Maître,
Finalement, devons-nous nous éterniser sur le cas
Nimy? Pourquoi voulez-vous défendre l'indéfendable. Vous demandez une seule décision
prise dans des nombreux discours de Me Nimy? Mais c'est trop facile. Seti Yale en
demandera aussi autant, Bemba, et tous les autres dinosaures en demanderont aussi. Quant
aux preuves que vous rechercheez, je le répète:
Le lundi, premier octobre 1990, Me Nimy n'était-il pas dans le bateau présidentiel au
large de N'Sele avec les principaux dirigeants du DINAFET (Directoire National des Agents
et Fonctionnaires de l'Etat) en grève. Que faisait-il ce jour-là, lui et le Général
Likulia?
Pendant la conversation des fonctionnaires avec Mr Mobutu, était-il resté silencieux?
Non, sûrement. Il a demandé au Chef de l'Etat de penser à ces malheureux
fonctionnaires.
C'est à la suite de cette demande que le Chef de l'Etat a suggéré aux leaders du
DINAFET qu'il donnerait l'argent nécessaire et qu'en retour, ceux-ci préparent son
élection.
Finalement, l'unité du DINAFET sera ébranlé, le syndicat scindé en deux: les partisans
de l'argent facile demandé par Me Nimy et le Général Likulia, et l'autre groupe qui n'a
pas voulu prendre l'argent. Ces derniers ont été pourchassés, révoqués, emprisonnés
et certains autres exilés.
Dois-je vous dire, Me que j'étais interné à la Prison Centrale de MAKALA, frappé par
les sbires armés de ce pouvoir que vous défendez tant, et que j'ai été opéré à deux
reprises dans mon pays d'accueil suite à ces agressions.
Je ne suis pas brigand, assassin ou voleur, mais pourquoi alors avais-je été arrêté?
Maître Luzolo, si vous avez suivi le reportage de Aubert Mukendi intitulé: Le CYCLE DU
SERPENT. Vous vous apercevrez que Me Nimy est cité, au même titre que Ngunz Karl I Bond
d'intime du Chef de l'Etat.
Je vois que vous connaissez parfaitement votre histoire, mais dites-moi, combien de temps
Kalongo Mbikay a passé à la tête du Bureau du Président? Maître Nimy en a fait 7 ans.
Celui qui est contre les idées du Fondateur ne peut en faire autant.
Je vous salue et espère fermement que nous nous retrouverons, vous au barreau en train de
défendre et nous dans la masse en train de suivre les débats.
Pierre-Joseph Mwanga |