La presse congolaise pense
que l'action du ministre des Finances, M. Fernand Tala Ngai, est nuisible à la cohésion
gouvernementale.En effet, la presse écrite
congolaise n'approuve pas du tout la manière de travailler du ministre des Finances et
Budget. Pour ne prendre que les articles publiés par le journal "Vision", un
hebdomadaire paraissant à Kinshasa et très connu pour la pertinence de ses analyses et
la rigueur de l'argumentation, il apparaît clairement que ministre des Finances, M.Tala
Ngai roule pour des intérêts qui ne sont pas ceux de la République. Tout au plus, le
journal affirme, en filigrane, que le ministre n'est pas à sa place aux finances.
En effet, dans son édition n°04 du 27 mars 1998, le
journal "Vision", dans un article annoncé en manchette et justifié sur toute
la page 5, écrit: <Finances: les experts de la Présidence désapprouvent Tala
Ngai>. Le surtitre du texte donne le ton : <Rentré de Washington le mardi 24 mars
1998 où il devait convaincre les bailleurs de fonds de la nécessité de venir en aide à
la RDC, le ministre des Finances est Budget en était encore à savourer d'une
autosatisfaction mitigée de son séjour aux États-Unis que les experts financiers et
monétaires de la Présidence le ramènent à la réalité des chiffres contenus dans son
budget 1998>. Une petite phrase illustre parfaitement la profondeur de du désaccord
qui existe entre les experts du Chef de l'État, Laurent-Désiré Kabila, et le ministre
des finances, Tala Ngai. C'est ainsi qu'on peut lire dans "Vision": <A la
Présidence de la République, nous avons compris que les actions d'assainissement et de
redressement de M. Tala Ngai portent sur les accessoires>.
Le journal déclare que le budget présenté par Tala Ngai
pour l'exercice 1998 est tout à fait fantaisiste. Ici le ministre des Finances prévoit
des possibilités financières de l'ordre de 100 millions Usd alors que le plan triennal
du gouvernement attend 720 millions Usd, soit un déficit de 620 millions Usd que M. Tala
Ngai ne sait ni justifier, ni combler.
Le journal "Vision" affirme aussi que le
ministre Tala Ngai, architecte de formation, ne voit que du feu dans la théorie
financière. Le Journal parle de "fiscalité de développement" pour laquelle
opte le ministre Tala Ngai. Le journal insiste sur le fait que la "recherche d'une
fiscalité aérée compatible avec les exigences économiques et commerciales des
entreprises dans une perspective d'essor économique du pays est à distinguer de la
fiscalité de développement". Celle-ci propose l'abandon par la nation d'une partie
de ses recettes potentielles pour attirer les investisseurs. Un abandon connu dans les
milieux des experts sous le vocable "allégement fiscaux" ou "dépenses
fiscales". Cette option du ministre Tala Ngai, affirme l'hebdomadaire
"Vision", <est contradictoire, sur le fond et sur la forme, avec celle du
gouvernement qui dans son programme triennal de développement met en vedette la
maximisation des recettes fiscales et parafiscales>.
Dans son édition du 10 avril 1998, le journal
"Vision" s'inquiète de l'avenir du Franc congolais, la nouvelle monnaie que
prépare la Banque centrale du Congo dans le cadre de la réforme monétaire. Toujours en
manchette, l'édition n°06 de l'hebdomadaire kinois "Vision" lance un
véritable pavé dans la mare. En effet, écrit le journal, < à trois mois du
lancement de la nouvelle monnaie des inquiétudes subsiste au regard du jeu combien
subtile mais déstabilisant que joue le ministre des finances, des spécialistes à la
Banque centrale s'interrogent sur l'opportunité de certaines mesures que prends Tala Ngai
et sur le décaissement massif d"argent qui font craindre une remonté du dollar
américain à la veille de la réforme monétaire>. Et le journal montre "des
chiffres qui vont noyer le Franc congolais". Au fait, la Banque nationale a pris des
mesures salutaires qui permettent "au terme du contrôle de conformité, de bloque
les dépôts litigieux d'une part d'entraîner une conversion progressive de l'unicité ou
l'échange au pair de deux composantes de la masse monétaire", d'autre part.
