| "Écoutez-moi,
Monsieur Kabila..." |
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| Chris Sassa |
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"Écoutez-moi, Monsieur
Kabila...", cliquez http://www.jeuneafrique.com
Puisque vous pouvez me lire et avant de continuer si vous voulez, faites donc un tour du
côté de Jeune Afrique (http://www.jeuneafrique.com). Vous tomberez sur un des
articles-phares de la semaine: "Écoutez-moi, Monsieur Kabila...". C'est M.
Likulia Bolongo qui parle. Sa carte de visite, du moins ce que j'en sais, renseigne qu'il
a gravi tous les échelons dans l'armée zaïroise jusqu'au dernier (général d'armée),
qu'il a été auditeur militaire général, secrétaire d'État à la Défense nationale
et à la Sécurité du territoire (commissaire d'État: Mobutu Sese Seko), chef
d'État-major général des Faz (je crois), patron des services des renseignements,
vice-premier ministre et ministre de la défense, premier ministre (le dernier du régime
(du) défunt) et ... (ce qui serait ailleurs, le sommet) professeur ordinaire à
l'université (car il n'est pas n'importe quel juriste).
Parler ? Il en a parfaitement le droit et même le devoir.
Ce qu'il dit ? Intelligent (comme l'est l'homme et il ne pouvait en être autrement), bien
structuré, bien pensé, logique, dans le droit fil des solutions pour tirer notre pays de
sa fâcheuse posture, et quoi encore ?
Commençons par ce en quoi nous pouvons, partiellement (je précise), être d'accord avec
lui: l'exclusion de la vie publique et politique de certains hommes et de certaines femmes
sans avoir été jugés. En considérant que cette exclusion est une condamnation, il faut
donc suivre le cheminement qui y mène. Voilà qui est d'une logique indiscutable. Voilà
où je ne suis plus la pensée et la démarche de M. Kabila pour solder les comptes du
dernier régime. Les Mobutistes ou, enfin, ceux qui ont collaboré avec lui et que nous
accusons d'avoir ruiné notre pays sont invités à rentrer pour participer à la
reconstruction du pays (je lisais hier que Ngawali Mobutu et Brigitte Likulia, filles de
leurs pères seraient en route pour Kinshasa pour y négocier Dieu seul sait quoi).
Certains ont repris du service auprès du nouveau régime et d'autres, arrêtés puis
relâchés, mènent une vie paisible (à moins que leur conscience -s'ils en ont une- ne
les torture).
Si ces gens n'ont rien fait de mal, si le Mobutisme n'est coupable de rien ou seulement de
quelques pécadilles, alors qu'on laisse ces compatriotes tranquilles et qu'on leur
redonne tous leurs droits. S'ils peuvent être coupables de quelque chose, alors que cela
soit clairement établi et que les condamnations s'en suivent. Même si on peut les
grâcier la minute après. Mais, l'histoire, la vraie, a besoin de cela. On ne peut pas
pardonner à quelqu'un à qui aucune faute n'a été reconnue, quelqu'un ne peut pas se
repentir d'une faute qu'on ne lui a pas reconnue (car, je suppose que pour certains, il
serait nécessaire de leur démontrer leurs fautes). C'est seulement quand cet exercice de
"sadaka" (on peut se
contenter d'une commission du genre "vérité et réconciliation") sera
consommé que nous pourrons repartir, main dans la main. Si cet exercice avait été fait,
les gens ne seraient pas là à s'empoigner pour Me Nimy, par exemple et, propablement,
maintenant pour le Gén. Likulia.
On entend beaucoup parler de réconciliation nationale. Le beau mot que chacun entend
selon l'appel de la cloche de son église! Pour M. Kabila, cette reconciliation aurait
été consommée si tous avaient rejoint l'AFDL.
Maintenant, elle voudrait signifier que tous ces messieurs (et juste quelques dames,
hélas) s'assoient autour d'une table, discutent, applanissent LEURS différents et
ressortent pour se serrer la main et se donner des accollades devant les photographes et
les caméras de la
télévision. En notre nom, en mon nom? Non! D'accord pour ce genre de reconciliation,
mais moi, J'AIMERAIS N'Y ENVOYER QUE DES GENS PROPRES: soit qui n'ont jamais eu rien à se
reprocher (très peu parmi nos dirigeants), soit qui ont été lavés de tout soupçon ou
encore qui auront été absous et à qui j'aurais pardonné (c'est dans cette classe que
je place la majorité).
