OFFICE DE BIENS MAL ACQUIS( OBMA )
AFFAIRE OBMA : LA VERITE ET LES ENJEUX
Depuis le vendredi 13 février 1998, le P.D.G. de l'OBMA
Jean-Baptiste MULEMBA MAKUBI est suspendu de ses fonctions par arrêté ministériel. En
date du 19 février 1998, un mandat d'arrêt est lancé à sa charge. Ne pouvant pas
mettre la main dessus, ses proches collaborateurs ainsi que son épouse sont pris en otage
par les autorités judiciaires. Ils sont séquestrés au Centre Pénitentiaire et de
Rééducation de MAKALA parce qu'ils ignorent là où se trouve leur PDG.
Ces otages sont :
1. NSUMUMA NTANGU , DIRCAB
2. KAZADI KALALA Placide, DIRCABA
3. TUMA WAKU NSOMI Marcel, SECAB
4. AMISSO LOMBE Aimé, PARSEC
5. VIKA MUYA Jacques Johnny, D.F.
6. OLELA SHONGAMA Genero, Chef logistique
7. SAGOU MULEMBA Monique, épouse PDG
Les véritables raisons qui sont à la base de la
suspension du PDG de l'OBMA, de la prise en otage de ses principaux collaborateurs et de
son épouse sont à trouver ailleurs que dans le fait de détournement de deniers publics.
Mais en fait de quoi s'agit-il ? Voyons un peu la vérité
et les enjeux sur cette affaire OBMA.
1. ASPECT HISTORIQUE.
Après la prise de pouvoir par l'AFDL, les nouvelles
autorités du pays ont pris la décision de créer la Commission des Biens Mal Acquis,
celle-ci a eu pour mission de recenser le patrimoine de l'Etat spolié et / ou détourné,
afin de donner à celui-ci (l'Etat) les moyens de sa politique, notamment celle de la
reconstruction nationale. Cette Commission aura la durée de vie de plus ou moins un mois,
le temps nécessaire pour collecter les informations relatives aux Biens Mal Acquis.
Cette Commission sera transformée en "office des
Biens Mal Acquis" (OBMA) par décret-loi n~OO8 du 17 juillet 1997. Cet Office aura la
mission de reconstituer le patrimoine national spolié.
2. ASPECT JURIDIQUE.
La mission de l'OBMA telle que prévue par le décret-loi
portant sa création touche aux gros intérêts. De ce fait, l'Office a beaucoup d'ennemis
et très peu d'amis. Pour réaliser ladite mission, il a fallu faire appel à des hommes
compétents, convaincus au changement et ayant une probité morale.
Force est de constater que d'autres services de l'Etat
notamment l'armée, la police, la sécurité et. l' AFDL,... se sont octroyé d'une
manière abusive les prérogatives dévolues à l'OBMA.
Cette situation avait amené le Chef de l'Etat, Mzee
Laurent Désiré KABILA d'intervenir personnellement dans son adresse à la nation en
exigeant la restitution des biens détenus d'une manière irrégulière à leurs
propriétaires, même Si les biens en question appartenaient aux mobutistes.
Quant aux membres de l'OBMA, devant le risque encouru dans
l'exercice de leur fonction et surtout devant les multiples pressions inhérentes à
celui-ci (menace, corruption, chantage, et autres,...) ils devraient bénéficier d'une
rémunération conséquente et d'une protection juridique adaptée à l'exercice de leur
fonction.
3. ASPECT FINANCIER.
Comme souligné plus haut, l'OBMA est une nécessité
dictée par le manque des moyens nécessaires à la reconstruction nationale et à la
justice sociale.
D'après le décret-loi portant sa création, il a comme
ressources :
- les 5 % du C.A. mensuel des Entreprises et Services
publics la subvention budgétaire de l'Etat
- les donations,...
Jusqu'à ce jour, aucune de ces ressources n'a été mise
à la disposition de l'OBMA. Le fonctionnement au quotidien a été assuré par les
maigres recettes provenant de la gestion de quelques biens déjà réquisitionnés (
immeubles et port ). Il est important de faire remarquer que par manque de moyens
financiers, aucun membre de l'OBMA n'a perçu son salaire, depuis la création de
l'Office, sauf des petites avances en attendant les fonds nécessaires pour assurer le
fonctionnement normal.
