Lapprentissage de la
démocratie nest certes chose aisée pour ceux et celles qui sont nés et ont grandi
dans lune des dictatures les plus humiliantes et sauvages. Cest sûrement le cas des Congolais, ayant vécu sous un
régime où rien nexistait .
La justice, le social, léconomie étaient
lapanage dune seule personne et sa cour.
Le Congolais est traumatisé, de sorte que même rêver de
liberté et de démocratie lui était interdit.
Puis un jour, un homme, KABILA, lui fait comprendre
quil avait droit au rêve, à lespoir, et quun CONGO libéré de MOBUTU
était dans le domaine du possible mais ne pouvait se faire que par les armes et par nous
mêmes les fils et filles de ce pays et nos alliés africains .
Et tout dun coup, le rêve interdit devient
réalité, et cest à ce moment que commence la grande peur, la peur de tout
recommencer à zéro.
Cest un changement brutal, sans aucune préparation,
et le Congolais refuse toute fluctuation au niveau de ce changement ; il refuse de perdre
ne fût-ce quun millième des acquis conquis avec souffrance et sacrifice.
Cette peur jumelé de la soif déraisonnable du changement
crée un déséquilibre entre les priorités dun gouvernement militaire à peine
arrivé au pouvoir et en train de chercher, et surtout le manque daccompagnement
politique cohérent va donner loccasion à des forces déstabilisatrices de
commencer un travail de désinformation surtout à lextérieur pour donner au
président KABILA limage dun dictateur. En ce sens, toute action du
gouvernement, bonne ou mauvaise qui présenterait des similitudes avec lancien
système déchu fera de lactuel une dictature.
Nous devons être certes vigilants, mais aussi
conséquents et garder une certaine honnêteté intellectuelle pour ne pas faire figure de
fanatiques. Ladministration KABILA est jeune, nous devons lépauler et non pas
nous placer dans une opposition aveugle, seulement pour le plaisir de lêtre ; nous
allons lêtre dans un cadre constructif plutôt que déstabilisateur ; après tout
il sagit de notre CONGO à nous tous et la reconstruction du CONGO nous concerne
tous sans exception.
Aux Congolais qui veulent donner à KABILA une leçon sur
la démocratie, vous devrez prêcher par lexemple. Qui dit démocratie, fait
dabord appel à lécoute et la notion déchange didées. Quelle
fût ma surprise, pour la 2eme fois en moins dune semaine après lincident
dénoncé du traitement réservé au ministre KIBASA MALIBA : lors de la conférence de
presse de la journaliste Collette Braeckman, nous fûmes, le Pr Gérard Buakasa et
moi-même victimes de menace de mort et injures par des compatriotes Congolais pour la
seule et simple raison que nous ne voyons pas les choses de la même façon que eux, et
que nous soutenons le gouvernement et la reconstruction nationale.
Même situation lors de la conférence de Mme Braeckman,
que ces agitateurs ont voulu museler pour quelle ne puisse exprimer sa vision des
choses de la façon quelle les comprend. Même si elle disait des choses qui
nétaient pas conformes à la réalité, elle comme tous les autres conférenciers
avaient droit à la parole.
Sil y avait des rectification à faire quant à
linexactitude de ses affirmations ou analyses, ça pouvait être fait lors de la
période des questions qui était par ailleurs prévue. Même scénario
dintimidation et de blocage par les mêmes agitateurs à lUNIVERSITÉ DE
MONTRÉAL.
Cette obstruction volontaire et intentionnel a caractère
tribal venant dun groupe de gens mal intentionné prouve à quel point la
démocratie que nous voulons chez nous peut être fragile et le long chemin que nous avons
à faire pour y arriver.
Grande est ma confiance en la capacité de notre peuple à
se ressaisir, armons nous de courage et de patience ; car seul le temps et notre savoir
faire nous sortiront de cette situation.
Restons vigilants et alertes et nhésitons pas à
faire des critiques, et dénonçons mais de façon constructive. Soyons conséquents : la
cour du voisin est sale, as tu vérifié chez toi ?
(A SUIVRE )