Chers compatriotes,En tant qu'un membre de la nouvelle génération Zaïro-Congolaise,
je veux partager cette petite réflexion avec les miens (confrères et consoeurs). En tant
que jeunesse de ce beau pays "le Congo( Zaïre)", j'estime qu'il est temps de se
questionner sur la tournure des débats qui prennent ce dernier temps une pente si
inquiétante. Nous devrions aussi être capable d'analyser son impact sur notre avenir.
Les querelles intarissables de tous ces vieux politiciens, mobutistes ou pas, ne doivent
pas à prime à bord nous désillusionner ni nous désorienter. Je pense qu'en tant que
jeune et futur dirigeant de ce géant et beau pays envié par nos voisins, nous devrions
déployer nos énergies à bâtir une fondation solide laquelle garantirait un avenir
meilleur et celui de la génération future.
Nul ne peut oublier les torts qu'avaient causés le
régime abusif et dictatorial de Mobutu à cette même jeunesse que nous sommes
aujourd'hui. La majorité d'entre nous avaient vu leurs conditions socio-économiques se
fondre, l'espoir s'est transformé en cauchemar etc. Tout le monde vivait dans l'espoir de
vaincre le diable un jour. Cet espoir s'est vite envolé quand nous avions remplacé à la
date du 17mai 97, un diable par un autre diable au nom Lucifer, Satan.
Leur longue marche vers la victoire militaire, les
étrangers sous la silhouette de Kabila, avaient réussi à détourner la réalité, en
présentant la rébellion au Kivu comme une solution à cette dictature de Mobutu. Leur
cible avait été atteint car, noyé par les conditions de vie insupportables, une
interminable transition, une opposition trop divisée et affaiblie, le peuple zaïrois
s'est retrouvé jeté seul au milieu du fleuve Zaïre. C'est dans cette lutte de survie ou
de mort dans le fleuve, qu'il avait vu un crocodile en train de traverser, sans
réfléchir ni demander sa destination, s'est vite accroché à sa queue dans l'espoir
d'arriver à la rive du fleuve. Pour lui (peuple Zaïrois), l'essentiel était de se
sauver de cette noyade. Il a oublié qu'il y a un prix à payer et que ce n'est pas par
charité ni par amour de Dieu que le crocodile lui a tendu sa queue comme sauvetage.
De cet énigme, posons-nous maintenant la question de
savoir si réellement nous sommes arrivés à la rive du fleuve ou pas? Si non, pourquoi?
Que devons-nous faire pour éviter cette noyade afin de retrouver cette dignité et la
paix retrouvée dont nous a fait chantées Mobutu pendant des longues années?
Les gens semblent oublier ou ne pas vouloir faire
attention aux intentions réelles du crocodile: celle de se trouver une terre. Il y a
risque que ce crocodile, une fois totalement affamé et convaincu de la faiblesse de
ceux-là qui se battent encore pour être rescapé, va accélérer, puis passer à
l'action d'avaler les derniers survécus. C'est à ce moment que l'occupation sera
effective. Trop tard, peut-être pour les uns et...pour les autres.
Qu'en est-il au juste? Les gens et surtout la diaspora
Zaïro-Congolaise, continue à entretenir une obsession ou phobie mélancolique du
Mobutisme comme si ce dernier reste encore notre préoccupation. C'est de la paranoïa
pure et simple. Les exemples en disent beaucoup, le kabilisme et le mobutisme sont tous
pareils. En devenant paranoïaques du mobutisme, nous ratons clairement le cible de la
lutte pour légitimer l'occupation Tutsi, qui dés le début de la guerre dite de
"libération", s'étaient enkysté sous prétexte de faire partir Mobutu.
Devenons-nous continuer à être trompé et dupé par Kabila et ses épouvantails Tutsi,
qui refusent de congoliser le pays, en confisquant les droits et la liberté de peuple
auxquels il s'est battu depuis les trente-deux ans?
Vous conviendrez aujourd'hui, notre priorité ne doit plus
être la chute du Mobutisme comme si ce dernier détient encore le pouvoir. En tant que
jeunes et cadres de demain, nous devrions nous rassurer si les bases ou les jalons d'un
état de droit en construction, dit-on sont réellement posés. Or, la junte militaire au
pouvoir, essaye de nous distraire, en faisant croire que le mobutisme constitue encore une
grande menace. C'est faux. C'est une tactique de vouloir maintenir notre peuple dans une
nouvelle forme de colonisation africaine dite "tutsilisation ou himalisation".
Les tutsi de l'Ouganda, du Rwanda, de l'Erythrée, Ethiopie et même de la Somalie etc,
avec comme chefs de fil Museveni et Kagame ne cachent pas leur vision totalitaire et
l'intérêt qu'ils ont pour exploiter notre pays.