Par conviction de la mission lui confiée, il est arrivé
que le PDG s'engage personnellement auprès de ses relations pour suppléer à
l'insuffisance de la trésorerie de l'OBMA (voir reçu transcris dans le rapport de caisse
à la Direction Financière).
Cela n'est pas l'unique acte de foi en faveur de l'OBMA.
En effet, en plein mois de décembre 1997, à la veille de Noël, le PDG prêtera à
l'Office (sans intérêt) sa paie de la Commission Constitutionnelle dont il est membre.
Voilà l'homme qu'on accuse de détournement !!!
Malgré cette situation financière quelque peu difficile,
l'organe directeur de l'OBMA notamment le PDG a mis sur place les structures adaptées à
la réalisation des objectifs assignés à l'Office par le Président de la République.
Ce faisant, il devient gênant pour les uns et l'homme à abattre pour les autres. Ce fut
la constitution des lobbies nationaux et étrangers contre l'OBMA.
C'est ainsi que les spoliateurs de l'Etat et leurs
complices concentrent leur énergie pour torpiller la mission de l'OBMA en utilisant des
moyens puissants dont ils disposent la campagne de presse calomnieuse et mensongère,
trafic d'influence, corruption, infiltration de leurs agents à l'OBMA. On a retrouvé
certains de ces agents infiltrés dans la commission de contrôle.
Les nouveaux rapaces, sachant que l'Office disposera
bientôt des ressources provenant de 5 % du C.A. mensuel des entreprises publiques (déjà
négociées et budgétisées par certaines sociétés de l'Etat) ne cessent de monter des
intrigues pour s'en approprier au mépris des objectifs assignés à l'OBMA. Force est de
constater que parmi eux, certains se réclamant du changement se sont accaparés d'une
partie du patrimoine qui devrait revenir à l'Etat (entreprises, fermes, élevages,
immeubles, bateaux, etc...).
4. CONCLUSION.
En guise de conclusion, il y a lieu de faire remarquer
d'abord que l'absence d'un cadre juridique protégeant les cadres de l'OBMA a eu pour
conséquence que certains cadres soient incarcérés à la prison de MAKALA sans aucune
autre forme de procès.
Ensuite, il y a eu trois commissions de contrôle venant
du Ministère de la Justice. Dans la première commission, il y avait deux anciens agents
de l'OBMA chassés de l'Office pour cause d'extorsion de fonds aux particuliers. La
deuxième commission est une brigade financière du Ministère de la Justice. Quant à la
troisième commission, le moins qu'on puisse dire est qu'elle fut conduite par un quidam
champion de malversations financières ; sa candidature à la direction financière de
l'OBMA a été refusée. Sa dernière malversation financière a été commise à la
Commission Nationale des Elections (CNE), il n'a échappé à la justice que grâce à la
prise de pouvoir par l'AFDL.
En conséquence deux des commissions devraient être
récusées pour éviter toute subjectivité et règlements de comptes. Les rapports des
différentes commissions n'établissent aucun cas de détournement des deniers publics.
Pourquoi l'a-t-on retenu comme chef d'inculpation pour les six collaborateurs du PDG ?
En définitive, la suspension du PDG de l'OBMA et la prise
en otage de ses principaux collaborateurs, de son épouse et de sa sur ne résultent
pas des raisons avancées par le Ministère de la Justice, à savoir le détournement des
deniers publics, mais fait partie d'une cabale de grande envergure orchestrée par des
lobbies puissants et véreux.
Par Jim NKENDA
Une revue de presse a été concoctée pour vous éclairer
sur les intrigues menant à la cabale contre le PDG de l'OBMA. (voir les pages suivantes).
OBMA ( LObs. Politique du 25 au 26 février
1998 n°505 )
La suspension du PDG MULEMBA suscite des réactions au
sein de l'opinion
La suspension du P.D.G. MULEMBA ne cesse d'alimenter la
chronique au sein de l'opinion publique. Dans une correspondance parvenue le 19 février
dernier à notre rédaction, M Augustin MENAYAMU, chef de bureau à l'institut des
Sciences et Technique Médicales, estimes qu'on voudrait tout simplement enterrer vivant
un homme doté d'une grande probité notoire. Il invite de ce fait les autorités du pays
à la prudence. Ci-dessous l'intégralité du point de vue de ce cadre du pays.
