| Rappel et appel a la
solidarite de la communaute internationale concernant les gouvernements americains et
sud-africains |
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| Grégoire Mbuyi Kamba |
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Communiqué de presse
La situation preoccupante que traverse le Congo, allant chaque jour de mal en pis, incite
l'UDPS en sa qualite de parti democratique resolument engage dans la lutte pacifique pour
l'instauration d'un Etat de droit, respectueux des droits fondamentaux des citoyens, a
apporter la lumiere necessaire pour expliciter les evenements qui condamnent tout un
peuple a croupir dans la misere insoutenable.
Pour arracher au peuple congolais sa victoire contre la dictature la plus sanguinaire de
ce siecle et egalement la plus soutenue du gouvernement americain, les services secrets
americains leveront en Ouganda et au Rwanda une armee de fortune pour enterrer le regime
agonisant de M. Mobutu.
Remplacant ainsi Paul par Pierre, le processus de democratisation qui avait coute de
milliers de vies humaines sera totalement bloque pour a la fois camoufler le genocide du
peuple Hutu perpetre par cette armee de fortune se comportant en marge de toutes les
regles du droit humanitaire, et continuer la main basse sur le patrimoine national sans
qu'une quelconque voix ( interdiction des partis politiques et des organisations de
defense des droits humains) ne puisse s'elever pour dire non.
La complaisance de la communaute internationale face aux horreurs indicibles commises et
qui continuent a se commettre au Congo sera proportionnelle au soutien qu'apporte le
gouvernement americain a ce nouveau IIIeme Reich. A l'egard des massacres, arrestations
arbitraires, relegations sans proces, confiscations generales des biens sans jugement,
delit d'opinion, bannissement des droits fondamentaux, substitution des juridictions
civiles par des juridictions militaires speciales ...bref face a la chosification de
l'homme par le regime de M. Kabila, la communaute internationale ne manifestera que
comprehension, mettant tout sur l'apres Mobutu qui necessiterait des mesures vigoureuses,
meme si les droits fondamentaux devaient en patir.
Abandonne, sinon meprise de la communaute internationale, le peuple congolais n'a pas
baisse la tete, seul, sans soutien, il continue sa lutte, enterrant ses innombrables
morts, reclamant la liberation de tous les prisonniers politiques, determine a exercer, en
depit de la repression barbare, ses droits fondamentaux, droits inalienables et inherents
a la nature de tous les etres humains.
C'est dans ce cadre des pressions populaires qu'il faut situer le retour de Monsieur
Etienne Tshisekedi a Kinshasa, precedemment relegue sans condamnation ni notification des
motifs justifiant pareille mesure.
Par la meme occasion, l'UDPS tient a devoiler les dessous des cartes de la position du
Conseil de Securite de l'ONU face au silence intolerable eu egard au genocide des Hutus au
Congo. De meme, la situation qui prevaut au Kivu doit etre evoquee.
1. Retour de Monsieur Tshisekedi a Kinshasa
Il ne s'agit ni d'un geste de bonne volonte de M. Kabila, ni de sa determination
d'abandonner la voie aventureuse dans laquelle, sans projet precis ni capacite requise,
depuis plus d'une annee, il a engage le Congo en personnalisant davantage chaque jour son
pouvoir par des coups d'Etat imaginaires et des complots sur mesure.
Le retour du Chef de l'opposition a Kinshasa avait pour but de servir de bouclier a M.
Kabila et ses commanditaires mouilles jusqu'au cou, dans le rapport de l'ONU sur le
genocide des Hutu au Congo par l'armee d'occupation a la solde des Etats-Unis d'Amerique.
De meme, les provinces du Kasaï ayant brille dans le passe par la desobeissance civile en
refusant la monnaie mise en circulation par Mobutu, il fallait
eviter que le franc congolais emis le 30 juin 1998 ne subisse le meme sort que le Nouveau
Zaïre de Mobutu.
C'est pourquoi, il etait imperieux d'eloigner M. Tshisekedi du Kasai pour accorder un peu
de chance au franc congolais.
La suite des evenements a demontre que le retour de M. Tshisekedi a Kinshasa n'est
nullement un signe d'ouverture du regime Kabila. Rendant compte a la population et a la
communaute internationale, dans sa conference de presse du 7 juillet 1998 dans laquelle il
a explique qu'il n'y a eu ni accord secret ni abandon des exigences de democratisation
lors de sa rencontre de Lubumbashi avec M. Kabila, pour toute reponse a cet exercice
elementaire de la liberte d'expression, plusieurs collaborateurs de M. Tshisekedi et
combattants de l'UDPS seront arretes. Leurs conditions de detentions sont preoccupantes.
Malgre la liberation d'onze d'entre eux, leurs conditions de detention sont preoccupantes.
