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Appel à la mobilisation contre l'instauration de l'esclavage au Congo/Kinshasa par l'AFDL
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Grégoire Mbuyi Kamba
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Marche ce 27 juin 1998 à Bruxelles :

- Heure et lieu de rencontre: 13h00' a la porte de Namur (Ixelles)

- Itinéraire: Porte de Namur-Ambassade de l'AFDL (rue Marie de Bourgogne)

Ref.: RBL/UDPS/PR/O44/98

1. Introduction

A partir de quelques cas reels et concrets, l'UDPS demontre, dans cette note, comment M. Kabila et l'AFDL tentent, a l'instar de M. Mobutu et du MPR et de façon systematique et methodique, de reduire le peuple du Congo-Kinshasa a l'etat d'esclavage.

L'esclavage est la condition d'une personne a) qui n'est pas libre, b) qui est sous la puissance absolue d'un maitre, c) qui est soumis a une autorite tyrannique (cfr Le Robert pour tous, mai 1995). Dans l'antiquite, les romains reduisaient les vaincus en esclaves. Par ailleurs, en 1685, le ministre Colbert a edicte, sous Louis XIV, le Code noir, comprenant soixante articles, qui constituaient le premier statut juridique de l'esclave: parmi les punitions reservees a l'esclave, on trouve la peine du fouet, les oreilles coupees, le jarret coupe, la peine de mort; en outre, on trouve que l'esclave ne peut rien posseder qui ne soit a son maitre et que son temoignage en

justice n a pas de valeur.

2. Les faits

Voici quelques faits decrivant le comportement de M. Kabila et de l AFDL a l egard de notre peuple.

2.1. Les mutilations

Le 19 mai 1997, a Barumbu, un militaire de l'AFDL a coupe, avec une baionnette, le majeur droit d un detenu qui avait fume de la marijuana; le 20 mai 1997, a Kalamu, un jeune homme accuse d avoir vole un pneu a ete blesse au torse avec une baionnette; un detenu a eu les doigts brises a coups de fusil; un autre a eu la machoire brisee; a Goma, le 26 mai 1997 et les jours suivants, 47 personnes ont subi des sevices graves; quelques jours apres la prise de Kisangani, deux femmes ont eu des oreilles coupees pour n avoir pas suivi le taux de change fixe par l'AFDL.

2.2. Le fouet

- Dix journalistes ont ete arretes, le 28 novembre 1997, par les elements de la "PIR" (Police d intervention rapide) parce qu ils avaient assiste a la conference de presse de M. Arthur ZAhidi Ngoma, president national du mouvement politique "Les Forces du Futur". Ils ont ete amenes sur le perron exterieur du batiment central de l ex-Circo en presence de nombreux badauds civils et policiers de deux sexes ou ils ont ete publiquement deshabilles et soumis a la serie de 40 coups de fouet sur le dos, les fesses et les cuisses pendant que leurs tetes, bras et pieds etaient ecrases par les agents de la "PIR".

- Samedi le 6 decembre 1997, 4 etudiants de l Universite de Kinshasa, partis rendre visite aux prisonniers politiques a l'ex-prison de Makala, ont ete arretes par les militaires de l'AFDL, puis ils ont ete deshabilles, lies aux bancs et fouettes devant tous les prisonniers obliges d'assister au spectacle.

- En avril 1997, M. Muzinga, habitant a Kiseguru (Rutshuru), a reçu, des militaires de l'AFDL, 250 fouets sur le ventre et en est decede le lendemain.

- En juillet 1997, MM. Mandefu et Muhoza, habitant au Nord-Kivu, ont reçu, des soldats de l AFDL, 100 coups de fouet au ventre.

- Le 12 mars 1998, M. Gregoire Mukuna, membre de la Direction politique de l UDPS, a ete saisi dans sa maison par dix militaires de l AFDL qui l ont ligote, tabasse, fracture le bras et fouette plusieurs fois en reclamant les documents de l'UDPS. N'ayant pas recu de lui les documents exiges, les dix militaires ont viole ses deux filles en presence des membres de la famille.

 

2.3. Les executions sommaires

- Massacre de plus de 200000 personnes (refugies rwandais et deplaces congolais) pendant la guerre dite de "liberation".

- Le 11 mars 1997, la population de Mushabambwa, village de la collectivite de Bwito, territoire de Rutshuru, a ete invitee a un rassemblement par les autorites militaires de l AFDL. Alors qu ils attendaient un message de nouvelles autorites, les paysans ont constate qu ils avaient ete encercles par les soldats qui leur tiraient dessus a bout portant. Les seuls survivants sont ceux qui etaient laisses pour morts.

