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Quelques Points Historiques
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Libambu M. Schiller
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Les participants aux discussions devraient essayer d'adopter l'honnêteté personnelle et intellectuelle, ainsi que l'esprit d'analyse. MM Jules de Tibeiro et Corneille Kazadi, Mlles Kanza et Kanga, par exemple, sont un bon exemple de maîtrise de l'argumentation.

Mais il y a aussi un problème de fond, celui d'un bagage historique très limité. Cette Notice Biographique du Maréchal Mobutu, rédigée par moi-même au mois de Septembre dernier renferme des points historiques complémentaires.

Le Maréchal MOBUTU Sese Seko

L’invincible dictateur Zaïrois fut finalement vaincu, d’abord par le cancer l’année dernière, et ensuite par la mort. Celle-ci l’emporta le 7 Septembre dernier , quelques mois après son arrivée au Maroc, le seul ancien pays ami qui lui a accordé l’exil pour des raisons humanitaires. Né à Lisala le 14 Octobre 1930 des parents originaires de Gbadolite, une localité occupée par l’ethnie Ngbandi ou les Bangwandi, Mobutu, qui était également connu par son prénom chrétien Joseph-Désiré, était l’un de ces hommes exceptionnellement doués que les circonstances historiques élèvent au dessus de la masse. Beau, élégant, plein de finesse, courageux, très intelligent, autoritaire de nature, ce leader charismatique a mis toutes ces valeurs au service de lui-même, n’utilisant le peuple que pour ses propres intérêts. Les valeurs morales sont, par contre, ce qu’il n’avait pas en abondance. Partisan farouche du machiavélisme, il avait assis son pouvoir sur le principe légendaire qui consiste en "diviser pour régner". Ce fameux principe se retournera contre lui, car, les responsables politiques, militaires et administratives passaient plus de temps à "concocter" des recettes pour se détruire les uns les autres plutôt que pour améliorer les conditions de vie du peuple. Mégalomane aux ambitions égocentriques démesurées, Mobutu a favorisé l’émergence d’une classe de dirigeants aux moeurs très douteuses qui ont contaminé le reste de la société. "La fin justifie les moyens" est devenu un principe de vie. Et les moyens ici, c’est le détournement des fonds et biens publics, le mensonge, le sabotage, voire les fétiches! En fin de compte, tous, y compris le dictateur manipulateur lui-même, opéraient sur un fossé couvert par une structure décadente qu’il suffisait de secouer juste un peu pour les pousser au fond du gouffre. .L’ex-Président Maréchal Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Zabanga, un homme qui, dirait-on, se croyait immortel et qui a refusé d’admettre sa mortalité en vue de la gérer, même quand il fut terrassé par le cancer.

Quel bilan a-t-il légué à l’Histoire? Mobutu est le Père de la Nation Zaïroise, que cette nation s’appelle République du Congo, le Zaïre, ou la République Démocratique du Congo. De 1960 à 1967, cette nation n’existait pas. Des prises de bec extrêmement agressives entre le Président Joseph Kasavubu et son Premier Ministre Patrice Lumumba (Mobutu les neutralisera dans un petit coup d’Etat en Septembre 1960, puis un plus grand sans effusion de sang en Novembre 1965) et des manoeuvres anti-nationalistes de Moïse Tshombe que les Belges poussaient à la sécession (raison pour laquelle Tshombe a éliminé le nationaliste Lumumba après son arrestation par Mobutu) maintenaient le pays dans une crise politique continue. Des conflits inter-ethniques sanglants s’y sont ajoutés (le plus meurtrier étant celui qui opposait les Baluba et les Lulua), ensuite les sécessions (Katanga et Kasaï), et enfin la rébellion muléliste. Deux ans après sa prise du pouvoir avec l’aide des Américains (pour leurs propres intérêts stratégiques), Mobutu mit fin à tous les tiraillements, les sécessions et les rébellions. La paix est revenue partout au Congo. C’est à partir de 1967 que la conscience nationale a commencé à se forger, un atout qui se maintient encore, car, l’éclatement du Zaïre par une série de sécessions comme l’Occident s’y attendait et le souhaitait même lors du déclenchement de la rébellion de Kabila n’est pas survenu, bien que la menace soit toujours là. Vu le chaos qui a précédé son régime, il n’y avait ni fierté ni dignité. Le dictateur a apporté la dignité et la fierté, il a élevé la femme Zaïroise. Il a vulgarisé un nouveau concept macho selon lequel la valeur d’un homme dépend de l’image sociale de son épouse. Une bonne idée abusivement

appliquée qui s’est également étendue des épouses aux "bureaux" , expliquant en partie des détournements scandaleux que les responsables du pays ont transformés en un mode d’opération. A cause de la paix qu’il a rétablie, laquelle a favorisé une relance économique, et à cause aussi de l’éveil de la conscience nationale, du sentiment de fierté et du sens de dignité qu’il a forgés, le jeune lieutenant-colonel est devenu l’idole du peuple Congolais. Mobutu a laissé ainsi le culte de personnalité se développer et un régime totalitaire se polir, ne se rendant pas compte que le maintien de la dictature n’était plus nécessaire depuis plus de dix ans. Bien qu’il ait lui-même endommagé les acquis de son régime au fil des années en favorisant l’institutionnalisation de la corruption qui a conduit à la détérioration progressive de la situation depuis mi-70 et l’effondrement socio-économique total 22 ans plus tard, la conscience nationale, le sentiment de fierté et le sens de dignité subsistent. Le Maréchal Mobutu est un leader extraordinaire qui, à cause des excès, a fini par se suicider, un suicide économico-politico-militaire. En conclusion , Mobutu Sese Seko est le père de la Nation Zairo-Congolaise, mais c’est un père qui a abandonné la mère (le pays) et les enfants (le peuple). Il est comparable à un père biologique (et il y en a beaucoup) qui abandonne sa femme et ses enfants et utilise le revenu du foyer pour ses propres besoins égoïstes, laissant ces derniers croupir dans la misère. Hélas! La dure réalité est qu’un père, qu’il devienne mendiant, voleur, assassin ou invalide, reste toujours un père. Ceux qui essaient d’effacer les dix premières années du régime de Mobutu devraient se rappeler que "….l’on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servi….." . Luc 6:38

(Mme) Libambu SCHILLER ( salisa@ix.netcom.com   )

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