La littérature congolaise
actuelle est des plus abondantes , la thématique des plus diversifiées .Ici , on prêche ou on parle "réconciliation" .Là-bas
,ce sont les questions brûlantes de l'heure telles que la reconstruction, la
nationalité...C'est peut-être ça le vrai débat .Qu'importe le diplôme, le verbe, le
verve.. Emile ABOUT dans "Maïmouna", constatant que Mamadou et Bineta sont
devenus grands, déclare, je cite: "Il n'est pas d'homme si pauvre et si mal doué
qui ne puisse contribuer au progrès dans une certaine mesure" . Ainsi, tout
congolais, où qu'il se trouve, devrait se sentir interpeller et étudier dans quelle
mesure contribuer en pensées ou en actions à la promotion et au bien-être de notre
population.
Il est plus qu' urgent de nous débarrasser de tous
les démons qui nous habitent et de nous serrer les coudes, de focaliser nos regards sur
un même idéal, celui d'affronter l'ennemi commun qui n'est autre que la misère, la
pauvreté, la faim, le chômage, l'insécurité, l'injustice...Comment y arriver?
Plusieurs approches sont proposées. On parle surtout de la reconstruction nationale. Il
est vrai qu'il y a eu destruction en grande échelle: pillage de l'outil de production,
délabrement des infrastructures, dysfonctionnement de l'appareil de l'Etat, spoliation du
patrimoine commun, dépravation des moeurs...Tout est inutile à rappeler. Mais la
problématique est de savoir la source de tous ces maux.
Dans le préambule de la Convention créant
lUNESCO , il est écrit ,je cite et je souligne: "Les guerres prenant
naissance dans l'esprit des hommes, c'est dans l'esprit des hommes que doivent
être élevées les défenses de la paix...Qu'une paix fondée sur les seuls accords
îconomiques et politiques des Gouvernements ne saurait entraîner l'adhésion unanime,
durable et sincère des peuples et que par conséquent, cette paix doit être établie
sur le fondement de la solidarité intellectuelle et morale..."De ce fait, au
Congo-Kinshasa, ma reconstruction nationale n'est pas l'agriculture mécanisée
,l'enseignement à travers les autoroutes de l'information (multi-média), les routes, les
micro et les macro-projets...Tout ceci me semble ordinaire. C'est le normal des choses. De
même, payer un fonctionnaire ou un ouvrier, stabiliser une monnaie, quoi de plus normal
pour un Gouvernement responsable! Nourrir un enfant, est-ce un exploit ou une réalisation
pour un parent?
Ma reconstruction nationale , disais-je, c'est la
reconstruction des consciences, des mentalités. L'esprit congolais est à recycler, à
repenser .Contrairement aux anciennes méthodes, tout devra être mis en oeuvre pour
cultiver la paix, cimenter l'amour, réconcilier les peuples ,écarter les divisions ,les
discordes, extirper la haine ,décharger les consciences, soulager les coeurs brisés,
combattre les anti- valeurs...
Prenez vôtre miroir et vous vous trouverez en face du
Grand Destructeur du monde: l'homme qui crée, invente, cherche , pollue, domine ,
tue...C'est encore lui qui construit. Cet homme donc, c'est toi, c'est lui, c'est moi,
c'est nous . Il faudra bien, disait Butros Butros-Ghali, si nous voulons éviter les
cataclysmes, accepter que les riches soient moins riches et que les pauvres soient moins
pauvres d'autant plus que les changements de cette nature exigent une autre disposition
d'esprit, d'autres façons de voir , une aptitude à de profondes remises en cause...de la
générosité et de l'imagination... (C'est nous qui soulignons.)
La population congolaise ne doit pas être sevrée à tout
temps. Elle ne souhaite pas crier au jour le jour au sorcier comme martelait le héros
d'un roman africain: "L'âge d'or est pour demain quand crèveront les salauds."
C'est pourquoi l'Autorité devra créer les mécanismes appropriés pour rassembler tous
les Congolais sans exclusive, trouver des solutions durables aux vrais problèmes d'unité
nationale, d'exercice légitime du pouvoir et de souveraineté nationale.
S'agissant du vrai salut public, toutes les opinions
louables doivent être manifestées librement, tout le monde apportant sa pierre pour
porter plus haut l'étendard de nôtre cher pays. Et comme le Congo-Kinshasa appartient à
nous tous, nous devons le bâtir ensemble. Le Pouvoir constitue à cet effet le GRAIN DE
SENEVE de la Bible qui, une fois planté et poussé, devient un arbre de manière que tous
les oiseaux viennent y habiter. Personne ne peut faire cavalier seul, surtout vers un Etat
de droit. Il est dit qu'une hirondelle ne fait pas le printemps. Les exclusions sous
toutes ses formes constituent des tactiques funestes propres aux pédagogues d'hier, donc
révolues. Jean-Marie LE PEN disait, je cite: "Si on empêche les gens d'exprimer
leurs opinions, on casse le thermomètre, mais on ne fait pas tomber la fièvre".
Le Congo-Kinshasa se veut une République réellement
démocratique. Un cadre juridique accepté par tous devra être savamment institué. Cet
instrument de haute facture devra être taillé par des délégués de toutes les couches
vives de la Nation et non une constitution cousue sur mesure comme à l'ancienne époque.
La nationalité congolaise est une, inaliénable et ne
doit en aucune manière que ce soit constituer un cas de marchandage politique. Tout
projet de nature à falsifier cette première est une atteinte à la souveraineté
nationale et reste suicidaire pour les conspirateurs. Les cent millions d'yeux congolais
veillent, sont aux aguets et ne se laisseront pas distraire par des détracteurs de tout
acabit. Bien plus, le problème du Kivu est allogène, le Sorcier habite ailleurs .Il
faudra à tout prix vider ce litige. Quand on interroge l'histoire, quand on exploite les
textes préexistants, tout demeure muet et même flou.("Il existe une seule
nationalité congolaise. Elle est attribuée, à la date du 3 0 juin 1960,à toute
personne dont un des ascendants est ou a été membre d'une tribu, ou d'une partie de
tribu, établie sur le territoire du Congo avant le 18 octobre 1908..)".Quoi de plus
confus qu'un article pareil écrit noir sur blanc dans La Constitution de la République
Démocratique du Congo du 1er août 1964. La matière est certes délicate. Mais elle peut
être soumise à un parlement ou psychologues, sociologues, politologues, anthropologues,
linguistes, historiens, géographes, juristes , chefs coutumiers , notables et autres
concevront une loi concise et définitive à appliquer au terme d'un référendum ad hoc.