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"Réponse ouverte" à Monsieur Léon Loebitch Kengo wa Dondo
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Pierre-Adolphe Mbuyi K. Mudingila
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Monsieur Léon Loebitch´´Kengo wa Dondo´´,

Je prends connaissance, avec stupeur et effroi, de votre appel au sursaut national et de votre interview parus respectivement dans le Soft International n° 742 couvrant la semaine du 20 au 26 mai 1998 et La Libre Belgique des 23 et 24 mai 1998. La lecture de vos propos m'oblige à m'interroger tant sur l'intégrité de votre personnalité que sur les mobiles
sous-jacents à cette résurgence inattendue et surréaliste d'un des piliers fondamentaux de la tyrannie et de la paupérisation actuelle de notre peuple.

L'un des mobiles de cette macabre tentative serait, certainement, le fait qu'étant ´´dinosaure´´ et ancien premier Commissaire d'Etat de Mobutu vous croyez être détenteur d'une quelconque légitimité qui vous donne mandat de vous présenter comme éventuel recours face à la gestion de Kabila.
Permettez-moi de vous rappeler que vous faites fausse route, Monsieur Léon Loebitch car pendant les 32 ans du règne de ´´Mobutu`` vous n'avez jamais été élu, même au travers d'un scrutin truqué, à un qelconque mandat national, régional ou même local. Toutes les fonctions occupées par vous pendant le régime Mobutu, vous les deviez uniquement à la volonté de Mobutu.
C'est ainsi que je vous dénie le droit de prendre toute initiative politique à l'endroit de notre peuple.

Monsieur Loebitch Kengo Léon,

Je trouve injuste et malhonnête de votre part de faire des critiques à l'encontre d'un gouvernement dont l'action politique présente des similitudes dans ses techniques et méthodes, à la gestion patrimonialiste qui était la vôtre avec Mobutu pendant 32 ans. En une année Kabila a condensé le parcours politique de 32 ans de Mobutisme. Il apprend vite!. Il est intructif de rappeler à l'opinion que sous votre règne, le Congo-Zaïre constituait un Etat de ´´NON DROIT``? une ´´république des pratiques et intrigues occultes et délictueuses`` qui ont ramené notre peuple à l'âge de la pierre, survivant grâce à la cueillette, la pêche, la chasse et des activités informelles; croupissant dans une misère progressive indescriptible, inversément proportionnele à l'accroissement de la fortune de vous tous, dinosaures mobutistes!

Le bilan de vos 32 ans de dictature, d'oppression et de manoeuvres politiques vous disqualifie nettement de la gestion de notre pays pour le présent et pour l'avenir. Votre entêtement à vous repositionner coûte que coûte pour la reconquête du pouvoir perdu, après un tel bilan, entrevoit un profond dysfonctionnement mental.

Monsieur Loebicth,

Les acquis démocratiques que vous évoquez dans votre interview susmentionnée n'ont jamais été le fait de votre gouvernement. Ils sont la résultante de l'opposition menée par Etienne Tshisekedi et ses compagnons, laquelle a contribué à la maturation politique de notre peuple, d'une part, et de l'évolution historique mondiale, d'autre part ( fin de la guerre froide consécutive à la chute du communisme dans l'Est ).

Ces acquis, couchés sous forme des lois opposables à tous lors des assises nationales regroupant les représentants de toutes les forces vives de la nation, constituent le socle sur lequel doit reposer les fondements de l'Etat de droit dans notre pays. C'est en cherchant à les contourner, à échafauder des manoeuvres malveilantes destinées à les étouffer, que les
´´mouvances présidentielles´´ d'hier et d'aujourd'hui retardent l'avénement droit dans l'espace de vie politique et sociale de notre pays et créent, a contrario, les conditions propices à leur exil et dispersion à travers l'univers.

Du fait que les actes issus de la Conférence Nationale Souveraine sont le résultat d'une lutte pacifique, légitime et intrinsèque de notre peuple en vue de recouvrer sa liberté et sa dignité, la seule alternative crédible, le seul véritable recours politique admissible aujourd'hui demeure Etienne Tshisekedi qui en constitue l'un des actes. En foulant au pied les dispositions de la conférence nationale, Kabila et l'AFDL ont scié la branche sur laquelle ils étaient assis et perdus, en grande partie, confiance et adhésion populaire à leur projet politique. c'est la raison principale de l'échec qui se réalise sous nos yeux aujourd'hui, comme hier.

Je reviens à ce qui vous concerne. J'estime injuste et malhonnête (encore une fois ) de votre part de rejeter sur Mobutu seul la responsabilité du fiasco politique et économique de 32 ans d'une gestion qui a ramené notre pays dans la préhistoire. Dans l'interview accordée à La Libre Belgique, vous extrayez de la période Mobutu, celle à laquelle vous assumiez les fonctions de premier Commissaire d'Etat, en la présentant comme des années
de rigueur et de bonne gestion !. C'est de la lâcheté !. La responsabilité du bilan des années Mobutu revient à l'ensemble des ´´dinosaures`` qui ont conduit sans broncher des affaires de l'Etat durant cette période.

