Le Bilan de la Quatrième
Semaine coïncide avec le premier mois de l’agression du Congo par les troupes
rwandaises et ougandaises, appuyées par quelques insurgés congolais. Les deux camps ont
gagné du terrain et il n’y a pas encore de raison de se réjouir. Le danger réel, à savoir, le morcellement du Congo
n’est pas encore écarté. L’Ennemi est encore sur notre territoire,
entrain de massacrer notre Peuple et verser le sang innocent. Après un mois de guerre,
nous sommes aujourd’hui convaincus que l’Ennemi africain,
l’Ouganda et le Rwanda, ne sert que des paravents pour l’Ennemi de
toute l’Afrique, pour Seth ou Apophis, qui arme les terroristes et les bandits.
Bilan Familial
Nous avons souvent commencé par parler du Bilan
Général, mais la guerre fait des victimes. Même l’auteur de ce bilan a été
touché de façon personnelle. C’est pourquoi nous commencerons par un petit
reportage . A Kinshasa, beaucoup de maisons de mes cousins, prêt de
l’aéroport, ont été détruits par des bombes et la fille aînée de mon
grand-frère a attrapé une balle perdue à la hauteur de Kingasani. Elle se trouve
aujourd’hui à l’hôpital, sans eau et sans courant, où un groupe
électrogène tente d’assurer la station des soins intensifs. La population
était prise entre le feu des rebelles et le feu des FAC-TA.
Malgré le nombre élevé des victimes, même ceux et
celles qui sont blessé(e)s par des balles perdues ou qui sont en deuil célèbrent la
victoire des FAC-TA dans le Bas-Congo et à Kinshasa et prient pour la victoire finale à
l’Est du Congo.
Mais cette dernière donnée a déjà nommé
l’acquis principal de la IVème semaine.
II. Victoires partagées sur le terrain.
2.1. Côté de l’Etat-Congolais et des Alliés.
Les Forces Armées Congolaises et les Troupes Alliées
(FAC-TA) ont réussi à neutraliser les terroristes qui se trouvaient à l’Ouest
du Congo. Elles ont libéré Kitona, Moanda, Banana, Boma, Matadi, Inga, Mbanza-Ngungu et
empêché l’occupation de Kinshasa. Cependant cette victoire a coûté beaucoup
de vies humaines. Il ne fallait pas laisser les rebelles s’approcher de Kinshasa
et il ne fallait pas non plus les laisser entrer dans la ville. Les chemins
qu’ils ont empruntés sont connus de tous les soldats et officiers congolais,
mais il semble que les précautions n’ont pas été prises pour barrer la route
à l’Ennemi.
Le fait que la victoire a été acquise non pas sur la
route vers Kinshasa, mais à l’intérieure de la ville de Kinshasa prouve que
n’eût été le soutien des Troupes Alliées, la Capitale de notre pays serait
aujourd’hui dans les mains rebelles.
La victoire à l’Ouest du Congo a fait beaucoup
de victimes à Kinshasa. Dans l’avenir, il faudrait pour cela éviter de
recourir à des bombardements à l’intérieur des villes et des villages.
3.2. Côté des Terroristes
Nous venons de présenter sans enthousiasme notre Victoire
du côté du Bas-Congo et de Kinshasa, parce que pendant ce temps, l’Ennemi a
réussi à s’infiltrer de nouveau à Kisangani et à gagner du terrain du côté
de Manono / Kalemie.
Nous savons d’avance que pour avoir commencé
par massacrer les officiers katangais au Kivu, donc par une épuration ethno-régionale,
l’Ennemi n’a aucune chance dans le Katanga. Nous savons aussi que
l’Ennemi sait qu’il n’a aucune chance dans le Katanga.
Cependant, s’il a osé entrer de ce côté-là, ce n’est pas pour
gagner la guerre, mais pour piller, détruire et massacrer davantage. KASIKA risque
d’apparaître comme un simple signe avant-coureur du drame de notre Peuple dans
ces zones occupées par l’Ennemi.
Non seulement ces terroristes ont gagné du terrain dans
les régions de Kisangani et du Shaba au cours de la quatrième semaine, mais ils ont
massacré la population civile à Kasika, faisant plus de 100 à 204 morts.
Côté du Gouvernement
Le Gouvernement s’est montré très actif au
cours de la 4ème Semaine. Le courage des Ministres et du Président de la République, le
fait d’être resté à Kinshasa pour diriger les opérations, encourager les
FAC-TA et mobiliser la population à contribuer à cette victoire.