Chers Compatriotes, Chers lecteurs.
Nul n'ignore que l'Office des Biens Mal Acquis, OBMA en
sigle, inexistant sous la 2ème République, est un organisme public trop sensible par sa
vocation même : Il suscite des cabales, de la haine, de la jalousie, des remords, des
tensions et j'en passe.
Si aujourd'hui cet Office est debout et que des
opportunistes ou d'autres gens avides de gain peuvent l'envier à ce stade, le grand
mérite revient d'abord, en toute honnêteté, au P.D.G. Jean-Baptiste MULEMBA, lequel s'y
est investi totalement. Les structures en place, sont justement celles qu'il a conçues et
posées après un dur labeur.
La RDC. sous le label de l'AFDL. Doit son envol grâce à
la collaboration et à la détermination de ses fils et filles, dignes, dévoués et
honnêtes. Parmi ces derniers, il faut compter Monsieur Jean-Baptiste MULEMBA. Le PDG,
dont les qualités morales ne font l'ombre d'aucun doute, de l'avis de ses proches et de
tous ceux qui le connaissent.
A travers toutes les communes de la capitale où des
réceptions ont été données en son honneur. Monsieur MULEMBA stigmatisait les
anti-valeurs, vantait l'intégrité et le profil de nouveaux dirigeants, se faisait à
l'occasion l'apôtre de Mzee Laurent-Désiré KABILA, Président de la République, et de
la doctrine de l'AFDL que les Kinois découvraient davantage.
En effet, la gestion des biens réputés mal acquis n'est
pas une petite affaire, et moins encore une chose aisée, dans la mesure où l'on doit
toucher, entre autres, aux intérêts des racailles qui jadis faisaient la loi dans ce
pays, devenu à l'époque leur chasse-gardée.
Sur ce, des éléments suspects acquis à la cause des
ennemis du peuple, et partisans du reste de la restauration de l'ordre ancien, sont
toujours prêts d'être d'intelligence avec certains agents véreux de l'OBMA, voire avec
certains milieux politiques.
C'est par-là que l'on doit comprendre aisément que le
PDG MULEMBA a du pain sur la planche du fait de collaborer avec quelques traites. Ses
actions, si bonnes fussent-elles, ont été souvent torpillées par des
<<collaborateurs>> appelés pourtant à les finaliser. Quel dommage !
Par ailleurs, l'annonce de la mesure de suspension ( ! )
du P.D.G. MULEMBA par l'autorité de tutelle, le vendredi 13/02/98, a été un effet de
surprise désagréable dans plusieurs milieux proches de l'OBMA.
A ce propos, faisant sien le vieil adage << qui veut
noyer son chien l'accuse de rage>>, l'opinion soutien qu'il y a anguille sous roche,
et que jusqu'à preuve du contraire, l'acte en soi paraît à la fois hâtif et offensant.
J'affirme donc avec force qu'on voudrait enterrer vivant
le PDG Jean-Baptiste MULEMBA, homme d'une grande probité notoire. Combattant convaincu,
quiconque s'y frotte s'y pique.
Quant aux autorités publiques, je les invite à la
prudence, sans quoi, elles risquent de commettre une bévue qui profiterait au rebut de
notre société, car il est clair que l'objectif poursuivi par les forces du mal est de se
débarrasser, à la tête de l'OBMA, d'un homme aussi dur, aussi imperturbable et aussi
intègre que le brave Jean-Baptiste MULEMBA.
Néanmoins, à l'issue de cette circonstance
malencontreuse. Monsieur le P.D.G. devra absolument remettre de l'ordre dans sa boîte, en
mettant l'homme qu'il faut à la place qu'il faut, et surtout en séparant le bon grain de
l'ivraie.
Merci de votre aimable attention.
Augustin MENAYAMU Angingi,
Chef de bureau à l'I.S.T.M/KIN.
