Re: Question de
nationalité de M. Bilolo (commentaires sur la réaction de M.
Ngoy Moke) |
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| Chris Sassa |
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Je suis tout à fait d'accord avec mon
compatriote Ngoy Moke. Je suis tellement d'accord que je me permettrais d'ajouter mon
grain de sel à ses objections. J'espère que je ne bousillerai pas trop sa belle moambe.
La traduction du projet de constitution en langues nationales va peut-être dans le sens
de la revalorisation de nos langues nationales, mais c'est l'opportunité et le bénéfice
de l'exercice qui restent à démontrer !
1. Je suis du Bas-Congo. Le kikongo ya leta ou le munu kutuba n'y est parlé que dans
certaines villes, notamment Matadi et Boma. Le lingala est d'ailleurs en voie de
supplanter le kikongo ya leta. Je ne connais pas la situation dans le Bandundu ou le
kikongo ya leta est aussi parlé. A qui va donc servir cette traduction dont le noble but
est de permettre à tous les Congolais de dire oui ou non à la ce projet en toute
connaissance de cause?
Si ce sont les masses paysanes du Bas-Congo qu'on vise, alors c'est chou blanc. Je ne sais
pas si la situation est différente dans les autres provinces.
2. Quelle sera la valeur de ces traductions ? A mon avis, c'est la commission
constitutionnelle (qu'on la conteste ou non, elle est là) qui devait les parrainer ou les
avaliser à défaut de s'en occuper elle-même. Il n'y a que elle qui peut certifier que
tel article dit exactemment la même chose en lingala, en kikongo, en suahili et en
kiluba. Il ne faut pas qu'à Bulungu, on vote non parce qu'on aura compris telle
disposition différement
qu'à Malemba Nkulu!
3. Je n'irais pas jusqu'à dire que nos langues nationales sont pauvres, mais il est
évident qu'elles ont besoin d'être enrichies. Certains concepts y sont absents et il
faudrait ou les créer ou alors les reprendre comme tels. Comment dit-on déjà
"Constitution" (ce n'est qu'un exemple) dans nos langues nationales? J'ai appris
le "gramatika" lingala en 3è primaire, je crois, mais je me demande si cela
m'avancerait à quelque chose dans la lecture et la compréhension d'une constitution.
D'ailleurs (et je le déplore, mais suis-je le seul ?), les seules langues que je peux
parler de manière "pure" (entendez sans emprunter à une autre langue et non
pas "parfaitement") sont le français et l'anglais. Sommes-nous encore capables
de composer une phrase, de soutenir une converastion ou une discussion en lingala sans
appel au français ? Or, la traduction devrait être intégralement "en
langue"...
Ce qu'il faudrait, à mon humble avis, c'est quelque chose comme des mémoires explicatifs
(le compatriote Ngoy parle de griot, mais c'est tout comme). A la place d'un squelettique
et aride texte comme ne peuvent l'être que les lois (ah! les juristes, quel monde !), il
faudrait plutôt des explications sur chaque disposition du projet.
De toute façon, que ceux qui se leurrent se fassent réalistes: il n'y a pas beaucoup
d'exemples de rejet d'une constitution dans le monde. On peut ne pas être d'accord avec
une disposition, mais on se dit qu'on ne vais pas voter non pour si peu (à moins qu'il ne
s'agisse d'une clause fondamentale, comme la forme de l'État). Et puis, dans nos pays, le
pouvoir triche ou encore les gens ne suivent que ce que leur recommandent le leader (qui
ne peut que nous indiquer la bonne voie) ou le fils ou la fille qui a étudié. Ne me
tombez pas dessus à bras racourcis, si vous ne voyez le problème qu'à travers Kinshasa
et les grandes villes.
Au fait (à quelque chose, malheur est bon et c'est le cas de le dire), il était question
lors de la dernière transition de soumettre à referendum deux deux projets de
constitution (celui de Mobutu -unitaire- et celui des autres -fédéraliste) ? Un
referendum avec deux projets de constitution ? Du jamais vu dans le monde. Quelle belle
pagaille c'aurait été ! Il n'aurait plus été question de oui ou de non, mais de
choisir entre celui-ci et celui-là!
Cher M. Bilolo et les autres compatriotes, qu'en dites-vous ?
Chris Sassa ( csassa@hotmail.com
)
PS: J'avais presque achevé mes reflexions sur la nationalité et j'ai l'occasion de les
livrer. Je le fais à part pour ne pas alourdir le texte. |
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