| Les Hutus sont-ils les
damnés de la terre ? |
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| L. Mbengi J. |
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Les Hutus constituent 85% de la population
du Rwanda et du Burundi. Dans tout autre pays, c'est à eux qu'on demanderait de respecter
la minorité. Mais, ils vivent comme une minorité, des citoyens et citoyennes de seconde
zone dans leurs propres pays! Les Tutsis ont tout et la repartition de la richesse
nationale est l'inverse de celle de la population.
Le problème est d'abord rwandais et burundais, c'est vrai. Mais, on dit que quand ça
brule chez le voisin, il faut savoir prendre ses dispositions pour que le feu n'atteigne
pas votre maison. Le feu a déjà atteint l'ex-Zaïre qui compte aussi des Hutus dans sa
population.
Rien ne peut excuser un massacre, un génocide surtout. Cependant, on devrait aussi
s'interroger sur les mobiles profond qui ont amené les Hutus à cette extremité. Les
extremistes hutus n'ont fait qu'exploiter la frustation trop longtemps ravalée des Hutus.
C'est connu et tout le monde sait que tant que la justice et la démocratie ne
prévaudront pas, les situations explosives seront toujours à redouter. Mais, il semble
que le monde était plutôt content de ne voir dans les Hutus que des génocidaires pour
mieux les banir et les ignorer.
Mais, voilà qu'à leur tour, ils sont victimes de massacre l'année dernière dans l'est
de l'ex-Zaïre! Déjà, lors de la "chasse aux Rwandais" à Kinshasa et dans
certaines autres villes consécutive au début de l'offensive des troupes de Kabila
appuyées par l'armée rwandais à majorité tutsi, on a semblé ne pas voir que les Hutus
aussi n'avaient pas été épargnés, qu'on ne faisait pas de différence entre les
Rwandais! On allait même jusqu'à les présenter comme des amis et des protégés de
Mobutu comme si l'amitié entre deux dictateurs impliquaient leurs populations. Et cette
façon de voir compliquait aussi la vie aux Hutus: Mobutu était détesté, ses amis ne
pouvaient que l'être aussi.
Lors de sa guerre pour chasser Mobutu du pouvoir, Kabila avait parlé du massacre des
Hutus comme d'un "petit problème". Il l'a dit et toute la presse l'a rapporté.
Complices et même exécutants de la volonté vengeresse de ses maîtres de Kigali, Kabila
l'a été et l'est encore. La guerre terminée, il est devenu leur otage. Ce n'est pas
pour rien qu'il s'est opposé à l'enquête de l'ONU. Il doit continuer à protéger ses
maîtres et poursuivre la besogne qu'on lui a assignée. L'entourage tutsi qu'on lui a
flanqué est là pour veiller. Un sondage réalisé il y a quelques mois à Kinshasa a
revelé que la majorité de la population congolaise croit qu'il est aux ordres du pouvoir
tutsi de Kigali et de Museveni.
Dans ces conditions, les Hutus, qu'ils soient du Rwanda, du Burundi ou du Congo n'ont rien
à attendre de ceux qui dirigent actuellement leurs pays. On voit mal Kabila verser une
larme pour un Hutu ou encore le protéger des Tutsis. Le voudra-t-il que ses maîtres et
son entourage tustsi l'en empêcheront.
Qui sauvera les Hutus ? Le rapport de l'ONU dont on attend incessamment la publication oit
tenir compte d'eux aussi.
L. Mbengi J.
Toronto (Canada) |
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