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Des thèses tribalistes à éviter
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Corneille Kazadi
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La réponse de Thomas Mandala à Ronaldo da Costa Manueto me laisse perplexe et presque sans voix. Le Congo, notre pays est riche en sous sol minier et également très
riche en diversité des tribus qui le composent, y compris les Bazombo, qui ont, à une époque, tenu le petit commerce à Léopoldville quand d'autres congolais dansaient les charanga. Certains ont même soigné, comme médecins (Holden R) beaucoup de congolais dans la capitale et dans le Bas-Congo.

Vraiment, qui, au Congo peut dire avec certitude que sa tribu est entièrement d'origine congolaise? Personne! Si les Pygmées et les Bochimans.
Des exemples: les Baluba (kasaïens et katangais confondus) viennent du plateau de la Lunda au même titre que les Lunda, Tshokwe, Luena, Bemba, Bayaka. Toutes les tribus
frontalières peuvent être contestées si nous adhérons à des thèses réductionistes.

Pour des besoins de main-d'oeuvre, les angolais (Bambundu, Bazombo)  ont contribué à la construction du Chemin de fer de BCK (Bas Congo Katanga) avec des tutsi, des kasaïens venus en masse pour le compte de l'Union Minière du Haut Katanga.

Je pense que nous devons ajuster nos lunettes et nous informer sur les migrations
humaines.
Cornevin (1977, Que sais-je) note que la région de la moyenne Bénoué dans l'actuel Nigeria paraît être pour les linguistes la zone d'origine des 350 parlers bantous existant actuellement.

Pour illustrer, cette petite page pour notre réflexion.

" Il y a deux mille ans environ, des Protobantous chassés par la pression démographique auraient quitté la moyenne Bénoué et entrepris une migration vers le Sud. Se heurtant 200 km au sud de la Bénoué à l'immense bloc de la forêt équatoriale, ils auraient infléchi leur trajet vers l'est, à travers les savanes des actuels Cameroun et RCA. Une partie d'entre eux utilisant le cours nord-sud de la Sangha ou de l'Oubangui serait arrivée par voie fluviale dans la zone de savanes congolaises qui commence à 200 km au nord de Kinshasa et aurait formé le "noyau bantou occidental" qui allait s'étendre dans l'ouest du Congo, le nord de l'Angola et le Congo-Brazzaville aux dépens des pygmées et des Bochimans autochtones. Une autre partie des Protobantous aurait longé la limite septentrionale de la forêt jusqu'à l'étroit couloir de savane qui longe la chaîne des grands lacs et serait parvenue par voie terrestre au "noyau bantu oriental" situé, d'après les linguistes, dans la région des lacs!
Kisale-Upemba le long du Lualaba."

Comme on peut le constater, à moins d'être pygmée ou bochiman pour se targuer d'être congolais pur-sang.

On peut tourner la carte géographique et historique du Congo dans tous les sens, nous sommes liés aux angolais, qu'on le veuille ou non. En prenant seulement l'histoire du Royaume Kongo, on peut remarquer que sa capitale et sa plus grande partie se trouvent en Angola. Le portugal, à travers les angolais ont développé le commerce congolais. Savons nous que la première sainte congolaise, "la sainte Antoine congolaise" si on veut "la Jeanne d'Arc congolaise", Chimpa Vîta, Dona Béatrice, la fondatrice d'une religion syncrétique nationale et chrétienne est angolaise?

Quand nous regardons la partie de la savane septentrional, les Zandé ont constitué une aristocratie guerrière établie primitivement dans les actuels Soudan et RCA, ils sont arrivés dans l'actuel Congo au 17 ème siècle.

Non, arrêtons de telles thèses, c'est ridicule surtout si l'on sait (et on ferme les yeux et ça ne me dérange pas personnellement, mais il faut le dire clairement et surtout par voie de constitution) que la majorité du gouvernement, à commencer par le président lui-même sont porteurs des passeports étrangers (européens et américains), dans une telle situation, je préfère l'angolais ou le tutsi.


Corneille Kazadi
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