Très chères et chers
compatriotes,Depuis plus de deux décennies, notre
pays connaît une détérioration significative de sa situation tant politique que
socio-économique. Cette fâcheuse tendance, qui a connu son paroxysme au début des
années 90 jusqu'à la chute de l'ancien régime, risque de persister encore pour un bon
bout de temps si nous ne nous mobilisons pas, dès cet instant, pour défendre nos droits
les plus fondamentaux.
La situation est grave et elle est encore loin d'être
résolue. Donc, ne nous posons plus la question de savoir "qui avait fait quoi mais
plutôt qui fait et qui fera quoi ?". Le passé est aujourd'hui derrière nous,
tirons-en les conséquences et faisons face à l'avenir pour reconstruire un pays où il
fera bon vivre.
Aujourd'hui, les nouveaux hommes forts du pays nous
promettent un meilleur avenir dans la pure tradition mobutienne. Ils nous demandent de
nous taire et de leur faire confiance. Aucune revendication et aucun mécontentement en
public n'est tolérés pendant leur siège de deux ans.
Ceci nous rappel étrangement le début de l'ère mobutien
où, pendant cinq ans, il était demandé au peuple congolais de se taire et de faire
confiance au gouvernement. Voyez où nous en sommes !
Si réellement l'Afdl souhaite améliorer la situation
socio-économique du congolais, il doit comprendre que la phase de reconstruction, telle
que conduite, sera une perte de temps, d'honneur et d'argent pour ce peuple tant et aussi
longtemps que :
1) ce peuple ne sera pas associé à cette oeuvre par les
biais de tous ses représentants ;
2) ce peuple ne se ralliera pas volontairement et
majoritairement à leurs idées ;
3) il subsistera, dans les hautes sphères
gouvernementales, des non-congolais avides du pouvoir et n'ayant aucuns sentiments
d'appartenance à la communauté zaïro-congolaise.
Le gouvernement actuel clame tout haut qu'il a permis la
mise en place d'un avant projet constitutionnelle et qu'il organisera des élections avant
la fin 1999. Il est presque évident que nous aurons des élections pluralistes pour nous
faire croire qu'il n'y a plus de dictature au Congo-Kin. Nul n'a besoin de posséder un
sixième sens pour sentir le coup fourré dans lequel va nous conduire cette transition.
Qui peut déjà oublier que le précédent président, qui se considérait démocrate à
la zaïroise, n'arrêtait pas de clamer que s'il était réellement un dictateur comment
ce faisait-il que se soit lui qui réclame les élections.
Chères et chers compatriotes maintenons la pression sur
le gouvernement par des manifestations et des dénonciations publiques pour que soient
enfin respectées la parole et la volonté du peuple car, les différentes stratégies de
l'Afdl, pendant leur siège, sont déjà perceptibles.
L'Afdl va s'accrocher au pouvoir le plus longtemps
possible contre la volonté de toutes et tous en utilisant diverses stratégies :
1) les activités politique ne seront libéralisées
qu'une fois que l'Afdl s'implantera solidement sur toute la grandeur du territoire (avec
les moyens financiers nationaux destinés au financement du budget national) devançant
ainsi tous les autres partis ;
2) cette libéralisation viendra le plus tard possible
pour contraindre les partis d'oppositions à repousser la date des élections car n'ayant
pas eu le temps de s'organiser et de préparer la campagne électorale ;
3) une fois assuré de leur victoire, l'Afdl proclamera la
tenue des élections ;
4) bénéficiant d'un régime présidentiel garanti par
une constitution à sa mesure, une fois élue, l'Afdl usera de la même stratégie que
celle, jadis, usait par Mobutu pour diviser l'opposition et, ainsi, se garantir un second
mandat.
Mobutu avait demandé cinq ans, il en a eu 32. Kabila en
demande deux, il en aura, si nous ne faisons attention, 12. Le total risque d'être de 44
ans de misère pour le peuple congolais.
Prudence s'impose !
T. Tomansi ( tomansi@comnet.ca
)