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Protestation de la SOCICOE contre le Mémorandum de l'UDPS au Secrétaire- Général des Nations Unies et à la Communauté Internationale
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Dr. Mubabinge Bilolo
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SOCIETE CIVILE CONGOLAISE À L'ETRANGER

Cellule Stratégique

Postfach 1261. D-85581 Poing bei München. Germany

Mail:socicoe@aol.com

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Munich, 25 septembre 1998

À Monsieur Etienne Tshisekedi wa Mulumba

Président de l’UDPS

KINSHASA-Limete

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Copies pour Information au :

Président de la République Démocratique du Congo

Secrétaire-Général de l’ONU

Objet: Protestation de la SOCICOE contre le Mémorandum de l’UDPS au Secrétaire Général de l’ONU et à la Communauté Internationale

Monsieur le Président de l’UDPS,

Votre Mémorandum destiné au Secrétaire Général de l’ONU et à la Communauté Internationale réjouira sans doute les agresseurs et les terroristes étrangers, leurs complices nationaux ainsi que les dinosaures impunis qui ne cessent de faire pression sur le Président Kabila afin qu’il consacre l’impunité en les reconduisant au pouvoir au nom de la démocratie.

Au cours de cette semaine, la Chambre des Représentants, démocratiquement élus aux USA, a violé notre conscience et notre liberté de choix en nous imposant et en imposant à nos enfants les images et les sons pornographiques. Beaucoup de pays avaient décidé de censurer ces révélations pornographiques et cette tentative d’assassinat médiatique d’un être humain. La nausée provoquée par cette démocratie américaine, l’indignation généralisée, est venue corroborer notre thèse de la démocratie comme n’étant ni un idéal ni un modèle pour l’Afrique.

Ce que nous voulons dire est que votre Mémorandum n’était pas très différent du rapport pornographique de Mr. Starr. Nous dirions même qu’il est pire. Car Starr est seulement allé trop loin dans son enquête, dans sa recherche de la vérité et dans l’instrumentalisation de cette vérité pour nuire à un " Ennemi ", tandis que vous, vous soutenez des contre-vérités et des aberrations politiques sur la situation de notre pays.

Nos critiques se rapportent aux points suivants : 1) Silence autour de la campagne gouvernementale pour une solution diplomatique, 2) Faux rapports sur les causes de l’agression, 3) Votre préoccupation des intérêts ougando-rwandais : mensonge ou caméléonisme politique, 4) Caractère irresponsable de vos recommandations.

I. Silence autour de la campagne gouvernementale pour une solution diplomatique

La SOCICOE est d’accord avec vous sur le fait que la solution durable à la crise qui déchire depuis 1994 la Région des Grands-Lacs sera du registre politique et diplomatique. La condition sine qua non de paix dans cette Région demeure la démocratisation du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda ainsi que la réconciliation véritable des peuples rwandais et burundais, devenus prisonniers du cercle vicieux, voire infernal de la violence.

C’est pour cette raison que le Gouvernement Congolais avait initié à l’occasion du premier anniversaire de la Nouvelle République du Congo, une Rencontre Internationale sur les problèmes de cette Région et vous savez très bien que les pays directement concernés ont boycotté cette rencontre.

Vous avez aussi remarqué les efforts déployés depuis un mois par le Gouvernement Congolais pour ramener par la voie diplomatique les agresseurs à se retirer de notre territoire.

Cependant, vous semblez n’avoir pas suivi tous ces efforts diplomatiques déployés par le Gouvernement Congolais en vue d’éviter le versement inutile du sang.

II. FAUX RAPPORT SUR LES CAUSES DE L’AGRESSION DE NOTRE PAYS

Pire encore, vous avez transmis au Secrétaire Général des Nations Unies un faux rapport sur la crise congolaise.

Mukulu Tshisekedi wa Mulumba, n’êtes-vous pas le premier à avoir tenu au mois de mais 1997 un discours presque xénophobique, exigeant le départ de nos Alliés de l’Est ? Comment se fait-il qu’au lieu de soutenir le Président Congolais dans sa décision de mettre fin à la présence sur le sol congolais de ces Troupes ougandaises, ruandaises et burundaises, vous vous êtes mis à défendre les intérêts de ces agresseurs?

