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L'impunité à l'africaine
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Dominique Nkounkou
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Un grand problème, très grave, mine l'Afrique : l'impunité politique. La vie politique en est à la fois asphyxiée et criminalisée. Dès lors que l'on accède au pouvoir, un Chef d'Etat se sent, du coup, au-dessus de toutes lois. Son groupe politique et ethnique s'en trouve ainsi, par la même occasion, protégé. D'un côté l'on étouffe les affaires, de l'autre l'on peut tuer, assassiner les opposants impunément, faire la guerre à tout ou partie de son peuple avec un cynisme et une tranquilité de conscience très étranges. Rien ne paraît dissuader ces "politiques" meurtriers.
Le cas congolais en est une illustration. L'ancien et l'actuel président au pouvoir se livrent à une bataille personnelle emprunte de rancoeur et de règlement de compte en sacrifiant la population civile à l'autel des intérêts personnels.
De 1992 à 1997, en l'espace de 5 ans, une tradition semble s'établir : livrer la guerre aux opposants, laquelle engendre la mort des populations civiles, devient une manière de faire vivre les institutions. De l'autre côté, les intrigues policières depuis les années 60 aboutissent au grand jour avec un bain de sang qui couronne un pouvoir qui n'a rien créé de vraiment sérieux qui force l'attention.
La vérité est que l'ancien et l'actuel président se sentent couvert par une impunité. Ils peuvent verser le sang de leur peuple sans qu'aucune conscience et instance au monde ne leur demandent des compte. Ainsi, ils peuvent perpétuer le massacre des populations civiles, dormir en paix, se promener dans le monde sans être inquités.
Or, comme le droit à l'ingérence existe, si la conscience humaine était vraiment droite et sans parti pris, cette ingérence s'exercerait partout où un président, ancien et/ou nouveau, au nom de la conquête du pouvoir, verserait du sang innocent de leur peuple. Si cette urgence allait jusqu'à traduire en justice un Président ancien et/ou nouveau, le message envoyé par un tel procès serait très symbolique. Il pousserait ces criminels de leur propre peuple à réfléchir par deux fois avant d'engager la guerre ou se livrer à toutes sortes d'exactions ethno-tribales.
Là est peut-être la clé de la solution durable. Devant une telle criminalisation de l'espace politique qui, dans la cas du Congo, empêche même la génération de la relève de s'affirmer, traduire (....) devant une Cour pénale internationale de justice "pour crime contre l'humanité", "crime de guerre", n'est peut-être pas une idée aussi absurde qu'on le croit. Elle ferait réfléchir plus d'un responsable politique avant de sacrifier le sang de son peuple sur l'autel de sa seule gloire. Non seulement cette leçon vaut pour le Congo, mais elle vaudrait très certainement pour le reste de l'Afrique où la tentation des dictatures sanglantes est très présente partout.

Dominique Nkounkou
Juriste international
Membre du C.I.C.

Lu et transmis pour vous par Me Biminayi Jean-Pierre ( licopa@hotmail.com )

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