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Réponse au Professeur Buakasa
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Uzany Sarmiento Kabila
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Mon cher Professeur Buakasa,

Je vous remercie pour avoir partagé avec nous votre analyse sur l'actuelle situation au Pays. C'est évident que notre groupe ne partage pas votre analyse, mais nous apprécions votre effort clarificateur.

La première chose que nous relevons dans votre posting est celle de la syndrome d'encerclement. Il est fort étrange que Kabila en onze mois a réussi à coaliser entre eux des sujet différents à tel point. Je crois que dans la liste que vous avez si gentiment affiché, il manque le Vatican, cité par M. Kabila lors de son discours à Bukavu comme un des pires ennemies de la démocratie afdlienne.

Laissez-moi vous répondre en reprenant point par point votre intervention, car je crois que il est nécessaire de garder les références pour rendre moins lourd à nos frères et soeurs suivre le débat.

Pour ce qui réfère à ceux que vous appelez les "harceleurs:

Vous dites: "a) les membres de l’ancien régime de Mobutu, qui n’ont pas désarmé". Dans ce cas la, il est normal que des gens accrochés au pouvoir, qui ont eu un pouvoir incommensurable, ont du mal à accepter le fait d'y être exclus. Un homme politique italien, Giulio Andreotti, disait "le pouvoir déchire celui qui ne l'a pas". Ca c'est le cas, mais je ne crois pas que vous pensez sérieusement que ce gens auraient quitte de tic au tac sans rêver de reprendre un jour le pouvoir. Et ils sont en mesure de le faire. Pour le moment ils n'ont pas les moyens de leur politique, mais sûrement ils ont les moyens (financiers) pour la faire, la politique.

Vous dites: "b) l’ancienne opposition à Mobutu, convertie en opposition à Kabila". Je vous remercie d'avoir reconnu que l'opposition à M. Kabila était à l'opposition de Mobutu. Par contre votre président avait déclaré bel et bien que les opposants étaient tous morts ... Ironie à part, le fait que les personnes qui se sont opposées pour des années à l'ancien régime s'opposent au nouveau (laissez-moi vous donner un conseil, si vous les appuyez, c'est mieux de pas l'appeler régime, car ce n'est pas un mot gentil...) est un signal inquiétant. Je vous rappelle que ce gens (l'opposition) ne se sont pas mis contre le gouvernement, c'est plutôt le contraire. M. Kabila les a carrément écarté de la gestion de la chose publique en bannissant les activités des partis et les manifestations de la société civile. A ce point, avec cette exclusion, passez moi le mot, brutal, vous ne pouvez pas demander la collaboration de qui que ce soit.

Vous dites: "c) les Organisations non-gouvernementales". Dans un Pays comme le notre, où il y a une manque presque totale de ressources économiques, vous savez mieux que moi que les petits efforts faits par les ONG sont à remercier. Leur capacité de capitalisation des problèmes, en terme d'intervention et de financement par les états du soi disant premier monde sont remarquable.

Je crois que plutôt serait nécessaire d'établire une coopération profonde avec celles-ci car grâce à leur présence capillaire sur le territoire, territoire qui demeure inconnu par le nouveau régime car provenant de la diaspora, pourraient être un atout pour l'individuation des problèmes et la proposition des résolutions. Mais hélas, encore une fois vous avez choisi la confrontation frontale, faisant preuve de votre tendance à abuser d'une sorte de conventio ad escludendum qui ne fait que vous exclure du concert des états démocratiques. Les ONG ont joué un rôle prépondérant dans tout processus de démocratisation, mais dans notre Pays bien aimé, le régime préfère les dissoudre ...

Vous dites: "d) une fraction de la population de la province du Kivu, dans la mesure où cette province vit des difficultés de par sa position de province faisant frontière avec le pays voisin, le Rwanda ravagé par une guerre civile".

Vous dites: "e) les puissances occidentales, dans la mesure où elles hésitent à accorder au régime de Kabila les prêts dont celui-ci a besoin pour mettre au point la reconstruction et le redémarrage du pays".

Je coïncide avec vous que jusqu'au présent notre l'Afrique en général, et notre Pays en particulier, ont été le "front chaud" de la guerre froide. Les enjeux sont tels que devient prioritaire pour nos "partners" occidentals de contrôler nos économies à travers une constante déstabilisation de la scène politique (dans certains cas) ou avec un contrôle direct des Pays (de notre Pays aussi) à travers la présence d'un homme fort (dictateur) auquel garantir des protection en échange d'un accès privilégié aux marches (c'est le cas de pas mal des pays asiatiques et de l'Amérique Latine et Centrale) ou d'un monopole sur les matières premières, comme il l'est dans le cas africain. Je crois qu'est en train de se consommer un conflit epocale entre les USA et l'UE, conflit qui laisse ses casualties sur la terre africaine. Minimiser le rôle français en Afrique veut dire infliger un coup mortel aux économies des pays européens. Et en plus, pourquoi pas, se venger de la défaite américaine lors de l'Uruguay Round. Le jeu de se "concéder" et après se "retirer" n'est plus faisable maintenant que l'alliance a jouit des aides économiques pour prendre le Pays. Maintenant est arrivé le temps de payer. Ce que l'Europe n'avait pas compris avant, il commence à le comprendre maintenant et la contre-offensive va démarrer bientôt. La seule chose qui nous dérange (tout en étant pragmatique) c'est le fait que le payement est fait avec le sang et les larmes de notre peuple.