Tout en sachant très bien,

primo, que les causes principales de cette guerre sont le refus du Président Kabila de satisfaire aveuglément les intérêts et les caprices des " négriers économiques ", la paralysie de l’élan économico-politique pris par les pays de SADC et le NON ferme que Kabila a opposé aux intentions hégémoniques de Moseveni et de Kagame,

secundo, que cette agression a été déclenchée au moment où le Président de la République a pris la décision de satisfaire à l’une de vos propres recommandations et des revendications majeures de notre Peuple,

tertio, que l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi ont reconnu eux-mêmes directement ou indirectement la présence de leurs troupes sur le sol congolais, donc l’acte de violation du principe de l’intangibilité des frontières congolaises, vous osez, Mukulu Tshisekedi wa Mulumba, présenter au monde cette agression extérieure comme étant une crise purement intérieure due à l’absence de démocratie et d’un Etat de droit. Nous vous citons : " Les causes de la crise se trouvent essentiellement à l’intérieur même de la RDC à savoir : absence de démocratie et de l’Etat de droit, violation des droits de l’homme et des libertés ".

Comment expliquer une telle déformation des faits historiques et politiques ? Nulle part, vous ne parlez de l’agression. Votre Mémorandum, œuvre d’une paresse intellectuelle manifeste, a tout simplement plagié la Déclaration du mois d’août de l’Union Européenne.

Vous avez osé justifier l’agression contre le Congo, la présence des troupes ougandaises, rwandaises sur notre sol et nous nous demandons si vous êtes réellement un politicien responsable. Vous soutenez l’agression ougandaise et burundaise contre le Congo, car le Congo serait, selon vous, incapable d’ "empêcher les forces rebelles de ces deux pays d’utiliser le territoire congolais comme base arrière ou voie pour attaquer leurs pays ". Peut-on, en âme et conscience, confier la responsabilité des Institutions de l’Etat (Président, Gouvernement, Parlement, Pouvoir judiciaire) à une personne qui tient un tel raisonnement ?

III. VOTRE DÉFENSE DES INTÉRÊTS OUGANDO-RWANDAIS: PREUVE DU CAMÉLÉONISME POLITIQUE ET DE LA HAUTE-TRAHISON

Ce raisonnement se fonde sur un mensonge et ne se gêne même pas de ses propres contradictions.

Vous savez très bien que jusqu’au jour où le Président de la République a pris la décision de rapatrier les troupes alliées, l’Est du Congo était pratiquement et à majorité contrôlée par des soldats ougandais et rwandais, donc par " des patrouilles militaires conjointes ". Vous aviez essayé de mettre les crimes qu’ils commettaient dans cette zone sur le dos du Président Kabila et vous aviez exigé leur départ. " Mon Frère est prisonnier " de ses Alliés, disiez-vous en parlant de Kabila. Aujourd’hui que le Président a pris la décision de remettre aux seules troupes congolaises le contrôle de nos frontières, vous adoptez brusquement la position des agresseurs en disant qu’ils ont le droit d’occuper l’Est du Congo pour empêcher les rebelles de leurs pays de rentrer chez eux.

Vous argumentez comme si les intérêts et les visés de Moseveni et de Kagame se limiteraient à poursuivre leurs propres opposants sur le sol congolais et vous faites semblant d’ignorer les dégâts économiques (pillage de nos richesses) et anthropologiques causés par ces troupes dans cette zone.

Vous qui souteniez le départ des soldats étrangers, vous vous êtes transformé, tel un caméléon, en défenseur de l’ancienne position du Gouvernement Congolais : assurer la sécurité de la frontière entre la RDC, l’Ouganda et le Ruanda grâce à " des patrouilles militaires conjointes et installations des points d’observation ... pour éviter que le territoire ne soit utilisé par les forces rebelles de l’Ouganda et du Rwanda ". Espérons que vous tiendrez le même langage lorsque le Congo prendra la décision d’imposer sa présence militaire dans ces pays afin d’empêcher les traîtres congolais qui collaborent avec les agresseurs à ne plus jamais venir attaquer le Congo à partir de ces pays.

Pour avoir nié le fait de l’agression, pour s’être révélé " caméléon " en soutenant la présence forcée des troupes ougandaises et ruandaises contre qui vous aviez organisé les meetings et les marches publics - lesquels étaient aussi à la base de votre mise à l’écart -, pour avoir ignoré nos intérêts, les intérêts de la République Démocratique du Congo, nous considérons votre Mémorandum comme un Acte de Haute Trahison.