Ils n'ont pas encore ete presentes a un juge; les services secrets de M. Kabila leur ont
demande de signer un acte selon lequel ils renoncent pour toujours a toute activite
politique. Et comme ils ont refuse d'etre avilis jusqu'a ce point, ils passeront demain
devant une cour martiale qui inventera un autre complot contre la securite de l'Etat.
Pour le regime Kabila, le retour de M. Tshisekedi a Kinshasa est un moyen efficace de
l'isoler tant de sa Base que de ses collaborateurs immediats, car, aujourd'hui, quiconque
entre dans la parcelle de Tshisekedi devient ennemi public du regime en place. Plus de
soixante-dix membres de l'UDPS Kinshasa et autres collaborateurs et sympathisants de M.
Thsisekedi ont ete arbitrairement arretes depuis son retour a Kinshasa, et leur detention,
en raison de leurs opinions, continue.
Protestant devant cette aggravation de la privation des libertes publiques et des droits
fondamentaux, l'UDPS appelle la communaute internationale a inscrire, dans les priorites
et urgences, la situation preoccupante du Congo afin que cesse cet etat de non droit pour
l'etablissement, sans delai, d'un Etat de droit democratique.
2. Position du Conseil de Securite de l'ONU face au genocide des Hutu perpetre au Congo
par les armees des commanditaires de Kabila
C'est pour la premiere fois dans l'histoire de l'humanite, alors que le criminel est connu
sinon reconnu, les juges, au lieu de prononcer la sentence, charge ce dernier de mener son
enquete et de leur designer le coupable!
Plus qu'une simple complaisance a l'endroit du regime de Kinshasa et de ses
commanditaires, il s'agit, ici, d'un mepris inadmissible a l'endroit de milliers des Hutu
morts dans des conditions inhumaines au nom de l'hegemonie d'une ethnie sur une autre.
Ceci rappelle curieusement et tragiquement une autre tragedie, hier, c'etait la traite des
noirs: des noirs vendaient contre le chanvre d'autres noirs; aujourd'hui, c'est par les
sud-africains interposes que les americains, au nom du triomphe de l'ideologie du libre
commerce,
encouragent massacres, crimes contre l'humanite ... en s'opposant systematiquement a toute
tentative de clarification de la tragedie interminable que connait le Congo.
Pour couronner ce jeu diabolique opposant des Noirs entre eux, une manoeuvre en cours,
orchestree par les USA et enregistree par l'Afrique du Sud en tant que caisse de
resonance, tend a evincer M. Garreton de sa charge de Rapporteur Special de l'ONU pour les
droits humains au Congo-Kinshasa , en raison de son independance d'esprit, pour le
remplacer par un africain: un Burkinabe est en lisse; sa docilite va etre recompensee,
ainsi sera-t-il moins tatillon et plus conciliant, sinon aveugle a l'egard du dossier de
violations des droits de l'homme au Congo-Kinshasa.
L'UDPS denonce cette nouvelle forme d'esclavage et invite la communaute internationale a
peser de tout son poids pour qu'un Tribunal international soit saisi pour continuer
l'enquete sur le genocide perpetrer au Congo-Kinshasa, et etablir les responsabilites en
chatiant, comme il se doit, les coupables.
3. Le cas particulier de la province du Kivu
Si le droit de la nationalite n'avait plus de raison d'etre, toutes les frontieres
s'ouvriraient, les irakiens pourraient ainsi librement s'installer aux USA; mais puisque
tel n'est pas le cas, chaque nation, pour assurer sa souverrainete defend l'integrite de
son territoire, l'UDPS continuera a defendre l'idee d'un Congo accueillant et uni dans ses
frontieres du 30 juin 1960.
Le Kivu a cesse d'etre sous le controle du gouvernement de Kinshasa. De la maniere la plus
officielle, l'armee ougandaise a installe son etat major a Butembo pour, soit disant,
mettre fin aux incursions rebelles sur son territoire. L'armee rwandaise, de son coté, se
comporte au Kivu comme en territoire conquis.
Ces armees etrangeres ont fait du Kivu une colonie de peuplement: des populations n'ayant
ni la nationalite congolaise ni l'intention encore moins le desir de l'avoir sont
installees manu militari et propulsees a des postes de responsabilite au detriment des
populations autochtones qui subissent brimade et relegation: les chefs coutumiers sont
arretes pour ainsi reduire au silence les veritables natifs du Kivu en particulier et du
Congo en general.
Il ne s'agit, pour l'UDPS, ni de proner la xenophobie hors saison, ni de refuser tout
brassage des populations amenant necessairement vers le progres de l'humanite, mais il
s'agit avant tout de defendre l'idee de l'Etat detenant un minimum de principes auxquels
chacun doit se soumettre au risque, finalement, d'accrediter l'idee de la jungle. Il
s'agit de defendre la Republique et non s'en prendre a tel ou tel autre pays voisin.
Si les rwandais et les ougandais trouvent qu'il y a avantage a devenir congolais, ils
doivent demander la nationalite conformement aux lois du pays, au lieu d'etre installes de
force sur le territoire congolais par leurs armees respectives, car pareille situation
n'amenera ni la paix ni un minimum de tolerance indispensable a la pacification des
communautes de base.
