Le devoir moral m'ordonne à
pouvoir réagir au message du 20/03/98 de Pr. Gérard Buakasa.Avant toute chose je voudrais faire une réflexion en disant
que:" la Démocratie ne va jamais sans conflit mais elle n'est pas pour autant une
guerre..."
C'est une tache lourde, effrayante que d'assurer la
défense du régime de Laurent D. Kabila sans réaliser que notre pays connaît une crise
politique profonde depuis 1960 jusqu'à ce jour qu'il convient à mon avis d'identifier
avant de se laisser aller à des mots employés à des fins de pouvoir.
Pour éviter de se "méprendre" que de lui
demander(Pr. Buakasa) d'être juste et vrai, ceci n'exclut pas en politique une exigence
de vérité, sauf exceptions grandioses et provisoires, le discours politique se situe au
troisième degré de l'expression des idées.
Ainsi pour aller à l'essentiel, il m'importe qu'il faille
isoler la crise congolaise actuelle. Si cet exercice indispensable n'est pas effectué
avec vigueur Pr. Buakasa il n'y aura en tout cas pas raisons de croire.
Il m'est important de souligner que notre pays connaît
une crise fondamentale et celle ci porte un seul nom: le refus total, par une minorité de
compatriotes anti-démocrates, anti-nationalistes qu'on appelle "lumumbiste",
aventuriers, opportunistes et irresponsables, de se plier à la volonté de notre peuple,
de réaliser ses aspirations profondes, et de privilégier ses intérêts.
Ces compatriotes que je nomme opportunistes acceptent bien
volontiers de jouer activement le rôle d' "agents "d'affaire des intérêts
étrangers" et sont alors placés au pouvoir contre la volonté et les intérêts de
notre peuple, par des coups d'Etat militaire et des guerres dites de
"libération", tous initiés et organisés de l'Extérieur.
C'est pour cela que les idées de l'AFDL restent floues et
flottantes comme nuages au- dessus d'une terre où l'on s'agrippe et où l'on saigne.
Je n'accepte pas que la mission convenue aujourd'hui entre
Kabila et ces parrains étrangers consiste à imposer à notre peuple un système
néocolonial que doit à mon avis connaître le Professeur Buakasa, système totalitaire
combattu par Patrice Emery Lumumba, système dictatorial, policier et Parti-Etat propice
à l'étouffement de la voix du peuple, au pillage du pays par les aventuriers et leurs
parrains étrangers, à la perpétuation de la domination et de l'exploitation
étrangère; à l'animalisation et à l'extermination progressive de nos populations; et
au blocage de tout dynamisme interne et de toute évolution endogène de la société dans
les domaines de la vie nationale(culturelle, politique, morale, économique, sociale
etc..)
L'on se doit d'avouer que le Congo est ainsi engagé dans
des rapports de dépendance étrangère dans tous les domaines, et ces rapports
maintiennent le pays dans un état de sous-développement permanent.
Ainsi combattre les démocrates et les nationalistes comme
le fait Kabila en les éliminant politiquement et physiquement ou en empêchant leur
ascension au pouvoir relève du non sens.
Bloquer la réalisation des aspirations non légitimes et
profondes du peuple qui sont la sauvegarde et la consolidation de l'indépendance, de la
souveraineté et de l'intégrité territoriale; et l'instauration d'un Etat de droit,
d'une société démocratique pluraliste, sociale et prospère, respectueuse des libertés
et des droits de l'homme est une faute grave.
M. Kabila, a été recruté non pas par l'AFDL surtout pas
par vous mais plutôt par les gouvernements rwandais et ougandais et par les Etats-Unis à
cause de son passé d'instigateur de sombre règlements de compte et d'assassinats(Sendwe,
Kissase Ngandu..), de débauche c'est à dire vie avec plusieurs maîtresses dont
certaines étaient mêmes des esclaves, ivrogneries, exploitation des maisons closes, de
terroriste, prise d'otages, hold -up, attaques et vols à main armée, d'usurpateur de
pouvoir(AFDL), et de collaboration mobutiste (ami des diplomates mobutistes accrédités
à Kampala depuis 1986, réconciliation avec M.Mobutu à Gbadolite en 1989, plusieurs
visites au défunt dictateur comme garçon de courses de Museveni.
Y-a t-il encore raisons de croire?
Autant l'avouer, la politique est une épreuve de la
vérité, bien d'avantage que la science, car le savant que se trompe provoque rarement
des catastrophes; un confrère le corrigera, ou bien il se corrigera lui-même, et la
science avancera, alors que l'homme politique, s'il se trompe, entraînera des millions
d'hommes dans la défaite, la crise ou la misère(Mobutu).
Sa sanction, ce sera la défaite électorale, suivie plus
tard d'un regain de faveur dans une opinion amnésique.
Sa récompense, c'est la jouissance de l'idée au moins
partiellement réalisée, du même ordre que celle du Professeur que vous êtes qui se
retrouve et se prolonge dans ses disciples, mais sans doutes plus profonde parce que, dans
l'acte politique qui, par les institutions, par les décisions, assure la victoire ou la
survie, les extrêmes ont été reliés, des intérêts les plus matériels aux visées
les plus hautes.
Comme l'a montré Max Weber que vous avez cité, le
politique relève d'une éthique qui n'a pas seulement rapport avec l'intention, ni même
avec la seule action mais aussi avec les conséquences.
Je terminerai en disant que la vérité en politique elle
est une foi, un désir, une pratique, qui enveloppe le discours et le rapport politiques.
Faute de quoi la politique n'est plus que l'art de la tromperie et de la ruse.