IV. CARACTÈRE IRRESPONSABLE DE VOTRE PLAN

Alors que la priorité est accordée par tout le Peuple Congolais à la libération du territoire national occupé par les agresseurs, vous vous permettez d’amuser l’opinion internationale avec la " démocratisation du Congo " comme priorité des priorités. Vous ne dites aucun mot sur le fait que cette agression a été déclenchée à deux semaines de mise sur pieds du " Parlement de Transition " ou de l’Assemblée Constituante dont la mission était la mise au point du texte final du projet de Constitution à soumettre au référendum et l’élaboration de la Loi électorale. Vous ne dites aucun mot sur le fait que le projet de Constitution qui allait être corrigé pour la dernière fois est un hymne en l’honneur du multipartisme ou du pluralisme politique. Vous avez soigneusement évité d’utiliser le terme " agression ".

Votre paragraphe 14 soutient une équation aberrante qui se présente comme suit : " être élu = être responsable et compétent ". Non, Mukulu Tshisekedi, on ne devient ni responsable ni compétent du simple fait d’être élu par le peuple. Hitler est un exemple éloquent de ces monstres démocratiquement élus. Les personnes élues par la Conférence Nationale ont brillé par leur irresponsabilité et par leur incapacité à gérer la Transition. Ils avaient constitué ce que nous avons appelé : Parlement de la Trahison, mieux Gouvernement et Parlement de la Trahison. Vous étiez Membre influant de cette équipe qui passait son temps à aller embrasser Mobutu et à prier pour lui. Votre irresponsabilité a fait que la transition est passée de deux ans initialement prévus à cinq ans (1992-1997).

Votre proposition " des patrouilles militaires conjointes ", de la " fusion des deux forces armées qui se sont affrontées sur le terrain " en une " armée nationale républicaine " (produit de la fusion entre les FAC et les agresseurs ougando-rwandais et burundais !) ainsi que votre plaidoyer pour une force internationale d’interposition afin empêcher les FAC à poursuivre l’opération de ratissage dans la zone occupée, donc de stopper la contre-offensive pour la libération de la zone de l’Est, nous imposant par-là la reconnaissance de fait de la division du Congo, font de vous un politicien hautement irresponsable et dépassé.

Pour plaire à l’ONU et à la Communauté Internationale, lesquelles soutiennent l’agression du Congo, vous avez divorcé d’avec les aspirations fondamentales de notre Peuple.

Nous suspendons notre commentaire sur les expressions du genre " forces politiques représentatives et significatives du pays (Gouvernement Kabila, opposition démocratique non-armée et opposition armée) " ou " opposition démocratique " constituée de l’aile " non-armée " ET de l’aile "armée " à travers lesquelles vous semblez avouer que vous êtes le " Leader de l’Opposition démocratique " sous ses deux aspects, donc le Chef ultime des terroristes, car il risquerait d’entraîner certaines conséquences judiciaires.

V . NOTRE RECOMMANDATION POUR LE GOUVERNEMENT ET LE PEUPLE CONGOLAIS

Nous demandons au Gouvernement et au Peuple Congolais de ne pas vous suivre sur cette voie de la haute-trahison.

Le Pays est agressé. Cet acte d’agression est aujourd’hui indubitable. Notre Gouvernement et nous tous avons le devoir sacré non seulement de chasser, par tous les moyens, nos agresseurs hors de notre territoire, mais aussi de leur donner une leçon historiquement inoubliable. Aussi longtemps qu’il y aura des troupes ougando-rwandaise et burundaise sur le territoire congolais, la priorité des priorités demeure leur neutralisation définitive. Sur ce point, il n’y a pas de concession. L’unique concession à faire portera sur la ceinture de sécurité que les FAC devront étendre jusqu'à 150 kms de nos frontières avec des pays agresseurs. Même s’il arrivait au Président Kabila de tomber sur le champ de bataille, nous avons le devoir sacré de poursuivre cette guerre jusqu'à la victoire totale.

VI. CONSEIL GRATUIT

Pour terminer, un conseil gratuit : Nous apprécions beaucoup votre engagement pour le partage du " Gâteau-National " entre Mobutu et vous, mais nous n’apprécions pas ce caméléonisme politique, ces mensonges ou cette falsification des faits historiques dont vous venez de faire preuve dans votre Mémorandum.

Vous pouvez chercher à gagner le Prix-Nobel de la Paix autrement, mais non en sacrifiant les intérêts majeurs de notre pays et de notre Peuple.

Tout en vous exprimant notre désaccord fondamental sur le contenu de votre Mémorandum, nous vous prions d’agréer, Mukulu Tshisekedi wa Mulumba, nos prières pour votre conversion patriotique avant la fin de cette guerre.

Pour la Société Civile Congolaise à l'Etranger

Dr. Mubabinge Bilolo

Chargé de la Cellule Stratégique de la Société Civile Congolaise à l'Etranger

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