OBMA : Bavures et dérapages
Sept personnes arrêtées, dont Mme Monique SAGOU, épouse
de PDG MULEMBA.
Les choses se gâtent sérieusement du côté de l'OBMA.
Activement recherché par la police, le P.D.G. MULEMBA qui attend que le Chef de l'état
qui l'a nommé se prononce sur son cas est obligé de se pour ne pas se faire arrêter.
Comme l'ont été depuis jeudi, vendredi et samedi son épouse et six de ses plus proches
collaborateurs. La situation est à ce point malsaine que l'on craint, à juste titre,
pour la santé de sa vieille maman que M. MULEMBA a fait venir de LUBUMBASHI, voici
quelques semaines déjà. La grande sur du PDG est dans une situation
psychologiquement désespérée. Un frère recherché, une belle-sur arrêtée et
une maman à qui il faut pratiquement tout cacher pour que son cur ne cède pas,
voilà qui peut provoquer une maladie des nerfs chez n'importe quelle personne humaine.
L'opinion ne comprend pas comment des personnes,
présumées innocentes jusqu'à preuve du contraire, peuvent se retrouver en prison sans
qu'elles aient été préalablement jugées.
De même, personne ne réalise qu'on puisse arrêter une
femme en lieu et place de son mari. Etant entendu que la faute, si faute il y a, est
toujours individuelle. Comment dans ce cas, peut-on associer une épouse dans les actes
posés par son mari dans l'exercice de ses fonctions ? Il urge donc que l'autorité mette
fin à ce honteux feuilleton de MULEMBA. Et procède à la libération sans condition de
Madame Monique MULEMBA qui doit rentrer chez elle à la maison pour être à côté de sa
vielle belle-mère.
Voici par ailleurs les noms et les fonctions des
collaborateurs de M. MULEMBA qui se trouvent présentement à MAKALA :
 Johnny VIKA, Directeur financier,
 Emmanuel SUMUNA, Directeur de cabinet,
 Placide KAZADI, Directeur de cabinet adjoint,
 Marcel TUMAWAKU, Secrétaire de cabinet,
 Aimé AMISO, Secrétaire particulier,
 Genero OLELA, Chef de division logistique
En âme et conscience, je pense que MULEMBA ne mérite pas
ce sort qu'on lui réserve en ce moment. Qu'on cesse donc de l'humilier gratuitement. Car
l'autorité, la nouvelle, ne peut pas sortir agrandie de ce genre d'épreuves.
Que prenne donc fin cette chasse à l'homme qui oblige un
combattant de la trempe de MULEMBA à se cacher comme un vulgaire personnage quelconque.
Que cessent aussi du même coup ces bavures et ces dérapages qui aujourd'hui et dans
l'état actuel de la situation politique du pays, ne peuvent réellement profiter qu'aux
ennemis de KABILA. Ce dernier, on le sait et en ne cessera jamais de le répéter, a
besoin d'un homme comme MULEMBA qui est son compagnon d'armes et à travers qui de
nombreux kinois se reconnaissent. Il y a en effet de ces rivalités politiques qui peuvent
perturber la compréhension que la population peut se faire d'une révolution en marche.
Le cas MULEMBA doit être géré en haut lieu avec toute l'attention requise. Le nouveau
régime qui n'a pas que des amis n'a aucun intérêt à allonger la liste de ses
adversaires politiques. Je pense qu'il n'est pas difficile de se rendre à ce genre
d'argument.
MANKENDA VOKA
OBMA ( JOURNAL LAVENIR n° 327 )
La création de l'Office des Biens Mal Acquis (OBMA) par
le Président de la République Mzee Laurent-Désiré KABILA, fut saluée avec joie à
travers le Congo Démocratique.
Les filles et fils du pays pouvaient enfin espérer que le
patrimoine ignominieusement pillé durant 32 ans du règne de Mobutu, par les barons du
régime décrié et déchu, allait être restitué.
La besogne s'annonçait difficile car touchant aux
intérêts des puissants qui n'allaient pas se laisser faire. Il fallait donc à la tête
de cette entreprise, des hommes pouvant tenir contre vents et marées aux assauts dont ils
ne manqueraient pas d'être l'objet.
