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Editorial de La Nouvelle Présence Congolaise
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Mangalaboyi Jacques (Lille, CERDEC)
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La Nouvelle Présence Congolaise est une journal publié depuis août 1997 par le Centre d'Etudes et de Recherche sur le Développement du Congo (CERDEC). Vous pouvez vous le procurer en écrivant à l'adresse suivante (contre un timbre de 3FF) : CERDEC s/c FAAF, 68, rue du Marché, 59000, Lille, France. Voici l'éditorial du mois d'avril :

Journal d’Opinion et d’information de la Communauté Congolaise - N°9 du 30 Avril 1998

EDITORIAL

Vive Kalombo !

Le premier anniversaire de l’arrivée de Kabila au pouvoir sera commémoré bientôt. En douze mois de gestion du pays, beaucoup de choses ont été dites, aussi invraisemblables les unes que les autres. Certains d’entre nous éprouvent quelques motifs de satisfaction, d’autres, par contre, se sont résolument rangés dans l’opposition radicale, critiquant tout ce qui, de près ou de loin, peut être mis au crédit du gouvernement de transition (car il s’agit bel et bien d’un gouvernement de transition). Bien sûr, tout est relatif si l’on considère la bouteille à moitié pleine ou à moitié vide. Bien que se rapportant à la même réalité, les deux points de vue ne relèvent pas du même intérêt, et c’est à ce niveau que chacun devrait se positionner. Nous, nous sommes placés du côté de la moitié pleine.

Depuis le début du changement, notre démarche a toujours été constructive. Personne ne peut le nier. Mais nous n’avons jamais hésité à interpeller le nouveau régime par nos différents billets d’humeur et analyses pertinentes parues régulièrement ici. Et notre fascicule " Contribution du CERDEC à la Reconstruction du Congo " constitue, avec la NPC, une preuve de notre détermination à défendre les libertés du peuple congolais et aussi les réalisations du gouvernement. Personne ne nous empêchera de continuer dans cette voie. Que nos lecteurs se rassurent, mais qu’ils n’hésitent pas à nous le faire savoir, d’une manière objective. C’est parce que nous avons toujours été dans le sens du progrès que nous voudrions exprimer maintenant notre inquiétude au sujet d’un certain nombre d’événements, portés à notre connaissance ce dernier temps, et que nous n’apprécions guère.

1) Quelle a été réellement la mission confiée à la Commission Constitutionnelle ? Etait-elle dans son rôle de dresser une liste de personnes exclues de tout mandat électif ? Le pouvoir doit faire très attention. A ce petit jeu-là, les opposants systématiques auront vite trouvé quelque raison farfelue (ils ont une imagination débordante pour cela) de contester les gouvernants actuels. L’ambition du gouvernement est d’instaurer les bases d’un Etat de droit. Certes, le travail sera de longue haleine, mais ce n’est pas avec des telles mesures ou des propositions mal ficelées qu’il y parviendra. Le peuple congolais a beaucoup souffert de l’arbitraire pour qu’il s’y soumette une fois de plus. Dans un Etat de droit, la décision d’inéligibilité est du ressort des tribunaux. Ce n’était pas à la Commission d’en décider. Loin de nous l’idée de défendre certaines personnes dont les noms ont été repris sur cette liste. Nous sommes convaincus que beaucoup d’entre elles, au regard des méfaits commis, ne devraient même pas, de leur propre chef, se présenter à une élection, mais encore faut-il qu’elles aient conscience de leurs crimes, et surtout de leur incompétence avérée. Rien que l’idée d’une candidature de ces personnes est une injure au peuple congolais, un mépris pour cette population qu’elles ont saignée jusqu’à la moelle.

2) Mais que vient donc faire ici cette histoire de saisie d’armes au consulat de Belgique à Lubumbashi alors que le gouvernement a d’autres chats à fouetter ? Si les autorités congolaises, selon les informations qu’elles nous ont elles-mêmes données après cet incident, ne sont plus capables de défendre leur position, alors il s’agit là d’une maladresse. Sincèrement, nous souffrons que le ministre de l’information en ait fait les frais, n’ayant pas été autorisé à se rendre en Belgique. Un tel affront est stupide, puisqu’il était facilement évitable.

3) Comment expliquer enfin que trois détenus aient facilement pu s’évader d’une prison de haute sécurité ? Depuis, il semble qu’ils aient été rattrapés. Certes, on peut toujours discuter des chefs d’accusation pour lesquels ces compatriotes ont été emprisonnés. Mais s’il n’est pas possible de les garder en prison, il faut trouver une solution raisonnable et honorable à leur situation. En tout cas, le gouvernement a l’obligation d’assurer leur sécurité.

On peut encore continuer la série...

Heureusement que, dans de tels moments de tristesse, de déprime, il y a une lueur d’espoir qui réveille notre patriotisme... Oui, notre compatriote, l’athlète Kalombo Mwenze, a remporté une victoire importante ... derrière le kenyan Jackson Kabinga. Et dans un des plus grands marathons du monde, celui de Paris ! Et, comme la cerise sur le gâteau, il s’est permis, avec le Kenyan, de battre le record de l’épreuve (2h 10’). 2h 9’ 53’’ est le chiffre que nous devons retenir cette année. Voici un exemple à suivre, comme les Simba lors de la CAN 98. Une chose est sûre : Kalombo ne s’arrêtera pas en si bon chemin, d’autres victoires (d’autres sources de joie donc) se profilent à l’horizon. Que Vive Kalombo !

La Rédaction

Jacques Mangalaboyi,

CERDEC

s/c FAAF

68, rue du Marché

59000 Lille, France.

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