Le traitement inhumain réservé à nos compatriotes
emprisonnés tels que les leaders des partis politiques (Etienne Tshesekedi, N'Goma
Arthur...), les membres de la société civile et tous les autres activistes de la
démocratie, devrait nous faire réfléchir et essaie de redynamiser notre lutte. Je suis
convaincu que si le pays est démocratisé et congoliser (le Congo aux Congolais), même
les soi-disant mobutistes n'auront plus de choix que s'inscrire dans ce nouveau style de
vie à la Congolaise. D'ailleurs, cela l'esprit du texte de la Conférence Nationale
Souveraine(CNS) que réclame toute l'oppositions de toute tendance politique confondue.
Cette troisième république, doit être un état de droit et Prosper, car le pouvoir
appartient au peuple qui décide par voix d'élection libre et transparente. La meilleure
façon d'empêcher les mobutistes de reprendre le pouvoir, c'est de démocratiser le pays.
Sinon, comme avait chanté Koffi Olomide "Nzela ya mokuse yo"(le court chemin)
va s'appliquer. Personne ne les empêchera s'ils décidaient de reconquérir le pouvoir,
en utilisant le court chemin. Si les mobutistes avaient entendu et compris les cris de
peuple, ils ne seraient pas arrivé à cette fin tragique et humiliante, d'être léché
par son peuple. Kabila risque aussi de subir le même sort, parfois peut-être le plus
tragique ou douloureux que celui de ses prédécesseurs. On dirait que l'expérience ne
nous apprend rien. Pourquoi s'acharner contre les Mobutistes? Kabila est-il différent de
Mobutu? Beaucoup ont commis une erreur de penser que le départ de Mobutu serait la
solution au problème. Mobutu est mort mais les problèmes persistent. D'ailleurs, c'est
beaucoup plus aigu qu'avant.
J'invite au Zaïro-Congolais de ne pas se laisser
distraire par les manoeuvres dilatoires des occupants (étrangers) et de Kabila. En date
du 23 février 98, sur les ondes de radio BBC, Miller Ruhimbika, le représentant et le
porte-parole des Tutsi au Zaïre a déclaré: "La guerre de libération est terminée
et que la guerre d'occupation commence car Kabila est pire que Mobutu". Je partage
ces propos, malgré que nos conclusions soient diamétralement opposées. Rien de plus
dégradant et humiliant pour une nation (autrefois respectueuse) de voir s'envoler en un
clé d'oeil sa dignité au détriment de celle qui autrefois se considérait subalterne.
Bien que le mobutisme soit fatale, le kabilisme quant à
lui est pire de toutes les duperies, car il est en train de tuer l'âme des
Zaïro-Congolais. Un peuple sans dignité, chers compatriotes, est un peuple au minuscule,
sans souffle ni existence. La tutsilisation du Congo-Zaïre est inacceptable. Je qualifie
ce nouveau type de colonisation d'odieux et de grande honte pour nous congolais (y compris
moi-même) par le fait que soyons minorisés et ignorés sur notre propre territoire par
ceux-là que nous avions hébergés, nourris et instruit au frais des contribuables. Voila
pourquoi, j'accepterais si on m'offrait une seule alternative, la dictature par et pour
les Congolais que celle imposée par les étrangers.
Les gens doivent savoir que Kabila n'a pas aussi des mains
propres. On pourrait lui demander de restituer les bien mal qu'il avait acquis pendant
toutes ses années de maquis. Trafiquant et fraudeur de haut calibre, il avait réussi à
échapper au contrôle de fisc national pendant plusieurs années dans ses trafics de l'or
et des ivoires du Kivu. Ses activités illicites devraient aussi faire l'objet d'une
enquête. S'il y avait justice, Kabila devrait aussi répondre de ses actes devant sa
propre commission chargée d'enquêter sur les biens mal acquis.
Pour terminer, je fais appel aux jeunes de faire preuve de
pragmatisme et de jugement. La politique d'exclusion est la pire de toute. Elle ne résout
aucun problème mais au contraire elle permet la radicalisation et la frustration des
esprits. La reconstruction du Congo-Zaïre doit absolument passer par l'instauration d'un
état de droit, la liberté et la démocratie. Or, Kabila joue le jeux des étrangers en
excluant ses propres frères et soeurs à la gestion du pays. Voila le mal de ce pays. Les
Tutsi cherchent désespérément à créer un autre virage, comme ils l'ont fait au début
de la guerre soi-disant de "libération", voulant délibérément tromper la
communauté internationale que le problème du Congo n'est pas politique et militaire mais
plutôt ethnique ou tribal. Attention chers compatriotes, pour ne pas tomber dans leur
filet.
Justin Materania (