Très cher compatriote
Mutombo Lukasu
Je réponds très tardivement à votre
article du 28 juin dernier à moi adressé, pour la simple raison que jétais en
vacances, hors de chez moi. Et pendant tout ce temps de vacances, je métais
décidé à ne pas toucher à lordinateur, histoire de me relaxer un peu, car ces
choses des Blancs sont aussi stressantes. Merci de mavoir lu. Merci du temps que
vous avez mis à me répondre.
Merci davoir décelé dans ma
personne des tares psycho-culturelles et intellectuelles. Cest en effet très
génial. Moi, je ne savais pas que jétais si taré. Maintenant, avec votre aide, je
voudrais me guérir de ces tares. Dites-moi, cher monsieur Mutombo Lukasu, ce que je dois
faire pour sortir de mon "hérésie intellectuelle" ; dites-moi,
cher monsieur, vous qui êtes très instruit, ce que je dois faire pour vaincre mon "ignorance
crasse qui frise dans (sic) la médiocrité". Ensuite, vous qui êtes un
enraciné, dites-moi comment et où je peux menraciner moi aussis. "Mon
entendement privé et étroit du nationalisme", dites-moi, très cher monsieur
Mutombo Lukasu, comment lélargir ou le guérir. "Mon
analphabétisme...", comment le vaincre ? Jusque-là, moi, je me targuais de
savoir lire et écrire, au sens propre et au sens figuré. Mais voilà que, en bon
médecin, vous me découvrez aussi cette maladie. Je vous demande maintenant des
médicaments, sil vous plaît, ou plutôt une ordonnance pour que je me guérisse.
"Les chefs traditionnels
raisonnent mieux que moi", mais cest tant mieux pour eux et pour
vous ; cest tant mieux pour les hommes quils dirigent. Seulement
jose espérer que vous, très cher monsieur Mutombo Lukasu, vous raisonnez mieux que
ces chefs, ou à tout le moins de la même façon... Tout lecteur avisé qui a lu votre
article à moi adressé à la fin du mois de juin dernier a su que vous raisonnez mieux
que moi et mieux que les chefs traditionnels dont vous parlez. Et cest tant mieux
pour vous et pour nous tous.
Empruntant les mots de Voltaire, je
voudrais vous dire très cher monsieur que bien que je ne sois pas daccord avec ce
que vous me dites dans votre article étincelant de clarté et brillant de profondeur, je
donnerais cependant ma vie pour votre droit de me le dire.
Très cher monsieur Mutombo Lukasu, je
voudrais vous dire que après lecture de votre formidable article je me suis efforcé de
croire que vous êtes au-dessus de limage ou du portrait que ledit article nous
donne à voir de vous. Oui, jose espérer pour vous que vous valez plus que ce que
votre magnifique article nous dit que vous êtes. Sinon, vous ne seriez pas digne de
confiance, et vos interventions sur ce forum ne mériteraient même pas dêtre lues.
Oui, jose croire que votre article, vous laviez écrit dans un moment de
faible inspiration et sous le coup de la tyrannie de passions. Car la passion sème le
brouille dans lesprit, atrophie la lucidité intellectuelle... Si vous me dites, au
contraire, que vous laviez écrit dans un moment de complète lucidité, dans un
moment de maîtrise de vous-même, alors je vous dirais que nous nêtes pas digne de
confiance ; et je perdrais dailleurs mon temps à vous répondre. Je vous
réponds justement parce que jose espérer pour vous que vous valez mieux que votre
article à moi adressé. Même si les penseurs du Moyen-Age disaient : "Agire
sequitur esse",(cest-à-dire, pour tout dire, que lon agit selon ce
que lon est), moi je persiste à vous croire supérieur à limage qui nous est
donnée de vous dans et par votre texte.
Pour finir, un conseil gratuit : Ne
vous jouez pas des gens dont vous ignorez tout. Je ne me rappelle pas en effet avoir
déjà partagé un verre de primus avec vous, ni au pays, ni en Europe, ni en Amérique.
Alors ? Vous savez, très cher monsieur Mutombo Lukasu, nous sommes capable, par
exemple, de débarquer dans la ville où nichez, de vous ramasser proprement,
cest-à-dire en toute légalité, de vous traduire en justice pour vous demander des
comptes. Ce que je vous dis là nest pas du chantage, monsieur. Même au cas où
vous vous seriez retranché derrière un pseudonyme pour signer votre article, si nous le
voulons, nous vous dénicherons et vous demanderons des comptes. Ne vous jouez pas des
gens que vous ne connaissez pas. Vous maccusez, cher monsieur, dans votre article
dêtre prêt à tuer. Mais, monsieur, soyons sérieux, un tout petit peu
sérieux ! Vous rendez-vous compte de la gravité dune telle affirmation ?
Une dernière question : Me connaissez-vous, monsieur, ne serait-ce que par
ouie-dire ? Connaissez-vous mon âge ? Suis-je votre copain ? Point
final avec vous, très cher monsieur.
* Les internautes pourront
trouver larticle de monsieur Mutombo Lukasu, auquel je réagis, dans le groupe
darticles qui vont du n° 701 au n°800. ("You are too bad Ilunga Bernard")
B. Ilunga |