Ceci nous amène à décortiquer le profil de l'homme clé
qu'est le PDG de l'Office précité.
En fait, qui est Jean-Baptiste MULEMBA ? Agé de 54 ans
révolus, économiste et politicologue, c'est un Kinois de la pure essence, ayant par ses
parents les provinces de Bandundu et du Bas-Congo comme origines.
Monsieur MULEMBA quitta à 22 ans Kinshasa, sa ville
natale, pour 32 ans d'exil politique en Europe. Son charisme naturel par lequel il s'est
toujours fait imposer en Leadership dans les milieux où il a eu à évoluer le rendra
très vite célèbre dans le cercle de la diaspora africaine en Europe, surtout qu'il
s'attela très tôt, déjà en 1965 étant encore étudiant, à combattre la dictature
mobutiste.
Son activisme ne laissera pas Mobutu insensible. Des
émissaires du régime, tels que Mokolo wa Pombo, Nimy Nzonga, etc. lui furent envoyés
avec des propositions on ne peut plus alléchantes (Portefeuille ministériel, villas,
voitures, grosses sommes d'argent en $) pour qu'il cesse son combat et collabore. Peine
perdue, car aucune offre ne fut acceptée.
Dès lors, il fut tout à fait normal que le grand
combattant KABILA ait pu découvrir à travers les péripéties de leur lutte
révolutionnaire dans le maquis, ce jeune révolutionnaire lumumbiste aux reins solides.
Ainsi les deux hommes apprirent à s'estimer et quand il a fallu quelqu'un de tenace pour
OBMA, le président Mzee Laurent-Désiré KABILA, connaissant le caractère incorruptible
et nationaliste de MULEMBA, a trouvé en lui l'homme qu'il fallait à ce poste.
Les enjeux de OBMA
D'où vient qu'à ce jour le PDG MULEMBA soit diabolisé
à outrance par un battage médiatique humiliant, orchestré contre un combattant de 1ère
heure, vierge de toute implication négative depuis ses débuts politiques en 1965 ?
MULEMBA entreprit à monter OBMA sur base de décret-loi
créant office et du décret le nommant PDG de celui-ci. Et cela sans subventions, sans
structures, rien qu'avec une dose de bonne volonté et la participation de ses
collaborateurs et de quelques amis, si bien que l'OBMA est doté à ce jour, en moins d'un
an de sa création d'une structure qui se confirme au jour le jour, et ce, malgré
quelques dérapages inhérents à toute uvre naissante. Rien de tel qui puisse
justifier l'acharnement nettement hostile à l'endroit du PDG MULEMBA, et tout le monde
peut s'en rendre compte jusqu'au point de le traquer comme un vulgaire monsieur en dépit
des immunités que lui confère sa qualité de membre à part entière de la Commission
constitutionnelle. Pour mieux appréhender les enjeux remis en cause par OBMA, il convient
de faire ressortir que cette entreprise d'Etat, outre sa tâche qui consiste à
reconstituer les biens meubles et immeubles spoliés de l'Etat, elle a aussi la
prérogative de surveiller et de contrôler toutes les entreprises du pays, soient-elles
étatiques, para-étatiques ou privées qui sont génératrices des recettes.
En ce moment où les dignitaires du régime déchu, tant
ceux en exil, que ceux demeurés au pays, luttent pour conserver leur puissance
économique par le biais des Libanais, Grecs et autres fils du pays interposés à travers
les lobbies financiers qui arrivent à atteindre certains responsables de la 3è
République, OBMA ne peut qu'être gênant, surtout tant qu'il aura à sa tête un homme
dont l'intransigeance fait obstacle.
Sur ce, il va de soi qu'on assiste à une escalade des
campagnes médiatiques concentrées, ses derniers temps, sur Monsieur MULEMBA qui, pour
être humilié davantage, voit son épouse et ses collaborateurs arrêtés et jetés en
prison sous des accusations farfelues et inconsistantes. Vengeance ? Règlement de comptes
individuel ? Toujours est-il qu'un proverbe kinois dit : "Babuakaka libanga kaka na
manga ya kotela". (Ndlr).
