GauHome.jpg (15896 octets) Droitebandeau.jpg (20729 octets)
L'enjeu démocratique en RDC devrait être une préoccupation de tous
wpe141.jpg (679 octets)
Dr. Mwamba K. Tshibangu
wpe141.jpg (679 octets)
Au bout d'une année de gestion de pouvoir par l'AFDL et au moment où l'on s'achemine irréductiblement vers les élections promises, les nuages planent encore sur le paysage politique de la République Démocratique du Congo. Malgré les efforts entrepris jusqu'ici, malgré la mise en pratique du calendrier politique élaboré unilatéralement par le gouvernement de Laurent Désiré Kabila, le pays se recherche encore. Le tâtonnement subséquent et la multiplication de nombreuses bavures font que la stabilité politique soit loin d'être assise. Cette situation de fragilité et de précarité institutionnelle entrave énormément la normalisation de la vie politique.

Comment dès lors déblayer ces entraves et ces goulots d'étranglement qui jonchent sur le parcours institutionnel du pays et quelle serait la meilleure voie à suivre pour s'engager définitivement et inéluctablement vers le processus démocratique ?
Il ne fait aucun doute que l'instauration de la démocratie paraît la seule voie pour canaliser et converger l'énergie potentielle de toutes les filles et fils de ce pays, vers la réalisation d'un idéal commun qui est l'édification d'un état fort et prospère au centre de l'Afrique.

Le dépassement de la phase d'émergence

L'impasse actuel, quoique inavoué par les autorités adfdéliennes, préoccupe, non sans raison, la majeure partie des congolais. Cela, en perspective d'éventuelles élections organisées sans s’être convenus sur des préalables avec toutes les forces vives du pays. La normalisation de la vie politique et le dépassement de la phase d'émergence issue de la guerre dite de "libération" deviennent à cet égard une priorité des priorités.
Cette démarche n’a d’autres sens que celui de conférer une chance égale à toutes les forces (politiques) en présence. Ce qui entraînera, ipso facto, une redéfinition du cadre transitionnel actuel.

Est-ce que l'AFDL est prête à se dépouiller de son prétendument rôle de "libérateur" et du "garant unique" des institutions du pays durant la transition pour partager, sur une base raisonnable, l’exercice du pouvoir avec les autres forces politiques ? Concrètement, pour toucher du doigt le problème de l'heure, comment est-ce l'AFDL entend - elle gérer la chambre des députés qui aura pour mission capitale de doter le pays d'une charte constitutionnelle ? Les critères de sélection de candidature ainsi que la loi qui l'appuie donnent-ils des garanties suffisantes faisant présager la mise en place d'un état de droit ?

Il ne serait pas erroné, à la lumière des indices parvenant du pays et compte tenu de la volonté manifestée jusqu'ici par les tenants du pouvoir, d’en déduire qu'il s'agit plutôt de la mascarade qu'on est entrain de mettre sur place. Le jeu étant par ailleurs consommé d'avance.
A notre avis, il s'agit d'un jeu risqué, très dangereux, et dont on a pas mesuré toute les conséquences pour le présent et pour l’avenir du pays.

Est-ce vraiment trop demander pour un pays qui a connu les affres d'une dictature tricennale que l’on puisse, une fois pour toute, doter nos institutions d'un cadre juridique stable pouvant garantir à la fois les intérêts des uns et des autres sans qu'il n’y ait rien à redire à chaque changement des individus à la tête des institutions républicaines ?

La logique des conquistadors est-elle toujours valable ?

A propos des élections, si vraiment les autorités actuelles se sentaient sûres de les remporter, étant donné leur engagement sur la voie de la reconstruction du pays et considérant que, la campagne orchestrée depuis un an nous fait entendre qu’elles sont les seules à avoir le mérite sur la fin du régime déchu, pourquoi alors recourent-elles à des supercheries, perpétuant par de là tout l'illégalité de leur régime ?
Si la protestation et la contestation basées sur des faits réels, basées sur une critique objective et constructive et non sur des velléités mensongères et partisanes nous paraissent être l'âme de la démocratie dans le sens qu'elles permettent d'entrevoir et de prospecter d'autres solutions possibles à celles contrastées qui nous sont présentées aujourd'hui , nous avons de la peine à comprendre tous ceux qui s'enferment dans la logique des conquistadors pour justifier des pratiques antidémocratiques, pour "glorifier" des exploits qui s’inscrivent dans le registre de la dérive dictatoriale. Si réellement l'intention des nouveaux dirigeants était celle d'édifier un état de droit, celle de combattre les germes et tous les maux de la dictature, nous voyons très mal comment est-ce qu’ils ont choisi délibérément des voies et des hommes (certains) dont la similarité est, si pas identique, mais en tout cas avoisinante d'avec celle de l’ère Mobutienne.

Se réveiller avant qu'il ne soit tard

Les dirigeants actuels seront-ils assez responsables pour ne pas laisser pourrir la situation avant qu'il ne soit tard ? Comment peuvent-ils opérer un revirement de manière à recréer un climat de consensus national ? L'enjeu de la démocratie est tellement majeur et impératif pour le pays qu'on ne peut ne pas y trouver des solutions adéquates et durables.
Par ailleurs, on ne peut reconstruire véritablement le pays que sur une base solide et non sur des ruines, sur la gabegie, sur la tromperie, sur le populisme, sur le nationalisme mirobolant mais dénué d'efficacité. L'enjeu démocratique doit être la préoccupation de tous et doit voir tous les congolais réunis autour de cet objectif pour pouvoir jeter, dès maintenant, les bases solides pour le 3ème millénaire qui est à l'horizon.


Dr. Mwamba K. Tshibangu

Copyright Afriqu'Info asbl.