Monsieur Léon Loebitch,

Vous étes, de tous les membres de la mouvance Mobutu, celui qi a occupé le plus longtemps (cumul de +/- 10 ans) la fonction de premier Commissaire d'Etat. Pendant toutes vos années d'exercice de la ´´primature`` aucun investissement social, aucune infrastructure collective n'a été réalisée. Ni dispensaire, ni école, ni route, ni logis social, ni salaire décent; et pourtant, la mission primordiale de tout homme politique consiste à
contribuer, par son action, à l'amélioration des conditions de vie de ses concitoyens. La rigueur était destinée au peuple (la rue dont on ne s'occupe pas), l'enrichissement à l'étranger, en valeurs mobilières et immobilières était pour vous!. Votre rôle essentiel chez nous, fut de représenter les intérêts des baulleurs des fonds internationaux; d'agir en ambassadeur des institutions financières internationales afin de renforcer la légitimité
extérieure de votre pouvoir qui a justifié la troisième voie avec l'aide subtile de Monseigneur Mosengo. Il est hautement probable que derrière votre interview et votre appel, ce sont ces nstitutions qui tentent de vous imposer à notre peuple à travers l'air de ce temps, style ´´nouvelle gouvernance``, du fait qu'elles sont frustrées du mauvais paiement des arriérés des emprunts par l'actuelle équipe au poivoir. Les institutions
internationales pensent (à tort) que vous étes l'unique personnage en mesure d'apurer la dette extérieure de notre pays. Ils se trompent énormément, car ils ignorent (ou font semblant) que pour rembourser la dette, les différents gouvernements Kengo suspendaient tout transfert interne vers les ménages et les acteurs économiques nationaux. Le non-paiement des salaires et des dettes internes trouve dans cette pratique, leur origine. Ainsi pour désintéresser les créanciers internationaux,vous avez sacrifié les masses populaires, les entrepreneurs locaux et rendu aléatoires les conditions d'une croissance soutenue et durable dans notre pays. Ces institutions doivent savoir que seul le gouvernement qui a la confiance du peuple est en mesure rembourser tous les 16 ou 20 milliards de dollards à échéance raisonnable. Un gouvernement d'Union Nationale dirigé par Etiene Tshisekedi est capable d'apurer l'ensemble de la dette simultanément à la mise en oeuvre des conditions optimales d'un développement durable et soutenable pour l'ensemble de notre pays et de notre peuple. Pour leurs créances, les institutions du Bretton Wood ont intérêt à faire pression sur leurs gouvernements afin que ces derniers obligent Kabila et l'AFDL à trouver un cadre juridique consensuel avec l'oppostion interne qui a la confiance du peuple, au lieu de se retourner vers ceux dont la roue de l'histoire est
définitivement tourée.

Plusieurs personnes déplorent aujourd'hui le fait Kabila. Beaucoup oublient que son émergence brutale et inattedue est la conséquence de basses manoeuvres politiciennes de l'anciene mouvance présidentielle durant la période de fausse transition. Si la mouvance présidentiele mobutiste avait eu la sagesse d'accepter le schéma constitutionnel issu de la Conférence Nationale Souveraine, il n'y aurait pas eu, probablement, ni génocide rwandais, ni appariton de l'AFDL et de Kabila. Mobutuserait décédé chez lui et inhumé en toute dignité. Aujourd'hui les plus lcides s'en mordent les doigts et reconnaissent la vision politique de Tshisekedi qui a désormais valeur de prophétie!.

Pour conclure, je fais la recommandation d'une cure psychanalytique à tous les anciens barons du régime politique défunt. Cette thérapeutique les dépouilera d'une dépersonnalisation acquise à travers un pouvoir pervers de 32 ans qui a complètement déformé leur regard sur les choses et les événements. Ils se rendront compte qu'ils sont des hommes comme les autres et qu'ils ont, à cet égard, commis des fautes lourdes dans la gestion de leur pays.De ce fait, il leur sera facile de suivre la démarche qui consistera :

1. Reconnaître publiquement les fautes commises et en solliciter le pardon auprès de notre peuple.

2. S'allier aux forces réellement démocratiques pour arrêter le cycle dictature-oppression, tout en reconnaissant officiellement le leadership d'Etienne Tshisekedi sur ces forces démocratiques.

3. Réparer les torts causés au peuple avec la fortune accumulée sur base d'arrangements juridiqes avec les institutions démocratiquement mises en place.

Je pense que notre peuple a assez souffert de la dictature. Il a aujourd'hui droit à une vie décente, à l'honneur et à la dignité. Arrêtons son supplice, de grâce.


Sé Pierre-Adolphe Mbuyi K. Mudingila,

Président de la Fédération UDPS en Belgique et au Luxembourg.
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