Il est malheureux et à la fois décevant de voir ainsi
traiter un combattant de 1ère heure, par ceux-là mêmes qui, dans leur exil doré aux
USA, s'étaient résolument fait les ténors de la 3ème voie de Kengo, laquelle était
d'obédience mobutiste, et qui aujourd'hui s'étant par opportunisme nationaliste
"libérateur", tentent d'embrigader le grand combattant nationaliste Mzee
Laurent-Désiré KABILA dans un schéma qui nous rappelle le mobutisme de triste mémoire.
Telles sont les dessous des cartes, et même les enjeux
politiques, qui sont à la base de la "cabale OBMA" : Nous faisons appel au
patriotisme et au nationalisme du président de la République, pour contourner ce piège
et rester à jamais le combattant et le libérateur qu'il incarne pour les filles et fils
de la République Démocratique du Congo.
Se/ Floribert Kasera Mful. Réaction sur la suspension du
PDG de OBMA in L'AVENIR n°327
L'AFFAIRE OBMA
Les sept otages délient leurs langues à MAKALA
L'opinion se souviendra qu' après la version du
Ministère de la justice, notre journal " l'Alarme " a publié dans son édition
n° 70 du 4 mars dernier un communiqué de presse de l'ONG << Avocats Sans
Frontière>> sur l'affaire OBMA.
Par souci d'équité, nous publions dans les lignes qui
suivent la déposition de 7 otages de l'OBMA, à savoir :
M N'SUMUNA NTANGU, Directeur de Cabinet,
M KAZADI KALALA Directeur de Cabinet Adjoint,
M TUMA-WAKU N'SOMI, Secrétaire de Cabinet,
M AMISSO Secrétaire de Cabinet Adjoint,
M VIKA MUYA, Directeur Financier,
M OLELA SHONGANA, Chef de Division Logistique, et
Mme MONIQUE MULEMBA SAGOU, épouse du PDG MULEMBA
D'après ces détenus, les faits chronologiques se
présentent comme suit :
1. Vendredi 13 février 1998 à 17 heures : Notification
par le Ministre de la justice de l'arrêté suspendant le P.D.G. et P.D.G.A de leurs
fonctions respectives, tout en chargeant le secrétaire général d'assumer l'intérim du
P.D.G.
2. Samedi 14 février 1998 l'après-midi : Remise et
reprise du PDG avec le S.G. en présence du Directeur de Cabinet M N'SUMUNA NTANGU qui
leur demande d'attendre l'arrivée du PDGJ. B. MULEMBA MAKUBI qui était invité à la
clôture de la conférence sur la territoriale, présidée par le Président de la
République, mais les officiels du Ministère de la Justice refuseront et demanderont à
ce que cette remise-reprise se fasse le lundi 16 février 1998.
3. Lundi 16 février 1998 au matin : Les membres du
Cabinet du P.D.G. J.B.MULEMBA se sont vus refuser l'entrée dans l'enceinte du siège de
l'OBMA, sur instruction du Secrétaire Général.
4. Jeudi 19 février 1998 à 16 heures, le P.D.G.
empêché chargera (par lettre écrite) son Directeur de Cabinet pour procéder à la
remise et reprise avec le PDG le Directeur de Cabinet sera accompagné par son adjoint et
le secrétaire de Cabinet. Ils présenteront la lettre du P.D.G. adressée au P.D.G. a.i.
Ce dernier acceptera de faire la remise et reprise, sous réserve des avis et
considérations des délégués du Ministère de la Justice. Curieusement, ceux-ci
exigeront la présence physique du PDG à cette cérémonie. Devant ce refus, l'équipe du
PDG regagnera la Résidence de ce dernier pour faire son rapport, dès son arrivée.
