| Mémorial |
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| Raphyrenze |
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On le croyait né à Gbadolite parcequ'il
avait fait bâtir dans ce village perdu un petit paradis où ne manquent ni les ors, ni
les marbres, ni toutes les lumières du monde. Pourtant Joseph-Désiré Mobutu est né à
Lisala, autre village de la province septentrionale de l'Equateur. Le Zaïre, alors le
Congo-Belge obtient son indépendance le 30 juin 1960 avec Patrice Lumumba comme Premier
ministre et Joseph Kasa-Vubu comme président. Cinq années vont plonger ce jeune état
dans le chaos, l'anarchie, la rébellion. Le 24 novembre 1965, Joseph-Désiré Mobutu
renverse le président à la faveur d'une population lassée de l'instabilité politique.
Celle-ci voit en lui l'homme qui va remettre de l'ordre dans la pays.
Il commence par jouer la carte du nationalisme, dans la continuité du premier Premier
ministre Lumumba. Grand geste symbolique, la nationalisation des grandes sociétés belges
qui contrôlent l'économie congolaise, comme l'Union minière du Haut-Katanga. Ensuite,
il redonne aux principales villes du pays leur nom africain. L'heure est donc au retour au
travail, avec le slogan "retroussons nos manches ".
En 1967, Mobutu fonde le MPR, Mouvement populaire de la révolution dont la doctrine
principale est le nationalisme congolais authentique. En octobre 1971, le pays prend le
nom de Zaïre. C'est le début d'une nouvelle politique, le recours à l'authenticité,
qui se caractérise surtout par l'abandon des prénoms chrétiens et des noms à
consonance étrangère. Joseph-Désiré Mobutu devient Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Za
Banga. Cette révolution culturelle vise la désaliénation mentale de l'homme zaïrois,
afin de le rendre fier de ses origines.
En 1973, dans cette ferveur révolutionnaire, le président annonce la
"Zaïrianisation", il s'agit de rendre le Zaïrois, maître du sol et du
sous-sol de ses ancêtres. Désormais, les fermes, les élévages, les plantations et
autres activités commerciales aux mains des étrangers, reviennent aux nationaux. C'est
un coup dur pour l'économie zaïroise qui commence à s'effondrer car les dignitaires du
régime ne peuvent gérer sainement les biens qui leurs sont remis.
En 1977 et 1978, la province minière du Shaba est attaquée par des rebelles venus
d'Angola. Mobutu s'en sort grâce à ses amis africains - le Maroc en tête - et
occidentaux. Tirant les leçons de ces deux guerres du Shaba, le chef de l'état tente de
reformer son régime, notamment en donnant au parlement le pouvoir d'interpeller
l'exécutif.
En 1980, treize parlementaires, dont Etienne Tshisekedi, adressent une lettre ouverte au
président pour réclamer la démocratie. Se fiant à ses multiples conseillers et aux
services de sécurité, il refuse d'envisager une autre politique que celle du parti-Etat.
En 1988-1989, une énième crise l'oppose à la Belgique, dont il a traité l'ancien roi
Léopold II de pillard. Malgré une réconciliation, les relations avec l'ancienne
métropole se détériorent à la suite de l'affaire des massacres d'étudiants à
l'université de Lubumbashi, au Shaba, en 1990.
La coopération entre Kinshasa et Bruxelles est suspendue. Paris et Washington suivront
l'exemple, la fameuse troïka. Le vent d'Est, qui souffle aussi sur l'Afrique, pousse
Mobutu à entrer dans l'ère démocratique le 24 avril 1990.
A partir de cette date jusqu'en 1997, le Zaïre va connaître le multipartisme, la
conférence nationale chargée de créer la IIIe République, les réfugiés Hutus dans la
province du Kivu, et fin octobre 1996, les rebelles de Laurent-Désiré Kabila dont
l'avancée vers la capitale a été rendue facile grâce aux soldats qui fuyaient sans
vraiment combattre, et aussi par le fait que le Maréchal était affaibli par son cancer
de la prostate. Le 17 mai, une nouvelle page de ce pays, grand comme quatre-vingt fois la
Belgique, se tourne à nouveau, il redevient le Congo. Quant au Maréchal-président, il
s'éteint à Rabat au Maroc où il s'était exilé, le 7 septembre 1997, loin de son pays
et de sa grande famille.
A ce jour, je constate que l'élan nationaliste existe en tout en chacun, lorsqu'on veut
vraiment changer les choses, le plus dur c'est de garder ces convictions une fois au
sommet...qui a dit que l'histoire se répètait?
Raphyrenze. |
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