Messieurs,Il nous est très difficile d'écrire cette lettre car, pour nous
(citoyens zaïrois ou congolais), c'est reconnaître notre assujettissement aux forces
étrangères qui occupent notre pays. Mais, en observant la situation politique,
économique et sociale qui ne cessent de se dégrader dans notre pays, nous avons pris le
courage de l'admettre pour que certains congolais ou zaïrois qui ne s'en sont pas encore
rendu compte, s'en rendent.
Et, tous ensemble, nous allons unir nos forces pour mettre
fin à cette occupation.
Doté d'une meilleure connaissance de l'état de santé de
"l'aigle de Kawele", du soutien internationale dont il disposait, de la perte de
plus en plus croissant de son soutien politique à l'intérieur du pays et de la situation
dans laquelle se trouvait le peuple zaïrois, vous avait donc eu l'avantage sur
l'opposition interne pour le renversé plus rapidement que prévu car il ("l'aigle de
Kawele") et son système étaient condamnés à disparaître de toute façon.
Poussé par la crainte de perdre le contrôle sur la
conduite des affaires de l'état Zaïrois, vous avait jugé bon d'entamer une guerre, soit
dit en passant de "guerre de libération" avec comme chef de file un national,
pour anéantir tous les efforts déjà consentis par l'opposition interne au défunt
régime. Il était plus intéressant pour vous d'avoir au commande un individu
contrôlable qu'un élu du peuple, qui serait du coup moins contrôlable que le premier.
Ainsi, vous pourrez vous adonner librement à vos manuvres malveillantes au
détriment du peuple zaïrois à qui vous avait fait croire que cette guerre était pour
leur bien.
En reconnaissance de l'appui que vous avait volontairement
donner au peuple zaïrois pour se libérer d'environ 32 ans de dictature et d'une
vingtaine d'années de misère, nous vous en remercions et vous demandons de dire au
peuple zaïrois, par l'entremise du Haut Conseil de la République (H.C.R.) qui existait
déjà sous la deuxième république, le montant de la facture à payer pour votre
contribution à la chute du "léopard". Après cela, messieurs, nous vous
exhortons de cesser toutes interférences par le biais de certains individus ( les faux
congolais ou faux zaïrois) dans la gestion de notre patrimoine national.
Messieurs dites vous ceci : lenteur à réagir à la
dictature mobutienne n'est pas égale à lenteur à réagir aux occupants étrangers et
leurs boy-scouts.
Donc, dès ce jour, laissez au peuple zaïrois le soin de
prendre seul les décisions politiques et économiques qui les mèneront vers un futur
agréable pour tous. C'est ce que vous auriez dû faire juste après la chute de l'ancien
régime, au lieu d'essayer de tenter le diable.
N.B. : Cette lettre est adressée à ceux qui avaient
violé notre espace territorial dans l'Est du Zaïre ainsi qu'à leur partenaires.
Ceci ne pas seulement notre opinion mais elle est aussi
celle d'une grande majorité du peuple.
Conseil gratuit : "Ne poussez pas le zaïrois à la
haine car il est sûr qu'il n'y aura jamais de paix parmi les pays des grands lacs".
T. Tomansi ( tomansi@comnet.ca
)