Toutefois après avoir rendu la voiture Hyundai qui les transportait. Arrivée à la
Résidence vers 17 heures, les collaborateurs du P.D.G., les membres de famille ainsi que,
d'autres amis qui s'y trouvaient se sont vus encerclés, séquestrés, terrorisés par une
équipe d'inspecteurs judiciaires conduite par le chef de Brigade, M.SYLVANUS MUSHI
BONANE, qui se présentera comme un Officier Supérieur de la Présidence de la
République, chargé de conduire le P.D.G. à la Présidence pour vérifier s'il est
réellement l'auteur de la lettre manuscrite adressée au Secrétaire Général de l'OBMA
à propos de la remise et reprise et qui ajoutera que <<tant que le P.D.G. ne se
présentera pas vous êtes tous ses OTAGES, même s'il y a des malades ici, ils mourront
pour la République>>. Séquestration à la résidence du P.D.G. durera de 18 heures
à 22 heures, heure à laquelle le groupe de l'OBMA s'y trouvant sera transféré à
l'AMIGO du tribunal de Grande Instance de la GOMBE.
5. Vendredi 20 février 1998 à 9 heures : Le Chef de
Brigade BONANE MUSHI SYLVANUS et son équipe iront cueillir le Directeur Financier à son
hôtel, après avoir inspecté la chambre pour être certain que le PDG ne s'y était
caché. Ils demanderont au Directeur Financier de les suivre dans leurs locaux afin de
faire la déposition au sujet des chèques émis par l'OBMA. Après justification, le
Directeur Financier fera savoir aux inspecteurs judiciaires que tous ces chèques sont
transcrits dans les livres comptables qui sont à leur disposition à la Direction
Financière. Car pendant ce temps, ces documents étaient déjà à la disposition de la
Brigade Financière du Ministère de la justice et aussi par une commission d'audit
externe, commis par le Ministère de la justice. Malgré les explications données et qui
ne laissaient entrevoir aucun reproche à faire au Directeur Financier, ce dernier devra
quand même rejoindre le rang des otages.
6. Vendredi 20 février 1998 dans l'après-midi : Mme
Monique MULEMBA SAGOU, épouse du P.D.G., de nationalité ivoirienne, après avoir alerté
son ambassade devrait se rendre à l'hôtel Intercontinental pour se changer et ensuite se
rendre au Ministère de la justice pour solliciter une audience auprès du Ministre, afin
de savoir la raison de la chasse à l'homme organisée en la personne de son époux.
Grande fut sa surprise d'apprendre par le Directeur de l'hôtel Intercontinental qu'elle
ne pouvait accéder à sa chambre sans la présence du fameux Chef de Brigade SYLVANUS
MUSHI BONANE, lequel utilisera un subterfuge pour la séquestrer en faisant croire à
celle-ci qu'il fallait l'autorisation d'une autorité supérieure, restée au palais de
justice, pour avoir accès à la chambre d'hôtel. Arrivée au palais de justice, Mme
MULEMBA sera, à son tour, tout simplement prise en otage.
7. Samedi 21 février 1998, transfert des sept otages au
Centre de Détention et de Rééducation de KINSHASA / MAKALA
8 Lundi 23 février 1998 ; Vers 15 heures, le Directeur de
Cabinet et le Directeur Financier sont conduit, de MAKALA au siège de l'OBMA pour, selon
les autorités, procéder à la remise et reprise, mais elles ne sont pas parvenues au
préalable pour ne pas se prémunir des clefs d'accès au bureau. Quand le Directeur de
Cabinet ainsi que le Directeur Financier demanderont de faire venir les clefs restées à
MAKALA, l'ordre sera donné au PDG a-i par le Procureur, et par téléphone de casser les
portes. Ainsi il n'y aura pas réellement remise et reprise, mais plutôt un constat des
lieux par les inspecteurs judiciaires. D'après la campagne de presse orchestrée par le
Ministère de la justice, les six otages de l'OBMA le sont pour détournement de derniers
publics, tandis que, Mme MULEMBA l'est pour offense à la Magistrature et faux
témoignage. Ils ne peuvent supporter de telles calomnies sans réagir. D'après eux ;
Faux et archi-faux, il n'y a jamais eu transfert de compte de l'OBMA vers un compte à
l'étranger ou ailleurs au CONGO !
- Faux et archi-faux, il n'y a jamais eu de cartons
d'argent liquide confiés aux cambistes !
- Peut-on confier une mission officielle de contrôle aux
repris de justice révoquée par l'OBMA pour cause de malversation financière ?