Vous dites: "f) la presse internationale, dans la mesure où elle ne cesse de ternir l’image de Kabila, notamment par le recours incessant à l’expression malveillante de "président autoproclamé"",Bon, sur ca, je vous en prie, évitez moi de dire des choses banales. Mais jusqu'à quand n'aura pas des élections à suffrage universel M. Kabila est le président autoproclamé.

Vous dites: "g) enfin, l’ONU, dans la question de génocide présumé des réfugiés rwandais pendant la guerre de l’AFDL contre Mobutu et son régime". Vous devez admettre que la façon de traiter tout cette affaire a été un peu suspecte. Dans le cas d'innocence il  n'auraient pas du avoir des problèmes à permettre que la mission onusienne enquête dans le Pays. Mais l'attitude de M. Kabila, et à l'époque aussi de M. Bugera patron de votre parti, ont d'une certaine façon confirmé les suspect des démocrates et des défenseurs des droits de l'homme dans le monde entier. Si à ca vous ajoutez le fait qui manquent à l'appel des centaines des milliers de réfugiés hutu qui se retrouvent au Pays, alors, la logique n'est pas une opinion, au moins chez moi ...

Quant à votre thèse a propos des caractéristiques de gauche de ce gouvernement, je suis un peu mal a l'aise, car être de gauche ne veut pas dire faire un voyage en Chine (mitigé par le "repos" en Suisse, en tout cas). J'ai toujours trouvé très suspect que M. Kabila, d'un jour a l'autre deviens l'homme du destin pour notre terre.

Dois-je vous rappeler encore une fois les années de travail de la CNS? Le départ de Mobutu n'etait que le préalable pour la démocratie. La chose la plus importante etait celle de capitaliser les efforts faits par l'opposition toute entière pour les transformer un projet politique crédible pour l'Afrique et le reste du monde. Or, l'afdl est entrée dans le jeu comme des martiens qui venaient d'atterrir. Et ils ont joue lourdement un jeu dangereux. Je sais que nous ne serons pas d'accord sur ce point là, mais la prose du pouvoir par l'afdl a bloqué un processus de démocratisation qui avait été entamé il y a longue temps, fait aussi contre les protecteurs de Mobutu a l'époque, les américains, qui sont devenus les protecteurs de Kabila aujourd'hui.

Vous essayez, dans le même courrier de donner des conseils aux harceleurs. Je n'entre pas dans le mérite, sauf pour vous dire que je crois sincèrement que il y a une contradiction en termes entre ce que vous prônez sur ce forum et ce que vos collègues font au Pays. Vous ne pouvez pas demander à l'opposition d'être loyale quand vous interdisez leur travail. Vous ne pouvez pas demander à l'opposition de vous aider à reconstruire le Pays quand vous n'êtes pas prêts à l'écouter.

Il y a dans notre démarche comme un sens du "pouvoir divin" qui vous anime. Je ne crois pas que des personnes qui sont restés au Pays pour combattre vis-à-vis le démon de la dictature aujourd'hui deviennent des incapables au point tel de devoir laisser le terrain libre pour les "libérateurs". Si le travail que Kabila veut faire est un travail qui va en faveur du Peuple il n'aurait pas besoin d'écarter toute l'opposition comme il l'a fait. C'est pour ca que nous craignons que la seule chose que ce nouveau régime veut est celle de rester au pouvoir le temps suffisant pour assurer des intérêts étrangers (et je ne parle pas d'intérêts africains ici). Personne ne veut improviser, nous aurions voulu parler d'unité national, nous aurions voulu participer à la reconstruction. Mais il est évident, nous vous avions terrorisés, car la manque d'un projet politique etait évidente. Cette "guerre de libération" originée par la "révolte des Banyamulenge" (aux faits, contre quoi se révoltaient? Peut être que les Bakongo, ou les Bangwandi, ou les Lunda, ou les Baluna étaient tous des moutons assujettis?) était le seul collant parmi les composantes de l'alliance. Pas de projet politique. Si vous en aviez un, je vous prie de nous l'afficher pour nous édifier à ce sujet.

Ne nous dites pas que le salut du Pays passe par l'Afdl. Non, le salut du Pays passe par un gouvernement issu d'un vote populaire, qui réfère à des institutions telles que le Parlement, par une magistrature indépendante du pouvoir politique, par une armée qui rentre dans les casernes, par une dialectique démocratique entre gouvernement et opposition.

Pas des cadeaux a faire. Pour le moment nous voulons tout, nous le voulons ici et nous le voulons maintenant (M. Luther King).

Salut,

Claudia U. Kabila ( Lisanga@hotmail.com )

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