| Les chefs congolais de la rébellion
seraient pris en otage par les Rwandais. La plupart dentre eux, semble-t-il,
voudraient bien se désolidariser davec lagresseur. Mais voici le
problème : comment et par quelle porte sortir de cette aventure macabre ? Outre
les échecs cuisants quont subis leurs troupes, ils seraient rappelés à la raison
par la désapprobation générale que leurs compatriotes, même les plus farouchement
hostiles au pouvoir en place, ont réservé à leur aventure qui sent lodeur de la
trahison. Le problème : comment échapper des mains de lagresseur ? Car
les Rwandais les surveillent de près, passent au peigne fin tous leurs dires, contrôlent
leurs moindres déplacements... Nos compatriotes, qui se sont solidarisés avec
lagresseur, craindraient même pour leur vie. Il ny a pas longtemps, une
centaine de soldats congolais, qui étaient sur le point de dire au revoir aux Rwandais,
ont été froidement abattus par ces derniers. Même si publiquement nos
compatriotes-traitres vous affichent un air de courage, ils sont en train de trembler dans
leurs culottes. Et si lon sait que les gens à qui ils se sont vendus tuent aussi
facilement quils respirent... Voilà,
curieusement, nos compatriotes mutins deviennent aussi des sujets à libérer... même si
par la suite il faudra que la justice leur demande des comptes. La sagesse populaire, qui
invite à réfléchir avant dagir, ne sera décidément jamais périmée !
Eh bien, Lunda Bululu et les autres, puisque le vin est
tiré, il faut le boire ; buvez votre coupe jusquà la lie. Seulement que Dieu
vous aide à sortir vivants de cette folle aventure ! Oui, je le souhaite vivement,
puisque vous êtes et restez nos compatriotes, nos frères. Il est quand même grand temps
dutiliser votre autorité, si vous en avez vraiment une, pour vous opposer au vol du
patrimoine national par les Rwandais, aux massacres des vôtres par les Rwandais. Sinon,
quand le jour viendra, et il est proche, vous en rendrez compte. Ne vous en faites
pas, le jour viendra où vous tomberez, comme un fruit mûr, dans les mains de la justice
de notre pays. Lextradition nest pas un mot vide de contenu ; il suffira,
par exemple, que le gouvernement de notre pays sarrange avec celui du pays où vous
vous réfugierez... Il nest pas encore trop tard, revenez à la raison.
B. Ilunga |