Mes chers frères Zaïrois ou
Congolais, peu importe le nom que vous vous coller, la réalité du moment va au-delà de
la dénomination. Quand on patauge dans la mer... peu importe le nom que l'on porte, on y
est tous.La faim, la mort, l'humiliation la
désillusion.
J'ai 24 ans et je n'ai que ça. Le fléau Mobutu a
empoisonné ma jeunesse, mes espoirs et mes rêves ont tous été détruits un à un. Je
suis un mort vivant, réduit à magouiller avec l'immigration, les boulots abrutissants,
les combines de toute sortes, et j'en passe.
Mobutu n'est plus, vive Kabila et vive mon désespoir!!
Mon calvaire et mon exil est loin d'être fini.
Je suis encore ici, loin de chez moi, loin des miens.
Pourquoi je ne rentre pas? Je finirai par le faire si comme plusieurs avant moi l'ont fait
et comme eux, je me laisse écraser par ce système qui m'aura eu à l'usure.
Parce que Kabila me rappelle "vaguement et
étrangement" quelqu'un que j'ai connu, je suis donc en droit d'être méfiant. Quand
Mobutu a pris le pouvoir, je n'étais pas encore né. En 70, paraît-il que, le rêve
était permis, je suis le résultat réel du "rêve Zaïrois" un véritable
cauchemar. Nous sommes des millions de jeunes ("bana série 7") dans cette
situation. Ce que je vois aujourd'hui dans notre cher pays me rappelle l'Histoire des
années 60 que j'ai apprise à l'école. L'occident déboulonne le gars qui ne fait pas
son affaire, arme un autre et l'institue "chef de l'état". L'autre se
révèlera être un idiot, car il faut qu'il soit idiot pour que ces étrangers volent,
violent, dilapident en toute impunité, ses frères, ses enfant et ses parents. Le manque
d'intelligence et la bêtise sont les critères qui ont déterminé le choix du chef en 65
et ce sont-là les mêmes conditions qui ont déterminé notre
"bien-aimé-autoproclamé-démocratiquement" président. Les intellectuels le
savent, les ministres, le savent, les opposants le savent, tout le monde le sait. Et
Kabila lui-même le sait. Rappelez-vous de son allocution le jour de son avènement, il en
revenait tout simplement pas.
Autoproclamation et démocratie sont paradoxaux!!!!
Tant que moi, en tant qu'individu anonyme parmi tous les
individus de mon cher pays ne serait au centre de la préoccupation de ce chef et de ses
lieutenants, je serai un condamné en sursis au lieu d'un mort vivant, peut-être que
c'est mieux, mais pour moi ce n'est pas encore assez.
J'ai la certitude que le départ est faux, que le
président est faux, que le gouvernement est faux, que tous les promoteurs de l'actuelle
situation sont faux.
L'intérêt égoïste et la soif du pouvoir fausse tout.
A tous les responsables de l'AFDL à l'étranger, bien que
vous vous croyez intelligents et subtils, qui croyez-vous tromper avec vos longs discours
à saveur de sophisme et de démagogie outrancière, nous connaissons vos réalités
économiques, la vie pénible en diaspora.
Mobutu nous a déjà jouer la musique, continuer à
lécher ce que vous savez et il vous restera un arrière goût dans la gorge comme tous
ceux qui ont fait de même avec le Maréchal.
AFDL=Autre Forme de Destruction Lente de mon pays.
J'ai 24 ans et ne compte pas mourir de sitôt.
Moi et tous ceux de ma génération on aura votre peau si
vous persistez à nous voler notre avenir.
La patience a pris congé.
Freddy Makengo (fmakengo@hotmail.com )