Mais, passant outre ses indications, le ministre Tala Ngai
parvient à autoriser la main levée, au cas par cas sur certains comptes sur des
critères jamais communiqués à la cellules chargées de la réforme monétaire à la
Banque centrale. Conséquence, <on assiste à la réadaptation de la décote (décote
de 69 % de la monnaie scripturale face à celle fiduciaire. Ce qui entraîne la reprise de
l'augmentation des prix intérieurs. Ici, l'on craint que la décote entre les deux
composantes de la monnaie ne s'aggrave avec la mesure d'accorder des titres réels à tous
les avoirs en compte. Et cela, dans un contexte de dégel généralisé des comptes
bloqués>. À la banque nationale l'on pense que le ministre des Fiances qui fonctionne
avec 25 % de commission sur tous les dossiers que traite son cabinet roule pour son
intérêt personnel au détriment de la nation.
L'édition n°08 du 24 avril 1998 du même journal
"Vision" publie une lettre adressée à son éditeur par un correspondant
anonyme mais qui s'identifie comme un Directeur de la Direction générale des
Contributions (Dgc). Cette lettre réagit à une interview accordée par le journal
"Vision" par le patron du fisc congolais, Laurent Batumona. Ici, le ministre des
Finances, Tala Ngai, se donne à nouveau en spectacle. En manchette, "Vision"
présente <'affaire qui va amener Tala Ngai en prison>. De quoi est-il question?
Réponse du journal. <un arrêté ministériel qui modifie, complète et abroge une
ordonnance-loi. C'est la dernière gaffe en date du ministre des Finances et Budget. Une
gaffe qui, tant aux yeux des spécialistes en fiscalités que des juristes de tout bord,
risque de précipiter sa chute. Surtout qu'un Directeur de la Dgc ajoute au dossier
l'élément caché: <un affaire de gros sous> dans laquelle, dit-il, <des
milliards vont échapper aux caisse de l'État pour les poches des opérateurs
économiques. Sans réserves, il entrevoit des ennuis judiciaires pour le successeur de
Mawampanga et même pour Batumona et d'autres complices au niveau des services publics,
qui, seuls connaissent les mobiles de leurs actes>. En effet, dans l'arrêter n°
017/CAB/MIN/FIN98 du 13 avril 1998, le ministre des Finances, Tala Ngai s'arroge de tout
droit exorbitants. Ce pour la première fois dans l'histoire de la RDC qu'un arrêté
ministériel modifie et/ou complète une ordonnance-loi, même à titre provisoire. Les
arrêtés ministériels portent généralement sur l'exécution et/ou l'application des
ordonnances-lois.
Enfin, le journal "Vision" n°09 du 30 avril
1998 révèle une autre affaire qui oppose le ministre des Finances, Tala Ngai, à son
collègue du Plan, Etienne-Richard Mbaya. Il s'agit d'une affaire d'importation ou de
"l'envoi tous les trois mois de 62.500 tonnes des denrées alimentaires, à raison de
12.000 tonnes par produit pour un crédit équivalent à 16.762.5000 Usd par envoi".
Fortement documenté, ce texte du journal "Vision" permet de voir que le
ministre Tala Ngai bloque l'exécution de ce projet en refusant de signer le crédit
documentaires (Crédoc) alors que son collègue du Plan trouvait le marché régulier.
Tala Ngai, pour bénéficier de son éternel 25 % de commission, préfère que ce marché
soit traité par l'intermédiaire d'une société dénommée Compagnie Commerciale
d'Afrique (Cocaf). Révolte chez les partenaires américains de International Trade
Investment Corporation (ITIC) ainsi que son intermédiaire africain Usafrique
International, discrédit pour le gouvernement, etc..
Au regard de tous ces faits, les analystes sont d'avis que
l'action du Ministre des Fiances est nuisibles aux intérêts de la RDC et que son
maintien à ce poste constitue un danger pour les Finances de la République.
Dr Sanka Tshim, PhD. (