des
conditions atténuantes dans l'avenir.
6q) Voulez-vous insinuer par-là que les conditions qu'ils
posent sont politiquement et moralement inacceptables?
R.
OUI. Tous ces internautes Congolais qui sont aujourd'hui
en action, vous tous qui participez à votre manière à cette guerre, n'exigent pas, vous
n'exigez pas, une rémunération de la part du Chef de l'Etat. Nous avons constaté que
Congonline et Congo2000 actualisent leurs sites même à une heure du matin. Leurs
responsables ne veulent pas devenir des ministres au Congo, mais ils rendent un grand
service gratuit à ce Pays. Notre ami Bafwa Lwakale de Genève était le premier Congolais
de la Diaspora à avoir soutenu Kabila en 1996, il n'a jamais reçu un mot de
remerciement.
Il ne se présente même pas à des réceptions. Mais il
poursuit sa lutte. Il fait son devoir de Patriote Congolais.
Pourquoi faudrait-il promettre du Gâteau aux mobutistes
pour qu'ils soutiennent la défense de leur propre Pays contre les terroristes de Paul
Kagame? Si Eluki et Likulia, dont nous avons admiré les prises de position veulent au
moins une seule fois dans leur vie faire leur devoir de soldats congolais, qu'ils aillent
se faire enrôler inconditionnellement à Kinshasa pour aller au front. Ils n'ont pas
besoin d'une "table-ronde". Ils ont la possibilité unique de prouver ce dont
ils sont capables.
Cette rébellion devrait constituer un point de départ
pour un renouvellement systématique des hommes et des institutions, pour rompre
définitivement d'avec les mobutistes et d'avec le mobutisme. Pour donner un sens à la
lutte de 1996-1997, le Pouvoir actuel doit nous libérer des mobutistes et du mobutisme.
Notre exigence englobe aussi les mobutistes qui sont déjà au pouvoir. Le Gouvernement
Congolais doit "se réconcilier avec le PEUPLE" et non avec des individus . Ces
individus étaient, sont et seront la source de tous nos maux.
7q) Comment vous pouvez tenir une telle position au moment
où l'on reproche effectivement à Kabila de refuser la "réconciliation
nationale"?
R.
Nous avons reproché à Kabila le fait qu'il a reconduit
les criminels mobutistes au pouvoir - le cas de Kyungu wa Kumwanza, de Leta et de Sakombi
Inongo - au moment où il combattait ses alliés comme Tshisekedi wa Mulumba. Nous avons
reproché à Kabila le fait davoir placé des étrangers à des postes
stratégiques. Kabila travaille avec des Consultings étrangers, à des Conseillers
européens, dans des domaines où le Congo a des centaines des spécialistes qui chôment.
Sil avait réellement épuisé les ressources humaines congolaises, nous aurions pu
comprendre ce recours aux non-congolais et aux mobutistes, mais ce nest pas le cas.
Après 15 mois du règne, il na amélioré ni le
salaire des enseignants, des médecins, des infirmiers, des agronomes ni des ingénieurs,
ni encore moins des autres fonctionnaires de lEtat. Il sest débarassé de la
totalité de ses " compagnons de la révolution ", à ignorer les intellectuels
qui le soutenaient ou les a aussi envoyés en prison.
Président sans alliés, crachant sur des victimes des
millions de victimes épurations ethno-régionales. Dans ce domaine, la déception est
totale. Dans sa politique de reconduction des mobutistes, il a commencé par ceux qui
étaient constestés par tous les autres mobutistes :
Sakombi, Leta, Kyungu, etc. Ce faisant, il sest
éloigné du Peuple, a découragé ses collaborateurs et ses amis. Les injustices sociales
demeurent. Les uns samusent à lHôtel Intercontinental et les autres
demeurent impayés.
Voilà pourquoi il doit se réconcilier avec notre Peuple,
avec les forces productives, avant quil ne soit tard.
Ce sont les mobutistes qui en profitent pour donner à
cette exigence de "réconciliation" un autre contenu sémantique.
Les Européens et les Américains qui exigent que nous
puissions reconduire les mobutistes au pouvoir doivent commencer par nous donner l'exemple
en reconduisant tous les politiciens de leurs pays, ayant commis les mêmes crimes
politiques que les mobutistes. Mais nos entretiens avec eux révèlent que ce n'est pas
cela qu'ils exigent. Exiger la liberté d'expression ou le multipartisme, ce n'est
nullement encourager la reconnaissance des partis criminels, anti-constitutionnels ou
exiger l'impunité. Ce n'est pas non plus exigé que Kengo wa Ndondo, Kyungu ou Birindwa
reviennent au pouvoir. Ils ne nous ont pas imposés les critères d'éligibilité ou de
reconnaissance des partis.
