| Chantage politique,
rhétorique et volonté démocratique |
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| Dr Mwamba K. Tshibangu |
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La démocratie est un exercice difficile à
assumer. Même les pays le plus avancés, démocratiquement cela s'entend, manifestent des
carences dans ce domaine. Il n'y a donc pas a priori un modèle ou un schéma qui renferme
en soi rien que les qualités et point des faiblesses. Et puis, l'exercice politique même
n'amène - t - il pas ses acteurs même les plus chevronnés à se tromper. Qui ne sait
jamais trompé dans sa vie ? Faut-il pour cela en rester au même point et
"inflationner" les gens avec une rhétorique à bon marché ?
Certes, au nom de la démocratie, il est acceptable et même tolérable que chacun puisse
exprimer son point de vue. Mais, n'est- il pas bon pour que nous puissions vraiment
avancer, s'il y a réelle volonté de la part de tous de voir naître finalement dans
notre pays un état démocratique, que nous puissions adopter un sens de rigueur dans
notre raisonnement ? Ne serait-il pas bon aussi que nous puissions avoir un sens
d'équilibre dans notre jugement, pourquoi pas dans la façon même de présenter les
choses ?
Je pourrais me tromper grandement mais, il m'arrive parfois de ne rien comprendre devant
certains textes qui alimentent nos forums , tant, de pirouette en pirouette, leurs auteurs
cherchent partout les moyens de faire tomber quelqu'un. De le noyer complètement avec des
grossièretés au détriment d'une simple vérité qui est pourtant banale, en politique
chacun assume ses responsabilités et il n'est redevable que devant le peuple. Toute
anticipation sur le jugement du peuple et surtout au nom du peuple n'est que machination
et spéculation vaine. Même les sondages les plus raffinés n'ont-ils pas de marge
d'erreurs ?
Il y a ceux qui se font passer, à raison ou à tort, pour des maîtres à penser. Très
bonne chose. Seulement, il aurait été nettement mieux, pour l'intérêt de tous qu'ils
nous apprennent, au jour le jour quelque chose de valable. Qu'ils nous apprennent à avoir
un sens critique devant n'importe quelle autorité qui s'occuperait des affaires publiques
de notre pays. Cela non seulement nous aiderait mais aiderait aussi la cause de
l'autorité en question et partant la cause de notre chère patrie.
Mais, hélas, ils brillent en partialité. Bien pour eux ! Peut-être gagneraient-ils
quelque chose en retour ? Cependant, quel dommage pour nous qui sommes contraints de gober
une rhétorique tendancieuse, outrageuse et inopportune pour la cause commune que tous
défendons avec acharnement et pour laquelle, je me sens obligé d'intervenir aujourd'hui.
Le combat pour la démocratie n'est pas sans risque. Des enjeux colossaux pour la plupart
d'origine externe freinent l'élan et la propension du peuple congolais à aspirer à
vivre l'avènement libérateur d'un état démocratique. A ces enjeux, il faudra encore en
ajouter des goulots d'étranglement endogènes. Le refus de nos dirigeants de s'imbiber
dans la dynamique du changement véritable, non superficiel, mais celui qui peut vraiment
faire bouger les montagnes et muter l'état de pauvreté, de paupérisation de nos masses
en état de gaieté et de partage du gâteau national pour tous, pousse bon nombre d'entre
nous à lutter pour cet idéal.
L'on ne peut aspirer à cet état que, si le peuple congolais, si nous intellectuels
cessions ce jeu au massacre qui nous pousse à aduler, à idolâtrer nos dirigeants.
Louange au chef, d'accord. Mais, dans les limites de la décence et du bon sens commun. Et
non flatteries et courbettes dégradantes et ignobles. Ces pratiques, il faudra qu'on se
le dise franchement, ne nous avancent en rien et retardent notre développement. Si l'on
n'y prend pas garde, à cause de ces pratiques rétrogrades, la société congolaise
risque de rester clouée au mur de l'incompétence, de la complaisance et de l'impunité,
tant il est vrai, les "maraudeurs", les sangsues et autres, seront toujours
prêts à entonner l'hymne à la gloire de l'homme fort du moment, lequel, en échange,
comme forme de magnanimité, distribuera, sans rendre compte à personne, des dîmes
par-ci, par-là. Pratiques nauséabondes, misérabilistes qui relèvent du registre du
sous-développement mental, politique et de la mauvaise gouvernance.
Certains de nos compatriotes s'érigent en défenseurs, sans sens critique, du régime en
place au pays. Ils s'acharnent à mort, en dépit de nombreuses violations dénoncées par
plusieurs personnes et organes ad hoc de défense des droits de la personne, contre ceux
qui osent revendiquer l'application rigoureuse des règles élémentaires de la
démocratie telles la liberté d'association, d'expression etc. Ils veulent quant eux
présenter seulement l'autre face de la médaille : quelques aspects de la reconstruction,
de l'ordre rétabli à l'aéroport de N'djili etc. Cet effort de redressement de la
situation est bon et louable. Il rentre, à mon avis, dans l'exercice normal d'un
gouvernement doté des moyens pour gouverner la cité, le pays. Et il n'y a rien
d'étonnant que les dirigeants assument leurs responsabilités.
Cependant, ce qui me paraît plus important ce ne sont pas les façades de la maison mais
plutôt, sa fondation. Sans fondation solide, sans base adéquate, au premier vent fort,
la maison s'écroule. Il me semble que c'est la situation que nous sommes en train de
vivre présentement.
Au lieu de regarder par exemple les causes qui ont conduit au déchirement, au
démembrement du territoire national, bref, à une guerre inutile et dispendieuse pour
l'économie non seulement de notre pays mais de tous les autres impliqués dans ce
conflit, ils préfèrent s'attarder aux effets. Plus choquant encore, ils croient tout
camoufler(les erreurs macroscopiques du régime dans le déclenchement de cette guerre) au
nom d'un certain nationalisme.
En vertu de quoi se réclament-ils plus nationalistes que les autres ? Le seul fait de
brandir le drapeau national ou si l'on préfère, pour être explicite, de se targuer
nationaliste suffit-il pour exonérer un dirigeant politique de ses autres obligations
envers la nation ? Personnellement, je ne le crois pas. Seule la volonté manifeste de
démocratiser nos institutions et notre système politique nous délivrera de l'état de
somnolence dans lequel nous végétons encore et permettra à bon nombre d'entre nous
d'intérioriser pour leur propre compte, qu'il ne suffit pas de chanter pour être un bon
chanteur mais, qu'il faudra, par dessus - tout, convaincre son auditoire que l'on possède
des qualités exquises d'un chanteur.
Que le régime en place déclenche les élections générales (peut-il seulement le faire
dans l'état actuel du pays ?) dans la transparence et sans tricherie et qu'il laisse,
pour une fois, le peuple décider en toute liberté, on verra alors la vérité qui
sortira des urnes. D'une chose, je suis certain. Il n'y aura pas de pourcentage avoisinant
le 99,999 . Cela veut dire que le peuple aura dit son mot. Qu'est-ce qui nous empêche de
tenter cette voie, en respectant a priori tous les préalables !!!
Dr Mwamba K. Tshibangu
E. mail mwambakt@dsuper.net |
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