- Le 12 avril 1997, les militaires de l AFDL ont massacre des dizaines de paysans dans la localite de Muja, territoire de Nyragongo, apres les avoir rassembles sur la place du village.

- En aout 1997, au moins 23 personnes ont ete tuees a Kyondo et enterrees dans des fosses communes par groupes de 7 sur la place appelee Centre et plus de 150 pecheurs et membres de leurs familles ont ete abattus dans le village des pecheurs de Kyavinyonge.

- En fevrier 1998, la ville de Butembo a ete encerclee pendant trois jours par les soldats de l AFDL secondes par les soldats rwandais du FPR. Chaque maison a ete perquisitionnee et tous les hommes, adultes et enfants, tues.

Il y a eu plus de 300 morts.

2.4. Les expropriations

- Au Nord-Kivu, des paysans de Bwisha dans la zone de Rutshuru signalaient que, depuis le 18 fevrier 1997, ils sont regulierement pries par les autorites de l'AFDL d abandonner leurs champs au profit d eleveurs Tutsi armes qui arrivent par dizaines du Rwanda et de l Ouganda avec leurs troupes.

- L'Anaddem-F a signale, dans un rapport sur les biens mal acquis, que les dignitaires de l AFDL ont exproprie, en six mois, 1031 villas et appartements et ravi 3737 vehicules a Kinshasa. Tous ces biens saisis ont ete arbitrairement attribues a des individus membres de l AFDL, aux dignitaires du nouveau regime et a leurs parents. C est le cas notamment de plusieurs appartements du Building Wagenia situe pres du Beach Ngobila dans la commune de la Gombe qui ont ete liberes de force le 24 juin 1998 et occupes par les elements de l'AFDL et leurs amis. Des familles entieres ont ete jetees dehors sans menagement. L'appartement n° 10 de cet immeuble est occupe par une des multiples copines de M. Ramazani, inspecteur charge de securite de l AFDL pour la ville de Kinshasa. L appartement n° 27 est occupe par le medecin de M. Kabila qui a confisque tous les biens du precedent occupant et les a vendus sans scrupule.

2.5 Violences faites aux femmes et aux enfants

- Le 3 mai 1997, Mlle Solange Machozi Beni, 18 ans, eleve a l Institut Masisi, en route pour Goma a ete violee durant la nuit par plusieurs militaires de l AFDL au niveau de la barriere de Mustaki, au Nord-Kivu.

- Le 28 mai 1997 a Kinshasa, Mlle Giselle Fatuma Cheka, une adolescente a ete violee sous menaces d armes par un soldat de l AFDL en presence des habitants scandalises du camp DUMEZ a Kitambo/Magasin.

- Le 27 juin 1997, deux ecolieres d environ 15 ans dont l une nommee Francine revenant des cours ont ete interpellees et violees par les soldats de l AFDL occupant l une des residences du General Kikunda en face des alimentations Leydia, Quartier Funa, Commune de Limete...

- Le 2 juillet 1997 a Katako, Nord-Kivu, Mme Sakina Afia, epouse de M. Yole Mukela, a ete arretee par les militaires de l ADFL, et dans la nuit du 2 au 3 juillet 1997, elle a ete violee par un soldat de l AFDL et a contracte une violente maladie sexuellement transmissible.

- Le 10 juillet 1997, Mlle Cecile Rukiranye, fille de Samuel Mardad a ete violee par les militaires de l AFDL devant ses parents dans la parcelle familiale.

- Toujours au mois de juillet 1997, la Ligue pour la Defense des Droits des Eleves et Etudiants signalait le cas d une ecoliere de 11 ans violee par un groupe de militaires de l AFDL d un camp de l Ouest de Kinshasa et une embuscade tendue aux abords d une ecole des filles a la Cite Pumbu, Commune de Selembao s etait soldee par l enlevement des cinq ecolieres qui ont ete violees par un groupe de militaires durant trois jours. L'une d'elles en est sortie dans un etat tres critique.

- Le 23 aout 1997 a Rugetsi, Nord-Kivu, un soldat de l AFDL a abattu a bout portant Mlle Kahindo Ndungo, 15 ans, puisqu elle avait resiste a une tentative de viol.

3. Conclusion

Les cas ci-dessus cites et choisis parmi tant d'autres demontrent suffisamment que les Congolais sont traites par l AFDL comme des etres sans dignite, sans volonte a exprimer, sans liberte ni droit, c est-a-dire des esclaves.

