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La réforme cambiaire au Congo est-il viable ?
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Tomansi Mianziula
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Il est évident qu'un jour ou l'autre une réforme cambiaire aller survenir dans notre pays. Mais, cela aurait été faite avec le consentement de toute la nation, par le truchement d'une assemblée législative issue du peuple, et non pas par la seule volonté d'une poignée de personne.

La nouvelle monnaie est déjà là et nous ne pouvons plus faire marche arrière. Nous nous sommes vu imposer une nouvelle monnaie sans que nous ayons levé le petit doigt pour demander plus d'explications sur sa planification et plus de garanties pour sa réussite. N'est-ce pas là, l'un des défauts majeures du congolo-zaïro-congolais (e).

Alors, que nous reste-t-il d'autre à faire sauf de nous poser la question de savoir si cette réforme est viable ou non ?

Avant de nous poser cette question et d'y répondre, analysons d'abord la situation. Nous devons préalablement établir les à toutes réformes cambiaire.

Quelles sont ces conditions préalables et ces mesures d'accompagnements ?

1) Les conditions préalables à une réforme cambiaire

a) La stabilité politique

C'est l'une des conditions primordiales pour réduire l'incertitude liée aux risques dus à la non continuité des politiques commerciaux tant sur le plan national qu'international par un nouveau gouvernement au pouvoir.

Une pareille stabilité ne peut s'acquérir qu'avec l'appui de toute une population, soit par la voie de suffrage universel, soit par le ralliement de toutes les forces vives de la nation. Il doit aussi exister des lois et des règlements commerciaux et politiques garantis par une constitution nationale.

b) La confiance des agents économiques dans la politique monétaire menée par le gouvernement

Jouissant préalablement d'une stabilité politique dans le pays, les agents économiques attendront du gouvernement en place beaucoup plus de transparence dans la gestion du budget de l'état et dans ses relations avec l'autorité monétaire nationale.

Sur ce dernier point, le gouvernement doit à priori déterminer le degré de contrôle qu'il compte exercer sur l'appareil monétaire et doit aussi déterminer la manière selon laquelle il entend influer sur la politique monétaire de la Banque Centrale.

c) Une économie productive ou, au moins, en voie de devenir productive

Les secteurs productifs tournés vers l'exportation doivent bénéficier des crédits à taux préférentiel pour leur facilité, durant la première phase de la rédynamisation, d'exporter leur production. Ce qui permettra à ces entreprises de dégager des revenus nécessaire à se consolider sur le plan international.

Les secteurs productifs tournés vers la consommation intérieure ne vont pas rester en marge. La stabilité politique et la confiance des agents économiques annihileront les craintes des particuliers à investir dans les petites et moyennes entreprises. Néanmoins, le gouvernement, par le truchement de ses spécialistes économiques et des spécialistes d'institutions financières, doit cerner les créneaux spécifiques dans les domaines moteurs pour l'économie et, ensuite, donner des incitatifs aux particuliers pour qu'ils y investissent leurs épargnes.

En plus, cette stabilité politique et cette confiance des agents économiques, sans oublier la sécurité civile et commerciale, va attirer les capitaux étrangers dans le pays.

2) Les mesures d'accompagnements d'une réforme cambiaire

Selon un économiste M. Delano Villanueva qui dans son étude intitulée "Les choix de systèmes monétaires et de régimes de change dans les économies en transitions", une monnaie saine doit satisfaire à trois conditions : stabilité en tant que réserve de valeur, moyen d'échange et unité de compte ; convertibilité externe et stabilité du pouvoir d'achat interne et externe, grâce à une structure institutionnelle capable de maintenir la crédibilité de la politique monétaire.

a) La crédibilité de la politique monétaire

Une politique monétaire crédible doit permettre à stabiliser la monnaie dans le long terme. Pour rendre crédible leur politique monétaire, les institutions monétaire doivent éviter de recourir à la planche à billet pour des fins de financement du déficit budgétaire gouvernemental et doivent limiter l'expansion du crédit au secteur public.

Ainsi, le gouvernement doit s'engager dans une politique budgétaire du déficit minimal et doit remettre en état le système fiscal de manière à accroître et à diversifier ses recettes. Il doit garantir l'indépendance de la Banque Centrale en créant une commission de contrôle de la politique monétaire qui dépendra l'assemblé législative.

À son tour, la Banque Centrale doit garantir, aux agents économiques, de rendre public les objectifs qu'elle compte atteindre et comment elle compte s'y prendre pour les atteindre. Ceci à chaque semestre ou à chaque année, selon la durée de la période considérée comme étant de court terme.

b) Le développement du secteur financier national

Le gouvernement doit encourager la concurrence au niveau financier en restructurant ou en facilitant la restructuration des institutions financières par des particuliers. Si cela s'avère nécessaire à la concurrence dans ce secteur, le gouvernement doit encourager la création de nouvelles institutions financières.

Le gouvernement par le biais de ces instituions doit donner des incitatifs aux particuliers et aux entreprises pour les inciter à épargner leurs revenus sous forme de dépôt auprès de ces institutions. Ces incitatifs peuvent être des taux d'intérêt nominaux sur les dépôts bancaires supérieurs au taux d'inflation, des réductions d'impôts sur les revenus et sur le capital des particuliers et des entreprises à concurrence d'un certain pourcentage du montant mise en dépôt dans une institution financière, la vente des titres financiers porteurs d'intérêt...

Un système financier qui retrouve son rôle d'intermédiaire financier dans une économie est la garantie d'une stabilité en tant que réserve de valeur, moyen d'échange et unité de compte pour une monnaie.

c) La stabilisation de l'inflation et de la croissance économique

Une inflation faible et stable est bénéfique pour la croissance de l'emploi et de la production. Elle permet aussi de maintenir le pouvoir d'achat interne de la monnaie.

La stabilisation de l'inflation et de la croissance économique permet à l'opérateur économique de faire plus aisément des prévisions de long terme grâce à la réduction de l'incertitude au niveau du commerce. Il deviendra moins réticent à investir dans les projets de long terme, telles que la recherche scientifique.

d) Le choix du régime de change adéquat

Le choix entre un régime de change de parité fixe et flottant doit dépendre fortement des caractéristiques financières et politiques d'un pays. Un pays qui ne peut, par d'autres moyens, crédibiliser sa politique monétaire préférerait généralement un régime de change fixe mais, il renoncerait du coup à son autonomie monétaire. Ce genre de régime exige une importante réserves de change pour défendre la parité fixe de sa monnaie. Tandis que, le régime de change flottant nécessite moins de réserves de change et laisse aux autorités monétaires la liberté d'utiliser l'instrument monétaire pour lutter contre certains maux économiques, tels que le chômage et la récession économique. Mais, ce régime a le désavantage de ne donner aucune certitude sur l'orientation potentielle de la politique financière.

À la lumière de cette petite analyse, quelles sont les conclusions que nous pouvons tirer de la réforme cambiale en R.D.C. ?

Nous y répondrons prochainement pour ne pas rendre cette lecture trop abondante et laisser à qui le voudra, le plaisir de se faire sa propre opinion.

T. Tomansi ( tomansi@comnet.ca )

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