8q) Quel est le sens que vous donnez à lexpression
" Réconciliation Nationale " ?
R.
Le Président de la République peut satisfaire à nos
exigences, en assumant les paradoxes politiques: autoriser les activités des partis
politiques tout en signant le décret-loi de mise en quarantaine des mobutistes;
dépolitiser la Constituante en insistant sur les critères de compétence et de
performance scientifique, en faisant d'elle une "Assemblée de la Matière
Crise" tout en maintenant les critères proposer par le Président de la Commission
Constitutionnelle.
La "Réconciliation Nationale" signifie que les
Chefs coutumiers du Shaba viennent renouveler le pacte de fraternité avec les Chefs
coutumiers du Kasayi, car le sang a été versé; que les chefs traditionnels de toutes
les communautés linguistiques, de tous les mboka, les bisa du Congo soient réunis pour
sceller le Pacte de Kindugu, de Mbonza, Buyanga, de Bulenda, de Lokele ou de Buwetu. Ils
deviendront ainsi les Bakalenga-Balunda "Chefs-Amis",
"Seigneurs-Amis". Ce sont les Peuples qui doivent se mettre autour de la
Table-Ronde et non les dinosaures impunis.
9q) Qu'en est-il de votre Candidature à la Présidence?
Vos critiques contre Tshisekedi me donnent parfois l'impression d'une subtile campagne
électorale.
R.
Pour être sincère, notre objectif n'était pas de
devenir Président, mais de supprimer l'Institution "Président de la
République" telle qu'elle fonctionne aujourd'hui en Afrique. Le drame est que pour
supprimer cette " Institution" ou pour faire de sorte que le Président ne garde
que la fonction de Notaire, de lAmbassadeur et de Conseiller moral de la République
comme en Allemagne, en Autriche, en Israël, vous devez chercher à occuper des fonctions
stratégiques dans le système en vigueur.
L'Institution "Président" est plus qu'une mine
d'or en Afrique. Les Ministres sont comme des trafiquants occasionnels du diamant qui
retombent dans la misère deux ans après leur trafic. Quelle que soit la personne, les
pouvoirs du Président de la République dans les Constitutions Africaines actuelles ne
peuvent que conduire à des abus.
En outre, nos réflexions scientifiques nous ont conduit
depuis Blankenberg (Congrès de la Diaspora Congolaise de 1996) à la Conclusion que
toutes les guerres en Afrique tournent autour de l'Institution "Président de la
République". Toutes les souffrances de l'Afrique sont liées à cet unique poste.
Même cette rébellion nous donne raison.
Prenons congé du modèle français et américain.
9q) Voyez-vous une alternative à cela?
R.
Nous plaidons depuis Blankenberg pour la suppression du
modèle actuel et pour l'adoption du modèle suisse. Le Président du Conseil des
Gouverneurs fait six mois durant fonction du Président de la République. Il sera payé
comme Gouverneur. La coordination de l'exécutif au niveau fédéral sera confiée au
Premier-Ministre. Ici aussi, plusieurs modèles sont possibles. Nous devons réduire au
maximum les prérogatives du Chef de l'Etat et du Premier-Ministre. Nous devons donc être
créatifs au lieu de nous fixer sur le modèle français ou américain. La France n'est
pas un pays multi-ethnique, multilingue comme le Congo. Notre modèle a l'avantage non
seulement de réduire les tensions politiques inter-ethniques autour de la "Mine d'Or
Présidentielle", mais aussi de prévenir contre la corruption internationale et
contre le chantage permanent que l'Occident exerce sur nos Présidents.
Le Président Kabila devrait nous confier la mission
d'élaborer une Constitution historiquement inédite et prospective.
Il doit avoir confiance aux scientifiques du pays et non
se laisser distraire par des politiciens et des conseillers étrangers. Bien que
responsable de la Commission Constitutionnelle de la Diaspora depuis 1995, donc avant
même la naissance de l'AFDL, aucune démarche officielle de coopération n'a été
amorcée. La situation est identique pour d'autres Commissions économie, politique,
culture, information, secteur social, santé, science et technologie. Au sein même de la
Société Civile de l'intérieur, les ONG avaient réalisé en 1991 un travail
extra-ordinaire.
Nous avons des cadres qui avaient fait un travail
remarquable, mais ils ont été oubliés. On a préféré faire appel aux mobutistes avant
d'épuiser les ressources disponibles. De là, la joie maligne dans le ton de certaines
personnes.