Au vu de ce qui précède, il y a lieu de se demander
quelles sont les forces occultes qui interviennent dans cette prise d'otages et quels
desseins poursuivent-elles ?
A bon entendeur, salut !
Propos recueillis par H. NDOMBE MOKILI
ALORS QUE SON EPOUSE ET SES 6 AGENTS SONT ECROUES A MAKALA
1. M. Jean-Baptiste MULEMBA, PDG DE L'OBMA, en fuite
Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera, dît un adage
populaire. C'est le cas de M.Jean-Baptiste MULEMBA, PDG de l'Office des Biens Mal Acquis,
OBMA, en sigle, qui a pris la fuite, le 19 février dernier.
Les Inspecteurs Judiciaires qui devaient l'arrêter ont
pris en otage Madame MULEMBA, née Monique SAGOU, de nationalité ivoirienne. En outre,
ils se sont saisis de six Agents de cadre de l'OBMA, sous la prévention de détournement
des deniers et des biens tant publics que privés, en date du 20 février 1998. La
Rédaction de l'alarme a reçu le 26 février, le communiqué de l'ONG<<Avocats Sans
Frontières>> qui exige d'abord la libération inconditionnelle de Mme MULEMBA, au
motif qu'une infraction, selon le Code Pénal, est individuelle. Ensuite cet ONG demande
que le procès des cinq inculpés suive le cours normal, c'est-à-dire, ils doivent se
présenter au Parquet en tant que prévenus libres et être écroués à MAKALA seulement
en cas d'une condamnation à l'issue d'un jugement contradictoire.
Franc BELGE
Déclaration des avocats sans frontières
Avocats sans Frontières, Organisation de Défense des
Droits de l'homme à vocation internationale neutre et apolitique, informe l'opinion que
par procès-verbal de saisie de prévenu du 20 janvier 1998 à 15 heures, les Cadres de
l'Office des Biens Mal Acquis dont les noms suivent ont été arrêtés, puis transférés
au Centre Pénitentiaire et de Rééducation de MAKALA.
Il s'agit des Sieurs :
1 N'SUMUNA Emmanuel
2 AMISSO Aimé
3 KAZADI KALALA
4 TUMAWAKU KISONI
5 VIKA MUYA
6 OLELA SHANGANA, poursuivis du chef de détournement des
deniers publics, infraction prévue à l'article 145 du code Pénal Livre II.
Curieusement, un autre P.V. de saisie de prévenu daté du 20 février 1998, a été
dressé contre Mme Monique MULEMBA SAGOU, de nationalité ivoirienne, poursuivie pour
fausse déclaration en justice (art ; 130 Code Pénal Livre II ), en l'absence de son
mari, Jean-Baptiste MULEMBA, PDG de l'OBMA qui s'est mis en fuite. Les ennemis de son mari
se sont lancés dans une campagne de presse qui frise le règlement des comptes,
prétendant que Mme SAGOU est poursuivie pour outrage à la magistrature. Avocats Sans
Frontières, dans sa neutralité, ont eu dans le passé, à dénoncer l'occupation
jusqu'à présent de l'Afrique hôtel de M. LOMBO SESE par la Diaspora AFDL et la
Résidence de M. KIKATA Petulu, sise 98 bld du 30 juin par Mme ZENA de la Police
Nationale, sur ordre de l'OBMA, ce qui est un détournement. Aujourd'hui, Avocats Sans
Frontières plaide pour les Cadres de l'AFDL/OBMA et exige :
1 Des procès justes et équitables, débarrassés de
règlements des comptes, chacun devant répondre des cas de spoliation et de détournement
auxquels il a participé.
2 La libération, sans condition, de Mme SAGOU Monique,
épouse du PDG de l'OBMA en fuite, l'infraction étant individuelle et non transmissible
de mari à épouse.
3 La restitution de tous les biens privés saisis au nom
de l'état au bénéfice des particuliers avec la complicité des Cadres de l'OBMA.
4 L'information correcte de la population débarrassée
d'intention de nuire avant le jugement final du tribunal, tout accusé étant présumé
innocent.
Fait à Kinshasa, le 26 février 1998
Pour les Avocats Sans Frontières
Se/Maître Jean-Marie Eley Lofele
Secrétaire Général