Mais, revenons au Général. Comme beaucoup d'autres, il s'était tapi pendant un an et
refait surface. Comme certains de ses coreligionnaires, il fait des propositions
intelligentes et intéressantes. Et comme eux, il se blanchit: il n'est qu'un militaire au
service de la nation. Sauf que le Général n'était pas un caporal... Comme eux, il n'est
pas responsable de ce qui arrive: au contraire, il s'est employé à faire bouger
(positivement) les choses et cela lui a valu une disgrâce. C'est vrai que le Général,
originaire du Haut-Congo, n'appartenait pas au au premier cercle du clan. C'est vrai qu'il
pouvait être une colombe. Mais, précisément, dans la nébuleuse mobutienne, pour
s'approcher si près du noyau, il fallait le mériter. Surtout quand on n'était pas
Gbandi. Honoré Gbanda, par exemple (nous l'entendrons peut-être bientôt aussi), n'avait
que quelques haies à franchir avant la ligne d'arrivée. Combien en a t-il fallu au
Général ? En tous cas, feu le Maréchal ne semblait récompenser que les bons et loyaux
services. A son endroit, s'entend. Dans le serment des ministres et autres dignitaires, à
qui on jurait d'abord fidélité (avant la constitution, les lois de la république et la
nation) ? "Makila nangai' juraient les militaires, c'était pour qui ?. Au fait, pour
ceux qui discutent de la responsabilité des Mobutistes, ce genre de serment proclamé
publiquement et fièrement; consigné dans un procès-verbal ne suffit-il pas ?
Puisqu'il est intelligent, qu'il pouvait ne pas s'apercevoir que le régime était pourri,
voici pour lui une question de conscience: en requérant contre Kudia Kubanza, Kalume,
Matanda et consorts le trépas, quel état son état d'âme ? Et quel est-il aujourd'hui ?
Est-il prêt à reconnaître en ces gens des héros? QUE DIRAIT-IL A LEURS VEUVES ET
ORPHELINS SI ON LES METTAIT EN FACE DE LUI ? Qu'il n'était qu'un militaire qui a fait son
devoir ?
Mon Général, vous vous blanchissez. Mais, venons à des considérations plus
terre-à-terre, mais pas inintéressantes. En introduisant votre interview, le journaliste
parle de votre appartement parisien, de téléphones portables de vos enfants, etc. ce qui
laisse entrevoir que vous n'êtes pas inscrit à l'ASSEDIC (Dieu vous en préserve). Je
suppose que vous vivez de ce que vous avez pu mettre de côté en homme sage et prévoyant
(comme tous les mobutistes qui savaient bien que le navire ferait nuafrage tôt ou tard).
Mais, ce que vous mettiez de côté, où le preniez-vous ? De votre salaire ?
Comptiez-vous parmi ceux qu'on arrêtait pour détournement pas de fonds pour donner des
exemples (de stupidité pour s'être faits arrêter) à ne pas suivre ?
Mon Général, la malhonnêtété intellectuelle est ce qu'il y a de plus grave qu'on
puisse reprocher à un intellectuel. Quand vous quittiez Kinshasa, le 16 ou 17 mai 1997,
exfiltré par les Français (à qui vous avez adressé un pathétique appel, mais pourquoi
à eux et seulement eux ?), le peuple n'a pas crié: "restez" (il l'aurait fait
pour feu votre vice-premier ministre, le Général Mahele). Ne profitez donc pas de ce que
le peuple s'interroge sur l'avenir pour revenir et dire: "voilà, moi j'étais bon
(ou moins mauvais, c'est tout comme)" et vous absoudre. Ne profitez pas de la
détresse et de la confusion des gens. On peux comprendre que vous soyez parmi ceux des
Mobutistes qui passeraient le moins de temps au confessional (il y a des gens à qui,
comme au boulanger de Cucugnan, vous vous souvenez ?, une journée ne suffirait pas!).
Alors, commencez par là. Pour le reste, on verra et on a besoin de toutes les filles et
de tous les fils du pays (au fait, pourquoi ne rentreriez-vous pas simplement à
l'université ?
Diable, nos hommes "politiques" n'ont donc rien d'autre à faire pour servir le
pays ?). Puisque la justice institutionnelle est inopérante, alors faites-le vous même.
Peut-être que vous en inspirerez d'autres, les plus pourris. Mais, pour votre honneur,
pour votre paix de conscience, ne cherchez pas à revenir "comme ça"...
Au fait, je lis aussi que "une délégation de l'Union pour la Démocratie et le
progrès social (UDPS), le parti d'Étienne Tshisekedi" attendait d'être reçue par
vous, en plus d'un émissaire (de qui ?) venu de Kinshasa. On ne peut pas dire que vous ne
recevez pas beaucoup de monde. On ne peut pas non plus reprocher aux gens leurs
fréquentations... Mais, c'est nous, le peuple, au nom de qui toutes ces manoeuvres
sordides sont orchestrées qui sommes décidemment des c... (excusez-moi car...) ... je
vous respecte beaucoup, professeur Dr Likulia.
Chris Sassa ( csassa@hotmail.com ) |
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