11q) Quels sont les enjeux ou les dangers de cette
rébellion ?
Cette rébellion vise laffaiblissement et la
désintégration du Congo. La visée de cette désintégration téléguidée est la main
mise sur les richesses congolaises. Les rebelles peuvent gagner la guerre au Bas-Congo et
à Kinshasa, mais ils ne la gagneront jamais dans le Katanga. Donc ils ne peuvent gagner
cette guerre que moyennant la perte du Katanga, donc en tombant dans le piège de Kyungu
wa Kumwanza (sécession katangaise).
Le Bas-Congo nétant pas prêt à se laisser dominer
par les mobutistes et par des soldats ruandais, ougandais, burundais, etc. risque de
proclamer son autonomie. Nous tomberons ainsi dans le piège de " Mizele "
(Indépendance du Royaume Bakongo). Déjà la population de Matadi reproche à Kinshasa de
vouloir livrer sciemment la ville aux mains des rebelles.
Selon nos dernières informations, il ny a pas
beaucoup de soldats à Matadi. La ville nest depuis 24 heures ni protégée ni
occupée. Et la population qui a préféré rester à la maison, se demande : pourquoi cet
abandon de leur ville ?
A la suite de la nomination de Kyungu wa Kumwanza, les
deux Kasayi attendent que le Président reviennent sur sa décision et quils
demandent pardon, mais le Président prend son temps. La conséquence sera
lautonomie de deux Kasayi. Le Kivu est déjà en guerre contre les mobutistes et
contre les soldats venus du Ruanda et du Burundi. Contrairement à ce que les Agences
pro-ruandaises racontent, on est entrain de massacrer nos populations et de piller de ce
côté-là. La guerre dusure signifie que nous voulons sacrifier les plus de vies
humaines possibles. Une telle stratégie est dangereuse, car elle peut se tourner contre
le pouvoir.
Lultime vainqueur et gagnant ne sera ni le Congo ni
le Ruanda, mais lOccident. LEtat Congolais doit absolument gagner cette
guerre. Nous navons pas dautres choix. Les informations en provenance de
Matadi autorisent lhypothèse de la haute-trahison.
12q) Si je vous ai bien compris, votre position est que
Ngoma, Ntambwe Mwamba, kabera, Ondekane, Muzuri, Nyarugabo, Kengo, Pay Pay, Kalala
Shambuyi, Baramoto, Nzimbi, Bizima Karaha, Bugera et les troupes des insurgés ne
constituent quune alternative déraisonnable et irrationnelle.
Ils représentent non seulement loption de la
déraison et de lirrationalité, mais aussi de lisefeticratie (règne du mal,
du mensonge, de liniquité, de la mort). Au bout de cette alliance contre la Culture
et contre la Civilisation, il y a dautres génocides ; il y a la " Yougoslavie
dAfrique ".
Dans ce contexte, les amoureux de la Maât devraient
poursuivre la lutte contre les isefeticrates. Rappelons que nous luttons pour la
Souveraineté, pour lUnité et pour lIntégrité du Congo-de-Malula, nous
luttons pour lIntégration Africaine et pour la Maâticratie.
Cest là la raison dêtre de l'Alliance pour
la Protection de l'Intégrité Territoriale et de la Souveraineté Congolaise (APITESCO).
13q) Quel est votre dernier mot ?
L'arrogance de ces fous furieux, qui sont entrain de
verser inutilement le sang de nos frères et soeurs, de verser le sang de notre Peuple, de
fouler aux pieds notre Souveraineté et lIntégrité de notre Territoire, alors
qu'on leur a demandés de rentrer chez eux, provient de notre immoralité généralisée.
Nous n'avons pas vomi les mobutistes. Le Président de la
République les a récupéré avant de récupérer ceux qui sont depuis plus de 15 ans en
exil ou dans l'opposition. Il a reconduit au pouvoir les plus criminels des criminels
congolais. Nous avons accepté que les mineurs soient condamnés à mort par des Tribunaux
Militaires. Nous avons mis des étrangers à des postes stratégiques. Nous avions vendu
les secrets de la République.
Réveillons-nous et défendons le Congo de nos Ancêtres
contre les traîtres et les faiseurs diniquité. Protégeons le pays contre le
danger de son morcellement. Nous voyons la " somalisation " et la "
yougoslavisation " à lhorizon.
(Une partie de cet interview est publiée dans Congo2000).
Omenga Ekanga (Omenga@hotmail.com )