GauHome.jpg (15896 octets) Droitebandeau.jpg (20729 octets)
Fernand Tala Ngai, architecte nommé ministre des Finances et du Budget par Kabila, "un danger" pour le développement de la RDC
wpe141.jpg (679 octets)
Dr Sanka Tshim, PhD.
wpe141.jpg (679 octets)
La presse congolaise pense que l'action du ministre des Finances, M. Fernand Tala Ngai, est nuisible à la cohésion gouvernementale.

En effet, la presse écrite congolaise n'approuve pas du tout la manière de travailler du ministre des Finances et Budget. Pour ne prendre que les articles publiés par le journal "Vision", un hebdomadaire paraissant à Kinshasa et très connu pour la pertinence de ses analyses et la rigueur de l'argumentation, il apparaît clairement que ministre des Finances, M.Tala Ngai roule pour des intérêts qui ne sont pas ceux de la République. Tout au plus, le journal affirme, en filigrane, que le ministre n'est pas à sa place aux finances.

En effet, dans son édition n°04 du 27 mars 1998, le journal "Vision", dans un article annoncé en manchette et justifié sur toute la page 5, écrit: <Finances: les experts de la Présidence désapprouvent Tala Ngai>. Le surtitre du texte donne le ton : <Rentré de Washington le mardi 24 mars 1998 où il devait convaincre les bailleurs de fonds de la nécessité de venir en aide à la RDC, le ministre des Finances est Budget en était encore à savourer d'une autosatisfaction mitigée de son séjour aux États-Unis que les experts financiers et monétaires de la Présidence le ramènent à la réalité des chiffres contenus dans son budget 1998>. Une petite phrase illustre parfaitement la profondeur de du désaccord qui existe entre les experts du Chef de l'État, Laurent-Désiré Kabila, et le ministre des finances, Tala Ngai. C'est ainsi qu'on peut lire dans "Vision": <A la Présidence de la République, nous avons compris que les actions d'assainissement et de redressement de M. Tala Ngai portent sur les accessoires>.

Le journal déclare que le budget présenté par Tala Ngai pour l'exercice 1998 est tout à fait fantaisiste. Ici le ministre des Finances prévoit des possibilités financières de l'ordre de 100 millions Usd alors que le plan triennal du gouvernement attend 720 millions Usd, soit un déficit de 620 millions Usd que M. Tala Ngai ne sait ni justifier, ni combler.

Le journal "Vision" affirme aussi que le ministre Tala Ngai, architecte de formation, ne voit que du feu dans la théorie financière. Le Journal parle de "fiscalité de développement" pour laquelle opte le ministre Tala Ngai. Le journal insiste sur le fait que la "recherche d'une fiscalité aérée compatible avec les exigences économiques et commerciales des entreprises dans une perspective d'essor économique du pays est à distinguer de la fiscalité de développement". Celle-ci propose l'abandon par la nation d'une partie de ses recettes potentielles pour attirer les investisseurs. Un abandon connu dans les milieux des experts sous le vocable "allégement fiscaux" ou "dépenses fiscales". Cette option du ministre Tala Ngai, affirme l'hebdomadaire "Vision", <est contradictoire, sur le fond et sur la forme, avec celle du gouvernement qui dans son programme triennal de développement met en vedette la maximisation des recettes fiscales et parafiscales>.

Dans son édition du 10 avril 1998, le journal "Vision" s'inquiète de l'avenir du Franc congolais, la nouvelle monnaie que prépare la Banque centrale du Congo dans le cadre de la réforme monétaire. Toujours en manchette, l'édition n°06 de l'hebdomadaire kinois "Vision" lance un véritable pavé dans la mare. En effet, écrit le journal, < à trois mois du lancement de la nouvelle monnaie des inquiétudes subsiste au regard du jeu combien subtile mais déstabilisant que joue le ministre des finances, des spécialistes à la Banque centrale s'interrogent sur l'opportunité de certaines mesures que prends Tala Ngai et sur le décaissement massif d"argent qui font craindre une remonté du dollar américain à la veille de la réforme monétaire>. Et le journal montre "des chiffres qui vont noyer le Franc congolais". Au fait, la Banque nationale a pris des mesures salutaires qui permettent "au terme du contrôle de conformité, de bloque les dépôts litigieux d'une part d'entraîner une conversion progressive de l'unicité ou l'échange au pair de deux composantes de la masse monétaire", d'autre part.

