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Réaction au message de M. Kaisala
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Uzany Sarmiento Kabila
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Monsieur Kaisala,

Je viens de conclure la lecture de votre appréciable intervention et, je vous jure, m'a laissé avec un goût terriblement amer dans la bouche. Je ne peux que remarquer que la caractéristique la plus évidente de votre personnalité est celle d'être prêt à courir au secours du vainqueur, et il est vraiment dommage.

Je n'apprécie pas du tout l'amnésie qui vous frappe du point de vue de la reconnaissance des mérites de l'UDPS en général (je parle des centaines des personnes qui sont mortes pour le Pays, en silence et sans qu'aucune grande puissance s'occupe d'eux). Je vois que vous avez oublié que quand les patrons étrangers de Mobutu, qui curieusement sont les mêmes de Kabila, le considéraient le gardien de leurs intérêts chez nous, celui que vous appelez con avec nonchalance était presque seul à défendre un simulacre de démocratie au Pays.

Je ne crois pas que je suis en train de parler avec un enfant de chœur, vous connaissez mieux que moi les enjeux politiques en Afrique, et j'ose croire que vous évaluez le Pays comme étant un des Pays le plus importants, soit du point de vue stratégique soit du point de vue économique. Mais ce que vous faites est d'ignorer que dans nos Pays est impossible de gérer de soi-même nos économies et nos Peuples, car les intérêts en jeu sont trop et trop grands aussi.

Parfois la politique (celle avec la grande P) est dépassé par la Real Politik, celle qui contraint nos leaders à des choix souvent incompréhensibles, mais qui à la longue deviennent transparentes aux yeux des gens qui s'approchent sans préjugés opportunistes aux questions.

Mais ce que le Pays a vécu, dans les années de la dictature, la force que notre Peuple a appris à développer, dans un exercice d'autogouvernement est d'une grande densité. Je sais très bien qu'est difficile de faire comprendre ça à quelqu'un qu'a déjà décidé qu'être à coté du pouvoir est plus rentable que s'engager dans une démarche de démocratisation réelle. A quelqu'un qui continue à considérer la politique comme une activité mesquine, comme un marché des charges et faveurs, quand au contraire la politique est une confrontation d'idées, participation et passion.

Vous vous trompez en voulant réduire l'UDPS à un simple Parti de Tshisekedi. Je crois que n'est pas du tout généreux envers des personnes qui ont travaillé politiquement pour le rendre une force politique structurée sur le territoire, organisée à l'étranger, capable de parler à des millions des personnes. Le groupe militants et les dirigeants de ce Parti ont travaillé pour le rendre ample et riche, en utilisant la force de la personnalité de tous et de chacun, la confrontation dialectique des idées, pour lui donner une ligne de conduite cohérente pour confirmer et réaffirmer une relation de confiance entre l'institution Parti et le Peuple de notre Terre.

L'UDPS a un groupe dirigeant solidaire, composé par différentes personnalités, qui ont su utiliser ces différences pour développer les capacités d'action politique. Votre petit jeu d'identifier le Parti à son Président ou le jeu que d'autres font, celui d'identifier le parti à la nation Luba, est fort réductif de la force intrinsèque d'un mouvement qui a été capable de mobilisations et de proposition uniques pour notre continent, tout en prônant la non violence et le respect mutuel.

A la différence des squatters qui ont occupé Mont Ngaliema, des roturiers sans foi ni Dieu, l'opposition - même si muselée - à un programme, est une présence spontanée dans la société (non pas imposée comme pour les sections de l'afdl ...), le parti même est un instrument pour former et éduquer sa classe dirigeant du futur. C'est ça qui donne la mesure d'un parti réel, non les symboles ou les drapeaux: de sa capacité de sélectionner sa classe dirigeante et de représenter une partie de la société.

Mon cher Kaisala, il y a une conception de l'involution politique actuelle que met l'accent sur la crise des valeurs issue du mobutisme comme la crise du système démocratique dessiné lors de la CNS, qui exige la destructuration de la société civile et des partis organises en un far west des règles, une rupture institutionnelle qui se traduit dans la rupture du rapport existant entre un gouvernement et ses gouvernés.

C'est ça qui est en train de se passer au Pays: nous avons raté le train du progrès pour plonger encore une fois dans une dictature. Les symptômes sont là, vous les voyez aussi, nous sommes en train de voir comment sauver le sens d'appartenance à l'histoire que notre Peuple a su développer dans les années de la dictature, comment traduire en proposition politique la protestation qui vient de la société civile.

Il n'est pas du tout réaliste que vous vous attaquez à un homme qui a mis sa vie à la disposition du Peuple et qui paye pour cela avec un stoïcisme digne. Mais vous êtes le patron de votre plume et le censeur de vos pensées.

Seulement un peu de respect, s'il vous plait.

MCK ( Lisanga@hotmail.com )

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