L'UDPS attire l'attention de la communaute internationale sur cette situation particuliere
de la province du Kivu, car les armees etrangeres qui sevissent actuellement au Kivu
attisent la haine et la division dont il faut craindre les consequences nefastes dans un
proche avenir.
4. Retour en force des mobutistes et des pratiques du mobutisme
Qui se ressemblent s'assemblent, dit-on. Un vaste complot ourdi par Kabila appuye par les
mobutistes voit le jour: ceux que Mobutu et sa bande de predateurs avaient enferme en
raison de leurs opinions se trouvent de nouveau en prison, aujourd'hui.
Les mobutistes de triste memoire qui n'avaient pour principe de direction du pays que de
la violence, sont revenus aux commandes du pays en pronant, au profit de Kabila, les
methodes repressives appliquees hier encore pour soutenir le dictateur Mobutu.
Le sieur Leta organisant les escadrons de la mort, specialite qui lui a valu l'ascension
sous Mobutu, Sakombi Inongo, quant a lui, ne se preoccupant que des aspects de la
personnalisation du pouvoir du Chef de l'Etat, tous deux sont revenus en service actif en
reproduisant les schemas d'hier.
Ainsi donc, la culture de l'impunite s'enracine, la corruption redevient une vertu pour
faire longue carriere. Pire encore, les criminels notoires, en raison de leurs affinites
tribales avec le Chef de l'Etat, sont recompenses: M. Kyungu wa Kumuanza, genocidaire bien
connu du peuple kasaien, est promu ambassadeur et va bientot representer le Congo ...
L'UDPS voudrait sensibiliser la communaute internationale que M. kabila et ses
commanditaires en voulaient a la personne de Mobutu uniquement, car tous les travers
reproches a ce dictateur disparu sont reproduits au quintuple, aujourd'hui. Apres Mobutu
egale avant Mobutu. Rien n'a change au Congo, c'est pourquoi l'UDPS invite la communaute
internationale a manifester sa solidarite a l'egard de la lutte heroique du peuple
congolais par l'instauration d'un ordre democratique et, par ricochet, un Etat de
droit.
La gestion aventureuse et catastrophique de M. Kabila n'est plus a demontrer. Outre
l'implosion du pays que cette gestion risque d'entrainer, il faut craindre egalement la
generalisation de l'instabilite de la Region des Grands Lacs.
5. Position de l'UDPS
- Il n'y aura ni accord secret sacrifiant la democratisation du pays au profit des postes
politiques ephemeres, ni transaction quant a l'exigence de l'instauration d'un Etat de
droit, car la paix veritable et le developpement du pays en dependent.
- Le patrimoine democratique acquis au prix du sang par notre peuple ne peut faire l'objet
d'aucune negociation. Il s'agit notamment:
a) du fonctionnement de la societe congolaise, comme tout Etat democratique moderne, en
partis politiques et societe civile;
b) des mecanismes naturels de controle de pouvoir (partis politiques, presse libre,
organisations de defense des droits de l'homme, eglises, syndicats, organisations des
etudiants et des professeurs de l'Universite...);
c) le respect des libertes politiques et civiles et des droits fondamentaux de la personne
humaine.
- La solution durable a la crise actuelle passe necessairement par le desarmement des
bandes et fractions armees operant en ordre disperse, et le jugement et l'arrestation du
genocide qui est, il faut le souligner, le ventre mou de la Region des Grands Lacs.
- La liberation sans condition de tous les prisonniers politiques.
- La liberalisation de toutes les activites politiques.
- L'elaboration d'un cadre juridique reconciliant pour l'exercice du pouvoir de l'Etat,
cadre juridique devant regir le pays et auquel toutes les parties doivent se soumettre.
- Les pressions de la communaute internationale sur les gouvernements americain et
sud-africain, afin qu'ils cessent tout soutien direct ou indirect au regime de Kinhasa,
permettront d'accelerer la solution durable a la crise actuelle.
Ainsi fait a Bruxelles, le 22 juillet 1998.
Pour le Bureau de Representation,
Dr Francois Tshipamba Mpuila,
Representant
Adresses de contact:
- Representant: Dr François Tshipamba Mpuila
8 Pachthof, 3010 Leuven, Tel.32-16-259781,GSM 075-932302
- Representant-Adjoint: Ir Victor Nzuzi Kabamba
16A Rue de Moscou, 1060 Bruxelles, Tel.32-2-5390536
- Directeur du Cabinet: Dr Ir Gregoire Mbuyi Kamba
34 Route du Longchamp, Tel.32-10-452212
- Fax 32-10-453382
- E-mail: repre.udps.belux@pophost.eunet.be
- Site: http://www.udps.org
- Compte: 001-2916880-69
Grégoire Mbuyi Kamba
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