Mais, passant outre ses indications, le ministre Tala Ngai parvient à autoriser la main levée, au cas par cas sur certains comptes sur des critères jamais communiqués à la cellules chargées de la réforme monétaire à la Banque centrale. Conséquence, <on assiste à la réadaptation de la décote (décote de 69 % de la monnaie scripturale face à celle fiduciaire. Ce qui entraîne la reprise de l'augmentation des prix intérieurs. Ici, l'on craint que la décote entre les deux composantes de la monnaie ne s'aggrave avec la mesure d'accorder des titres réels à tous les avoirs en compte. Et cela, dans un contexte de dégel généralisé des comptes bloqués>. À la banque nationale l'on pense que le ministre des Fiances qui fonctionne avec 25 % de commission sur tous les dossiers que traite son cabinet roule pour son intérêt personnel au détriment de la nation.

L'édition n°08 du 24 avril 1998 du même journal "Vision" publie une lettre adressée à son éditeur par un correspondant anonyme mais qui s'identifie comme un Directeur de la Direction générale des Contributions (Dgc). Cette lettre réagit à une interview accordée par le journal "Vision" par le patron du fisc congolais, Laurent Batumona. Ici, le ministre des Finances, Tala Ngai, se donne à nouveau en spectacle. En manchette, "Vision" présente <'affaire qui va amener Tala Ngai en prison>. De quoi est-il question? Réponse du journal. <un arrêté ministériel qui modifie, complète et abroge une ordonnance-loi. C'est la dernière gaffe en date du ministre des Finances et Budget. Une gaffe qui, tant aux yeux des spécialistes en fiscalités que des juristes de tout bord, risque de précipiter sa chute. Surtout qu'un Directeur de la Dgc ajoute au dossier l'élément caché: <un affaire de gros sous> dans laquelle, dit-il, <des milliards vont échapper aux caisse de l'État pour les poches des opérateurs économiques. Sans réserves, il entrevoit des ennuis judiciaires pour le successeur de Mawampanga et même pour Batumona et d'autres complices au niveau des services publics, qui, seuls connaissent les mobiles de leurs actes>. En effet, dans l'arrêter n° 017/CAB/MIN/FIN98 du 13 avril 1998, le ministre des Finances, Tala Ngai s'arroge de tout droit exorbitants. Ce pour la première fois dans l'histoire de la RDC qu'un arrêté ministériel modifie et/ou complète une ordonnance-loi, même à titre provisoire. Les arrêtés ministériels portent généralement sur l'exécution et/ou l'application des ordonnances-lois.

Enfin, le journal "Vision" n°09 du 30 avril 1998 révèle une autre affaire qui oppose le ministre des Finances, Tala Ngai, à son collègue du Plan, Etienne-Richard Mbaya. Il s'agit d'une affaire d'importation ou de "l'envoi tous les trois mois de 62.500 tonnes des denrées alimentaires, à raison de 12.000 tonnes par produit pour un crédit équivalent à 16.762.5000 Usd par envoi". Fortement documenté, ce texte du journal "Vision" permet de voir que le ministre Tala Ngai bloque l'exécution de ce projet en refusant de signer le crédit documentaires (Crédoc) alors que son collègue du Plan trouvait le marché régulier. Tala Ngai, pour bénéficier de son éternel 25 % de commission, préfère que ce marché soit traité par l'intermédiaire d'une société dénommée Compagnie Commerciale d'Afrique (Cocaf). Révolte chez les partenaires américains de International Trade Investment Corporation (ITIC) ainsi que son intermédiaire africain Usafrique International, discrédit pour le gouvernement, etc..

Au regard de tous ces faits, les analystes sont d'avis que l'action du Ministre des Fiances est nuisibles aux intérêts de la RDC et que son maintien à ce poste constitue un danger pour les Finances de la République.

Dr Sanka Tshim, PhD. ( globenet.cafe@hy.cgocable.ca )

Économiste

Copyright Afriqu'Info asbl.