Nous saluons la décision du Président de la République
de participer à la Rencontre de Durban afin de montrer que la République Démocratique
du Congo accorde beaucoup d’importance à des négociations diplomatiques.
Toutefois, il ne peut être question de faire des concessions à des terroristes.
L’unique concession étant l’amnistie générale pour les enfants
perdus et un sauf-conduit pour les agresseurs qui accepteront de déposer des armes et de
rentrer chez eux.
Du côté de la Diaspora
Au cours de la première Semaine, nous étions peu
nombreux à soutenir les FAC et le Gouvernement. Après la prise de Matadi et
l’attaque de Mbanza-Ngungu, le nombre de ceux qui soutenaient le Gouvernement
avait sensiblement diminué. A partir de la troisième Semaine, les Mobutistes ont
commencé à se taire et à réduire le nombre de leurs déclarations. La quatrième
semaine était caractérisée par un retour stratégique au loyalisme et le nombre des
patriotes a sensiblement augmenté.
Cette heureuse évolution mérite notre attention et nous
en profitons pour demander à la Diaspora Congolaise de mener la lutte avec des moyens qui
sont à sa disposition. Elle devrait se désintoxiquer et apprendre à penser par
elle-même.
La Diaspora Congolaise a la mission de s’occuper
de l’offensive médiatique internationale et de soutenir l’offensive
diplomatique auprès des Gouvernements africains et occidentaux. Elle a surtout la mission
difficile de combattre les mensonges et la désinformation.
La guerre médiatique
Les Agences Internationales de Presse étaient encore du
côté des Terroristes. Autrement dit, l’Ennemi a toujours les Agences
Internationales d’Intoxication de son côté.
Lors de notre récent séjour en Egypte, nous avons pu
constater les dégâts qu’une Chaîne Internationale comme CNN ou BBC ou
qu’une Agence Internationale comme REUTERS cause à notre pays.
La République Démocratique du Congo est à la une des
Actualités dans tous les pays de l’Afrique du Nord. Toute la population
égyptienne suit attentivement l’évolution de cette guerre. Tout le monde parle
du Congo et de Kabila. Malheureusement, les images et les informations reproduites sont
souvent reprises des Agences Internationales d’Intoxication et de
Désinformation (AIID). Il y a la Rébellion au Congo parce que la population est contre
le dictateur Kabila, lequel serait aussi pire que Mobutu. Il s’agit donc
d’une crise politique intérieure, d’une rébellion contre la
dictature.
Aucun mot sur le fait que l’agression a
commencé deux semaines avant la CONSTITUANTE (elle aurait pu débuter le 15 août 98).
Aucun mot sur le fait que le Projet de Constitution sur
lequel cette Constituante allait mettre la dernière main consacre le multipartisme et le
pluralisme politique.
Aucun mot sur le fait que la guerre a été déclenchée
par les Troupes rwandaises et ougandaises dont la mission de coopération était arrivée
à sa fin.
Aucun mot sur le fait que cette décision était une
réponse gouvernementale à une exigence du Peuple Congolais et qu’elle était
aussi une des conditions nécessaires pour la bonne marche de la Constituante.
Dans ce contexte de désinformation permanente,
l’intervention des Troupes Alliées de Zimbabwe, de l’Angola et de la
Namibie est présentée comme un parti-pris dans une " domestic crisis ", dans
une " crise intérieure ", comme un soutien à la dictature.
L’isefeticratie médiatique atteint son summum
de ridicule dans la présentation de l’agression ougandaise et rwandaise comme
un acte légitime en vue de la protection de leurs frontières. Espérons que ces
journalistes garderont le même langage lorsque la République Démocratique du Congo se
verra obliger d’occuper le Rwanda et le Burundi en vue d’assurer la
sécurité de ses frontières.
IV. Communauté Internationale Occidentale.
Le Communiqué du Conseil de Sécurité de l’ONU
reprend pour l’essentiel la position de l’Union Européenne et des
USA. Il ne défend aucun intérêt du Congo. Il s’agirait de la crise
intérieure et les Troupes Alliées de la Namibie, de l’Angola et de Zimbabwe
devraient se retirer et donner aux Terroristes de Museveni et de Kagame la possibilité de
détruire l’ensemble de la République Démocratique du Congo, voire de morceler
ce grand pays. Le Conseil de Sécurité de l’ONU, l’Union Européenne
et les USA auraient aimé voir les Terroristes prendre la ville de Kinshasa ou tuer
Kabila, comme c’était le cas au Rwanda et Burundi en 1994.
