| L'enjeu démocratique
en RDC devrait être une préoccupation de tous |
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| Dr. Mwamba K. Tshibangu |
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Au bout d'une année de gestion de pouvoir
par l'AFDL et au moment où l'on s'achemine irréductiblement vers les élections
promises, les nuages planent encore sur le paysage politique de la République
Démocratique du Congo. Malgré les efforts entrepris jusqu'ici, malgré la mise en
pratique du calendrier politique élaboré unilatéralement par le gouvernement de Laurent
Désiré Kabila, le pays se recherche encore. Le tâtonnement subséquent et la
multiplication de nombreuses bavures font que la stabilité politique soit loin d'être
assise. Cette situation de fragilité et de précarité institutionnelle entrave
énormément la normalisation de la vie politique.
Comment dès lors déblayer ces entraves et ces goulots d'étranglement qui jonchent sur
le parcours institutionnel du pays et quelle serait la meilleure voie à suivre pour
s'engager définitivement et inéluctablement vers le processus démocratique ?
Il ne fait aucun doute que l'instauration de la démocratie paraît la seule voie pour
canaliser et converger l'énergie potentielle de toutes les filles et fils de ce pays,
vers la réalisation d'un idéal commun qui est l'édification d'un état fort et
prospère au centre de l'Afrique.
Le dépassement de la phase d'émergence
L'impasse actuel, quoique inavoué par les autorités adfdéliennes, préoccupe, non sans
raison, la majeure partie des congolais. Cela, en perspective d'éventuelles élections
organisées sans sêtre convenus sur des préalables avec toutes les forces vives du
pays. La normalisation de la vie politique et le dépassement de la phase d'émergence
issue de la guerre dite de "libération" deviennent à cet égard une priorité
des priorités.
Cette démarche na dautres sens que celui de conférer une chance égale à
toutes les forces (politiques) en présence. Ce qui entraînera, ipso facto, une
redéfinition du cadre transitionnel actuel.
Est-ce que l'AFDL est prête à se dépouiller de son prétendument rôle de
"libérateur" et du "garant unique" des institutions du pays durant la
transition pour partager, sur une base raisonnable, lexercice du pouvoir avec les
autres forces politiques ? Concrètement, pour toucher du doigt le problème de l'heure,
comment est-ce l'AFDL entend - elle gérer la chambre des députés qui aura pour mission
capitale de doter le pays d'une charte constitutionnelle ? Les critères de sélection de
candidature ainsi que la loi qui l'appuie donnent-ils des garanties suffisantes faisant
présager la mise en place d'un état de droit ?
Il ne serait pas erroné, à la lumière des indices parvenant du pays et compte tenu de
la volonté manifestée jusqu'ici par les tenants du pouvoir, den déduire qu'il
s'agit plutôt de la mascarade qu'on est entrain de mettre sur place. Le jeu étant par
ailleurs consommé d'avance.
A notre avis, il s'agit d'un jeu risqué, très dangereux, et dont on a pas mesuré toute
les conséquences pour le présent et pour lavenir du pays.
Est-ce vraiment trop demander pour un pays qui a connu les affres d'une dictature
tricennale que lon puisse, une fois pour toute, doter nos institutions d'un cadre
juridique stable pouvant garantir à la fois les intérêts des uns et des autres sans
qu'il ny ait rien à redire à chaque changement des individus à la tête des
institutions républicaines ?
La logique des conquistadors est-elle toujours valable ?
A propos des élections, si vraiment les autorités actuelles se sentaient sûres de les
remporter, étant donné leur engagement sur la voie de la reconstruction du pays et
considérant que, la campagne orchestrée depuis un an nous fait entendre quelles
sont les seules à avoir le mérite sur la fin du régime déchu, pourquoi alors
recourent-elles à des supercheries, perpétuant par de là tout l'illégalité de leur
régime ?
Si la protestation et la contestation basées sur des faits réels, basées sur une
critique objective et constructive et non sur des velléités mensongères et partisanes
nous paraissent être l'âme de la démocratie dans le sens qu'elles permettent
d'entrevoir et de prospecter d'autres solutions possibles à celles contrastées qui nous
sont présentées aujourd'hui , nous avons de la peine à comprendre tous ceux qui
s'enferment dans la logique des conquistadors pour justifier des pratiques
antidémocratiques, pour "glorifier" des exploits qui sinscrivent dans le
registre de la dérive dictatoriale. Si réellement l'intention des nouveaux dirigeants
était celle d'édifier un état de droit, celle de combattre les germes et tous les maux
de la dictature, nous voyons très mal comment est-ce quils ont choisi
délibérément des voies et des hommes (certains) dont la similarité est, si pas
identique, mais en tout cas avoisinante d'avec celle de lère Mobutienne.
Se réveiller avant qu'il ne soit tard
Les dirigeants actuels seront-ils assez responsables pour ne pas laisser pourrir la
situation avant qu'il ne soit tard ? Comment peuvent-ils opérer un revirement de manière
à recréer un climat de consensus national ? L'enjeu de la démocratie est tellement
majeur et impératif pour le pays qu'on ne peut ne pas y trouver des solutions adéquates
et durables.
Par ailleurs, on ne peut reconstruire véritablement le pays que sur une base solide et
non sur des ruines, sur la gabegie, sur la tromperie, sur le populisme, sur le
nationalisme mirobolant mais dénué d'efficacité. L'enjeu démocratique doit être la
préoccupation de tous et doit voir tous les congolais réunis autour de cet objectif pour
pouvoir jeter, dès maintenant, les bases solides pour le 3ème millénaire qui est à
l'horizon.
Dr. Mwamba K. Tshibangu
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