L UDPS rappelle que les mutilations dont etaient victimes les congolais, sous Leopold II, avaient provoque la campagne antiesclavagiste contre le souverain belge de 1887 a 1907. Dix ans durant, ces atrocites incarnerent pour l opinion humanitaire europeenne le scandale du siecle, la honte internationale. Une Commission d Enquete Internationale fut envoyee au Congo le 24 juillet 1904 et publia un rapport accablant sur Leopold II en novembre 1905. Leopold II fut depossede du Congo qui cessa d etre le "domaine" de Leopold II et devint la colonie de l Etat belge en 1908. L'UDPS rappelle egalement que l usage du fouet au Congo avait pris fin avec l'independance en 1960.

Par ailleurs, l'UDPS reaffirme que l AFDL tente d'imposer au Congo-Kinshasa un systeme fasciste, barbare et archaique par rapport au projet de societe issue de la CNS. En effet, adherant totalement a la Declaration Universelle des Droits de l'Homme, la CNS avait, notamment dans l Acte de Transition, stipule:

- Art. 9: La personne humaine est sacree. L Etat a l obligation de la respecter et de la proteger. Toute personne a droit a la vie et a l'integrite physique. Nul ne peut etre soumis a la torture ni a des traitements inhumains ou degradants. Nul ne peut etre mis a mort si ce n est dans les cas prevus par la loi et dans les formes qu elle prescrit.

- Art. 10: La Republique du Congo garantit l'exercice des droits et libertes individuels et collectifs, notamment les libertes de circulation, d entreprise, d information, d association, de reunion, de cortege et de manifestation...

- Art. 11: Tous les congolais sont egaux devant la loi et ont droit a une egale protection des lois...

- Art. 12: (...) Nul ne peut etre tenu en esclavage ou en servitude ou dans une condition analogue...

- Art. 13: La liberte de la personne humaine est inviolable. Nul ne peut etre poursuivi, arrete ni detenu qu en vertu de la loi et dans la forme qu elle prescrit. (...) Toute personne accusee d une infraction est presumee innocente jusqu a ce que sa culpabilite ait ete etablie par un jugement definitif...

Soutenant les resolutions de la CNS et disant non a l esclavage que tente d instaurer M. Kabila et l AFDL, l UDPS appelle tous les hommes de bonne volonte, militants des droits de l homme, syndicalistes, membres des partis politiques, societe civile, hommes d Eglises, femmes et hommes politiques, humanistes a de se joindre a elle pour rappeler aux nations nanties de ce monde l interdependance des droits fondamentaux de tout etre humain et la solidarite qui doit caracteriser les nations pour lutter contre le retablissement de toute forme d'esclavage.

L UDPS appelle a la solidarite avec les peuples meurtris de la region des Grands Lacs et demande a toutes les personnes de bonne volonte de:

- se coaliser pour denoncer le retablissement de l'esclavage au Congo-Kinshasa,

- faire traduire M. Kabila devant la justice internationale pour crimes contre l'humanite,

- exiger :

  1. le retablissement, sans delai, des libertes publiques et des droits fondamentaux,
  2. b) la mise en place d un cadre politique accepte par la majorite de congolais ainsi qu un gouvernement d'union nationale representant toutes les tendances politiques pour conduire le peuple vers les elections libres et democratiques,
  3. la liberation sans condition de tous les prisonniers politiques et la rehabilitation immediate de toutes les associations des droits de l'homme arbitrairement dissoutes,
  4. la prise des sanctions severes et fermes en cas de refus pour ne pas donner l'impression que seuls les peuples albanais, bosniaques et yougoslaves peuvent beneficier du soutien de la Communaute internationale, et non les peuples d'Afrique.

Tel est le sens de la marche de ce samedi 27 juin 1998, dire non a l esclavage instaure au Congo-Kinshasa par la bande a Laurent-Desire Kabila, et soutenir le peuple congolais dans sa lutte heroique pour le retablissement de ses droits fondamentaux.

Ainsi fait a Bruxelles, le 18 juin 1998.

Pour le Bureau de Reprsentation

Dr Francois Tshipamba Mpuila

Representant

 

Adresses de contact:

- Representant: Dr Francois Tshipamba Mpuila

8 Pachthof, 3010 Leuven, Tel. 32-16-259781, 0477-414052

- Representant-Adjoint: Ir Victor Nzuzi Kabamba

16A Rue de Moscou, 1060 Bruxelles, Tel. 32-2-5390536

- Directeur du Cabinet: Dr Ir Gregoire Mbuyi Kamba

34 route du Longchamp, Tel. 32-10-452212

-Fax 32-10-453382, Adresse E-mail repre.udps.belux@pophost.eunet.be   ,

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