La Double-Morale de cette Communauté Internationale se
manifeste dans le fait que les Gouvernements de l’Ouganda, du Rwanda et du
Burundi qu’elle arme pour aller imposer la démocratie au Congo sont les moins
démocratiques du Continent. La majorité dite HUTU exclue du pouvoir et victime
d’une discrimination systématique et de génocide depuis 1994, sans que la
Communauté Internationale se décide à convoquer une " Table Ronde " ou une
" Conférence Nationale de Réconciliation " au Rwanda et au Burundi. Ce pouvoir
dictatorial de la minorité sur la majorité est utilisé pour aller déstabiliser un pays
qui se trouvait à trois semaines de la Constituante, laquelle allait engendrer une des
meilleurs Constitutions de l’Afrique.
Les critiques implicites et explicites contre le Zimbabwe,
l’Angola et la Namibie sont dues au fait que ces pays de SADC viennent de poser
de baser d’une Alliance Militaire pour la Protection de la Stabilité Régionale
au sein de SADC.
On se rappellera qu’en 1994, le Sénégal, le
Kenya, la Tanzanie, le Zimbabwe, etc. étaient prêts à mettre des Troupes à la
disposition de l’ONU pour aller stopper des massacres au Rwanda. Le Conseil de
Sécurité avait bloqué cette initiative. L’ONU, la France et les USA portent
une très grande responsabilité dans les massacres de 1994 comme ils la portent encore
pour le triste sort que Paul Kagame réserve aux HUTU au Rwanda.
Le nouveau Ministre Congolais des Affaires Etrangères,
actuellement en mission en Afrique du Sud, devrait minutieusement préparer la
contre-offensive diplomatico-médiatique et tenir à tous nos partenaires un langage
clair.
V. Leçons de la IVème Semaine
1) Les FAC-TA devraient tout faire pour que
l’Ennemi ne gagne plus une nouvelle zone.
2) Le nombre assez élevé des victimes parmi la
population civile à Kinshasa montre qu’il est dangereux d’attendre
que l’Ennemi entre dans des villes avant de le repousser. Toutes les villes et
toutes les zones doivent être placées sous la protection militaire et la vigilance doit
être de rigueur partout.
3) La contre-offensive diplomatique et médiatique doit
être renforcée, car l’Occident est contre nous. L’Ouganda et le
Rwanda ne sont que des marionnettes, des paravents africains d’une agression
occidentale. Pour avoir visité la Chine, la Libye et le Cuba avant de visiter
officiellement USA et les pays de l’Union Européenne Kabila doit partir.
N’oublions pas que l’ordre d’attaquer le Congo a été
donné moins d’une semaine après son retour du Cuba.
4) La prise du Barrage d’Inga,
l’importance stratégique de ce Barrage autorisait le recours à un choc
thérapeutique et préventif, à une " Arme à haute-tension ". Cependant,
l’argument de persuasion par la parole utilisée par les FAC-TA et par le
Gouvernement est la meilleure arme de guerre.
5) Actuellement, les FAC-TA se préparent du côté
d’Isiro et du côté du Shaba pour une contre-offensive à l’Est du
Congo. Nous devrions user de tous les moyens pour réduire le nombre des victimes aussi
bien du côté de la population civile que du côté de l’Armée dans ces
régions de l’Est.
6) L’Appel aux Négociations ne peut être
rejeté à priori, mais son objectif demeure le retrait inconditionnel des troupes
rwandaises, burundaises et ougandaises sur notre sol. Imposer par la violence " les
élections démocratiques" et " la Table-Ronde " à laquelle participerait
les Assassins de notre Peuple et les Terroristes est un affront à
l’intelligence. Que l’Union Européenne, les USA et l’ONU
aillent d’abord imposer la DÉMOCRATIE en Ouganda, au Rwanda et au Burundi, où
Museveni, Kagame, Buyoya, etc. ont précédé Kabila de plusieurs années, avant de venir
nous l’imposer au Congo. Une démarche contraire relève du registre de la
FARCE.
VI. Message au Gouvernement Congolais
L’intégrité territoriale du Congo,
l’intangibilité de notre territoire et la souveraineté de notre Peuple ne
peuvent être l’objet d’une négociation quelconque.
L’unique thème de négociation, c’est
le retrait inconditionnel et immédiat des troupes ougandaises et rwandaises sur notre
sol.
Et aussi longtemps que ces terroristes ne déposeront pas
leurs armes, l’Etat Congolais a le devoir sacré de les poursuivre
systématiquement et de les neutraliser complètement.
Dr. Mubabinge Bilolo ( african.univ.studies@t-online.de )