| Un Phallocentrisme
Démodé et Destructif |
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| Libambu M. Schiller |
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Le culte Macho a son cote positif que nous
ne pouvons pas ignorer. Nous risquerions d'etre accuses de distorsion des faits. La
phallocratie a ses vertus, physiques surtout, mais aussi psychologiques et
intellectuelles. En effet, nous pouvons affirmer sans hesiter que la domination de la
societe par les hommes est le produit des attributs predominants du sexe que la Societe a,
avec raison, baptise "Sexe Fort".
Lorsqu'on remonte a l'aube de la civilisation ou les societes ne pratiquaient que
l'economie de subsistance, la force musculaire etait un element crucial pour la survie. La
chasse et les activites agricoles s'imposaient qui necessitaient une endurance physique
dont les hommes faisaient preuve de facon plus constante que les femmes. Generalement, la
femme la plus forte est moins forte que l'homme le plus fort, et les contraintes
biologiques (cycles menstruels puis maternite, y compris allaitement) peuvent affecter son
niveau d'endurance physique.
La protection contre les risques presentes aussi bien par l'environnement physique que par
d'autres humains imposait egalement le besoin de se battre contre la Nature et, de temps
en temps, contre les autres etres humains de la meme societe ou, pire encore, des autres
societes. Cette derniere eventualite explique l'existence des guerriers depuis les debuts
des temps. Et, malgre la publicite des feministes acharnees au sujet de fameuses Amazones
(dans l'Histoire du Benin et tout recemment au Congo parmi les Cobras de Sassou-Nguesso)
et de quelques legendes telles que Jeanne d'Arc, ce sont les hommes qui se battent pour
proteger leurs communautes ou leurs pays contre les agressions exterieures. C'est aussi le
mari qui protege la femme contre les dangers physiques.
Le pouvoir etait associe a cette domination physique. Ainsi, les phallocrates se sont
toujours livres a une lutte sans merci pour le pouvoir, a tel point que ceux du continent
africain ne se sont pas rendu compte que la civilisation a depuis evolue. Les tendances
phallocratiques ont ete sublimees. Les machos de nos jours, qui utilisent ou poussent les
autres a utiliser plus le Kalachno que les coups de poing ou la lance, se creent une
philosophie sociale.
Les phallocrates modernes essaient d'associer des ideaux nobles au pouvoir. C'est ce qui a
donne naissance aux revolutionnaires humanistes qui sont une denree extremement rare en
Afrique. Ailleurs, le gout du pouvoir est au moins masque par un semblant d'humanisme aux
effets positifs. Les leaders Africains devraient commencer a se liberer d'un
phallocentrisme primitif pour arriver a combiner le gout du pouvoir a une philosophie
politique ou sociale au lieu de ne viser qu'a s'engager dans des manipulations
socio-politiques pures et simples pour arriver au sommet et s'y maintenir.
Cette attitude retrograde a transforme la terre africaine en un vampire qui boit du sang
des innocents sans qu'il en resulte un sursaut socio-politique. Le phallocentrisme demode
des Africains continue a detruire meme ce qu'ils ont herite des phallocrates etrangers
evolues.
Pire, nous detruisons et nous nous tournons vers l'Occident, directement ou par d'autres
Africains interposes, pour lui demander de reconstruire. Phallocentrisme et Mendicite, une
drole de combinaison.
Et si indigne!
Il est grand temps que nos freres Africains commencent a se depasser.
Il est grand temps de passer de l'instinct territorial, purement animal, a la sublimation,
strictement humaine, qui a produit de grands aventuriers explorateurs et des
revolutionnaires qui ont change le cours de l'Histoire pour des milliers d'etres humains
bien au-dela de leurs frontieres. Pensons aux philosophes du XIIIe siecle qui ont
declenche le combat par la plume qui a donne naissance a l'abolition de l'esclavage et la
Declaration Universelle de Droits de l'Homme. Pensons meme aussi aux philosophes Grecs qui
ont pose la base de la Democratie.
Pensons aux vrais nationalistes humanistes de notre epoque. Pourquoi Che Guevara et
Lumumba n'auraient-ils pas d'heritiers en Afrique?
(Mme) Libambu M. Schiller
(Adapte. Paru dans Bulletin de l'AZEA Vo;. 2 No. 12, Nov/97) |
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